Et si l’intelligence artificielle (IA) finissait par remplacer les acteurs ? Alors que les réseaux sociaux pullulent déjà de vidéos générées artificiellement et parfois difficiles à identifier, la perspective d’un nouvel écosystème cinématographique, entièrement produit par des lignes de code, émerge progressivement. De quoi inquiéter les comédiens qui, soucieux de conserver le contrôle de leur image, cherchent à renforcer leur protection juridique.
« Les entreprises d’IA sont les plus féroces et les plus gourmandes en matière d’images. Le problème, c’est qu’on n’a pas de recours juridique comme on en a eu jusqu’à présent pour se protéger des plagiats, des copies…, s’inquiète Catherine Lecoq, comédienne et déléguée de la CGT spectacle. On se bat donc pour que le pillage des IA génératives n’ait pas la main sur nos vies. C’est dans ce cadre qu’on a porté, avec l’Adami [organisme français qui gère et défend les droits des artistes-interprètes, Ndlr], une loi à l’Assemblée nationale. » Cette proposition de loi, n° 2634, a été adoptée par le Sénat en avril, est examinée par l’Assemblée nationale. Elle doit permettre « l’instauration d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle ». Autrement dit, lorsqu’un indice rend vraisemblable que le fournisseur d’une IA a utilisé une œuvre protégée, cette utilisation est présumée établie jusqu’à preuve du contraire.
« Ce qui nous rassemble nous, les humains, c’est l’empathie, défend la syndicaliste. Nous n’aurons jamais ça avec l’IA, car elle ne produit pas d’émotion réelle. (…) Or, je pense que les gens ont vraiment besoin de ressentir cette émotion directe qui n’est, en réalité, transmissible que d’humain à humain. » De quoi, selon elle, protéger encore un peu le monde du spectacle vivant.




