Tag: Véronique Négret

  • La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    Comme une lettre à la Poste. Cette année encore, de nombreux maires sortants, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont été reconduits sans encombre dans l’Hérault. C’est ce qu’on appelle la prime au sortant qui donne un avantage naturel aux yeux de l’électeur, à l’édile en poste. « Les sortants sont connus et en général leur action est appréciée. On trouve souvent que la mairie a bien fait son travail », résume le politologue Michel Crespy. Qui précise aussitôt. « Ce n’est pas le cas des dirigeants nationaux qui échouent à régler les problèmes des gens ».

    Dans l’Hérault, le 1er tour des municipales n’a pas échappé à la règle. Quand ils se représentaient, une grande majorité des maires ont été réélus directement. À droite, Frédéric Lacas a nettement remporté son duel (62,26%) à Sérignan. Christian Jeanjean est en ballottage très favorable (48,21%) dans son fief de Palavas où il a la main depuis 1989 ! Et que dire du score hégémonique (85,1%) de son voisin des Républicains, Stéphan Rossignol à la Grande-Motte. Autour de Montpellier, Jean-François Audrin est repassé aisément (68,72%) à Saint-Georges d’Orques comme Jean-Pierre Rico (57,01%) à Pérols. À Béziers, le maire d’extrême droite Robert Ménard a lui aussi été triomphalement réélu au 1er tour (65,6%) comme en 2020 en dépit d’une liste du RN de Julien Gabarron (8,97%).

    Des sortants plébiscités

    La prime au sortant a aussi souvent fonctionné à gauche. Le meilleur exemple est Frontignan. Dans cette ville du bassin de Thau où l’on redoutait une vague brune eu égard aux scores du RN aux scrutins nationaux, Michel Arrouy
    l’a brillamment emporté. Cumulant 51,16% des voix, le socialiste a mis hors-jeu l’extrême droite de Cédric Delapierre (35,87%). Dans la plaine à Pézenas, un autre socialiste a été réélu nettement dès le 1er tour. Avec sa liste d’union de la gauche, Armand Rivière qui fait briller sa commune culturellement (festival Molière) a su écarter un retour de la droite incarnée par l’ancien député macroniste Philippe Huppé (28,96%). À Gignac, le maire socialiste Jean-François Soto (71,22%) a balayé la menace RN. Dans la Métropole de Montpellier, aucune embûche à Jacou pour Renaud Calvat (74,39%) ni à Clapiers pour Eric Penso (59,7%). Quant à Michaël Delafosse à Montpellier, il est en ballottage favorable (33,41%) avec sa liste d’union de la gauche et ses promesses tenues sur le tramway.

    Pour d’autres, la magie attendue n’a pas opéré. Et ce, quelle que soit leur couleur politique. À chaque fois, on observe un contexte bien spécifique qui a pénalisé le sortant. C’est d’autant plus vrai quand sa majorité était divisée. C’est le cas pour la droite agathoise minée par la mise en examen de Gilles d’Ettore au point que Sébastien Frey (3e avec 20,74%) laisse le champ libre à Thierry Nadal (21,33%) face au danger RN (Lopez-Liguori 38,44%). À Castelnau-le-Lez, le maire LR Frédéric Lafforgue (21,1%) qui a obtenu le prix du plus gros bétonneur, devrait être battu par son ex-adjoint Julien Miro (39,65%). Du côté de Sète, Hervé Marquès (DVD) peut encore l’emporter malgré la démission forcée de François Commeinhes mais la gauche de Laura Seguin (20,55%) a des espoirs avec le retrait du socialiste Sébastien Denaja (13,7%). À Lunel, Paulette Gougeon (DVD, 28,07%) n’a pas davantage de marge, 9 mois après le décès de Pierre Soujol.

    Pas de grosse poussée

    du RN hormis Agde

    La gauche a aussi connu son lot de déconvenues. La désunion qui a conduit au retrait de l’Insoumis Sébastien Rome (21,48%) risque de coûter la mairie de Lodève au PS de Fadilha Benammar-Koly (28,82%), distancée par le très à droite Claude Laateb (39,2%). À Mauguio, le retrait du maire DVG Yvon Bourrel a sonné le glas de la gauche. À Saint-Jean-de-Védas, le décès soudain du maire François Rio fin décembre a accentué l’éclatement du conseil municipal qui pourrait virer à droite. À Grabels, René Revol en grande difficulté (34,65% derrière le DVD Pascal Heymes 49,4%) est peut-être victime d’une certaine usure du pouvoir. À moins que le seul maire Insoumis de l’Hérault ait pâti d’avoir hissé le drapeau palestinien en solidarité avec le peuple gazaoui massacré. Ce serait un comble. À Villeneuve-lès-Maguelone en revanche, difficile de dire ce qui place Véronique Négret en position délicate (34%) face à la liste du DVD Olivier Noguès (40,68%).

