Interpellée « par des incidents récurrents à la prison de Villeneuve-lès-Maguelone », Fanny Dombre Coste s’est intéressée, ces derniers mois, à la question « de la détention et de l’après-détention ». Après avoir échangé avec des syndicats d’agents pénitentiaires et rencontré d’anciens détenus via l’association montpelliéraine Wake up café, qui travaille sur la réinsertion, la députée socialiste héraultaise a exercé, début juillet, son droit de visite au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone.
Selon les chiffres communiqués à l’occasion de cette visite par une représentante syndicale Unsa Ufap, l’établissement comptait alors 1 083 détenus pour 587 places, soit un taux de suroccupation de 185%, avec quelque 200 matelas au sol. « Ce que j’ai vu, c’est une prison surchargée, avec des matelas au sol, en pleine canicule », décrit la députée. « La direction a fait distribuer des ventilateurs, certains en ont acheté sur leur pécule. Mais même si c’est mieux que rien, dans des cellules surpeuplées, forcément ça fait monter les tensions. » Elle pointe par ailleurs la présence de personnes souffrant de troubles psychiatriques importants, « qui n’ont pas leur place en prison. Ce sont des détenus potentiellement dangereux, pour eux-mêmes comme pour les autres », estime-t-elle. « Vous rajoutez à ça 3 mois de canicule et c’est explosif. » Dans ce contexte, Fanny Dombre Coste salue des agents pénitentiaires « remarquables de calme, de détermination et de solidité ». Les conditions de détention, quant à elles, « sont une atteinte à la dignité et aux droits fondamentaux », dénonce la députée qui a écrit au ministre de la Justice suite à sa visite.
Pour elle, la priorité n’est pas de construire davantage de places, comme le prévoit le ministère, mais de « réduire l’inflation carcérale : il faut vider les prisons ». Elle plaide pour davantage de peines alternatives (travaux d’intérêt général, bracelets électroniques…) ou d’aménagements de peine. « On le sait, la prison est l’école du crime. Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux, pour les courtes peines, par exemple, éviter la prison et travailler sur des peines alternatives ? Il y a aussi des aménagements possibles pour des détenus en fin de peine. Ces dispositifs existent, ils fonctionnent. Dans les autres pays européens, ils sont très utilisés. Pourquoi la France continue d’incarcérer à tout-va ? Il y a un vrai sujet culturel », estime la députée socialiste, qui appelle le gouvernement à « prendre pleinement la mesure de l’urgence. C’est insensé, irresponsable de laisser les prisons dans cette situation. On va finir par avoir un drame. » Selon les statistiques officielles, les prisons françaises comptaient, au 1er août, 89 668 détenus. Un nouveau record dans un contexte de surpopulation carcérale chronique…





