Tag: Univers

  • [Week-end] La chasse aux quasars les plus anciens de l’Univers

    [Week-end] La chasse aux quasars les plus anciens de l’Univers

    Des quasars, on en connaît beaucoup. Mais des très éloignés, formés il y a très longtemps et dont la lumière ne nous parvient qu’aujourd’hui, c’est plus rare. On en connaissait 9 présents dès 770 millions d’années après le Big Bang, soit l’aube de l’Univers (qui a 13,8 milliards d’années). Le premier présent si tôt a été découvert en 2011. Le télescope spatial Euclid en ajoute 12. Ils font partie des 31 nouveaux quasars découverts depuis le début de ses relevés en février 2024 et publiés dans Astronomy & Astrophysics. « Cela va révolutionner le champ d’étude de ces objets, souligne Stéphanie Escoffier, spécialiste de cosmologie au Centre de physique des particules de Marseille et coautrice de l’étude. Nous allons pouvoir étudier des populations. » « Cela montre aussi que nos méthodes pour pré-sélectionner des candidats quasars potentiels fonctionnent bien. C’est prometteur pour la suite », ajoute Roser Pello, astronome au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille et coautrice de l’étude également.

    Découverts dans les années 1960, les quasars sont des objets ultra-brillants et très ponctuels. Ce qui permet de les voir même s’ils sont très loin dans l’Univers, donc formés il y a très longtemps. Cette émission de lumière est due à l’accrétion de matière par un trou noir central supermassif –c’est-à-dire sa masse vaut des centaines de millions de fois celle de notre soleil. « Ce sont des monstres », souligne Roser Pello. Mais des monstres méconnus. « Leur mécanisme de formation pose encore des questions, ajoute la chercheuse. En connaître plus et analyser leur environnement peut fournir des indices. »

    Limite d’âge

    Seulement, les observer si loin –donc si tôt dans la formation de l’Univers– interroge. « Même si le télescope spatial James Webb avait déjà fourni quelques indices », admet Roser Pello. Comment peuvent-ils s’être formés si tôt ? Les modèles ne le prévoient pas. « Il leur faut énormément de matière à absorber, poursuit la chercheuse. Où la trouvent-ils ? » « Cela voudrait dire qu’ils sont dans des galaxies massives formant beaucoup d’étoiles », ajoute Stéphanie Escoffier. Ce que semble confirmer une étude menée sur un des quasars les plus anciens découverts par Euclid, montrant qu’il est au cœur d’une galaxie riche en poussière et en gaz où de nouvelles étoiles se forment à un rythme effréné.

    Trouver quelques quasars dans le premier milliard d’années de l’Univers, cela passe encore. « Si cela reste des exceptions, ce n’est pas un problème », admet Roser Pello. Mais si Euclid en découvre plusieurs dizaines, « cela va commencer à poser problème et nous obligera peut-être à revoir nos modèles », poursuit la chercheuse. Le télescope pourrait même en trouver des plus anciens. « C’est même très probable », estime Stéphanie Escoffier. En 2019, une étude prédisait que nous pourrions en trouver dès 630 millions d’années après le Big Bang.

    REPÈRES

    Euclid

    Ce télescope européen mis en orbite autour de la Terre en 2023 a pour tâche principale d’étudier l’origine de l’accélération de l’Univers. Il observe les galaxies dans la lumière visible et le proche infrarouge (entre 550 et 2 000 nm). Mais il a aussi des tâches secondaires, comme observer les quasars.

    Quasar

    Ce mot-valise, abréviation de « quasi-stellar » (presque des étoiles), désigne des objets très brillants et ponctuels dans l’Univers. Ils sont le fruit du rayonnement d’un trou noir supermassif de plusieurs centaines de millions de fois la masse du soleil.

    7,77

    C’est le « décalage vers le rouge » du quasar le plus éloigné observé par Euclid, et le plus éloigné connu à ce jour. Cette grandeur signifie qu’il est apparu au cours des 660 premiers millions d’années (Ma) de l’Univers – soit environ 10 Ma plus tôt que le précédent record.

  • [Entretien] Roser Pello : « Les quasars ont peut-être eu un rôle plus important dans la réionisation »

    [Entretien] Roser Pello : « Les quasars ont peut-être eu un rôle plus important dans la réionisation »

    La Marseillaise : Euclid a découvert 12 nouveaux quasars présents 770 millions d’années après le Big Bang –soit très tôt après la formation de l’Univers. Que va-t-on étudier à leur sujet ?

    Roser Pello : Une des premières choses que les astrophysiciens voudront étudier est leur contribution à la réionisation de l’Univers. Car ces quasars se trouvent dans cette période qui se termine environ un milliard d’années après le Big Bang. Sa date de début n’est pas claire. Elle intervient après les « âges sombres » : quand l’Univers était composé essentiellement de matière sombre, d’atomes d’hydrogène et d’hélium, sans étoile ni galaxie pour l’éclairer. La réionisation se produit justement après la formation des premières étoiles, galaxies et quasars qui, via les photons émis, font retourner l’hydrogène sous sa forme d’ion.

