Tag: Vergèze

  • Les communistes disent « non » à la liquidation de la verrerie

    Les communistes disent « non » à la liquidation de la verrerie

    Plus les jours passent, plus les solutions pour sauver la verrerie à Vergèze s’amenuisent. Bien conscientes qu’un éventuel sauvetage de l’usine n’est désormais plus de leur ressort, les organisations syndicales négocient les conditions les plus favorables pour les futurs licenciements. Pendant de longues semaines, la CGT, la CFE-CGC et FO avaient pourtant travaillé à la recherche d’un repreneur et plusieurs pistes étaient apparues, mais elles sont tombées à l’eau les unes après les autres.

    La solution était donc de se tourner vers Perrier pour que Nestlé reprenne la Verrerie dans son escarcelle, comme c’était le cas avant 2006. « Le remplacement d’un four obsolète serait la cause de la fermeture. Nous pouvons logiquement nous poser la question : pourquoi avoir aussi attendu pour effectuer des travaux pour le remplacement d’un four ? Le groupe Perrier a les moyens de financer son remplacement. À ce jour, la verrerie produit toujours 75% de bouteilles Perrier, les dirigeants de cette entreprise ont une responsabilité à l’égard des salariés de la verrerie », explique Christian Bastid, vice-président (PCF) du conseil départemental.

    La nationalisation évoquée

    L’autre solution avancée au vu de l’urgence de la situation, c’est la nationalisation du site. Comme l’usine gagne de l’argent, il pourrait ainsi passer dans le giron de l’État, au moins le temps de trouver un repreneur. « Le problème c’est que c’est le boxon au niveau national. Mais la nationalisation est une solution. Nous avons relancé notre groupe à l’Assemblée nationale et son président Stéphane Peu pour que la question de la nationalisation soit reposée », poursuit Christian Bastid même si le préfet a fermé la porte à cette solution lors de sa rencontre avec les syndicats.

    Laurent Nunez, très présent sur le site depuis l’annonce de la fermeture du site, abonde : « Quand l’État envoie plus de 100 milliards d’aides aux entreprises sans contrôle, il est tout à fait possible que l’État s’engage pour le rachat de l’entreprise. Pour la France, ça n’est qu’un investissement. » Le secrétaire de la section communiste de Camargue-Vidourle souhaite aussi rapidement organiser une grande rencontre pour réfléchir à l’avenir de ce territoire industriel : « Ça ne va pas bien à Éminence, chez Perrier et chez Royal Canin. Il faut trouver des solutions pour ce territoire. Pour cela, il faut que l’on ait une réflexion collective. »

    Autre élu départemental présent devant la préfecture, Vincent Bouget regrette la faiblesse de l’État dans ce dossier : « S’il n’y a pas une intervention des pouvoirs publics et de l’État ça devient très compliqué. Mais aujourd’hui, que fait le gouvernement ? La solution est forcément de côté là. On entend réindustrialisation à tout bout de champ, mais quand on est devant un cas concret il n’y a pas de réaction », fustige le candidat à la mairie de Nîmes dont le cousin travaille à la verrerie.

  • Un grand rassemblement pour la Verrerie à Nîmes le 16 octobre

    Un grand rassemblement pour la Verrerie à Nîmes le 16 octobre

    Dans un contexte qui s’est à nouveau tendu ces dernières heures, plus de 150 personnes se sont rassemblées devant la Verrerie du Languedoc vendredi 10 octobre. Après les syndicats, plusieurs personnes ont pris la parole devant le site dont la maire (SE) de Vergèze, Pascale Fortunat-Deschamps, qui a renouvelé son appel à un grand rassemblement. À l’applaudimètre, la date du jeudi 16 octobre a été choisie pour se réunir sous les fenêtres de la préfecture du Gard à Nîmes (11h) où l’intersyndicale et les élus locaux espèrent être reçus par le préfet. Un appel a par la suite été envoyé à toutes les organisations syndicales du Gard et des départements voisins. « Les élus locaux répondront présents », a assuré Pascale Fortunat-Deschamps qui était déjà entouré par une bonne quinzaine d’élus. « Je demande à tout le monde de tout faire pour que l’on soit le plus nombreux possible jeudi », a martelé Yohan Goupille, le délégué syndical CGT. Toutes les organisations politiques présentes ont confirmé leur soutien et leur mobilisation jeudi. Une cantine solidaire sera même mise en place jeudi midi.

