Tag: union de la gauche

  • À Gap, maire sortant et union de la gauche au coude-à-coude

    À Gap, maire sortant et union de la gauche au coude-à-coude

    Il est des scrutins sur lesquels il est bien difficile d’établir un pronostic. Et pour ceux qui en feraient un tomberaient juste, il y a fort à parier que la chance y soit pour beaucoup. C’est le cas à Gap, où la victoire finale va sans doute se jouer d’une courte tête. D’un côté, le maire sortant, Roger Didier (divers droite), en poste depuis 2007, s’avance en favori, mais en favori plus contesté que de coutume. Mis en ballotage avec 40.58% des voix au premier tour, il dispose d’une avance conséquente sur son premier concurrent Elie Cordier (26.91%). Seulement ce dernier a conclu en début de semaine une alliance avec Charlotte Kuentz, à la tête d’une liste citoyenne de gauche, arrivée troisième avec 18.68 % des voix. Regroupés sous la nouvelle bannière « Agir ensemble pour Gap », à eux deux ils égalisent à peu près le score de Roger Didier. Facteur décisif, le comportement des électeurs du candidat RN Raphaël Leroux, lui maintiendront-ils leur vote ou préféreront-ils choisir Roger Didier pour éviter une arrivée de la gauche ? Enfin, les 2,9 % des électeurs ayant choisi jacques Patron (LFI), réserve de voix mince mais potentiellement déterminante, vont certainement eux s’ajouter aux voix de gauche.

    L’expérience pour l’un, le renouveau pour les autres

    La gauche pourra-t-elle faire basculer ce qui est désormais un bastion de droite ? Ou, du moins, un bastion de Roger Didier, tant l’histoire récente de la ville paraît associée à la figure de l’édile en poste depuis 2007. Face à lui, l’alliance de gauche mise avant tout sur le besoin d’un « nouveau souffle pour la ville » et propose notamment une autre méthode, moins dirigiste selon eux, plus consultative. La question d’offrir des perspectives à une jeunesse bien souvent contrainte au départ une fois l’âge adulte atteint et de faire plus pour le monde associatif et culturel revient régulièrement dans les grandes lignes dessinées par Elie Cordier et l’équipe d’« Agir ensemble pour Gap. » Roger Didier lui met notamment en avant le bilan financier d’une ville dont il a réduit l’endettement. Il insiste aussi sur la préservation de la qualité de vie à laquelle sa municipalité affirme être parvenue, ainsi qu’une sécurité préservée. Là où l’équipe de gauche insiste sur le besoin de renouvellement et le manque d’écoute du maire sortant, ce dernier appuie plutôt sur la différence d’expérience entre lui et ses concurrents qu’il apparente à des « apprentis. »

  • À Lodève, pas de fusion mais une gauche rassemblée

    À Lodève, pas de fusion mais une gauche rassemblée

    Si les deux listes de gauche n’ont pas réussi à fusionner, les discussions ont néanmoins abouti au retrait de Sébastien Rome, qui voit certaines de ces propositions reprises par Fadilha Benammar-Koly. En ligne point de mire, la menace d’une victoire de la droite. En effet, au lendemain du premier tour, Claude Laateb (DVD) récolte 39,20% des suffrages, loin devant la représentante socialiste Fadilha Benammar-Koly (28,82%) et l’insoumis Sébastien Rome (21,48%). « Ce premier tour a montré que la gauche est bien implantée à Lodève. Nos deux listes ont une courte avance mais nous sommes devant », soutient Fadilha Benammar-Koly. Une courte avance certes, mais qui implique une union des suffrages si à gauche veut conserver la mairie. D’autant que Jean-Michel Salvador (divers) arrivé quatrième avec 10,49%, s’est retiré donnant des voix potentielles à Claude Laateb.

    « Nous avons beaucoup de points communs »

