« Depuis la rentrée, on observe des files d’attente interminables à l’entrée des restos U », indique Théo Haffner, élu étudiant du Scum au Crous de Montpellier. « Tout le monde cherche des stratégies, en faisant plusieurs kilomètres pour aller sur des sites moins fréquentés ou en mangeant avant 10h30 ou après 14h pour espérer avoir de la place… »
Face à l’explosion de la fréquentation des restaurants universitaires suscitée par la généralisation du repas à 1 euro (+ 48% depuis la rentrée par rapport à la rentrée 2025), le Centre national des œuvres universitaires (Cnous) a demandé « aux directeurs généraux des Crous, de s’assurer de la capacité maximale soutenable de chaque point de restauration ». Autrement dit, l’établissement de jauges au-delà desquelles les étudiants seront refusés. « Concrètement, cela veut dire que seuls les premiers arrivés seront servis », résume le Scum. « Au lieu de mettre les moyens nécessaires pour assurer le bon fonctionnement des structures de restauration et d’ouvrir sur des plages horaires plus étendues afin que tous les étudiants puissent bénéficier des repas à 1 euro, on choisit de restreindre ce droit en imposant ces jauges », dénonce Théo Haffner.
« À Montpellier, par exemple, on n’a obtenu que 8% de recrutements supplémentaires, soit une rallonge de 20 équivalents temps plein sur toute l’académie pour absorber cette énorme augmentation de fréquentation. C’était sûr que les conditions de travail s’en ressentiraient », estime l’élu étudiant qui rappelle que le Scum était présent en soutien à la manifestation des agents du Crous le 22 septembre pour demander plus de moyens pour la mise en place du repas à 1 euro.
Théo Haffner souligne par ailleurs que les distributions alimentaires réalisées par le Scum « ne désemplissent pas. L’année dernière on a distribué 15 000 colis, ce qui est énorme. Et cette année on prévoit d’en distribuer encore plus, avec une nouvelle distribution chaque mercredi à l’université Paul Valéry, qui affiche complet dès qu’on ouvre le formulaire d’inscription. Donc non seulement il y a un énorme besoin vis-à-vis de ce repas à un euro accessible à tous, mais il n’est pas suffisant. Car il y a aussi beaucoup d’étudiants qui, dans leur budget mensuel, n’ont même pas les 60 euros nécessaires pour manger deux repas par jour au Crous. C’est pour ça qu’à côté de ça, nous revendiquons une augmentation du budget dédié aux aides financières pour les étudiants et des mesures moins strictes pour l’application de ces aides. »









