Tag: Vieille charité

  • Dimanche de rentrée gratuit dans les musées

    Dimanche de rentrée gratuit dans les musées

    En ce premier dimanche de rentrée, l’entrée gratuite des expositions temporaires des musées municipaux marseillais* offre l’occasion de s’accorder une parenthèse culturelle… et fraîcheur, en famille, entre amis ou en solitaire. Un moment privilégié pour découvrir une programmation mêlant patrimoine, photographie, art contemporain et questions de société.

    Au Château Borély, l’exposition « Art nouveau – Art déco. Marseille au cœur des styles » met à l’honneur une période foisonnante de la création artistique et industrielle. Mobilier, céramiques, objets décoratifs, vêtements et pièces rares racontent une ville ouverte aux influences et à l’innovation. Un voyage élégant dans le Marseille du tournant du XXe siècle.

    Direction ensuite le Centre de la Vieille Charité où Adrien Vescovi déploie son exposition « Dormir comme le soleil ». Entre tentures monumentales et jeux de lumière, l’artiste transforme l’espace en paysage poétique. Une expérience immersive qui invite à prendre le temps de regarder et de ressentir.

    Derniers jours pour La vie climatique

    Les amateurs d’art contemporain trouveront leur bonheur au [mac]. La grande exposition « La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées », présentée dans le cadre de la Triennale De leur temps, s’achève bientôt. Elle réunit une centaine d’artistes autour des bouleversements environnementaux et des nouvelles manières d’habiter le monde. Dans un autre registre, « AFRICA » de Louisa Babari propose une immersion sensible où dialoguent héritages antiques, cultures berbères et créations contemporaines.

    Le Musée d’Histoire n’est pas en reste avec « Marseille vue par les Detaille, 164 ans de photos ». À travers plusieurs générations de photographes, c’est toute l’évolution de la cité phocéenne qui y défile. Visages, rues, événements et paysages composent un récit fascinant de la mémoire de Marseille.

    Pour ceux qui préfèrent explorer le vivant, le Muséum d’Histoire naturelle propose « Biodiversité marseillaise, entre mer et collines », un parcours consacré aux richesses naturelles qui entourent la ville. Tandis qu’au MAAOA, « Rendez-vous manqués ? » questionne les regards portés sur les collections africaines, océaniennes et amérindiennes.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Vieille Charité, la déesse Neith, objet migrateur

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Vieille Charité, la déesse Neith, objet migrateur

    On la découvre dans la proximité de l’une des plus célèbres pièces de la section égyptienne du musée d’archéologie méditerranéenne, le bois doré d’un ibis qui représente le dieu Thot.

    En dépit de divers accidents et de plusieurs péripéties que nous allons raconter, la déesse Neith est visiblement une jeune femme de très haut rang. Nobles et belles, distantes et puissantes, son effigie et son allure provoquent un respect immédiat. Les récits de la mythologie indiquent que ses pouvoirs sont de première importance. Elle incarne la voûte céleste. Créatrice de la Lumière et du Soleil, Neith engendre l’inondation annuelle du Nil et fait pousser la végétation. Les Égyptiens la considéraient comme la déesse de la chasse et de la guerre : elle met en déroute les mauvais esprits et protège le sommeil des humains.

    Des fragments de sa silhouette manquent ou bien sont altérés. Son maintien au centre d’une salle de la Charité, le socle qui la tient debout soulignent qu’il s’agit des deux-tiers de son corps. Son nez est ébréché, deux attributs du sacré qu’elle devrait pouvoir tranquillement arborer ont été mutilés. Au milieu du corps et en main droite, le bâton du spectre d’Ouas qui permet de capturer des serpents est incomplet. En main gauche, le fantôme de l’anneau de sa Croix de vie aurait pu disparaître. Sa blessure majeure se situe dans son dos qui n’est plus exactement féminin. Elle avait été commanditée pendant le règne du pharaon Amenopeth III qui naquit en 1400 avant notre ère et qui fut le père d’Akhenaton et le grand-père de Toutankhamon. Par la suite, Ramsès II qui prit le pouvoir vers 1314 avant
    J-C a très fâcheusement dénaturé son envers qu’il s’est totalement approprié : il a demandé que les huit cartouches de sa titulature royale soient sculptées et accolées sur ses arrières.

    Neith est l’une des plus anciennes pièces de la collection archéologique de Marseille. Elle avait fortuitement servi de pierre de lest pour le retour depuis Le Caire d’un navire vidé de sa cargaison. Longtemps négligée, elle fut débusquée à la fin du XVIIIe siècle dans un sous-sol de l’Arsenal des Galères.