    Les discussions ont donc commencé le 16 mars. Mais celles-ci semblaient patiner. Si bien que Le 17 mars, socialistes et insoumis semblaient partir chacun de leur côté. Mais la raison l’a finalement emporté. « Les 21,48% des votes pour Sébastien Rome représentent une partie importante de la population, on ne pouvait faire comme si elle n’existait pas. De plus, nous avons beaucoup de points communs dans notre programme, ce qui est une bonne nouvelle », poursuit la candidate. Les négociations se sont poursuivies jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé. « L’ensemble des conditions techniques pour l’union étaient présentes. Toutefois, le temps nécessaire pour organiser un réel travail commun n’ont pas été réunies. C’est pourquoi, en responsabilité face à la menace d’une droite trumpiste, nous avons décidé nous retirer du deuxième tour », écrit l’équipe de Sébastien Rome dans un communiqué. La socialiste s’est engagée à reprendre plusieurs mesures du programme du leader LFI l’insoumis, notamment la gratuité des fournitures scolaires, la création d’une foncière municipale et une politique environnementale plus ambitieuse. « Ce qui est important, ce n’est pas les étiquettes des partis mais l’amélioration du quotidien des Lodévois, défendre les services publics », souligne Fadilha Benammar-Koly. Aux Lodévois de trancher.

  • Pour son ultime meeting, Agir ensemble pour Gap donne le tempo

    Pour son ultime meeting, Agir ensemble pour Gap donne le tempo

    « Demain je vous demande de nous retrouver, au moment où vous le pourrez, pour nous aider à faire la dernière chose, la plus précieuse… convaincre les dernières Gapençaises et Gapençais à aller voter. » Face aux quelque 400 personnes réunies ce jeudi soir dans la salle, Elie Cordier a sonné une ultime charge, peut-être la plus importante : utiliser la dernière journée de campagne pour mobiliser les abstentionnistes.

    La nouvelle liste Agir ensemble pour Gap, est une alliance de la liste d’union de la gauche d’Elie Cordier, arrivée deuxième au premier tour (26,91%) et de la liste citoyenne de gauche de Charlotte Kuentz (18,68%). Elles espèrent ainsi battre au second tour le maire sortant Roger Didier (DVD) en poste depuis 2007 et en tête au premier tour avec 40,58% des suffrages.

    Une partition à deux voix

    Le but était aussi de montrer concrètement les propositions qui émergent de la fusion des projets des deux listes. « On tenait à montrer qu’il y a une vraie synergie sur notre programme, explique Charlotte Kuentz. On sait que les Gapençais ont beaucoup d’attentes à ce niveau-là, ils veulent voir ce que l’on peut proposer ensemble. Nous avons un projet commun, nos deux équipes ont travaillé et étaient déjà prêtes à gérer la ville, donc ensemble on est d’autant plus préparés. »

    Plusieurs personnalités de la nouvelle liste sont venues dresser les grands objectifs pour la ville. Sophie Delfino a présenté les projets pour soutenir l’action sociale et aider les personnes vulnérables. Axel Berriaux a lui défini les ambitions de la liste pour que les jeunes puissent « étudier, travailler, sortir et vivre pleinement à Gap » et ne pas se sentir contraints de partir une fois adultes. Sylvie Servel a annoncé le projet d’une maison de santé et d’une future mutuelle communale. Charlotte Kuentz a elle dressé les contours d’un office municipal des solidarités destiné à mieux répondre aux besoins des personnes les plus vulnérables, jeunes, personnes âgées, à mobilité réduite ou femmes victimes de violences. Loup-Maëlle Besançon a elle évoqué le tourisme, aspect vital pour l’économie gapençaise, en promettant le soutien à un tourisme plus durable concentré sur les quatre saisons, et une mise en valeur du patrimoine naturel qui profite aussi aux personnes vivant sur le territoire. Au total, ce sont onze futurs adjoints en cas de victoire qui ont défilé sur la scène.

    Pour conclure la soirée, la tête de liste Élie Cordier a tenu à avoir une pensée pour celles et ceux qui ont « fait le choix de se retirer pour permettre à la nouvelle alliance de voir le jour », des colistiers que la salle a applaudi. En marge du meeting, Elle a aussi loué le travail des équipes « qui ont réussi à mobiliser 400 personnes en 24 heures à peine puisque la soirée a été annoncée la veille ». Pour lui et son équipe, la balle est dans le camp des électeurs : « Maintenant, c’est à eux de se mobiliser, d’aller voter et de convaincre autour d’eux. »

    « Essayer autre chose »

    Dans le public, c’est la volonté de changement après quatre mandats de Roger Didier qui motivait en majorité le soutien à la nouvelle liste. « Je sais que Roger Didier aime sincèrement sa ville mais il est resté trop longtemps, il faut du changement maintenant, plus de social et plus d’écologie. Je connais bien les deux équipes qui ont fusionné, ils travaillent depuis des années sur ces sujets », affirme Michel, retraité venu assister au meeting. Pour Katia, enseignante en collège, c’est surtout le manque de perspective offerte à la jeunesse qui la pousse à vouloir une alternance. « Tous les jeunes de ma tranche d’âge ont quitté la ville et ne sont jamais revenus. Il n’y avait pas d’emploi pour eux une fois diplômés, regrette-t-elle. D’aussi loin que je puisse me souvenir, je n’ai connu que Roger Didier à la tête de la ville, il faut laisser la place à ceux qui veulent faire autrement, il est temps d’essayer autre chose. » Seules les urnes diront si la majorité des Gapençais partagent cet avis.

