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  • Unis, les syndicats mettent le cap sur le 18

    Unis, les syndicats mettent le cap sur le 18

    La journée de blocage du 10 septembre et la manifestation qui a réuni plus de 80 000 personnes à Marseille ont, semble-t-il, donné des ailes aux organisations syndicales, réunies en intersyndicale en vue de la journée de grève et d’actions du 18 septembre prochain. « C’est un très bon premier départ pour une mobilisation sociale d’ampleur. Nous avons su faire la convergence avec les collectifs citoyens et les autres forces mobilisées. Cela dépasse largement nos rangs, et c’est ce qu’il faut développer. », souligne Jessica Jadé, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône.

    Pour elle, comme pour ses homologues d’autres organisations syndicales, cette journée marque un tournant. « C’est une étape importante dans la construction d’un mouvement de longue haleine », abonde Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13, qui se félicite de la forte participation dans l’Éducation nationale, avec des taux de grève élevés dans plusieurs établissements. Pour Frédéric Michel, de Solidaires 13, cette journée était « le début d’une offensive sociale » qui n’attend qu’à se concrétiser avec la date du 18. Il insiste notamment la diversité du cortège : jeunes, retraités, chômeurs, non syndiqués : « Il n’y avait pas de défiance, mais une vraie convergence avec les syndicats ».

    Tous appellent, espèrent et vont travailler à une mobilisation aussi réussie pour le 18 septembre. « Il faut construire un rapport de force gagnant, réfléchir ensemble à une autre société. Ce n’est pas une rentrée sociale plan-plan : il y a un souffle, une dynamique », développe Frédéric Michel. « La colère est légitime. Elle est née des passages en force de Macron et de ses politiques antisociales », reprend Jessica Jadé pointant les politiques de « casse sociale » menées par les gouvernements successifs. Et de rappeler les menaces sur les congés payés, la sécurité sociale et le financement des retraites : « Ce n’est pas la nomination de Lecornu comme Premier ministre qui va nous rassurer ».

    Avis partagé même par des représentants de syndicats classés comme réformistes. « Sa nomination ne donne aucun espoir d’amélioration. Le 18 septembre est une étape dans un mouvement plus large pour imposer une autre voie : celle du respect des agents, des salariés et de leurs représentants », assure Rendi Dichri, de l’Unsa. À l’opposé de la logique d’austérité et d’individualisation des droits à l’œuvre depuis des années, son organisation demande urgemment une revalorisation immédiate des salaires, traitements et pensions, le respect des statuts et des droits collectifs, et des moyens suffisants pour les services publics. « Nous serons dans la rue, pas par habitude, mais parce qu’il y a un ras-le-bol général. Ras-le-bol d’être les premiers à payer et les derniers à être respectés », ajoute Guillaume Pascal, pour la CFDT 13. Il évoque notamment « une rupture » déjà actée avec le pouvoir en place du côté des travailleurs : « Respecter les salariés, c’est reconnaître leur engagement, écouter leur voix et partager équitablement les richesses qu’ils créent ».

    René Sale, secrétaire général de l’Union locale de FO d’Aix-en-Provence, dénonce aussi la poursuite de cette politique de destruction sociale et les annonces de Bayrou : « Deux jours fériés supprimés, déremboursements doublés, attaques contre les affections de longue durée… C’est une offensive contre la sécurité sociale et les droits ouvriers ». Sa confédération a déposé un préavis de grève reconductible du 1er septembre au 30 novembre : « On ne pourra pas manifester pendant 6 ou 8 mois. Il faut réfléchir à des actions plus fortes, décidées en assemblées générales ». Un meeting est prévu le 16 septembre à Marseille avec Frédéric Souillot.

    Tous attendent une large mobilisation et se préparent à l’installer dans la durée. A minima 3 manifestations sont au programme dans les Bouches-du-Rhône, 4 pour le Var. Et les militants vauclusiens tablent sur une participation massive pour le rendez-vous à Avignon (lire encadré rendez-vous ci-contre.

    « Nous construisons cette journée comme une étape dans un processus de mobilisation. », insiste Jessica Jadé. Il faudra aussi compter sur le soutien des membres des collectifs citoyens de « Bloquons tout », à l’origine du 10 septembre. Les assemblées générales qui se tenaient à Marseille dans la foulée de la première mobilisation se sont prononcées largement en faveur d’une participation massive à la date posée par l’intersyndicale. « Ce ne sera pas une mobilisation isolée. Le combat contre le budget austéritaire durera jusqu’en décembre » prévient Franck Balliot. « On peut financer la retraite à 60 ans. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est la justice sociale. Il faut arrêter le pillage des caisses de l’État et réinvestir dans les services publics » conclut Jessica Jadé.

    « Le combat contre le budget austéritaire durera. »

  • L’intersyndicale en ordre de marche

    L’intersyndicale en ordre de marche

    Doublement des franchises médicales, gel des prestations sociales, suppression de deux jours fériés, gel des salaires et des pensions, suppressions de postes… En réaction à des mesures « d’une brutalité sans précédent », le ton du communiqué de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU, Solidaires) s’est révélé particulièrement grave le 29 août. « Ensemble, nous alertons solennellement sur ce contexte et la situation de notre pays. Depuis le passage en force du Président de la République sur la réforme des retraites, notre pays s’enfonce dans une profonde crise sociale et démocratique », prévient-elle.