    Qu’imaginait-on du rôle des quasars dans cette réionisation ?

    R.P. : On le pensait anecdotique par rapport à celui des premières étoiles et galaxies –petites mais nombreuses– considérées comme les principales contributrices. Mais si nous commençons à trouver beaucoup de quasars à cette époque, cela signifie peut-être que leur rôle est plus important que nous le pensions.

    Comment va-t-on faire ?

    R.P. : Il faut construire une fonction de luminosité : déterminer, pour chaque tranche d’Univers à mesure qu’on se rapproche du Big Bang, combien de quasars on trouve pour telle ou telle luminosité. Cela permettra de définir le potentiel ionisant de cette population de quasars et de le comparer à celui des étoiles et des galaxies.

    Propos recueillis par X.B.

  • [C’est l’été] Le planétarium Peiresc et ses activités

    [C’est l’été] Le planétarium Peiresc et ses activités

    Partez en immersion direction l’Univers, le système solaire et apprenez-en davantage sur toutes les merveilles et les mystères qu’il abrite. Ce jeudi et chaque jour au mois d’août, le planétarium Peiresc à Aix-en-Provence ouvre ses portes aux petits comme aux grands pour leur proposer des ateliers divers et variés autour de l’infiniment grand.

    Pour les petits bouts

    et les plus grands

    En ce qui concerne les activités de la journée qui vous sont proposées, apprenez-en davantage sur l’exploration de la planète Mars qui se poursuit encore de nos jours. C’est à vivre à partir de 7 ans et dès 11h. Percez à partir du même âge tous les secrets et mystères du Système solaire avec un atelier proposé à 14h.

    Les petits bouts dès 4 ans pourront quant à eux partir à la découverte des étoiles à 15h. Ou encore en savoir plus sur les robots que l’on retrouve dans l’espace à partir de 16h.

    Pour réserver : aix-planetarium.fr. Comptez 9 euros pour les adultes
    et 6
     euros pour les enfants.

  • Expansion de l’Univers : si la réponse se cachait dans le vide ?

    Expansion de l’Univers : si la réponse se cachait dans le vide ?

    Les vides cosmiques sont des régions du ciel qu’on ne regardait même pas. Et pour cause : il n’y a rien à voir, ou presque. « Ce sont des régions sous-denses », insiste Alice Pisani, chercheuse CNRS en cosmologie au Centre de physique des particules de Marseille (CPPM). C’est-à-dire qu’il y a très peu de galaxies. Sur les cartes du ciel, ces vides apparaissent comme de vastes espaces sombres entre les structures brillantes que forment les galaxies. Mais depuis quelques années, l’intérêt grandit autour de ces espaces auparavant négligés : « Il y a finalement beaucoup d’information à en tirer, souligne Alice Pisani, qui publie un article compilant ce qui est connu sur ces objets dans The Astronomy and Astrophysics Review. De nouveaux outils permettent d’en observer de plus en plus et nous font entrer dans un âge d’or des vides cosmiques. »

    Les cosmologistes les voient comme des objets pouvant leur apporter des réponses au sujet de l’« énergie noire ». Cette énergie qui leur échappe, dont ils ne comprennent ni la nature ni l’origine, mais dont ils sont bien obligés de constater l’existence. « Elle a été introduite pour expliquer l’expansion accélérée de l’Univers », rappelle Alice Pisani. Car notre Univers s’agrandit. À grande échelle, les galaxies s’éloignent les unes des autres. Et de plus en plus vite. Pourtant, la force de gravitation –qui fait que des objets massifs s’attirent– devrait les rapprocher. C’est donc qu’il existe une composante mystérieuse qui les repousse. « Ses effets sont plus visibles dans les vides cosmiques, où il y a peu de matière », explique la chercheuse.

    Cartes de vides

    Alors on observe la forme des vides, leur taille et leur évolution dans le temps. « Cela permet d’estimer la quantité d’énergie noire, indique Alice Pisani. S’il y en a plus qu’estimé, les vides cosmiques seraient plus déformés qu’attendu. »

    Depuis quelques années, de nouveaux télescopes (Euclid, Desi) cartographient le ciel
    –ou sont sur le point de commencer avec l’Observatoire Vera C. Rubin– et observent de plus en plus de vides. « Ce n’est pas évident car ce sont des régions vastes, souligne Alice Pisani. En 2014, nous n’en avions observé que quelques centaines. Aujourd’hui, nous en avons des dizaines de milliers et nous en aurons encore plus demain. » De quoi faire des statistiques de plus en plus précises. « Nous avons également progressé sur la théorie et les modèles pour étudier ces objets », ajoute-t-elle.

    À Marseille, les chercheurs et chercheuses du CPPM ont accès aux données de ces trois nouveaux télescopes. « C’est une force de notre laboratoire », se félicite Alice Pisani. Et la dizaine de spécialistes s’activent pour cartographier les nouveaux vides. « Nous avons déjà des premiers catalogues qui devraient être publiés dans les prochaines années », glisse-t-elle. Pour enfin comprendre cette mystérieuse énergie noire ?