  • [Entretien] David Fournier : « Être maire, c’est protéger et fédérer toute sa population »

    [Entretien] David Fournier : « Être maire, c’est protéger et fédérer toute sa population »

    Arrivé 3e dimanche soir (19,89%) derrière le RN (25,55%) et la droite (27,04%), l’actuel adjoint sortant de Cécile Helle a fusionné sa liste avec celle de l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%) permettant d’espérer conserver la ville à gauche. Pour La Marseillaise, il revient sur les conditions de cette alliance et les perspectives d’une éventuelle majorité en précisant des points programmatiques.

    La Marseillaise : Avez-vous été déçu des résultats du 1er tour ? Est-ce une forme de rejet du bilan de la majorité ?

    David Fournier : Je vois le vote en globalité. J’ai une perte de voix dans les quartiers populaires qui ne se sont pas mobilisés comme ils auraient dû l’être. Il y a donc un potentiel à gauche encore très fort car la mobilisation n’a pas été totale. Quant au bilan, je continue à le défendre. Il ne nous a pas desservis puisque la gauche continue à avoir le socle le plus important aujourd’hui. Je suis fier de ce qu’on a pu porter sur un grand nombre de réalisations, toutes les enceintes sportives, ce qu’on a fait dans les écoles, ce qu’on a engagé sur le plan réseau de fraîcheur et de chaleur, sur le renforcement des finances de la ville.

    Pourquoi cette alliance était nécessaire ? On voit bien au plan national que c’est à géométrie variable, cela ne donne-t-il pas l’impression de tambouille auprès des électeurs ?

    D.F. : On a fait ce que nous devions faire en tant que leaders responsables, c’est-à-dire l’union des gauches. Les Avignonnais nous l’ont demandé par les résultats du 1er tour. Pendant toute la campagne, on a toujours été respectueux, nous avons tous les deux [avec Mathilde Louvain] des appétences sociales et on s’est vite retrouvés programmatiquement. Quand Olivier Faure [1er secrétaire national du PS] dit pas d’accord national avec LFI, ça ne veut pas dire « non à un accord local ». Je crois que les Avignonnais ne pensent pas à ces choses. Ils regardent ce qu’on va faire pour leur commune, pas ce qu’il se dit sur la politique nationale.

    Cette union vous vaut d’être accusé de perdre vos valeurs et d’avoir du sang sur les mains par Olivier Galzi (DVD)…

    D.F. : Je fais toutes les campagnes à Avignon depuis 1989. Je n’ai jamais vu un tel niveau de violence, de propos mensongers de la part d’un candidat, voire d’accusations infondées et que j’estime diffamatoires. J’en appelle au sens des responsabilités, que ce monsieur se calme un petit peu, parce qu’il va diviser les Avignonnais. Et quand on brigue la première fonction d’une commune, on doit avoir un rôle protecteur et fédérateur de l’ensemble de sa population. Le costume est trop grand pour lui. Dans la difficulté, il perd les pédales, il ne se maîtrise plus. C’est très dangereux, non seulement pour la commune, mais pour l’ensemble de ses habitants. Quand je parle d’un candidat de droite extrême, il le prouve par ses actes.

    En cas de victoire, LFI aura un groupe autonome, sans délégations. Ne redoutez-vous pas que ça puisse se retourner contre vous ?

    D.F. : C’est vrai que j’ai été assez surpris et même embêté humainement. Sur les 18 élus possibles de leur liste, 9 seraient dans ce groupe et les autres dans le groupe majoritaire. J’en ai longuement discuté avec Mathilde, ils ne veulent pas participer à l’exécutif tout en étant dans une forme de loyauté. Ils s’engagent à voter un certain nombre de choses, sur tous les aspects programmatiques qu’on a élaborés ensemble, y compris la loyauté sur les votes pour les désignations de maire et d’adjoints. Le cap est fixé sur le programme et tant qu’on agira vers ce cap, ils seront en soutien.

