Tag: Valère Ségal

  • Main basse du RN sur deux intercommunalités gardoises ?

    Main basse du RN sur deux intercommunalités gardoises ?

    C’est un nouveau palier que le Rassemblement national s’apprête à franchir. Si jusqu’ici les maires confrontés à l’élection d’un membre du RN dans une commune voisine faisaient front pour qu’il ne puisse pas présider l’intercommunalité, la digue à ce niveau aussi a cédé. Dans le Gard, deux d’entre elles sont en effet tout proches de basculer à l’extrême droite.

    Il y a d’abord Beaucaire Terre-d’Argence (CCBTA). S’il s’en était fallu d’un cheveu pour que Julien Sanchez (RN) n’enlève la présidence en 2020, le maire de Beaucaire Nelson Chaudon semble avoir, cette année, plus de soutiens. Si la possibilité d’une alternative à Juan Martinez, président sortant et maire de Bellegarde, a été avancée, ce n’est pas la gestion de l’ancien socialiste qui est remise en cause. Juan Martinez est donc candidat pour reprendre les rênes de la communauté de communes et devrait compter sur le soutien des élus d’opposition à Beaucaire, mais aussi sur les maires réélus à Jonquières-Saint-Vincent et Vallabrègues.

    Le Gard rhodanien

    dans la continuité ?

    C’est en réalité à Fourques, avec l’élection d’Alain Fouque, que la balance pourrait s’opérer. Les deux élus de la majorité qui siégeront à la CCBTA multiplient les rencontres avec la majorité sortante, mais aussi avec le RN. « On est assez pessimiste », confie un participant aux discussions. Les élus de la CCBTA se prononceront le 15 ou 16 avril.

    La situation est également mal engagée en Petite Camargue après la défaite de Jean Denat à Vauvert. Le nouveau maire, Nicolas Meizonnet (RN) a immédiatement annoncé sa candidature à l’intercommunalité, qui regroupe Aimargues, Aubord, Beauvoisin et Le Cailar. Aucun élu ne semble en effet vraiment souhaiter s’opposer à l’ancien député alors que la communauté de communes a toujours été dirigée par le maire d’une autre commune (à l’exception d’un bref passage sous Jean Denat, qui a assuré une transition). Selon plusieurs sources, les élus d’Aimargues se seraient aussi entendus avec Nicolas Meizonnet, lui assurant ainsi la présidence. Car avec un conseil qui se réduit de 37 à 30 élus, le nouveau maire de Vauvert et ses onze élus à la communauté de communes n’a que cinq voix à aller chercher. La date de la première séance du conseil n’est pas encore connue.

    Pour la communauté d’agglomération (la 3e du département après Alès et Nîmes) du Gard rhodanien, trois élus sont candidats alors que le président, Jean-Christian Rey (SE), a annoncé qu’il ne se représente pas. La nouvelle maire de Bagnols-sur-Cèze Pascale Bordes (RN) tente aussi de s’imposer à l’agglo mais elle manque aujourd’hui cruellement de relais dans les 43 autres communes qui composent le Gard rhodanien. Son opposant de gauche au conseil municipal, Jérôme Jackel (Debout !), également candidat, est confronté au même problème. Valère Ségal, réélu largement à Pont-Saint-Esprit, est lui candidat à la 1ère vice-présidence en charge de la santé « quel que soit le président ». Mais après les tensions entretenues avec les maires voisins, pas sûr qu’il soit entendu.

    Soucieux de travailler dans la continuité du travail engagé ces dernières années, Christophe Serre, maire SE de Saint-Paulet-de-Caisson et conseiller départemental, fait donc aujourd’hui figure de favori. « Nous sommes une très grande majorité d’élus sortants réélus au sein de l’agglomération et nous ne voulons pas qu’on balaie le travail réalisé. Nous allons proposer un nouveau projet de territoire que nous allons travailler avec tout le monde. J’ai le soutien d’une grande majorité d’élus », affirme-t-il. Le conseil communautaire qui élira le futur président est prévu le 7 avril à Laudun-l’Ardoise.

  • Gard : une triangulaire à Pont-Saint-Esprit

    Gard : une triangulaire à Pont-Saint-Esprit

    À Pont-Saint-Esprit, le premier tour des municipales a livré un double message : la prime au sortant et le rejet net de l’extrême droite. Dimanche 15 mars, le maire Valère Segal (Réussir le Pont de demain) arrive largement en tête avec 41,16 % des suffrages. Derrière, la bataille est plus ouverte : Olivier Esquer (Pont en action) obtient 18,40%, suivi de Benjamin Desbrun (Rassembler pour agir, 16,45%) et Morad Hourfane (Le Pont que nous voulons, 13,22%). La participation atteint 56,58%, laissant encore une abstention lourde (43,42%) : un réservoir décisif pour le second tour.

    Dans l’entre-deux tours, le paysage s’est rapidement clarifié. Troisième, Desbrun a annoncé son retrait, appelant à « faire barrage au maire sortant », qu’il accuse d’enfumer les Spiripontains sur plusieurs dossiers, du futur collège aux projets autour de l’Hôtel-Dieu. Sa sortie de route révèle un scrutin polarisé : davantage qu’un débat de fond, cette campagne a été un affrontement de personnes et de récits.

