Tag: union de la gauche

  • Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    À cinq mois des municipales, ça bouge du côté de Montpellier. Le Printemps montpelliérain, liste regroupant plusieurs partis de gauche, vient de dévoiler dix propositions afin de changer de politique alimentaire. « Avec les évolutions de la société, la perte du pouvoir d’achat, l’alimentation devient un sujet politique important. 13% des Français sont en insécurité alimentaire  », souligne Jean-Louis Roumégas, tête de liste et député les Écologistes de l’Hérault.

    Des propositions issues d’un forum sur l’alimentation et l’agriculture conduit par le mouvement, le 18 octobre. Tout d’abord, une « ordonnance verte  ». « Dès que le bébé est en route, nous distribuerons des paniers bio hebdomadaires et gratuits à toutes les femmes enceintes, sans condition de revenus », détaille Julia Mignacca, membre du Printemps. L’objectif à terme serait que cette ordonnance bénéficie à 1 600 Montpelliéraines. Également présenté par le Printemps afin de mieux se nourrir, la création d’un réseau d’épiceries municipales. « Nous proposerons des produits à prix coûtant grâce à une centrale d’achat. Cela coûtera peu car nous vendrons sans marge, ce qui permettrait aux agriculteurs d’avoir un prix décent », reprend Jean-Louis Roumégas. À cela s’ajoute le soutien à des caisses alimentaires et aux circuits courts.

    Un office métropolitain

    Si ces mesures concernent uniquement la ville de Montpellier, d’autres ont une visée plus large en s’adressant à toute la métropole, comme la création d’un office agricole. « À Montpellier, nous devons lutter contre les lobbies de l’immobilier et sanctuariser les terres agricoles. Cet office nous permettra de les acquérir puis d’installer des paysans », précise Boris Chenaud. Pour les agriculteurs en herbe, le Printemps propose la mise en place de jardins partagés. « Cela permettra de créer du lien social entre les gens dans les quartiers et de redécouvrir la saisonnalité », insiste Coralie Mantion. Dans le même genre, le Printemps espère créer une ferme pédagogique à Malbosc.

    Une sensibilisation au bien manger qui passera également par l’école puisqu’il est prévu de mettre fin aux plastiques à la cantine et de tendre vers le 100% bio et local – contre 30% actuellement. Enfin, pour lutter contre la malbouffe, l’équipe ambitionne de mettre en place des ateliers autour du goût sur le temps périscolaire. Les enfants ne sont pas les seuls visés puisque le grand public est aussi invité à travers l’organisation d’une journée sans sodas. « Nous voulons répondre aux besoins du quotidien en apportant des réponses concrètes », soutient Jean-Louis Roumégas.

  • Ariane Lombardi tête de liste pour rassembler la gauche à Marignane

    Ariane Lombardi tête de liste pour rassembler la gauche à Marignane

    Je crois que nous avons besoin d’une impulsion de gauche au service des Marignanais », lance Ariane Lombardi, enseignante et dirigeante du PCF, vendredi, lors de la présentation de sa candidature aux élections municipales de mars 2026.

    Engagée aux côtés de Gipsy Voisin des Écologistes et de Youssef El Ouanaghly du PS, cette Marignanaise « de famille et née dans cette ville » ambitionne non seulement de « retrouver la ville populaire que j’adorais enfant avec son club nautique du Jaï et ses concerts à La Colline », mais aussi de construire l’« indispensable union de la gauche face à une extrême droite à l’offensive qui veut imposer une société divisée ».

    Dans le « projet de gauche » de sa liste, Ariane Lombardi assène d’emblée que « le contexte dramatique des événements de Marseille montre le danger et l’emprise partout de la mafia des narcotrafiquants » et promet « de solliciter la préfecture pour des renforts sur la zone, une police municipale visible jour comme de nuit et un accompagnement des ASVP vers le concours et la titularisation ».

    Mais la police ne fait pas tout. « La jeunesse est oubliée, il n’y a ni maison des jeunes, ni médiateurs, ni de centre social », déplore la candidate, qui insiste pour « renouer le lien social par la prévention et la culture », mais aussi pour « mettre en conformité Marignane avec la loi sur les logements sociaux ».