    Au-delà de LFI, la majorité sera assez hétéroclite avec certains passifs voire inimités. Est-ce tenable pendant 7 ans ?

    D.F. : Je suis quelqu’un de très ouvert. Mon engagement n’a jamais été conduit pas les ego ni les réactions affectives, mais en fonction des valeurs. Elles sont le socle le plus important pour travailler ensemble. Depuis le début de la campagne, je travaille tous les lundis soir avec toutes les composantes de la liste. On échange ensemble, on évolue. J’ai une volonté de gouvernance partagée. Tous les lundis, je réunirai les adjoints. Tous les 15 jours, avec l’ensemble des élus de la majorité, nous irons sur le terrain à la rencontre des Avignonnais pour rester en contact direct avec eux.

    Sur la question du programme, vous insistez sur la justice sociale avec comme emblème la sécurité sociale de l’alimentation. Qu’est-ce concrètement ?

    D.F. : Je ne cesse de le répéter : 70% de la population est éligible au logement social et le taux de pauvreté atteint 30%. Nous sommes la seule liste en capacité de répondre aux besoins de la population, car ni Olivier Galzi ni Anne-Sophie Rigault (RN) n’en ont parlé dans leur programme, ou alors rajouté à la va-vite. Le constat, c’est qu’un certain nombre d’habitants sont privés de repas de qualité. On y pallie avec les enfants depuis la remunicipalisation des cantines qui a permis de baisser les tarifs : un enfant sur deux mange pour moins d’un euro. Avec des conventions, comme celle de la chambre d’agriculture, on travaille en circuits courts avec des produits de qualité. Le but est, avec aussi le projet d’une nouvelle cuisine centrale, de développer la potentialité de livraison de repas à d’autres populations, comme les étudiants ou les personnes âgées. Les étudiants, même s’il existe le repas à un euro, ils ont à 5 euros près dans le mois donc on se doit de les protéger. L’autre aspect de cette sécurité sociale, concerne l’eau dont on souhaite le retour en régie publique. Avant la privatisation dans les années 80, la régie rapportait un million de francs par an, ce qui a permis d’investir sur les réseaux et infrastructures. Il faut aussi revoir la tarification qui pénalise les grandes familles ou l’hôpital d’Avignon car plus on consomme, plus on paye. C’est une hérésie.

    La gratuité des transports est aussi évoquée. Sous quelles conditions et comment la financer ?

    D.F. : Il faut y aller par étapes en commençant par les moins de 25 ans. Cela donne un impact indirect en pouvoir d’achat. Cela engage aussi en mobilités douces, donc il y aura moins de pollution. L’idée à terme c’est d’avoir la gratuité pour tous les habitants du Grand Avignon. Il faut tenir compte des finances de l’agglomération, où 90 millions d’euros d’investissements n’ont pas été réalisés. On souhaite des marqueurs différents que ce qui existe aujourd’hui.

    Avignon n’a pas les manettes sur l’exécutif de l’agglo. Pourquoi ça changerait alors que quasiment tous les maires sortants du Grand Avignon ont déjà été réélus dimanche ?

    D.F. : On discute déjà avec différents maires, il y a des évolutions dans leurs orientations. Je ne m’engage pas sur le fait qu’Avignon puisse avoir la présidence. Si on vient d’une façon hégémonique, ça ne marchera pas. On construira ensemble à partir du plus petit dénominateur commun, sans rien imposer. Il faut s’écouter les uns les autres, phaser certains projets. Certains dans ma future majorité sont peut-être intéressés mais je n’ai pas de candidat à proposer, je veux d’abord que l’ensemble des élus commencent à discuter, je suis dans l’écoute de toutes les hypothèses. Du moment que les aspects programmatiques qu’on demande sont validés, peu importe la personne qui les mettra en route.

    Quelle est votre vision à 3 mois, 3 ans et 30 ans d’Avignon ?

    D.F. : Vous avez 3 heures devant vous… ? On enclenchera d’abord la nouvelle structuration de l’administration en fonction de l’orientation du programme. Ce ne sera pas une révolution mais il y aura des nouveautés, comme sur la condition animale qui n’existe pas. Ensuite, on mettra rapidement en place les dossiers qui ne nécessitent pas d’appels d’offres. À 3 ans, j’espère que les petits projets seront réalisés et les autres en ordre de bataille. On sait très bien aussi qu’il y aura des choses non prévues qui nous tomberont dessus donc il faut garder des marges de manœuvre. À 30 ans, je souhaite avoir une ville apaisée en termes de mobilités, je rêve d’une ville végétalisée que l’on prend plaisir à regarder et pas que la vue sur palais des Papes mais bien l’ensemble des quartiers. Et où l’eau prend toute son importance, avec des espaces de fraîcheurs.

