Tag: Vins

  • Un salon « sans alcool » à déguster sans modération à Aix-en-Provence

    Un salon « sans alcool » à déguster sans modération à Aix-en-Provence

    Installée depuis deux ans rue Portalis, les clients ne cessent de passer la porte de la Cave Parallèle. Raison de plus, pour organiser le premier salon « Sans alcool ». Après avoir lancé la seule cave franchisée, 100% sans alcool de la ville il y a deux ans, Ségolène Bakès monte cet événement inédit pour Aix-en-Provence au cloître des Oblats, sur deux jours, les samedi 30 et dimanche 31 mai. Pas moins de 25 producteurs de vins, proposant des gammes non alcoolisées, planteront leur stand pour l’événement.

    Au total, près de 80 produits seront proposés à la dégustation et à la vente. « Si le sans alcool est de plus en plus connu, il y a un gros travail d’éducation à faire. Les producteurs viennent aussi en solidarité pour nous, montrer que la filière nous soutient également, contextualise Ségolène Bakès. À l’ouverture de la boutique, les gens pensaient que seuls les malades venaient ici. Alors que 85% des clients sont flexidrinkers, et sont contents d’avoir des alternatives. » Vins désalcoolisés, surtout, mais aussi whiskies, bières, des pétillants et des cocktails pourront être dégustés sans modération, sur ces deux jours. Des producteurs locaux proposeront également leurs produits. Le tout, dans une ambiance musicale, avec une pianiste le samedi, un saxophoniste le dimanche. Autre objectif derrière ce salon : attirer les restaurateurs, qui tardent à investir dans la filière. « Si ça marche bien, on renouvelle l’année prochaine », promet Ségolène Bakès.

  • Le Département met à l’honneur les vins de Cassis

    Le Département met à l’honneur les vins de Cassis

    Les vins de Cassis, ce sont dix domaines familiaux et 220 hectares pour une production annuelle environnant un million de bouteilles. Après avoir célébré le vin à l’occasion des 90 ans de l’appellation, Lisa Genovesi ouvre, ce mardi 19 mai, les portes du domaine familial. Lors de l’échange, le savoir-faire local est mis en avant. « Les vins de Cassis, c’est une communauté d’une nouvelle génération de vignerons soudés », explique Lisa Genovesi.

    La viticultrice définit son vin comme « un produit de terroir gourmand ». Aux côtés des autres domaines, les dix domaines œuvrent à promouvoir un savoir-faire caractéristique de la région. « Terre, mer et vin ont toujours été liés sur ce territoire », raconte-t-elle. Selon Lisa Genovesi et ses collègues, le vin est aussi un « levier de promotion d’une culture provençale ». Les vignerons promeuvent « les danses folkloriques et l’usage de la langue provençale » dans la région.

    Malgré la crise du secteur à l’échelle nationale, Lisa Genovesi affirme : « On s’en sort, on va ni mal, ni bien. Puis chacun sa stratégie, soit on fait avec, soit on s’adapte. » La principale problématique de la région proviendrait des variations climatiques intenses, de la baisse de consommation et de la maladie de la flavescence dorée. Les échanges sont restés assez vagues sur les problématiques propres au territoire, bien qu’Hervé Garnier mentionne certains arrachages qu’il considère comme « un véritable échec ».

    « 136 000 euros alloués

    au secteur »

    Dans un contexte en crise où la consommation a baissé de 3% selon l’élu, il n’est pas question de changer les habitudes. « Afin de conserver l’appellation, on respecte un cahier des charges très strict. On veut garder l’essence de notre produit et on n’a jamais cédé sur l’identité de notre appellation », insiste la viticultrice.