    « Fin à la ville-dortoir »

    Le logement est pour Ariane Lombardi un moyen « pour beaucoup de vivre correctement » et souhaite « reconstruire un habitat mixte de qualité pour lutter contre la ghettoïsation et l’insalubrité », tout en « rattrapant le retard dans la rénovation énergétique des bâtiments publics ». Pour ce faire, la tête de liste affirme qu’« il faut investir les 19 millions d’euros de réserves dans une vision de long terme » pour « retrouver l’attractivité » de la Ville.

    Notamment par la « valorisation et la protection des espaces partagés que sont la plage du Jaï et l’étang de Berre, ce joyau laissé à la marge de la politique ». Ariane Lombardi défend « une vision d’ensemble » de sa gestion, se disant favorable « aux navettes maritimes respectueuses de l’environnement qui permettent de desservir l’aéroport et de décongestionner l’autoroute ». Pour cela, la candidate compte « recréer le dialogue avec les acteurs aux alentours et les instances comme la Métropole », aussi pour « reprendre en main la propreté urbaine en bonne intelligence ».

    Auparavant candidate aux départementales et aux législatives, Ariane Lombardi se défend « d’ambitions personnelles », arguant qu’« au PCF, on ne s’enrichit pas car on reverse ses indemnités et c’est pas un ascenseur social ». La tête de liste appelle à « une large union des progressistes qui veulent faire et partager Marignane autrement ». Avec en face le maire démissionnaire de Gignac Christian Amiraty (UCE), candidat déclaré, et le maire sortant Éric Le Dissès (RPR).

  • À Lodève, le PCF se pose en médiateur d’une union délicate à gauche

    À Lodève, le PCF se pose en médiateur d’une union délicate à gauche

    Faire asseoir à la même table Fadelha Benammar-Koly (PS) et Sébastien Rome (LFI) dans les prochaines semaines. À quatre mois des municipales (15-22 mars 2026), tel est l’objectif de la section communiste de Lodève. « Le PCF se pose en médiateur, on travaille à ce que chacun prenne ses responsabilités », explique Florian Vire.

    Inquiet de voir que deux listes de gauche sont sur le point de se monter, le secrétaire de section prend l’initiative d’une première rencontre entre l’actuelle adjointe de la maire sortante Gaëlle Levêque (qui ne se représente pas) et l’ancien député Insoumis à la tête du collectif « Réflexions lodévoises ». « Les gens veulent une gauche unie, on l’a vu aux législatives avec le NFP. » Pas question d’une « soupe aux logos » mais d’un rassemblement à gauche coconstruit avec les citoyens.

    Suite au décès de l’ex-maire Marie-Christine Bousquet (PS) fin 2017, Gaëlle Levêque ne l’avait emporté en 2020 que de 8 voix face à la droite de Claude Laateb. Lequel pourrait cette fois être soutenu par le RN. Face au risque de bascule, Sébastien Rome tend lui aussi la main et propose un « processus de discussions » avec la relève de la majorité municipale qu’il a quittée il y a 5 ans. « Je tends la main au binôme (Fadelha Benammar-Koly/Nathalie Rocoplan). Je sais qu’il est possible de travailler avec elles. Il y a plein de formules possibles pour que chacun trouve son compte », assure l’Insoumis qui fait valoir sa notoriété et son expérience d’ancien député.

    Côté programme, l’instituteur soutenu par Génération.S, Nouvelle Donne et les Écologistes, propose de créer un réseau de chaleur à base de géothermie, une sécurité sociale alimentaire ou encore d’assouplir le régime indemnitaire IFSE des agents municipaux. Il promet un budget participatif et des référendums d’initiative citoyenne. « Il y a un manque total de proximité entre la mairie et les habitants », critique Sébastien Rome.

    LFI en épouvantail ?

    Des reproches qui passent mal du côté de Fadelha Benammar-Koly. « Sébastien Rome a eu des critiques acerbes contre Gaëlle Levêque, il est allé un peu loin. Et puis parler d’union en mettant sa tête sur les affiches, c’est étonnant… », déplore la conseillère régionale, protégée de Carole Delga (PS). L’actuelle adjointe pressentie pour être tête de liste veut d’abord travailler le programme. Avec les citoyens, elle veut « lutter contre le mal logement », « fluidifier la traversée de la ville » ou encore « embellir l’espace public ». « Tout n’a pas été parfait sur ce mandat, il y a des choses que j’aurais pu faire différemment », concède F.Benammar-Koly, évoquant une forme de « rupture » à avoir.