    Car la température est en effet remontée d’un coup jeudi 9 octobre sur le site de la Verrerie du Languedoc condamnée à la fermeture par son propriétaire américain Owens-Illinois (O-I). Après une salve de négociations qui a permis « des avancées » selon l’intersyndicale, la tension est repartie à la hausse sur les coups de 14 heures jeudi. La direction d’Owens Illinois a en effet envoyé un communiqué de presse (sans avertir l’intersyndicale de son contenu) pour annoncer la fermeture « dans les prochains jours » du four à cause de la mobilisation des salariés qui occupent l’entrée du site depuis une quinzaine de jours.

    « Il s’agit de la seule option permettant de rétablir la sécurité des personnes et des installations, tout en préservant l’intégrité du four », écrit la direction. L’intersyndicale, composée de la CGT, de la CFE-CGC et de FO, a immédiatement réagi en organisant un rassemblement avec les salariés et les élus locaux vendredi, accompagné d’un point presse, pour dénoncer « les mensonges de la direction d’OI ». « Ce sont des menteurs », a martelé Yohan Goupille, délégué syndical CGT.

    « Les prétextes cités ne sont pas justifiés. Pendant plus de dix jours, ce sont les salariés qui ont maintenu l’activité et la sécurité en l’absence totale de direction sur le site. C’est toujours OI qui met de l’huile sur le feu. Un accord de méthode a été signé stipulant la fin du PSE au 31 octobre. Pourquoi arrêter le four quinze jours avant ? OI sont des voyous », fustige Yohan Goupille qui confirme que si le four est arrêté, il ne pourra pas redémarrer.

    « Nous constatons une remise en cause du droit syndical par des pressions exercées sur notre Délégué Syndical Central CFE-CGC (Guillaume Boisson, Ndlr), également responsable maintenance, sommé d’organiser l’arrêt du four dans des délais intenables, alors qu’il est mobilisé depuis plusieurs semaines dans les négociations à Lyon. L’utilisation des heures de délégation ne peut être soumise à autorisation ni à contrôle préalable de l’employeur », ajoute l’intersyndicale.

    « Pour arrêter le four, il faut faire couler 400 tonnes de verre au sol. Ça ne se fait pas comme ça. La dernière fois qu’on l’a fait, on s’était préparé pendant trois semaines. On avait mis deux secours électriques, trois secours d’eau et louer deux chargeurs pour sortir le verre. Aujourd’hui, on n’a qu’un chargeur. S’il tombe en panne, c’est la catastrophe. On nous demande d’être prêts lundi matin (le 13 octobre). Mais nous sommes en sécurité avec le four qui fonctionne. Ça ne risque rien. Par contre, si on fait cette intervention rapidement, non organisée, on risque vraiment la catastrophe humaine et industrielle », précise Guillaume Boisson.

    « Toutes nos avancées négociées dans le cadre du PSE ont été conditionnées. S’il y a une destruction du stock, ou qu’une personne commet un acte qui ne va pas, on perd l’intégralité de ce qu’on a obtenu. On répète à nos salariés de rester calme. La frontière entre la négociation et le chantage est fine. Ils veulent que le personnel dégoupille pour justifier leurs actions sauf que le personnel reste très professionnel et ça ils ne l’avaient pas prévu », explique l’intersyndicale qui espère donc rassembler des centaines de personnes jeudi 16 octobre pour pousser l’État à intervenir contre cette fermeture jugée comme un non-sens « social, industriel, économique et environnemental ».

  • Ne laissons pas mourir la verrerie de Vergèze

    Ne laissons pas mourir la verrerie de Vergèze

    Une multinationale américaine a décidé de rayer d’un trait de plume une usine en pleine santé. Cela se passe à Vergèze dans le Gard. Pour les 164 salariés, passé la stupeur c’est désormais la colère
    et la détermination qui dominent. Ils tiennent le piquet de grève depuis des jours face à Owens Illinois, entreprise qui s’est fait beaucoup d’argent grâce à leur travail. Ce groupe n’a pas investi sur le site et entend délocaliser la production de bouteilles en verre, l’emblématique bouteille Perrier, dans les Vosges alors que l’usine Perrier est voisine de la verrerie ! Ce Monopoly sur le dos des salariés, des habitants et de tout un territoire est insupportable. Fermer la verrerie, c’est condamner la vie sociale de la commune. 400 emplois indirects sont aussi menacés. Plus de 564 familles au total. Un carnage social.