    Une prise de position permise grâce au soutien incontestable du Département. Hervé Granier, déléguée à la viticulture, réaffirme ce lien : « On veut soutenir les viticulteurs. Au total, ce sont 136 000 euros alloués au secteur. »

  • Un grand banquet pour la doyenne des AOC de Provence

    Un grand banquet pour la doyenne des AOC de Provence

    Deux journées festives sont programmées sur le port, mêlant dégustations, traditions provençales et rencontres avec les vignerons. Dix domaines participent à l’événement, dont le Château Barbanau, qui marque l’anniversaire avec deux cuvées emblématiques. Temps fort du week-end, un banquet géant face à la Méditerranée réunira 200 convives autour d’une grande bouille de poissons, accompagnée des vins de l’appellation. Joutes nautiques, bénédiction des vins et animations complètent ce rendez-vous viticole et populaire.

  • La 4e édition des Grappes d’Or dévoile ses lauréats

    La 4e édition des Grappes d’Or dévoile ses lauréats

    Le domaine de la viticulture était à l’honneur ce lundi 4 mai à l’hippodrome de Pont-de-Vivaux. Les Grappes d’Or étaient de retour pour une 4e édition. Une initiative qu’organisent la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône et le Département.

    C’est un événement qui permet de promouvoir la filière viticole avec la présence notamment de Martine Vassal, la présidente (DVD) du conseil départemental qui a remis les six trophées en jeu : Gonnin Sylvia du Comptoir des Vignes pour le Prix Caviste, Adrien Long de l’EARL la Dorgale pour le prix du jeune viticulteur, le Restaurant Maison Sainte Victoire à Saint-Antonin-sur-Bayon pour le prix restaurateur, le Château Calisanne à Lançon-Provence pour le prix de l’innovation marketing, Jean-Claude Pellegrin de l’Association des vignerons de la Sainte-Victoire pour le prix de la démarche collective et le prix coup de cœur qui revient aux Caves du Roy René à Lambesc.

    Au programme de cette soirée, une conférence de presse a ouvert le bal avec Laurent Israélian, président de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, Hervé Granier, conseiller départemental et représentant de Martine Vassal, mais également Yvon Gary, président de l’Association des sommeliers Alpes-Marseille-Provence.

    Puis s’est tenue la fameuse remise des trophées, avec notamment un discours de tous les lauréats des Grappes d’Or. « C’est un vrai moment de partage et d’échanges autour de la viticulture des départements et je pense que c’est un événement qui va durer quand même encore très longtemps dans le département », annonce Laurent Israélian. Hervé Granier complète : « C’est un événement qui monte en puissance par rapport aux précédentes éditions et notre objectif est de promouvoir nos produits. »

    Un événement avec différents enjeux

    « Le marché s’effondre clairement », observe Fabien Doudon. Alors que cette région semble pour l’instant épargnée par le phénomène de l’arrachage elle fait toutefois face à une dégringolade des prix. Bien que le territoire représente 10 000 hectares avec 6 appellations dont 3 IGP, les ventes se portent mal. Avec de plus faibles volumes, les vignerons doivent baisser leurs prix. L’objectif de cette cérémonie est donc de favoriser la rencontre entre les différentes chaînes du commerce viticole. Vignerons, cavistes, mais aussi restaurateurs se rassemblent pour consolider une communauté qui honore un savoir-faire local et pallie la crise.

    Lors de la cérémonie, les vins produits dans les Bouches-du-Rhône sont exposé avec fierté, mais on réfléchit aussi à l’avenir. Des cépages étrangers plus résistants et donc moins gourmands en eau pourraient bientôt s’enraciner dans ce territoire.