    Reste à savoir si LFI sera compatible ou fera figure d’épouvantail. « Il n’y a aucune consigne de Carole Delga, le sujet n’est pas là ». Prête à « discuter » mais pas pour « l’union à tout prix ». Avec S. Rome, F. Benammar-Koly craint les « chamailleries » voire « un blocage comme à l’Assemblée ».

  • Nîmes : « Cette ville a les ressorts pour résister », selon Vincent Bouget

    Nîmes : « Cette ville a les ressorts pour résister », selon Vincent Bouget

    Dans l’arrière-salle du Prolé, la soirée touchait à sa fin lorsque Vincent Bouget a pris la parole. Sans notes, le candidat de la gauche nîmoise a replacé le questionnaire citoyen dans une perspective plus large : « On ne transformera pas cette ville à quelques-uns. Si on veut la changer, il faut que les Nîmois se réapproprient leur vie, leur histoire, la politique, leur quartier ». Pour lui, l’objectif dépasse la collecte de réponses : il s’agit d’un processus de réappropriation démocratique. « Beaucoup de gens n’y croient plus, a-t-il reconnu. Ils ne pensent pas qu’on puisse faire autrement, ni qu’on puisse le faire ensemble. C’est ce doute qu’il faut combattre. » D’ici la restitution du 11 décembre, Bouget veut mobiliser « jusqu’au dernier jour » pour que chaque Nîmois puisse s’exprimer.

    « En face, les forces réactionnaires se mettent en marche »

    L’intervention a aussi pris des accents politiques plus combatifs. Le candidat de la gauche unie a dressé un constat clair : « L’extrême droite se met en ordre de marche, pendant que la droite court derrière elle » Face à cela, Bouget appelle à ne pas se démoraliser : « Oui, les forces adverses sont puissantes, mais notre réponse, c’est le travail de terrain. 160 points de contact en deux mois, des milliers de rencontres : c’est ça qui compte ». Il conclut sur une note d’humilité : même en cas de victoire, « rien ne sera facile ». Mais, dit-il, « notre force, ce sera cette réunion des habitants de tous les quartiers. Cette ville a des ressorts pour résister et reconstruire ensemble ».

  • Les forces de gauche concluent un accord pour les municipales

    Les forces de gauche concluent un accord pour les municipales

    De l’aveu de Bruno Leclerc, chef de file du NPA d’Arles, la gauche avait « regretté » d’être partie en ordre dispersé aux élections de 2020, consacrant la victoire de Patrick de Carolis (Horizons), qui avait remporté au second tour 57,2% des suffrages exprimés contre 42,8% pour Nicolas Koukas, le successeur désigné du maire communiste sortant Hervé Schiavetti. Pour les prochaines municipales, les forces progressistes ne referont pas la même erreur. Après des mois de travail de processus unitaire initié par l’Appel d’Arles, elles officialisent un accord électoral et présenteront publiquement leur candidat le 27 novembre.

    La future liste « l’Union pour Arles » intégrera des personnalités issues de toutes les formations politiques (PCF,
    PS, Génération écologie, Génération.s, Place publique, NPA, l’Après, Debout !, Gauche républicaine et socialiste) et de la société civile. La France insoumise a quant à elle quitté le navire, suite à des dissensions locales sur fond de politique nationale.

    Le programme dévoilé

    en février

    L’objectif est clair : « Proposer un programme de rupture avec la politique portée par Patrick de Carolis » et « faire tout ce qu’il faut pour que le Rassemblement national ne passe pas », expliquent Bruno Leclerc et Françoise Rouzies, la cheffe de file de Place publique. Pour le moment, l’extrême droite n’a désigné aucun candidat à Arles. Mais « les idées nauséabondes » du parti de Marine Le Pen « seront de la partie », assure le représentant du NPA, « que ce soit dans une liste à part entière ou en en intégrant une ».