    Prédateurs

    Qui aidera et soutiendra ces sacrifiés de la mondialisation capitaliste ? Pour l’heure, les pouvoirs publics sont muets. Où sont les grands discours sur la réindustrialisation ? La crise de régime, le chaos politique provoqué par Macron brouillent les véritables préoccupations et aspirations des Français : travailler, s’éduquer, se soigner. Pour sortir de ces impasses, les forces sociales et politiques progressistes doivent impérativement sortir de leurs querelles, pour présenter un front uni et proposer des alternatives. Parmi elles, les nationalisations temporaires. Elles sont indispensables pour arracher les entreprises viables des mains de prédateurs qui, tel Owens Illinois, font ce qu’ils veulent au mépris de la vie de travailleurs et de leurs familles.

  • À la verrerie du Languedoc, la colère de 164 familles sur le carreau

    À la verrerie du Languedoc, la colère de 164 familles sur le carreau

    Derrière l’épaisse fumée noire qui s’élève dans le ciel de Vergèze, la circulation se poursuit devant le site de la Verrerie du Languedoc. Les klaxons de soutien accompagnent le crépitement des palettes qui brûlent sans discontinuer depuis le 25 septembre et l’annonce des propositions de la direction d’OI pour le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Il faut dire qu’ici, la verrerie, indissociable de l’iconique bouteille verte de Perrier, est une institution. Sur ce bassin de vie, beaucoup connaissent quelqu’un qui travaille ou a travaillé sur cette plateforme industrielle, l’une des dernières dans le Gard.

    Comme pour beaucoup d’usines, s’en est même devenu une histoire de famille. Vincent, par exemple, occupe le site depuis l’annonce des premières propositions de la direction, aux côtés de son gendre Charley. « Ici sur le piquet de grève, il y a beaucoup de jeunes qui ont des crédits. Mon gendre, ça fait sept ans qu’il est embauché ici. Il a deux enfants avec ma fille donc je suis doublement touché », précise le mécanicien industriel de 57 ans, salarié de la verrerie depuis 38 ans. Quelques chips dans les mains, ses petites filles sont présentes et s’amusent sur le parking de la verrerie. « On veut leur apprendre qu’elles peuvent être confrontées à la même situation et qu’on a des moyens de lutter », explique leur mère qui n’a pas de travail fixe. Malgré tout, son mari Charley garde le sourire. Face à cette situation pesante pour les salariés et leurs familles, il continue d’animer les discussions pour maintenir l’optimisme dans les rangs. « J’ai la chance d’être soutenu par ma famille mais ça crée des conflits parce que cette semaine je n’ai pas été présent à la maison. Quand je suis rentré, c’était 3-4 heures pour dormir. C’est dur et le combat n’est pas fini », raconte-t-il.

    Un peu plus loin, l’une des seules femmes en combinaison souhaite garder l’anonymat. Mais elle qui vient d’être recrutée en intérim est aussi triplement concernée. Outre son cas personnel, son père et son mari travaillent sur le site. Ils perdront tous leur emploi à la fin du mois. « On vient d’acheter une maison. On ne sait pas ce qu’on va faire. Ça nous paraît encore irréel. Tant que la lettre de licenciement ne sera pas arrivée, on ne réalisera pas », précise-t-elle. Samedi 4 octobre, Micka, qui n’a pourtant travaillé que quelques mois sur le site comme cariste, est venu préparer une paella pour « un moment de convivialité entre les salariés » : « Mon grand-père livrait le site et mon père travaillait ici. Quand j’étais petit, il m’emmenait aux manifestations. Aujourd’hui, c’est une triste page qui se tourne. Ce qui est particulier ici, c’est la solidarité entre salariés, qu’ils soient syndiqués ou non, personne n’est laissé de côté ». Beaucoup de retraités de la verrerie ou de Perrier se relaient aussi pour apporter leur soutien aux salariés en lutte.

    « On ne comprend pas pourquoi on ferme »

    Ici règne toujours une réelle fierté d’appartenir à l’un des fleurons français. Car c’est bien à Vergèze qu’a été créée cette bouteille verte que les publicités hautes en couleurs de Perrier sont parvenues à faire connaître dans le monde entier. « On ne sait toujours pas pourquoi on ferme et qu’on met 164 familles sur le carreau parce qu’on est en licenciement économique alors que le site gagne de l’argent », ajoute Charley.