  • Le Modef alerte sur l’arrachage massif en Occitanie

    Le Modef alerte sur l’arrachage massif en Occitanie

    À la Chambre d’agriculture de Nîmes, le ton était grave et sans détour. Le Modef Occitanie, syndicat des exploitations familiales, a lancé un signal d’alarme face au plan d’arrachage des vignes en cours, qu’il qualifie de « plus grand plan social du pays dans un silence assourdissant ». Pour Didier Gadéa, viticulteur près de Pézenas et nouveau co-président régional, la situation est historique : « La viticulture traverse sa crise la plus dure depuis 80 ans. Et ce sont les exploitations familiales qui sont en première ligne. »

    Dans le viseur du syndicat, une politique européenne et nationale jugée destructrice, qui privilégie la réduction des surfaces pour répondre à la surproduction. Les chiffres avancés donnent la mesure du choc : 27 000 hectares arrachés en 2025, près de 30 000 en 2026, et jusqu’à 100 000 hectares à terme. Une trajectoire qui, selon les estimations relayées par le Modef et la CGT, pourrait entraîner la disparition de 58 000 emplois directs et indirects. « Ce n’est pas une simple régulation, c’est une liquidation de l’outil de production », martèle Didier Gadéa, qui compare cette évolution à la désindustrialisation de la Lorraine.

    Une transformation profonde, mais sans débat public ni mobilisation politique à la hauteur, déplore-t-il : « On n’entend ni les parlementaires ni les grands responsables. » Dans une région comme l’Occitanie, première région viticole de France et du monde concentrant plus de 30% de la production française avec environ 263 000 hectares de vignes, l’enjeu dépasse largement la seule filière : il touche à l’équilibre économique de territoires entiers, déjà fragilisés.

    Replanter plutôt

    que détruire

    Au-delà de l’arrachage, le Modef pointe aussi l’effondrement des revenus. La distillation des invendus, financée par l’Union européenne, est rémunérée à 35 centimes le litre, bien loin du coût de production estimé à 1,20 euro. « C’est indécent », tranche le syndicaliste.

    Face à cette impasse, le Modef propose un changement de cap radical. Plutôt qu’arracher, il plaide pour une replantation massive du vignoble avec des cépages résistants au changement climatique et aux maladies, sur le modèle de la reconstruction post-phylloxéra au XIXe siècle. Une stratégie qui nécessiterait de redéployer les financements européens de l’OCM vin et d’augmenter leur enveloppe à hauteur de 900 millions d’euros. « Nos ancêtres ont su reconstruire un vignoble après une crise majeure, pourquoi serions-nous condamnés aujourd’hui à le détruire ? », interroge Didier Gadéa.

    Autre revendication forte : l’instauration d’un prix plancher garanti à 2 euros le litre. « Laisser faire le marché, c’est organiser la chute des prix. Il faut protéger le revenu des producteurs », insiste Didier Gadéa, qui appelle également à une réforme du code rural pour encadrer les négociations. Dans ce contexte, la perspective d’une baisse de 22% des aides de la PAC d’ici 2027 ne fait qu’accentuer les inquiétudes. Pour le Modef, ce sont d’abord les petites exploitations qui paieront le prix fort.

    Refusant les actions coup de poing, le syndicat mise sur l’interpellation politique. Un courrier a été adressé aux parlementaires pour les alerter. Mais le message est aussi interne au monde agricole : « Il faut changer les dirigeants syndicaux qui nous ont menés dans le mur depuis trente ans », lâche Didier Gadéa. Derrière le débat technique, c’est bien une bataille de modèle qui se joue. Entre une viticulture soumise aux logiques de marché et une agriculture familiale que le Modef entend défendre, la ligne de fracture est désormais clairement tracée.

  • L’œnotourisme, une priorité pour les Vignerons Indépendants

    L’œnotourisme, une priorité pour les Vignerons Indépendants

    Pour son assemblée générale, la Fédération des Vignerons indépendants Var Alpes Corse avait l’embarras du choix parmi les sublimes domaines viticoles qui jalonnent ses départements d’appartenance (Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Corse-du-Sud, Haute-Corse et Var). Elle a choisi celui de Bunan, jonché dans les premières pentes de la Sainte-Baume, à la Cadière-d’Azur.

