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  • Dans l’Hérault, plus de la moitié des bovins vaccinés

    Dans l’Hérault, plus de la moitié des bovins vaccinés

    S’il n’y a aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans l’Hérault, la préfecture a mis en place, dès le 19 décembre, un plan pour contenir cette maladie s’attaquant aux vaches après que des foyers se sont déclarés dans l’Aude.

    Première étape, la mise en place d’une zone réglementée dans 18 communes de l’ouest de l’Hérault comprenant 120 bovins. « 100% des vaches ont été vaccinées dans cette zone. Sur l’ensemble du département, nous en sommes à 56% [au 5 janvier, Ndlr]. Nous espérons atteindre l’objectif de vacciner 75% des bovins de 95% des cheptels à la mi-janvier », détaille Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault. Une manière d’atteindre l’immunité collective. Car le département veut devenir un « cordon sanitaire » afin de stopper la propagation de la maladie.

    Pour ce faire, les services de l’État, de la Chambre d’agriculture et des cabinets de vétérinaires se plient en quatre pour vacciner les 5 420 bovins restants sur les 12 420 que compte l’Hérault. D’autant qu’atteindre tous les troupeaux n’est pas une chose aisée. « Dans le département, la moitié des élevages compte moins de 20 bovins, parfois des élevages semi-sauvages donc très durs à atteindre  », fait valoir Yann Louguet, directeur départemental de la protection des populations.

    60 000€ débloqués

    Un travail de fourmi mais nécessaire pour éviter l’abattage. « Personne n’a envie d’abattre son troupeau, c’est un drame. Éradiquer la maladie est donc primordial », soutient Jérôme Despey, président de la Chambre d’Agriculture 34 et de la FDSEA 34. Car la stratégie sanitaire mise en place dans les pays européens repose sur trois piliers : l’abattage du troupeau si une infection est détectée ; l’interdiction de mouvements d’animaux autour de 50 km d’un foyer ; la vaccination dans les 50 km d’un foyer.

    Les services de l’État ont donc voulu rassurer les éleveurs inquiets. « Il n’y a aucune suspicion et aucun cas signalé dans l’Hérault », confirme Jérôme Despey. Un fonds de 60 000 euros a d’ailleurs été mis en place afin de prévenir de potentiels préjudices liés à l’export. Seule ombre au tableau, la prolifération de fake news. « Nous avons besoin de faire preuve de pédagogie, les réseaux sociaux nous tuent. Des fausses vidéos générées par l’IA sapent le travail des chercheurs, des épidémiologistes », soupire Aude Geiger, en charge de la filière élevage à la Chambre d’agriculture.

  • DNC : les syndicats réclament des vaccins en Occitanie

    DNC : les syndicats réclament des vaccins en Occitanie

    L’annonce a fait l’effet d’un choc chez les éleveurs héraultais et surtout gardois. Pour lutter contre la DNC (qui a entraîné l’abattage de plusieurs troupeaux en Savoie), le ministère de l’Agriculture a en effet décidé, le 17 octobre, l’interdiction de toute sortie bovine (marché, salon, fête) dans trois régions dont l’Occitanie et l’interdiction d’exporter, « pour éviter la diffusion du virus hors de France ». Tous les taureaux de Camargue sont aussi confinés au moins jusqu’au 1er décembre avec interdiction pour les éleveurs de les sortir des manades.

    L’inquiétude a donc gagné les éleveurs qui doivent envoyer à l’abattoir la totalité de leur troupeau si un cas est déclaré. Un principe qui révulse tant le Modef que la Conf. « Ce virus qui arrive en France à cause du dérèglement climatique est connu. Des recherches ont été effectuées et on sait que l’abattage de tout le troupeau ne sert à rien. Il faut un abattage ciblé et une vaccination systématique. La preuve, ils ont fait ça en Savoie et on retrouve maintenant le virus dans d’autres régions. En plus, en faisant ça, on supprime la génétique, parfois il y a 20 ou 30 ans de sélection », explique Didier Marion, porte-parole de la Conf paysanne du Gard.

    La ministre répond

    au Modef

    Face à l’inquiétude, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard (LR) a organisé une réunion avec le Modef mercredi 29 octobre, à laquelle a participé le Gardois Frédéric Mazer, co-président national du syndicat. « Elle nous a dit qu’elle était en pleine négociation avec l’Espagne et l’Italie pour réautoriser la vente des broutards vers ces pays et que ça pourrait se faire prochainement. Concernant la vaccination, elle a dit qu’elle avait suffisamment de doses pour les zones réglementées mais elle n’en a pas assez pour une couverture totale du territoire parce qu’il faudrait 15 millions de doses et elle n’en a que quelques centaines de milliers d’avance », explique Frédéric Mazer.

    L’éleveur a également réaffirmé son hostilité à l’abattage total des troupeaux : « La ministre pense que cette stratégie est gagnante car le virus a été éradiqué en Savoie mais il y a le problème de perte génétique et le traumatisme psychologique pour les éleveurs. Au Modef, nous proposons de vacciner tous les cheptels souches, c’est-à-dire les vaches allaitantes, les vaches laitières et les génisses de renouvellement et de ne pas vacciner les bêtes destinées à l’abattage puisque le virus n’est pas transmissible à l’être humain. C’est une proposition que la ministre n’a pas écartée. Elle a aussi dit qu’elle allait consulter la profession pour la vaccination de tout le territoire. »