    À noter enfin qu’à l’exception notable d’Agde qui pourrait basculer, le RN et l’UDR n’ont pas, à la différence du national, réalisé de poussée particulière dans l’Hérault. S’ils restent en embuscade à
    Sète (Pacull 20,77%), Lunel (Belin 21,7%) ou Mauguio (Parmentier 19,38%), ses candidats ont été sèchement battus à Montpellier (Jamet 7,26%), Béziers (Gabarron 8,97%), Mèze (Armentier 19,2%) ou Gignac (Drevet 28,72%). Et dans une moindre mesure à Frontignan (Delapierre 35,87%). Malheureusement cet échec est davantage dû à un manque d’ancrage local du RN qu’annonciateur d’un reflux de l’extrême droite. Laquelle reste tout aussi menaçante en vue de la Présidentielle 2027.

  • Hérault : à Villeneuve-lès-Maguelone, la gauche entend polir un joyau

    Hérault : à Villeneuve-lès-Maguelone, la gauche entend polir un joyau

    Une commune endettée paradis des promoteurs qui menaçait de devenir une « ville dortoir ». Voilà l’image que Véronique Négret avait de Villeneuve-lès-Maguelone avant de battre l’ancien maire Noël Ségura (divers droite) en 2020. Six ans plus tard, l’édile et sa majorité de « gauche, humaniste et écologiste » ont placé la 6e commune de la Métropole de Montpellier (10 900 habitants) au taux de chômage contenu (8,3%) et au revenu moyen annuel de 24 000 euros sur un tout autre chemin. Celui de l’embellissement d’un cadre de vie apaisé où l’aménagement public retisse du lien social. « On a mis fin à l’urbanisation anarchique et opportuniste qui tuait notre ville », synthétise Véronique Négret.

    Dans le prochain mandat qu’elle brigue, la maire, dans le respect du PLUI, n’a prévu que 3 hectares à bâtir : un pour la gendarmerie (avenue de Mireval) et deux pour le logement (une cinquantaine dont 50% d’habitat social) en entrée de ville, dans le respect de l’espace boisé classé attenant. C’est qu’au milieu des étangs et des salines, Villeneuve est un joyau que la gauche compte bien continuer à polir en consultant les habitants.

    Le vaste chantier de rénovation du centre-ville en est l’illustration. « Nos commerces fermaient, nos rues se vidaient. On a un beau patrimoine qu’on embellit. » Une fois les fouilles achevées en juillet, les espaces autour de l’église du XIe siècle seront rénovés : revêtement de voirie changé, végétalisation, ajout de mobilier urbain (bancs, fontaines…) dans « l’esprit d’une place de village ». Le Carré du Presbytère sera réhabilité, ses jardins valorisés. Si la commune peut supporter la majeure partie du coût total de 3 millions d’euros, c’est parce que ses finances ont été assainies. Grâce à une « gestion rigoureuse », la dette qui s’élevait à 11,5 millions d’euros a été réduite de 2,5 millions tandis que 16 millions ont pu être investis. Entre le Covid, l’inflation et les baisses de dotation de l’État, cela ressemble à un petit exploit. « Je ne sais pas comment on a fait », confie Véronique Négret qui s’est débarrassée des « emprunts toxiques » contractés par la droite.

    Dispersée sur trois listes, celle-ci cherche à revenir aux affaires. Thierry Bec a tombé le masque. Jusque l’été dernier dans la majorité municipale, il assumerait désormais être de droite (liste Villeneuve nouvelle vague). Ancien élu de l’équipe Ségura, Olivier Noguès (J’aime VLM, ensemble au quotidien) a de son côté soutenu le candidat Ciottiste Josyan Oliva aux législatives. Quant à Christophe Derouch, il a très vite perdu sa délégation d’ancien premier adjoint et mènera lui aussi une liste bien à droite.