    Créée en 1979 au niveau national, la Fédération accompagne au quotidien ses 7 000 vignerons-adhérents dans la défense de leur métier, en tant qu’organisation syndicale, s’appuyant à cet égard sur 33 fédérations départementales, et fait remonter leurs demandes au niveau national. Elle contribue à améliorer les compétences des vignerons dans tous les aspects de leur activité à travers de nombreux services : conseils, notamment juridiques, conditions d’achats privilégiées, formations, informations… Elle constitue un relais entre l’adhérent et la Confédération nationale, les douanes, les fraudes, la Chambre d’Agriculture, l’interprofession, les Organismes de défense et de gestion (ODG), et de manière générale tous les organismes professionnels agricoles et institutions publiques.

    À l’heure de dresser le bilan 2025, un petit contraste apparaît de prime abord : malgré un chiffre d’affaires en hausse (+8,3%, de 625 000 à 677 000 euros), la Fédération des Vignerons indépendants Var Alpes Corse enregistre un déficit de 73 000 euros. « Il était budgété », rassure son trésorier Pierre Boyer, qui avance une trésorerie de plus de 400 000 euros et des capitaux dépassant les 1,1 million d’euros.

    Entre communication

    et simplification

    En cause : l’augmentation du budget communication (+78 000 euros). « La communication devient importante par la force des choses. Exister ne suffit pas, il faut le faire savoir », martèle Ludovic Walbaum, secrétaire général de la Fédération des Vignerons indépendants de France, qui avait fait le déplacement. Cela passe par le développement des packagings, mais surtout, de l’œnotourisme, « un aspect économique important », alors qu’il « paraissait inconcevable de faire payer les visites de nos exploitations il y a quelques années », soutient Ludovic Walbaum. Dans cette optique, la Fédération locale a lancé la plateforme « Passez au domaine », une sorte d’appli de rencontres avec les domaines viticoles, basé sur un faux questionnaire de personnalité, qui fonctionne en réalité par géolocalisation pour drainer de potentiels clients chez le vigneron le plus proche d’eux. Celle-ci recense plus de 3 000 visites depuis son lancement l’été dernier.

    Autre cheval de bataille pour l’œnotourisme : la simplification. « Nous vivons une crise profonde marquée par des charges toujours plus lourdes », déplore Nathalie Roubaud, présidente des Vignerons indépendants Var Alpes Corse. « Et il n’y a toujours pas d’assouplissement des règles, ni de clarification fiscale. » Un certain nombre de freins sont relevés : règles d’urbanisme inadaptées, cadre fiscal, délais de traitement… Des obstacles que la mission interministérielle sur l’agritourisme, à laquelle a participé la Fédération, et dont le rapport a été déposé fin mars, doit participer à assouplir, bien qu’aucune mesure n’ait encore vu le jour. « Mais désormais, les mondes de l’agriculture et du tourisme se parlent », positive Ludovic Walbaum. Toujours dans une visée de simplification, ce dernier milite pour la création d’un guichet unique européen des droits d’accises (impôts indirects frappant certains produits, dont le vin), pour faciliter la vente aux particuliers européens, qui demeure bien souvent un casse-tête fiscal.

  • De nouvelles expériences à la Foire de Brignoles

    De nouvelles expériences à la Foire de Brignoles

    C’est un événement attendu à chaque début de printemps. Pendant neuf jours, la Foire de Brignoles en Provence Verte – événement centenaire créé en 1921, initialement comme exposition consacrée aux vins du Var et aux innovations liées au monde viticole – va animer le territoire.

    Au total, près de 270 exposants locaux seront de la partie pour proposer une véritable vitrine du terroir, entre habitat, gastronomie, agriculture, loisirs et innovation.

    Tradition et modernité

    Les gourmands se donneront rendez-vous dans la traditionnelle Halle des Saveurs, où seront regroupés des exposants venus partager leurs spécialités et leurs savoir-faire culinaires (vins, produits du terroir, douceurs sucrées…). En complémentarité, le Marché des producteurs proposera de découvrir des spécialités issues directement des exploitations et ateliers artisanaux, en présence de ceux qui les font vivre.