    Dans un communiqué envoyé le 2 octobre, la direction d’Owens Illinois se justifie par « un contexte difficile pour l’industrie du verre en France » et elle affirme qu’elle « n’a malheureusement pas d’autre choix que d’envisager une réorganisation de ses activités couvrant plusieurs sites en France, dont celui de Vergèze, pour renforcer sa compétitivité et assurer la pérennité de ses activités en France sur le long terme, ainsi que les emplois qui y sont attachés ».

    Des arguments réfutés par les salariés : « Le contexte social et politique en France leur permet de pouvoir fermer une usine d’une entreprise qui fait 59 millions d’euros de bénéfice en 2024. Ici à Vergèze, le niveau de profitabilité est de 7%. Ils ont racheté l’entreprise quand le four était neuf et ils n’ont fait aucun investissement depuis. Ils ont pressé le fruit et quand il a été complètement sec, ils l’ont jeté avec 164 familles. Notre capacité de production va être transférée à 600 km d’ici dans les Vosges sur un site qui est à -8 %. La raison c’est que notre four arrive en fin de vie et qu’il faut le renouveler. Un four c’est entre 50 et 70 millions d’euros. Dans les Vosges, le four a trois ans… », explique Jacky Cortier, le délégué syndicat CGT qui demande aujourd’hui « de partir dans la dignité ».

    « Non-sens écologique »

    Le groupe américain, leader mondial dans l’embouteillage, parle même de « contexte économique particulièrement tendu ». Au niveau mondial, le groupe a pourtant réalisé des résultats records au premier trimestre 2025. Son action a par exemple été au plus haut pendant 52 semaines et son chiffre d’affaires a dépassé les attentes à 1,6 milliard d’euros (1,55 milliard anticipé). Mais cette fermeture marque aussi un « non-sens écologique » comme le détaille Jacky Cortier : « Aujourd’hui, nous avons un mur à franchir pour livrer le client. Demain, ils vont faire venir 6 000 camions supplémentaires par an pour que Perrier soit livré. En ce moment, comme la livraison de notre verrerie est bloquée, les bouteilles sont fournies par une entreprise portugaise. On a arrêté un camion l’autre jour et les bouteilles partent d’Espagne et transitent par Brest pour arriver à Vergèze. C’est honteux ».

    Face à une telle situation, la solidarité s’organise. Tous les élus locaux ont apporté leur soutien et plusieurs communiqués d’organisations politiques (notamment du PCF, des Écologistes et de la FI) ont fait part de leur solidarité auprès des salariés. La maire de la commune, Pascale Fortunat-Deschamps (SE), s’est rendue à deux reprises sur le site début octobre et appelle à un grand rassemblement. Force Ouvrière a également offert les grillades aux salariés mobilisés sur le site vendredi soir. Comme d’autres, le syndicat réclame une nationalisation temporaire, le temps de trouver un repreneur qui pourrait assurer l’investissement d’un nouveau four.

    Le four arrêté

    Face aux actions de ces salariés et notamment après le blocage du site voisin de Perrier qui aurait coûté « 300 000 euros par jour à Nestlé » selon la CGT, la direction France d’OI a réagi en dénonçant « avec la plus grande fermeté les actions en cours ». « À cela s’ajoute le blocage illégal du site et la dégradation des installations de sécurité, qui compromettent gravement la sûreté du site de Vergèze. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le site abrite une installation classée Seveso », précise-t-elle avant d’annoncer jeudi 9 octobre, l’arrêt du four « dans les prochains jours » car c’est la « seule option permettant de rétablir la sécurité ».

    Des propos qui ont révulsé les salariés. « Je suis devant le site depuis jeudi (25 septembre, Ndlr), j’assure la sécurité du site et je filtre l’accès du site pour faire tourner notre outil de travail et j’empêche toute personne extérieure de rentrer. Ce matin, nous avons encore eu l’arrivée d’un camion d’air liquide qui nous a demandé d’éteindre notre feu car l’air liquide est nécessaire pour la combustion de notre four. Nous avons éteint le feu, le camion est rentré et quand il est sorti, nous avons rallumé le feu. Nous ne sommes pas là pour tout brûler parce que si on fait sauter le silo, il n’y a plus rien à 20 km à la ronde. Tous les salariés en sont conscients », précise Vincent. Pour preuve, les salariés ont sorti plusieurs extincteurs près du feu et des lances à incendie étaient aussi déployées à l’entrée du site. Mais le lendemain de l’envoi de ce communiqué, OI a dépêché sur place une dizaine d’agents privés censés sécuriser l’accès au site. Sauf que ces équipes partent à 19 heures tous les soirs laissant donc, de fait, la responsabilité de l’usine aux salariés.