  • Les affiches de Toulouse-Lautrec s’invitent à l’Hôtel de Caumont

    Les affiches de Toulouse-Lautrec s’invitent à l’Hôtel de Caumont

    Plonger dans l’univers bohème du Paris de la Belle Époque : telle est l’immersion proposée par la nouvelle exposition du centre d’art de Caumont, en place jusqu’au 4 octobre et consacrée à Henri de Toulouse-Lautrec, « grand maître de l’avant garde parisienne ». Imaginée par Fanny Girard, directrice du musée Toulouse-Lautrec, et Gilles Genty, historien de l’art spécialiste du postimpressionnisme, l’exposition adopte un angle précis : celui d’un « créateur d’icônes », capable de « sublimer ses contemporains » grâce à « des images très fortes qui ont traversé les siècles ».

    Car Henri de Toulouse-Lautrec, né à Albi en 1864 avant de partir étudier la peinture à Paris, affiche la particularité de représenter des figures immédiatement reconnaissables, là où nombre d’artistes de son époque privilégient des incarnations anonymes. Surnommé « l’âme de Montmartre », il laisse derrière lui (il meurt en 1901), à travers ses affiches et ses peintures, un témoignage saisissant des visages qui ont animé le Paris de la fin du XIXe siècle.

    à chaque univers

    ses visages

    Habitué des cafés‑concerts, cabarets et théâtres emblématiques de son temps, Toulouse-Lautrec en devient l’un des observateurs privilégiés et représente nombre de leurs protagonistes. Parmi elles – car ce sont souvent des femmes – : La Goulue, Jane Avril ou Loïe Fuller, stars des affiches de l’artiste Albigeois.

    Mais le « faiseur d’icônes » fige aussi d’autres visages : ceux qui incarnent des productions commandées par les publicitaires, ceux de son entourage, fréquemment peints, mais aussi ceux qu’il croise au hasard de ses déambulations. Autant d’univers auxquels l’exposition entend rendre hommage, avant de clore le parcours sur les représentations des « marges de la société » auquel « il rend une certaine dignité », d’après Fanny Girard.

  • Une classe d’initiation à la mer ouvre au collège Vieux-Port

    Une classe d’initiation à la mer ouvre au collège Vieux-Port

    Une heure de cours en plus par semaine pour apprendre à lire des cartes maritimes, les vents ou découvrir les métiers de la mer. C’est ce à quoi se sont engagés les élèves de troisième de cette première classe baptisée Bimer, au collège Vieux-Port. Créé en 2018 au sein de l’académie de Nice, ce Brevet d’initiation à la mer (Bimer) veut faire découvrir aux collégiens les métiers de la navigation, ainsi que la base scientifique et technique maritime.

    Cette année, c’est au collège Vieux-Port qu’a ouvert la 28e classe Bimer de l’académie Aix-Marseille. Cette classe « est aussi le moyen de montrer que sur notre territoire, à 500 mètres du collège, il y a le Grand Port maritime (GPMM) qui propose un vaste panel de métiers inconnus, explique Patrick Maddalone, directeur des ressources humaines du GPMM. L’idée est aussi de leur montrer toutes les opportunités qu’ils pourraient avoir sur leur projet professionnel et leur vie future. » Ainsi, à la fin de l’année, les collégiens passeront un examen sur les connaissances acquises au cours de l’année autour de la construction des navires, la météo, les réglementations maritimes et enfin les enjeux géopolitiques.

    « Ce type de brevet vous différenciera par rapport aux autres élèves », insiste le recteur de l’académie Aix-Marseille, Benoit Delaunay, devant une vingtaine d’élèves. Le brevet peut d’ailleurs être repassé plusieurs fois pour avoir des qualifications différentes : débutant, maîtrise, avancé et expert. Des élèves qui ne semblent pourtant pas novices : quand le recteur présente des questions types, ils sont deux ou trois à lever le doigt pour répondre.

    Des activités ludiques

    C’est grâce à une classe ouverte, en avril dernier, que les élèves ont pu découvrir la classe Bimer. Ils ont notamment pu voir le Port center, lancé en septembre 2024 par le port. Un moyen pour le Grand port de faire connaître aux scolaires et au grand public le travail qui est fait chaque jour. « On a pu découvrir la carte du port, un conteneur et les différents postes qui existent », explique Sarah, élève dans la classe. C’est lors de cette visite, que le Port Center a pu fêter sa 10 000e visiteuse, Mélissa, maintenant inscrite pour passer son Brevet d’initiation à la mer.

    C’est cette journée découverte et la diversité des activités proposées qui ont motivé la plupart des élèves. « Je suis venu pour les sorties bateaux et le voyage à Barcelone », s’amuse Mamadou. Une raison partagée par Sarah et Yannis. Un moyen de faire connaître de façon ludique un univers qu’ils et elles ne connaissent pas encore.