    Plusieurs nouveautés seront également au programme. Les amateurs de vins sauront apprécier un hall dédié aux vins du terroir, avec à l’honneur, cette année, l’appellation Coteaux Varois en Provence. Pendant une journée, le 12 avril, plusieurs vignerons de l’appellation viendront présenter leurs cuvées et leur savoir-faire.

    Côté modernité, l’événement s’est doté d’une application mobile, qui présente les temps forts, les exposants, le plan de la foire, les espaces restauration… Toujours au rayon numérique se tiendra, pour la première fois, le salon gaming, du 17 au 19 avril, avec au programme des tournois, démonstrations et animations dans une ambiance conviviale. Les sportifs, eux, se tireront la bourre sur le Run de la foire, le 18 avril. Une course originale au cœur de l’événement, qui associe sport, convivialité et découverte de la Foire dans une atmosphère accessible à tous. Enfin, les soirées des 11, 17 et 18 avril offriront des instants plus festifs, avec, entre autres, des animations musicales.

  • Le plan B de la Région pour sauver Sud de France

    Le plan B de la Région pour sauver Sud de France

    Non, Sud de France n’est pas morte ! » Contrairement au bruit qui court, la marque ombrelle imaginée par Georges Frêche en 2006, à l’origine pour soutenir la seule filière viticole régionale, va continuer à exister et à se développer en Occitanie.

    En décembre 2025, le Conseil d’État a pourtant rejeté le dernier recours des défenseurs de Sud de France, qui regroupe désormais 27 filières et plus de 12 000 produits d’Occitanie. Avortée, cette tentative de la dernière chance en justice concernait uniquement les bouteilles de vin. Et le souhait de la Région de continuer à pouvoir y accoler sa marque fétiche reconnue à l’international. « On voulait conserver une double appellation : à la fois le terroir et la marque Sud de France. On a plaidé le contexte international compliqué, demandé une dérogation de quelques années », rappelle Patrice Canayer. En vain.

    Pas de quoi se lamenter pour l’élu régional en charge des marques. « On se serait bien passé de cette décision du Conseil d’État. Mais on ne va pas passer notre temps à pleurer, on avance ». En réalité, voilà près de deux ans que la collectivité, qui craignait cette éventualité, travaille en coulisses à un plan B. « On a créé un nouveau logo qui montre une indication géographique, une carte de France stylisée avec une pastille qui représente l’Occitanie, que les viticulteurs peuvent placer sur les bouteilles sans le nom de la marque », résume Patrice Canayer.

    Les grands salons viticoles en ligne de mire

    Laquelle marque est devenue un « bloc marques » qui se nomme désormais « Occitanie Sud de France » ou « Sud de France Occitanie ». Elle reste autorisée sur les linéaires dans les salons par exemple. « On en a fait une première présentation au Sitevi. On fera la seconde au salon Millésime bio (26-28 janvier à Montpellier), puis au salon Wine Paris (9 au 11 février) ». En attendant le salon de l’agriculture (21 février-1er mars)…

    Voilà pour le vin. Quant aux 26 autres filières, tout continue comme avant. « On peut apposer le logo sur un paquet de pâtes, une bourriche d’huîtres ou de l’huile d’olive avec Occitanie Sud de France ». Vingt ans après sa création, la marque ombrelle figure parmi les premières sur la scène nationale française. 50% est constituée par la viticulture et se révèle très utile à l’export. Pour la présidente Carole Delga (PS) et Patrice Canayer, il est important de développer la marque. « Vu la conjoncture mondiale, les interprofessions n’ont pas intérêt à y aller seules de leur côté mais à se fédérer sous une même bannière ». Celle de « Sud de France Occitanie », toujours debout malgré les remous.