    L’extrême droite humiliée

    La séquence la plus marquante reste l’échec cuisant d’Aurélie Delwarte. La candidate d’Identité Libertés, alliée au RN, termine dernière avec 10,77%. Un score qui actera son retrait du second tour, malgré sa qualification. Elle justifie ce désistement au nom de « l’intérêt de Pont-Saint-Esprit », tout en dressant un tableau anxiogène (insécurité, narcotrafic, fiscalité) et, sans le dire, en orientant ses électeurs vers la liste Esquer. Un revers politique pour une candidature déjà plombée par ses proximités idéologiques et ses controverses : à Pont-Saint-Esprit, la tentative de banalisation de l’extrême droite n’a pas pris.

    Résultat : une triangulaire dimanche 22 mars entre Segal, Esquer et Hourfane. Le maire sortant refuse toute fusion et joue la carte de la stabilité. Olivier Esquer appelle à la mobilisation, martelant que « 58% » des votants n’ont pas choisi Segal. Morad Hourfane, lui, persiste « sans ralliement », et tente de fédérer tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la majorité sortante.

  • Pont-Saint-Esprit : « Dépasser les appareils politiques »

    Pont-Saint-Esprit : « Dépasser les appareils politiques »

    Pour sa première sortie programmatique, vendredi dernier, Benjamin Desbrun a décidé de plancher sur la sécurité. Avec la liste « Rassembler pour agir » l’ex-conseiller municipal de l’ancien maire Roger Castillon (DVG) et ex-adjoint de l’ancienne maire Claire Lapeyronnie (DVG) veulent « associer les citoyens à la sécurisation de la ville », réglementer les épiceries de nuit, repenser la vidéosurveillance ou encore replacer la police municipale en cœur de ville. « Ce n’est pas un territoire facile, mais nous sommes persuadés que pour réduire le score de l’extrême droite, dans une ville où le RN fait plus de 60% lors des élections nationales, il faut être fermes sur ces sujets-là », complète son nouveau directeur de campagne Benjamin Téoule, membre du cabinet du maire socialiste de Montpellier. « L’idée c’est de dépasser les appareils politiques », ajoute-t-il. Sur ce territoire où les thèses démagogiques de l’extrême droite progressent, la gauche n’a pas trouvé sa voie.

    Pas de candidat RN pour l’heure

    L’ensemble des autres candidats adopte une logique similaire : pas d’étiquette affichée mais des tendances centristes ou de droite. Il en est ainsi du maire sortant Valère Segal, proche du parti Horizons de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe. Idem pour le candidat Olivier Esquer, qui mise sur ses origines spiripontaines pur sucre. Pas mieux pour le jeune Loïc Boiron, parti en solo du haut de ses 23 ans. Seule Aurélie Delwarte affiche ses convictions… mais sous le logo d’extrême droite du parti de Marion Maréchal Le Pen (Identité Liberté). Pour l’heure, si le nom du député RN Pierre Meurin (qui avait totalisé 61,55% des suffrages ici lors des législatives anticipées de 2024) circule, son parti n’est pas encore sorti du bois. Dans le Gard Rhodanien, une partie de la gauche désespère. «Je crois que le 15 mars, les camarades de Pont-Saint-Esprit vont partir pêcher… », s’inquiète Elian Cellier (PCF).

  • À Pont-Saint-Esprit, une gauche encore invisible

    À Pont-Saint-Esprit, une gauche encore invisible

    Depuis le score famélique de la maire sortante Claire Lapeyronie (14,84%) à l’élection municipale partielle, la gauche se cherche un leader. Car l’élue régionale qui siège dans la majorité de Carole Delga devait rassembler la gauche et au-delà. Sauf qu’une partie des communistes a d’abord quitté le navire, suivie, quelques années plus tard, par les socialistes. En effet, la section locale avait refusé de la soutenir pour cette partielle.

    Sauf que depuis, aucune figure à gauche n’a émergé. Les organisations politiques telles le PCF et le PS sont en retrait et observent la situation. L’association Pensons Pont a depuis vu le jour et organise des rencontres thématiques dans l’optique de construire des propositions pour les prochaines municipales. « Pensons Pont s’adresse à tous les progressistes. Pour l’instant, la campagne n’a pas démarré et je pense que l’offre politique d’aujourd’hui ne sera pas celle du 15 mars », explique Benjamin Téoule, qui gère l’organisation de l’association et n’en dira pas plus sur le nom d’une potentielle tête de liste.

    Surprise cependant du côté de Cyril Pommier (Pont-Saint-Esprit en transition), qui annonce se rapprocher de l’ancienne édile : « J’ai certainement été un des plus critiques de l’action de Claire Lapeyronie sous son ancien mandat. Mais dans le cadre d’un nouveau projet, plus collectif, démocrate et humaniste, je pense qu’elle serait la mieux à même d’en être la représentante ». Un retour de Claire Lapeyronie n’est donc plus à écarter.

    Ce communiqué faisait suite à l’annonce de candidature de Loïc Boiron. Le jeune homme de 23 ans, un temps membre de Pensons Pont, tente finalement une aventure personnelle. Le maire, Valère Ségal (DVD), a aussi annoncé se porter candidat dans un communiqué. Il tentera cette fois d’être élu sur son nom et devra aussi faire face à des soubresauts au sein de sa majorité. En effet, fin septembre, il a retiré leurs délégations à deux élus de la majorité ayant confié leur procuration à des élus d’opposition (dont au moins un a confié sa procuration au député du RN Pierre Meurin, affirme Objectif Gard). De son côté, Pierre Meurin qui siège désormais au conseil d’agglomération, a aussi promis la constitution d’une liste « soutenue par le RN et tous les mouvements patriotes » pour mars prochain. Sa tête de liste n’a pas encore été désignée.