  • À Sète, la gauche bien placée après des désistements en cascade

    À Sète, la gauche bien placée après des désistements en cascade

    Trente ans après l’accession de François Liberti (PCF) à la mairie sétoise, la gauche va-t-elle effectuer son grand retour aux affaires le 22 mars ? Arrivée en troisième position avec 20,55% des suffrages exprimés le soir du premier tour, la tête de liste de Nouvelles Pages (UG) Laura Seguin soutenue par LFI, les Écologistes, les communistes et désormais forte du soutien de la fédération socialiste de l’Hérault, espère créer l’exploit l’emporter dimanche et mettre fin une fois pour toutes au règne de François Commeinhes, ex-édile condamné pour détournement de fonds publics, et celui de ses dignes « héritiers » politiques.

    Des héritiers néanmoins qui seront présents le 22 mars, puisque tous ont pu se qualifier pour le second tour : Hervé Marquès (LR, ex-adjoint de Commeinhes) est arrivé premier avec 28,07 % des voix, suivi du RN Sébastien Pacull (ex-adjoint lui aussi) avec 20,55% tandis que Pascal Pintre (DVD, ancien directeur de campagne de Commeinhes) récolte 14,82% des voix. Ce dernier a finalement décidé de se retirer le 16 mars. Pour Laura Seguin, « Les résultats de ce premier tour ont montré qu’il y avait une vraie dynamique, la victoire est à portée de main. Sète a besoin d’un second souffle », avance la candidate.

    Réserve de voix

    Seules 1 608 voix séparent Laura Seguin d’Hervé Marquès au premier tour. « On a une réserve de voix importantes : tous les républicains, progressistes qui ont fait un autre choix que nous et qui veulent barrer la route à l’extrême droite », reprend la tête de liste de « Nouvelles Pages ». Elle pourra même compter sur les potentiels électeurs de Sébastien Denaja. Le socialiste, arrivé en cinquième position (13,70%), a préféré se retirer plutôt que de fusionner avec Nouvelles Pages – les négociations n’ayant pu aboutir. « Le choix du désistement républicain est le plus fidèle à nos convictions et à la ligne politique claire que nous avons portée. Nous formons le vœu que ce choix responsable rassemble le plus largement possible contre le double péril que représenteraient la perpétuation d’un système vermoulu et l’accession aux responsabilités de l’extrême droite », écrit le conseiller régional dans une lettre adressée aux Sétois. Une décision augmentant les chances de la gauche d’accéder à la mairie. D’autant que ce n’est pas la seule réserve de voix possible, Nouvelles Pages entend aller chercher les abstentionnistes – la participation étant de 63,48% au premier tour. « Ils sont encore malheureusement très nombreux. Notamment dans certains quartiers populaires. Or, les mesures que l’on porte sur l’accès au logement digne, sur le pouvoir d’achat comme la gratuité de la cantine scolaire, des transports en commun, sont vraiment destinées à améliorer leur quotidien. Il faut aller les chercher et espérer gagner », fait valoir Laura Seguin. Une alternative permettant d’écrire une nouvelle page de l’Île singulière.

  • Le sortant socialiste l’emporte au 1er tour à Frontignan

    Le sortant socialiste l’emporte au 1er tour à Frontignan

    51,16%. C’est le score réalisé par le maire sortant de Frontignan Michel Arrouy, assuré, dès le premier tour, d’entamer un second mandat. Une victoire aux airs de grand chelem puisque le socialiste, à la tête d’une liste d’union de la gauche – excepté LFI, qui ne présentait toutefois aucun candidat – l’a emporté dans les 19 bureaux de vote de la ville. « Quand on voit les résultats autour de nous, on se dit que pour une ville de 25 000 habitants, c’est pas mal », savoure Michel Arrouy. Une « victoire collective », insiste-t-il, à mettre au crédit d’une « équipe des forces de gauche » et d’un bilan : « durant 6 ans, on a transformé la ville en faisant des investissements attendus par nos concitoyens sans dénaturer ni l’identité ni l’histoire de Frontignan ».