  • Ces cépages interdits aujourd’hui, en voie de légalisation

    Ces cépages interdits aujourd’hui, en voie de légalisation

    Il y a quelques rares bonnes nouvelles pour la viticulture française. La décision du Parlement européen d’autoriser les cépages Isabelle, Clinton, Noah, Jacquez, Othello et Herbemont, aujourd’hui interdits, en fait partie. Cette proposition portée par le député européen socialiste Éric Sargiacomo était en effet très attendue par les viticulteurs gardois dont la culture de ces cépages dans les Cévennes ne s’est jamais arrêtée et a même été transmise par plusieurs générations de vignerons.

    Ce savoir a d’ailleurs permis de s’appuyer sur un certain nombre de données pour démonter les arguments qui avaient justement poussé à leur interdiction. « Nous avons réalisé des analyses sur une quinzaine de vins réalisés avec des vinifications de cépages interdits. Il y avait des pétillants, des cidres et trois vins rouges et nous avons montré que nous étions au même niveau de méthanol. Nous sommes aux alentours des 200 mg par litre pour les rouges alors que la norme est de 400. Nous sommes donc comme un Bordeaux ou un Bourgogne. Cet argument peut donc être balayé d’un revers de la main », explique Christel Guiraud, président de l’IGP Cévennes et propriétaire du Domaine des Loubatières.

    Celui qui a créé l’observatoire des cépages en 2022 s’est rendu au Parlement européen à Strasbourg accompagné de cinq vignerons du secteur mi-octobre. Ils ont eu l’occasion d’avancer un certain nombre d’arguments que les députés ont entendus. « Je ne pense pas sauver la viticulture avec ces cépages mais l’idée, c’est qu’ils peuvent apporter une identité cévenole, un côté patrimonial et un côté œnotouristique. Avec ces anciens cépages demain autorisés, nous allons pouvoir créer de nouveaux mélanges de Noah, d’Isabelle et de Clinton parce que le reste, on en a un peu moins sur notre secteur. La demande actuelle, ce sont des vins plus légers, plus faciles à boire et ces vins-là répondent à cette demande. Ce sont des vins légers tout en étant sur le fruit. Ces cépages résistent aussi mieux aux coups de chaleur », ajoute le vigneron.

    Chloé Ridel interpelle la ministre de l’Agriculture

    Désormais, chaque pays doit se prononcer pour ou contre cette réintroduction. C’est dans ce cadre que la députée européenne socialiste basée à Nîmes, Chloé Ridel, a écrit à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard (LR) pour « connaître clairement la position du Gouvernement français sur cette question essentielle pour l’avenir de notre viticulture ».

    « Ces variétés se trouvent dans une véritable zone grise réglementaire : d’un côté, depuis 2021, l’obligation de les arracher a été levée, mais de l’autre, leurs producteurs n’ont toujours pas le droit d’appeler « vin » la boisson qu’ils élaborent, alors même qu’ils sont soumis à la même fiscalité. Cette situation paradoxale illustre la nécessité de clarifier et d’harmoniser le cadre juridique, afin de donner de la lisibilité et de la stabilité aux producteurs concernés. De plus, leur réhabilitation apparaît pleinement cohérente avec les défis auxquels la viticulture française est confrontée », précise celle qui est depuis juin en charge de la refondation du projet du Parti socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2027.