    Depuis, les organisations départementales se sont regroupées les unes après les autres ces derniers jours. En ligne de mire : se positionner en soutien pour le 10 septembre, et préparer la grève du 18. Avant la pause estivale, il était déjà question de poser une date en septembre, mais l’ambiance explosive du mouvement citoyen « Bloquons tout » et les annonces de Bayrou ont accéléré la cadence. « Cet été, l’intersyndicale a repris du poil de la bête, et c’est une très bonne nouvelle », constate Serge Ragazzacci, secrétaire général de la CGT de l’Hérault, qui partage sans détour l’humeur du texte collectif. « Le mot d’ordre, c’est le rejet des mesures de François Bayrou. Ce projet de budget vient confirmer les politiques de rigueur et d’austérité que nous subissons depuis longtemps et qui ont conduit à creuser les inégalités du pays. La fortune des plus riches a progressé trois fois plus vite que la richesse nationale », rappelle-t-il.

    Convaincue « qu’un autre budget est possible », Myriam Vermale abonde : « Les annonces du 15 juillet sont inadmissibles. Nous nous opposons à toutes ces propositions. Ça va être catastrophique », réagit encore la co-secrétaire de la FSU-Snuipp du Gard. « Surtout au regard de tous les cadeaux fiscaux offerts aux entreprises… Comme les 211 milliards d’aides publiques proposées sans contrepartie. Il est injuste de demander aux plus petits salaires de payer la dette ! »

    Pour le 10 et le 18, des préavis de grève à dispo

    Très concrètement, l’intersyndicale n’appelle pas à la grève le mercredi 10 septembre, mais elle soutient l’initiative du blocage citoyen. « Notre mode d’action, c’est l’entreprise, explique Serge Ragazzacci, à la CGT. Il y aura des préavis à disposition pour ceux qui le souhaitent. Nous sommes en train de contacter les bases syndicales pour les encourager à se réunir et à prendre la température. Et puis on va utiliser cette mobilisation pour réussir la grande journée de grève en intersyndicale le 18 », détaille-t-il.

    Pas question de mettre les deux journées en concurrence en somme : dans leur esprit, la deuxième journée tentera de profiter de l’émulation populaire suscitée par la première. En réunion, Solidaires a également plaidé pour démarrer les tractages intersyndicaux sur le 18 juste après la mobilisation du 10. Histoire de ne pas semer la confusion…

    Secrétaire départemental de l’Unsa 34, Elian Bourgade s’avoue très optimiste. « Les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit ! Et ce n’est pas qu’un mot… Je pense qu’il y a un vrai terreau, j’ai le sentiment que nous allons réussir à organiser une belle mobilisation », confie-t-il.

    Dans l’optique d’une démission de François Bayrou au lendemain d’un « vote de confiance » qui devrait bel et bien le conduire à sa perte, pas question non plus de faire marche arrière. « On est engagé sur un processus qui porte sur la défense des salariés, pas sur un changement de casting », poursuit Serge Ragazzacci (CGT).

    Ensemble, les huit syndicats réclament des moyens budgétaires à la hauteur des missions des services publics, des mesures pour lutter contre la précarité, des investissements au profit de la transition écologique, plus de justice fiscale, une protection sociale de haut niveau et l’abandon de la retraite à 64 ans… Des revendications à l’opposé des orientations gouvernementales actuelles. C’est dire l’enjeu et l’ampleur de la tâche.

    * À Montpellier, pour la manif
    du 18, l’intersyndicale appelle
    à se réunir dès 10h30 sur la place Albert-1
    er.

    à Nîmes, rendez-vous à 14h30 aux Jardins de la Fontaine.

    L’intersyndicale a également
    mis en ligne une pétition via le site «
     Stop budget Bayrou »
    et la plateforme Change.org.
    Elle a atteint plus de 370
     000 signatures.

  • Les enseignants de l’Unsa alertent pour la rentrée

    Les enseignants de l’Unsa alertent pour la rentrée

    Pour cette rentrée, on est sur un état des lieux difficile », campe Franck Delétraz, secrétaire départemental du SE-Unsa des Bouches-du-Rhône. Le représentant syndical, également professeur des écoles, fait part « d’un état d’esprit des enseignants morose », miné par « une confiance trahie depuis trop longtemps en ce qui concerne l’éducation avec trop d’effets d’annonces ». « Le constat est clair : on ne peut plus remplir correctement nos missions. On n’est pas assez nombreux, épuisés et invisibilisés. Cela fait trop longtemps que ça dure », développe-t-il, le ton grave.

    Des affirmations qui s’appuient notamment sur les derniers chiffres du baromètre annuel du SE-Unsa, fruit d’une consultation auprès de dizaines de milliers d’enseignants. « 77 % des enseignants ne conseilleraient pas ce métier à un proche. C’est un chiffre en hausse constante chaque année. 92 % rejettent la politique éducative de ces dernières années », prend-il pour exemple. Johanes Togbé, secrétaire académique du SE-Unsa et professeur de lycée professionnel à La Ciotat, abonde : « Les mesures annoncées et les dispositifs mis en place par le ministère ne sont pas suivis de moyens ». Là encore, exemple concret avec l’annonce par Élisabeth Borne, ministre de l’éducation, de la « pause numérique » au collège avec l’interdiction des téléphones. « Ils laissent les chefs d’établissements organiser la logistique, en accord avec le Département. Mais cela représente des investissements et un temps perdu à structurer cette organisation à l’heure où l’on manque de moyens », tacle-t-il.

    Enfin, si une estimation du nombre d’enseignants manquants pour cette rentrée n’est pas facile à établir avant le jour J, le SE-Unsa évoque déjà des cas de profs manquants.