    Une autre affaire a tendu les négociations. En effet, trois salariés ont été mis à pied à titre conservatoire après une altercation avec le directeur du site. « Cette altercation s’est déroulée devant deux membres des renseignements généraux. Le directeur a reconnu devant nous qu’il n’y avait eu ni menace physique ni verbale. En réalité, la direction France veut avoir un atout à jouer dans les négociations. Ils veulent s’en servir comme monnaie d’échange. Les trois salariés sont convoqués le 14 octobre », s’agace Jacky Cortier. Les trois salariés ont été contraints d’être mis en maladie pour éviter de voir leur salaire suspendu.

    Des négociations qui avancent

    Dans ce communiqué, la direction France d’Owens Illinois annonçait la suspension des discussions localement « tant que les conditions de sécurité sur le site n’auront pas été rétablies ». Les organisations syndicales ont de leur côté demandé d’être reçues par la direction Europe d’OI pour poursuivre ces négociations. Finalement, une nouvelle salve de négociations a tout de même bien eu lieu à Lyon mardi 7 octobre avec la direction France, avec à la clé plusieurs avancées concédées par le groupe américain.

    « Il reste encore deux réunions donc on va essayer de gratter un peu mais ça commence à prendre une bonne forme. Il y a encore à négocier parce qu’il en manque encore un peu par rapport aux exigences des salariés. Ils ont augmenté la prime de la clause de bonne fin. Ils ont progressé sur le congé de reclassement et sur tous les points importants que l’on demandait. Mais après ces grandes lignes, il y a aussi plein de petits détails à voir », explique Yohan Goupille, délégué syndical CGT qui négocie depuis le début de l’annonce de la fermeture du site. Il a présenté les premières conclusions de ces négociations aux personnels jeudi 9 octobre car toutes les décisions sont prises de manière collégiale. « Le problème c’est que rien n’est signé donc si les salariés ne sont pas d’accord, OI passe en force avec les conditions les plus basses de départ ».

    Deux nouvelles phases de négociations sont prévues les 13 et 17 octobre ainsi que les 20 et 24 octobre. D’ici là, les salariés ont décidé de rester mobilisés car ils ont bien compris que seul le rapport de force avait permis d’obtenir des avancées du côté de la direction.

  • Le rapport de force est engagé à la verrerie du Languedoc

    Le rapport de force est engagé à la verrerie du Languedoc

    Les salariés sont passés au-dessus des organisations syndicales. J’avais prévenu que ça allait s’enflammer donc maintenant il y a le feu nuit et jour devant le site », prévient Yohan Goupille, le secrétaire de la CGT de l’usine de Vergèze. En effet, Owens Illinois avait annoncé la fermeture de son site gardois au 31 octobre où travaillent encore 164 salariés. Les négociations autour du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) se sont donc précisées courant septembre. Mais la direction du groupe américain, leader dans la production d’emballages en verre, a avancé un certain nombre de propositions qui ont mis le feu aux poudres sur le site gardois.

    « Avec notre expert, nous avons fait des demandes cohérentes en nous appuyant sur tous les PSE qui se sont déroulés depuis janvier en France. Nous avons demandé une indemnité supra-légale, un congé de reclassement de 24 mois pour que les gens puissent se reconvertir, parce que le métier de verrier dans la région, il n’y en a pas. Nous avons aussi demandé une cessation d’activité anticipée pour les plus âgés. La direction est arrivée avec rien. C’était une provocation », précise Yohan Goupille.

    Les salariés ont donc décidé de fermer le site à tous les camions mais aussi de bloquer toutes les palettes qui devaient aller à Perrier. Tous les bureaux de la direction ont également été condamnés avec des planches. « On essaie d’utiliser tous les moyens que nous avons à notre disposition », prévient Yohan Goupille.