    Autant de listes concurrentes qui n’impressionnent pas Véronique Négret, y compris sur la sécurité, même si Marine Le Pen était arrivée en tête sur les deux tours de la présidentielle 2022 (31,41% puis 53,69%). « On s’est débarrassé des points de deal dans le centre-bourg. La police de proximité est visible et travaille avec la gendarmerie. » En 6 ans, les agressions (de 450 à 164) et les verbalisations pour stupéfiants ont chuté (de quasi 500 à 82).

    La maire sortante préfère mettre son énergie pour obtenir davantage de bus (ligne 32) vers Montpellier (Garcia Lorca) en attendant plus de TER grâce à la LGV en 2034. « On a des trous d’1h30 entre midi et deux. Il manque des bus le soir et le week-end. Michaël Delafosse a été réceptif », assure l’édile.

    Côté équipements, les écoles vont être modernisées sur le modèle de J-J. Rousseau, « la seule école où les enfants n’ont pas eu chaud en juin 2025 ». Des ombrières photovoltaïques seront posées sur les bâtiments publics. Un parking de 200 places sera créé à l’entrée de ville ainsi qu’un accueil de jour à l’Ehpad. Le cimetière doit être agrandi et une chambre funéraire verra le jour « pour accompagner tout le monde de la naissance à la mort ».

    Enfin, le gymnase doit être étendu via une annexe. Quant au parc du Pilou, son skatepark et son Pumptrack, ils seront aménagés. « On veut en faire un spot de loisirs et de sports de plein air ». Tout en préservant sa biodiversité, Villeneuve veut cultiver sa tradition sportive.

  • Un vaste chantier de fouilles en plein cœur de la ville de Villeneuve-lès-Maguelone

    Un vaste chantier de fouilles en plein cœur de la ville de Villeneuve-lès-Maguelone

    Si des explorations archéologiques ont déjà été effectuées à plusieurs reprises sur l’île de Maguelone, c’est la première fois que des fouilles sont conduites dans le cœur même de Villeneuve-lès-Maguelone. Débuté le 5 janvier, ce chantier présenté par l’Inrap* comme l’un des plus importants en Occitanie mobilisera, pendant plus de 6 mois, une équipe de 10 à 15 personnes en continu au plus fort du chantier. Objectif  : mettre au jour les vestiges du bourg médiéval, pour prévenir l’impact que pourraient causer des travaux prévus dans le cœur de la commune, aux abords de l’église classée monument historique.

    « Une phase de diagnostic a été menée en juin 2024. Les sondages réalisés ont révélé de nombreux éléments attestant d’un fort intérêt à fouiller. Ce que cherchent les archéologues, ce sont les vestiges d’un éventuel château datant de l’époque médiévale », explique la maire de la commune, Véronique Négret, enthousiasmée par ce projet. « On va écrire une nouvelle page de l’histoire villeneuvoise, qui va enrichir notre patrimoine historique et valoriser notre ville », se réjouit-elle.

    « Le diagnostic a livré de nombreux vestiges archéologiques (remparts murs, porte, puits, sols…) très bien conservés et situés à environ 40 cm sous la surface actuelle », précise l’Inrap. « Plus de 550 fragments de céramiques ont été récoltés lors du diagnostic. Leur typologie montre une série d’occupations médiévales, centrées principalement sur les XIIe-XIIIe siècles. »

    Fin du chantier en juillet

    Dès le 5 janvier, les barrières ont été posées, la phase de décroûtage du sol entamée et la base de vie des archéologues installée pour un coup d’envoi des fouilles à proprement parler le 19 janvier. La première phase concernera la place du marché, puis ce sera au tour de la place de l’église d’être, plus longuement, explorée. « Les fouilles vont durer jusqu’à la mi-juillet environ, date à laquelle la place du marché sera livrée. La rénovation totale de la place de l’église sera, quant à elle, finalisée en mars 2027 », précise Véronique Négret. Ces fouilles préventives s’inscrivent en effet dans un projet de rénovation urbaine. « Jusqu’à présent, on avait une place qui était un parking. L’idée, c’est de redonner sa centralité à cette place de l’église en créant un véritable espace de vie, convivial, qui favorise les mobilités douces. Et de faire face aux enjeux du futur qui sont déjà là, en végétalisant beaucoup pour rafraîchir et en désimperméabilisant les sols pour que l’eau s’infiltre », développe la maire.

    À noter que des visites de chantier, des conférences et même une journée portes ouvertes -le 13 juin- permettront aux habitants de suivre l’évolution de ce chantier exceptionnel.

    * Institut national de recherche archéologique préventive