    Rien n’était pourtant joué dans cette commune du Bassin de Thau ouvertement convoitée par le Rassemblement national, dont le candidat Cédric Delapierre, arrivé second, a tout de même recuelli 35,87% des suffrages (4 152 voix, soit 477 de plus que le précédent candidat du RN, Gérard Prato, lors du deuxième tour des municipales de 2020, en duel contre Michel Arrouy).

    La liste RN décroche ainsi 6 sièges au conseil municipal de Frontignan face à 27 élus de la liste d’union de la gauche emmenée par Michel Arrouy et 2 élus de la liste conduite par le divers droit Thibaut Cléret Villagordo, arrivé troisième (12,97%). Reste une inconnue et un enjeu de taille : la répartition des sièges – donc le rapport de forces – au sein de l’Agglo de Sète, dont plusieurs communes, à commencer par Sète, doivent encore passer le couperet du second tour. A.G.

  • À Briançon, un collectif pour battre le maire sortant

    À Briançon, un collectif pour battre le maire sortant

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui pourrait combler votre retard de neuf points sur Arnaud Murgia ?

    Capucine Mounal : Déjà, il n’a pas gagné dès le premier tour comme il l’annonçait. Ensuite, on veut aller chercher les électeurs de Richard Nussbaum en présentant les points de convergence sur lesquels ils peuvent nous rejoindre, comme l’opposition au projet du Fort des têtes. On veut leur dire que voter utile c’est voter pour nous, puisqu’on a le plus de chances de battre le maire sortant.

    Vincent Virat : De plus, notre démarche, entièrement citoyenne, fonctionne. Elle a réuni plus de voix que la liste de gauche en 2020. Notre méthode intéresse et elle est gagnante. On veut capitaliser dessus et rassembler au-delà des partis de gauche.

    Comment convaincre celles et ceux qui n’ont pas déjà voté pour vous ?

    V.V. : Beaucoup de gens sont désintéressés de l’élection ou ne savent parfois même pas qu’elle a lieu. Certains partent aussi du principe qu’il est impossible de battre Arnaud Murgia. Or, sur le terrain, on constate que l’argument du barrage à sa politique fonctionne. Beaucoup découvrent qu’il peut être battu.

    C.M. : Il y a au sein de la population une vraie opposition à ses projets complètement hors-sol et démesurés, comme la construction du Fort des Têtes pour le village olympique, décidé sans consulter les citoyens. Or, ils ont besoin de se sentir acteurs de leur ville et pas des figurants délaissés et jamais concertés.

    Vous avez mentionné votre démarche citoyenne, qu’est-ce qui peut plaire dans celle-ci ?

    C.M. : Déjà, cela démultiplie les profils et amène des gens qui ne cherchent pas à faire carrière et auxquels les Briançonnais peuvent s’identifier. Ce sera une gouvernance citoyenne qui n’aura pas d’autres objectifs que la gestion de la ville.

    C.M. : C’est aussi une méthode qui tranche avec celle d’Arnaud Murgia. À nos réunions publiques, tout le monde peut prendre la parole et participer, là où le maire base une grande partie de sa politique sur la mise en avant de sa personne. Sa campagne est construite sur le mode « votre maire fait ci, votre maire fait cela ». Nous ne mettons pas en avant une individualité.

  • La nouvelle liste « Agir pour Gap » met les bouchées doubles

    La nouvelle liste « Agir pour Gap » met les bouchées doubles

    « On fait de petites nuits », confesse Axel Berriaux, sourire mi-amusé mi-las au visage. Avec Gérard Jean, ils sont tous deux colistiers d’Elie Cordier. À leurs côtés, Bastien Arce-Menso, collaborateur parlementaire de la députée socialiste Marie-José Allemand. Fidèles d’Elie Cordier, le trio quadrille désormais la ville tout l’après-midi ce mercredi, colle et affiches en main, aux couleurs de l’union. « Après ça, on va du côté de Romette, il reste encore trois ou quatre panneaux d’affichage libre à faire », annonce Bastien Arce-Menso.

    Tractage, porte-à-porte, rencontres sur les marchés, veille des réseaux sociaux… Ces derniers jours de campagne sont sportifs. Le trio était sur le marché le matin même, où Gérard Jean dit avoir vu des Gapençais « pas à 100 mais à 120% derrière eux ». Demain, ce sera la distribution de tracts dans les boîtes aux lettres. Objectif : chaque habitant de Gap doit avoir un flyer de la nouvelle liste. « On a identifié 50 secteurs, on n’est pas assez pour avoir une personne sur chacun d’entre eux, donc certains vont devoir en couvrir jusqu’à cinq », détaille Bastien Arce-Menso. Ensuite, repos ? « Pas si on gagne, s’amuse le jeune collaborateur parlementaire. On connaît Elie Cordier, si on est élus, lundi à 7h, on est debout pour commencer le travail. » « En cas de victoire, il a déjà prévu beaucoup de choses à faire, dès le début, pour imposer très vite notre marque », confirme Gérard Jean.