    Une fois les premières palettes brûlées devant la verrerie, la direction est revenue avec quelques concessions. « Ils ont ouvert un petit peu les discussions mais c’est encore très bas. Ils ont ouvert la porte à une supra-légale de 5 000 euros, un congé de reclassement de 15 à 18 mois contre 12 à 14 mois initialement, à une cessation d’activité. C’est malheureux mais ils ne connaissent que le bâton. Nous allons donc accentuer le mouvement pour mettre le maximum de pression sur la direction parce que dans un mois, c’est fini », conclut le délégué syndical CGT.

  • Le rapport de force est engagé à la verrerie du Languedoc

    Le rapport de force est engagé à la verrerie du Languedoc

    Les salariés sont passés au-dessus des organisations syndicales. J’avais prévenu que ça allait s’enflammer donc maintenant il y a le feu nuit et jour devant le site », prévient Yohan Goupille, le secrétaire de la CGT de l’usine de Vergèze. En effet, Owens Illinois avait annoncé la fermeture de son site gardois au 31 octobre où travaillent encore 164 salariés. Les négociations autour du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) se sont donc précisées courant septembre. Mais la direction du groupe américain, leader dans la production d’emballages en verre, a avancé un certain nombre de propositions qui ont mis le feu aux poudres sur le site gardois.

    « Avec notre expert, nous avons fait des demandes cohérentes en nous appuyant sur tous les PSE qui se sont déroulés depuis janvier en France. Nous avons demandé une indemnité supra-légale, un congé de reclassement de 24 mois pour que les gens puissent se reconvertir, parce que le métier de verrier dans la région, il n’y en a pas. Nous avons aussi demandé une cessation d’activité anticipée pour les plus âgés. La direction est arrivée avec rien. C’était une provocation », précise Yohan Goupille.

    Les salariés ont donc décidé de fermer le site à tous les camions mais aussi de bloquer toutes les palettes qui devaient aller à Perrier. Tous les bureaux de la direction ont également été condamnés avec des planches. « On essaie d’utiliser tous les moyens que nous avons à notre disposition », prévient Yohan Goupille.

    Une fois les premières palettes brûlées devant la verrerie, la direction est revenue avec quelques concessions. « Ils ont ouvert un petit peu les discussions mais c’est encore très bas. Ils ont ouvert la porte à une supra-légale de 5 000 euros, un congé de reclassement de 15 à 18 mois contre 12 à 14 mois initialement, à une cessation d’activité. C’est malheureux mais ils ne connaissent que le bâton. Nous allons donc accentuer le mouvement pour mettre le maximum de pression sur la direction parce que dans un mois, c’est fini », conclut le délégué syndical CGT.

  • Vergèze : un rassemblement décisif

    Vergèze : un rassemblement décisif

    La mobilisation reprend de plus belle à la verrerie de Vergèze. Après une première démonstration de force le 3 juillet, qui avait réuni plusieurs milliers de personnes aux côtés de la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, un nouveau rendez-vous est fixé au mardi 9 septembre à 10h. « On espère au moins 3 000 ou 4 000 personnes. C’est énorme, mais à la hauteur de l’enjeu », confie Yohan Goupille, délégué CGT de la verrerie. Depuis l’annonce, en avril, de la fermeture du site par le groupe américain Owens Illinois, l’inquiétude n’a cessé de grandir parmi les 164 salariés concernés. « On nous dit d’attendre octobre pour savoir si Perrier conserve son label eau minérale naturelle. Mais en attendant, c’est toute une usine qui vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête », rappelle Yohan Goupille.

    « La rentrée sociale sera explosive »

    Pour le syndicaliste, la bataille dépasse largement le cas de Vergèze. « On assiste à une hémorragie de plans sociaux partout en France. Des usines viables ferment uniquement pour donner plus de profits aux actionnaires, avec la bénédiction de l’État. C’est un scandale », dénonce-t-il. Le 9 septembre, la CGT veut donc frapper fort. À Vergèze, mais aussi à Vayres, en Gironde, où une action parallèle est prévue le même jour avec la présence de Sophie Binet. Le but : élargir la mobilisation et mettre sous pression élus et gouvernement. « Ce qu’on veut, c’est que les Français ouvrent les yeux : ça n’arrive pas qu’aux autres. Quand une usine ferme, ce sont des familles entières et tout un territoire qui trinquent », insiste Yohan Goupille.