    Depuis mars, des propositions ont déjà émané du travail de concertation mené par les forces de l’Appel d’Arles. Le programme sera dévoilé au début du mois de février 2026, mais certaines priorités sont déjà connues. « Les priorités sont le retour de la gestion des quartiers, l’aide à la culture populaire et associative qui a beaucoup fléchi pendant le mandat de Patrick de Carolis », détaille Françoise Rouzies.

    « Dans le cadre de la campagne qui va s’ouvrir, on va continuer à élaborer le projet à partir des rencontres qu’on va mettre en place dans les quartiers et les villages, précise Bruno Leclerc. Nos thématiques sont la culture, la jeunesse, les quartiers, la participation citoyenne, l’écologie et les services publics. On veut recoudre la ville qui a été fracturée socialement. Et il y a du travail. Le mandat en cours est à l’image de la politique macroniste actuelle : tout pour le pognon, rien pour le social. » Une dynamique à laquelle la gauche unie compte bien mettre un terme.

  • Jean-Marc La Piana lance un appel à « travailler ensemble »

    Jean-Marc La Piana lance un appel à « travailler ensemble »

    Il l’avait annoncé par voie de presse, c’est désormais au public que Jean-Marc La Piana (DVG), à la tête d’une liste de gauche, a officiellement présenté sa candidature aux élections municipales de 2026. L’élu a choisi la mairie de annexe de Biver, qui se sent souvent oubliée « lorsque l’on parle de Gardanne », rapporte le candidat, pour réitérer l’annonce et en répétant : il n’est « pas un homme seul, il y a des gens autour de moi » et un « homme de gauche » sans être affilié à un parti politique.

    Dans la salle, pleine, citoyens, représentants d’associations et forces de gauche ont répondu présent. « Ce soir, la situation est grave. Vous vous en doutez tous, c’est à partir de la que nous allons travailler, lance Jean-Marc La Piana, entouré de ses soutiens. Au-delà des divergences du passé, le temps est à l’action. C’est pour cela qu’on est là ce soir. Voyez, cette action ne pourra pas se faire sans vous. Les partis politiques de gauche, les associations comme le Collectif Citoyen [groupe d’opposition mené par Claude Jorda, PCF], comme Reconstruire ensemble [groupe d’opposition mené par Jean-Marc La Piana, DVG], on initie un travail ensemble que l’on souhaite aujourd’hui ouvrir aux citoyens pour qu’ils y participent. Je ne viens pas encore vous demander de voter pour nous, la liste n’est pas encore faite », poursuit le candidat.

    Impliquer le citoyen

    « La demande aujourd’hui est de nous aider à construire un avenir pour Gardanne et Biver (…) le programme, sera fait avec tous ceux qui le souhaitent. » Si la liste de l’équipe La Piana doit encore se préciser, que le programme reste encore à définir, quelques « priorités » ont été égrenées, fil rouge des groupes de travail copilotés par les soutiens de la liste, mis en place et réunis chaque mardi soir, au Cercle de l’Avenir. Sécurité, éducation, tant sur l’enveloppe que sur le contenu, les services publics, l’emploi, la santé ou le développement durable… Le tout motivé par ces « valeurs » : l’intégrité, l’humanisme, la confiance « que nous avons perdue » et la transparence. « Ce sera une équipe municipale qui ne va pas simplement se contenter d’avoir trois ou quatre personnes qui vont décider », glisse Jean-Marc La Piana. « Je vous demande de rejoindre les équipes travail, a finalement conclu le candidat. C’est un appel fort, il n’y a pas de temps à perdre. On a déjà perdu six ans. Notre diversité fera notre force. » « Aujourd’hui, la demande d’intervention des citoyens qui s’engagent est extrêmement forte, les gens veulent intervenir pour proposer, donner des idées, et avoir des moyens d’agir, que nous, politiques, devons leur donner », ajoutera au nom du groupe Anne Mesliand (PCF). Autant de sujets sur lesquels rebondira le public présent, largement préoccupé par des questions de sécurité, de logement, incarnées par le Collectif Veline 1, qui a pu prendre la parole, parmi d’autres.