    Les deux camps au coude-à-coude

    Tous trois affichent enthousiasme et prudence. « On est concentrés. On sait que ça va être une élection très serrée, il va falloir aller chercher les abstentionnistes pour faire la différence avec Roger Didier, analyse Axel Berriaux. Il peut encore frapper fort, il a les moyens et une base solide. » Signe que le scrutin est très incertain, les débats se tendent. La liste du maire sortant Gap demain en confiance, affirmait sur Facebook ce mardi que la liste de gauche prévoit de désarmer la police et de retirer les caméras de vidéoprotection. « C’est une intox, rétorque Bastien Arce-Menso. Au contraire, on veut développer les moyens de la police municipale pour créer une brigade de nuit. » À côté de l’affiche de la liste, le trio en rajoute une autre qui annonce une rencontre publique au Tempo, jeudi soir à 18h30. « Les réservations sont déjà presque complètes », affirme Bastien Arce-Menso. Rassembler ses soutiens est une chose mais pour l’emporter, il faudra élargir sa base. « Chaque personne qui a une heure doit venir nous aider ! », lance-t-il, avant de remonter en voiture pour un prochain secteur.

    Roger Didier fustige une alliance « de compromission »

    Pour le maire sortant (DVD), l’union de gauche s’apparente « à celle de la carpe et du lapin », entre des camps « opposés depuis des années au conseil municipal et dont on se demande si les électeurs respectifs ne se sentent pas trahis ». Lui se dit « droit dans ses bottes », et rappelle n’avoir fait « aucune compromission avec le RN ». Mis en ballotage pour la première fois depuis 2008, il se dit « prudent », mais mise sur « une qualité de vie, très visible et reconnue par tous » à laquelle son équipe est parvenue pour la ville.

  • Demain Sisteron vise le plus d’élus possible

    Demain Sisteron vise le plus d’élus possible

    Ils le savent : ils ne remporteront pas l’élection, avec leur score de 17,7% au premier tour, mais se réjouissent d’avoir « doublé le score de la gauche depuis 2020 » dans cette commune historiquement à droite, et espèrent faire élire un troisième conseiller municipal de leurs rangs. Mercredi soir, la liste d’union de la gauche Demain Sisteron a fait un grand porte à porte dans le quartier des Plantiers, avec l’idée de convaincre les abstentionnistes d’aller voter (pour eux) dimanche. Pour cela, les colistiers s’y sont pris méthodiquement : ils ont récupéré la liste des personnes qui n’ont pas voté au premier tour, et ont repéré les immeubles où aller frapper pour convaincre.

    Ils mettent en avant un objectif, placardé sur toutes leurs affiches et inscrit sur leurs nouveaux tracts d’entre-deux tours : « 150 voix pour gagner un troisième siège au conseil municipal. » « Pendant la campagne, on a amené nos sujets, la santé, la mobilité. Sans nous, les autres candidats ne se seraient pas positionnés sur ces sujets importants », encourage Olivier Jourdan, deuxième sur la liste, en s’adressant à la quinzaine de colistiers et partisans venus tracter mercredi. « On fait évoluer le débat public et les propositions des autres. »

    Amener leurs sujets

    L’idée de Demain Sisteron est ainsi de continuer sur sa lancée, et d’appliquer cette même logique au conseil municipal : « Si on est plus nombreux au conseil municipal, on pourra amener nos sujets et parler de végétalisation plutôt que du nombre d’étages du parking », explique Olivier Jourdan. « On sera aussi là pour les tenir responsables de leurs engagements », ajoute Zoé Lerouge, tête de liste.

    Mercredi soir, les quinze partisans de la liste se sont répartis en binômes pour couvrir toute la zone et mobiliser les abstentionnistes. « C’est vrai que c’est très compliqué d’y aller », répond une jeune femme à Zoé Lerouge lorsqu’elle lui parle du projet d’une ligne de bus reliant le centre-ville à la zone nord de Sisteron sur son pas-de-porte. « Je vous ai entendue sur BFM DICI, c’était très intéressant », lance quant à lui un autre habitant un peu plus loin.

