Ils sont maires, conseillers départementaux ou plus souvent régionaux membres de la majorité Delga mais, assurent-ils, pas téléguidés par elle. « Ce n’est pas la présidente de Région qui nous a forcé la main. Nous ne sommes pas les pions de Carole Delga », insiste la vice-présidente Myriam Gairaud.
À l’instar de la maire de Cabrières (Hérault), une vingtaine d’élus d’Occitanie prennent position la veille du premier tour de la primaire sociale démocrate (9-10 octobre). Non encartés dans un parti politique, si ces élus de la société civile ont décidé de travailler ensemble au-delà même de la primaire (un laboratoire d’idées sera peut-être créé), c’est parce qu’ils partagent un constat et deux convictions.
Le constat, c’est que dans un contexte géopolitique mondial « fracturé », la France va mal et doit trouver une « voie raisonnable sociale-démocrate », estime Marie-Thérèse Mercier, élue régionale et ex-présidente du Medef Montpellier-Sète. « Nous sommes dans un moment très, très grave », s’inquiète Patrice Canayer à 6 mois de la présidentielle.
Sans partager les mêmes idées sur tout, ces élus non encartés en ont. « Sans parti oui, mais apolitique certainement pas. On a des valeurs ! », recadre le maire de Clermont-l’Hérault, Gérard Bessière. Son homologue ariégeoise, Mélanie Tisné-Versailles de la génération Erasmus, est « attachée à l’Europe ». Le médecin Vincent Bounes à la « construction d’un plan Marshall de la santé ». Ou son collègue à la Région, Jalil Benabdillah, à « l’European buy act ».
Autant de propositions portées par Raphaël Glucksmann qui leur fait dire qu’il est la meilleure option. « Il donne envie, de l’espoir, il réenchante la politique », estime l’élue biterroise d’opposition, Nadia Boulet. « Il est nouveau, lui non plus on ne l’a pas essayé ! », abonde le maire de Castanet-le-Haut, Max Alliès.
Au-delà de Glucksmann, ces élus sont terrifiés à l’idée d’un duel Mélenchon-Le Pen que seul J. Benabdillah tranche sans hésiter. « Certains voteraient blanc, d’autres Mélenchon. Pour ma part, je ne mets pas sur le même plan l’extrême gauche et un parti fondé par des SS. » S’ils promettent qu’« aucune de leurs voix n’irait à Le Pen », ils renvoient dos à dos « les extrêmes », autrement dit le RN et LFI.
Et si Glucksmann perdait la primaire ? « Je ne soutiendrai aucun candidat qui s’alliera avec LFI », tranche P. Canayer. « L’arc républicain doit absolument être au 2e tour de la présidentielle », assure le maire de Gignac, Jean-François Soto. La plupart avouent qu’il leur serait plus facile de voter E. Philippe que J-L. Mélenchon face à Le Pen. Voilà qui en dit long sur l’état de la gauche.
![[Primaire PS/Place Publique] Les « extrêmes » renvoyés dos-à-dos chez Glucksmann](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/10/b60fa0a27ebf2110dc751d7c3781cf5f.jpg)