  • Pourquoi l’unité à gauche, souhaitée par tous, coince encore à Avignon

    Pourquoi l’unité à gauche, souhaitée par tous, coince encore à Avignon

    Dans à peine plus de quatre mois (15-22 mars), les Avignonnais éliront un nouveau maire. À gauche, ils sont trois parmi les élus de la majorité à vouloir reprendre le flambeau de Cécile Helle (PS) : David Fournier (PS), Joël Peyre (PRG) et Paul-Roger Gontard (La Convention). Le néophyte de Place publique, Benoît Belvalette, concourt aussi. Tous martèlent que le rassemblement est indispensable pour gagner. Dans une moindre mesure, Mathilde Louvain, tête de liste LFI, est aussi ouverte à élargir le socle mais en revendiquant le leadership. Pourquoi l’union coince alors ?

    Une succession surprise non préparée

    Début février, Cécile Helle a déclenché une déflagration en annonçant ne pas briguer un 3e mandat. Un choix qui a surpris et pris de court l’ensemble de la gauche. Depuis, la maire PS regarde la situation s’enliser sans prendre parti pour tel ou tel candidat. Le fait de ne pas avoir préparé de succession a laissé le champ libre aux ambitions de David Fournier, Paul-Roger Gontard ou Joël Peyre. Si au sein de la majorité, certains ont affiché leur préférence, aucun des candidats n’a naturellement créé un enthousiasme partagé. À cela s’est ajoutée la candidature de Benoît Belvalette (Place publique), soutenue par le premier adjoint (DVG) Claude Nahoum.

    Ce qu’ils disent sur l’union

    « L’union est un combat, quand on n’est pas uni, on ne gagne pas », martelait David Fournier dans les premières heures suivant l’annonce de Cécile Helle. Désigné premier des socialistes début avril, l’adjoint à l’administration municipale s’attelle d’abord à réunir le soutien des partis de gauche de la majorité pour ensuite arriver en position de force auprès de Joël Peyre, Benoît Belvalette et Paul-Roger Gontard. David Fournier a déjà l’appui de Génération écologie et des Écologistes qui, ont opté la semaine dernière, pour mener une alliance avec le PS plutôt qu’avec LFI. Il promet d’autres annonces « prochainement » sans en dire davantage. « On se mesurera à ce moment-là », glisse Joël Peyre ce mardi (lire ci-dessous) qui juge le rassemblement « indispensable », à aboutir « d’ici à la fin du mois ». Même tonalité chez Paul-Roger Gontard : « Il y aura un rassemblement, personne n’est capable de gagner seul », estime l’adjoint à l’urbanisme. Benoît Belvalette l’assure aussi : « Il y a un dialogue permanent avec les forces de gauche [hors LFI], il faut absolument qu’on arrive à s’entendre, c’est fort probable qu’on puisse avoir une liste commune au 1er tour », veut croire le candidat de Place publique.

    L’incertitude nationale et le poids des partis

    « La dynamique de discussions a été ralentie par le national », estime Paul-Roger Gontard. La possibilité d’une nouvelle dissolution a longtemps occupé les esprits, reléguant donc les municipales après de potentielles législatives. Une hypothèse qui n’est pas encore totalement exclue. Dans la même veine, chaque parti politique a son propre calendrier interne pour les soutiens et investitures. Le PS national a fait d’Avignon une ville prioritaire à préserver, David Fournier revendiquant sa légitimité en s’appuyant sur le fait que la ville soit détenue par le PS. Ce qui pèse aussi dans les discussions entre états-majors nationaux sur des soutiens réciproques d’une ville à l’autre selon les sortants.

    Un spectre d’alliances variable

    Actuellement, la majorité sortante va du PCF au centre gauche (sans les écologistes) voire encore un peu plus avec Bernard Autheman, « soutien critique » d’Emmanuel Macron, qui s’est rangé derrière Joël Peyre. Côté PCF, qui a désigné en juin les élus Julien De Benito et Anne-Catherine Lepage comme chefs de file, on milite toujours pour un large rassemblement des « forces de gauche, écologistes et citoyennes » en faisant d’abord passer les projets avant les personnes. Génération. s et l’Après s’inscrivent dans la même logique. David Fournier se pose, lui, en poids central de l’union, pensant être le seul à pouvoir rassembler aussi bien le PCF (les ponts ne sont pas coupés avec LFI mais ce n’est pas l’option prioritaire) que le centre gauche. Mais « sans faire de macronisme », déclarait-il dans La Provence, mi-octobre. Le trio Belvalette-Gontard-Peyre récuse toute alliance avec les insoumis. « Il faut une majorité plus large qu’aujourd’hui », plaide Paul-Roger Gontard. Traduction, viser un peu plus à droite. Cependant, le champ s’est considérablement réduit depuis que le collectif Voix d’Avignon (bloc macroniste) se tourne ou va se tourner vers le DVD, Olivier Galzi (notre édition d’hier). « Il n’est pas ma tasse de thé », prévient Joël Peyre à propos de l’ex-journaliste TV.