    Les deux candidats DVD sont arrivés bien en tête, au coude à coude lors du premier tour de l’élection. Jean-Pierre Templier a amassé 42% des suffrages, et Bernard Codoul 40,3%. Le maire DVD sortant, élu depuis 1983, ne se représente pas.

  • Marc Pena promet d’être dimanche le maire d’Aix-en-Provence

    Marc Pena promet d’être dimanche le maire d’Aix-en-Provence

    Plus que trois jours pour battre campagne avant le second tour. Arrivé en deuxième position au second tour (20,15%), juste derrière la maire sortante, Sophie Joissains (39,41%) Marc Pena, à la tête de la liste Aix Avenir, née d’une union des forces de gauche et écologistes, y croit fort : « Dimanche nous serons aux manettes pour faire d’Aix une ville progressiste avec vous et pour vous ! », lance Marc Pena. Ce mercredi, c’est au Palais des Congrès d’Aix-en-Provence que le candidat a choisi de tenir son avant-dernier meeting de campagne. Le second se tenant ce jeudi, au Jas de Bouffan. Parmi les présents, Mounir Ben Ammar, candidat Révolution écologique pour le vivant (Rev), battu au premier tour (4,72%). Le candidat a, avant cette soirée, appelé, à « se mobiliser massivement en faveur de la liste conduite par Marc Pena ». Sa présence, lui vaut une standing ovation venant des sympathisants. « Il fallait avoir beaucoup de courage pour faire ce que tu as fait », adresse Marc Pena, qui mise sur le « report des voix d’une partie de la gauche ». « Mounir [Ben Ammar] a été d’une limpidité totale. Nos amis de la France insoumise ont dit l’essentiel : combattre l’extrême droite, ne pas laisser Joissains au pouvoir. Quand il y a de tels enjeux, la gauche sait se rassembler (…). » Si la tête de liste est arrivée derrière Sophie Joissains, au premier tour, Marc Pena martèle être « la seule alternative » au mandat de la maire sortante. « La moitié des Aixois ne sont pas allés voter. La première chose que j’ai faite et que je vais continuer à faire, est de m’adresser à tous ces abstentionnistes, des plus âgés, déçus de la politique, aux plus jeunes qui ne se sentent pas concernés et pas représentés par le spectre actuel d’Aix-en-Provence », poursuit Marc Pena.

    Barrer l’extrême droite

    « 20 points ça a l’air d’être beaucoup, mais ce n’est rien si le taux de participation augmente un peu », répétera ce dernier, au terme d’un long discours. Si l’union des forces de gauche et écologistes est arrivée en deuxième position, il estime que le « gros score » de la liste Joissains est en partie « dû à plusieurs facteurs, dont un, auquel on pense pas : la force de l’habitude, le fait qu’on vive la présence des Joissains comme une fatalité, comme faisant partie du décor, d’un sparadrap dont on ne pourrait pas se défaire (…) je m’interdis une énième victoire du clan Joissains », estime Marc Pena.

    Entre la déclinaison d’une partie du programme et l’appel à voter, un autre message a marqué la soirée : celui de la lutte contre l’extrême droite, alors que le RN, au premier tour, a atteint les 15%. Et que dans la matinée, les affiches collées avenue de l’Europe par les militants de la liste Aix Avenir, ont été taguées d’une croix gammée. « Siamo tutti antifascisti ! » clament, en fond de salle, les plus jeunes militants. « Notre adversaire premier, c’est l’extrême droite, rappelle Marc Pena. C’est parce que le RN a su se normaliser que la parole raciste, xénophobe, s’exprime en toute impunité (…) nous serons un rempart contre toutes les formes de discrimination. »

    Des croix gammées sur ses affiches

    En pleine campagne pour le second tour des municipales, Marc Pena a retrouvé des croix gammées, symboles du régime nazi, dessinées sur ses affiches de campagne, avenue de l’Europe, à Aix-en-Provence. Par voie ce communiqué ce mercredi, le candidat condamne « avec la plus grande fermeté » ces actes « ignobles et inacceptables, qui relèvent d’un antisémitisme et d’un fascisme décomplexés. Ils n’ont absolument pas leur place dans notre vie démocratique ». Marc Pena annonce également engager des poursuites. « Nous ne céderons ni à l’intimidation, ni à la haine », assure le candidat de la gauche.