    Pour l’heure, la ministre de l’Agriculture, confrontée à une crise sans précédent de la viticulture, n’a toujours pas rendu son avis sur ces cépages. « Elle est à l’écoute », rassure tout de même Christel Guiraud qui espère une légalisation de ces cépages pour 2027 : « Il faut que cela soit décidé dans le paquet vin de la PAC 2027. »

  • Gard : le Modef refuse l’arrachage et réclame des prix garantis

    Gard : le Modef refuse l’arrachage et réclame des prix garantis

    Le constat est sans appel. Ce vendredi 17 octobre, à la Chambre d’agriculture du Gard, les responsables du Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef) du Gard, de l’Hérault et du Vaucluse ont tiré la sonnette d’alarme. Le millésime 2025 restera dans les mémoires comme l’un des plus
    catastrophiques pour la viticulture languedocienne. Sécheresse, maladies, effondrement des cours et incertitudes sur l’avenir : la filière viticole vacille. « Nous sommes à un tournant », a lancé Xavier Fabre, président du Modef Gard. Pour le syndicat, les réponses gouvernementales et les solutions portées par une partie de la profession, notamment les plans d’arrachage, relèvent de la fuite en avant. « Proposer l’arrachage aujourd’hui, c’est tuer la viticulture », martèle le viticulteur de Domazan.

    Dans un contexte où les rendements s’effondrent, parfois jusqu’à – 40% dans certaines caves coopératives, les vignerons dénoncent un engrenage économique et écologique mortifère. « Quand on arrache un hectare aujourd’hui, on ne sauve pas les dix autour, demain on arrachera celui d’à côté », insiste Xavier Fabre, rappelant que les vignes jouent aussi un rôle de coupe-feu dans les zones méditerranéennes. L’incendie meurtrier de l’Aude cet été reste dans toutes les têtes : « Là où les feux ont démarré, c’était dans des friches, des vignes arrachées ou abandonnées », souligne-t-il.

    Le Modef dénonce également le manque de vision politique sur l’avenir du vignoble. Selon Didier Gadéa, président du Modef Hérault et responsable de la commission nationale viticole, « les plans d’arrachage n’ont jamais résolu les crises ». La preuve : en vingt ans, le vignoble languedocien est passé de 240 000 à 180 000 hectares, sans que la situation économique ne s’améliore. « Ça prouve par A + B que ça ne fonctionne pas », tranche-t-il. À la sécheresse et aux feux s’ajoute la question cruciale des prix. Nicolas Olive, président du Modef Vaucluse, évoque une filière étranglée par la pression des négociants : « Ils nous mettent les prix d’achat à ras des pâquerettes, mais le vin dans le commerce n’a pas baissé. » Pour le syndicat, la survie des exploitations passe par l’instauration de prix planchers garantis par l’État, afin d’assurer un revenu minimum aux producteurs. « Tant que ça ne sera pas réglé, on aura des friches et des vignerons qui se pendent à la grange », avertit Didier Gadéa. Le Modef souhaite également un encadrement strict des marges, y compris dans la restauration, et une révision du cadre de la loi Egalim, jugée « trop incitative ». Le syndicat plaide pour une intervention directe de l’État afin d’empêcher tout achat en dessous du coût de production.

    Redonner du sens

    à la viticulture

    Au-delà des chiffres et des colères, les représentants du Modef appellent à une refondation du modèle viticole : miser sur les cépages résistants, soutenir davantage le bio, et réhabiliter le travail de la terre plutôt que l’arrachage. « Quand on va chez le médecin, il nous soigne ? Il ne nous euthanasie pas ! Pour les vignes, c’est la même chose », illustre Xavier Fabre, dans une métaphore applaudie par la salle. Pour le syndicat, la viticulture ne se résume pas à une question de production. C’est aussi une question de vie rurale, d’économie locale et de paysage. « Sans vignerons, il n’y aura plus d’œnotourisme, plus de paysages, plus de vie dans nos villages », rappelle Didier Gadéa.

    Alors que les chiffres de récolte s’annoncent historiquement bas et que les trésoreries sont exsangues, les viticulteurs du Modef ne cachent pas leur inquiétude. Faute de réponses concrètes, la mobilisation pourrait reprendre : « Si rien n’est fait, on reprendra la route des pavés et des actions », prévient Xavier Fabre. Le ton est donné. Le Gard viticole ne veut pas mourir en silence.