  • À Sète, Nouvelle Page à l’assaut de la mairie

    À Sète, Nouvelle Page à l’assaut de la mairie

    Après 25 ans de règne sans partage, la droite perdra-t-elle son siège de premier magistrat à Sète ? C’est en tout cas ce qu’espère le mouvement citoyen Nouvelle Page. Ce collectif, qui planche depuis plusieurs mois sur un programme en vue des élections de mars prochain, a désigné sa tête de liste le 11 octobre en la personne de Laura Seguin. La conseillère municipale d’opposition a ainsi été élue au terme d’une votation citoyenne -par 492 votants- aux côtés de huit autres candidats, dont Véronique Calueba, qui portait la liste d’union en 2020.

    Officiellement présentée le 17 octobre en présence de partis la soutenant (PCF, LFI et Les Écologistes), Laura Séguin espère tourner la page Commeinhes, ancien édile LR démissionnaire car condamné pour détournement de fonds publics. « Il faut mettre un terme à un système à bout de souffle, qui gère non pas le bien commun mais des intérêts particuliers », fait valoir Laura Séguin. Pour ce faire, la candidate mise sur la transparence et le renouvellement d’une démocratie mise à mal. « Il faut rendre le pouvoir aux citoyens en arrêtant cette confiscation du débat. Cela se joue à deux échelles : les quartiers, en créant des Assemblées avec des budgets participatifs pour que les riverains décident eux-mêmes des projets, mais également au niveau de la Ville, où les grands projets d’aménagements, de mobilité, seront soumis à une concertation avant toute prise de décision », souligne-t-elle.

    Miser sur la solidarité

    La démocratie participative sera donc un axe fort de Nouvelle Page, tout comme le logement, l’Île Singulière étant victime du surtourisme. « Nous voulons faire du droit au logement le pilier de notre campagne. Le tourisme, c’est bien mais jusqu’à un certain point. S’il affecte la population pour se loger à l’année, il faut une régulation plus stricte. Nous nous baserons sur la loi Le Meur afin d’instaurer des quotas par quartier », poursuit Laura Seguin. Une attention particulière sera portée aux plus précaires, dans un contexte où « les inégalités se creusent, 25% de la population vit sous le seuil de pauvreté, taux beaucoup plus important dans certains quartiers, notamment l’Île de Thau ». Et ainsi développer du logement social. Si la Ville de Sète est un peu en dessous du seuil de 25% de logements sociaux fixé par la loi SRU (21%), « cette production ne répond pas aux besoins des populations. Il faut également du logement très social et plus grand, des T4 pour loger des familles », soutient Laura Seguin, qui compte se baser sur la réhabilitation de logements vacants et la valorisation de l’existant.

    Plus de transparence, de logements et également de solidarité. « On veut mettre l’accent sur la jeunesse, les aînés. Il y a beaucoup de centres sociaux pour adolescents à redynamiser. Pour les aînés, nous avons plus de retraités donc nous soutiendrons le service à la personne afin de créer des emplois durables dans le soin. » Un programme toujours en construction, tout comme la liste. Les prochaines votations pour désigner les colistiers sont prévues les 8 et 24 novembre. Seule ombre au tableau, toute la gauche n’est pas rassemblée derrière Nouvelle Page. En effet, le socialiste Sébastien Denaja s’est également porté candidat. L’union impossible ? « Nous nous inscrivons dans une démarche de rassemblement avec une méthode de travail collective avec différentes composantes de gauche. Nous avons pris acte de la candidature de Sébastien Denaja. »

  • L’Après se construit maintenant dans l’unité à La Seyne

    L’Après se construit maintenant dans l’unité à La Seyne

    Après avoir largement expliqué, dans notre édition du 23 septembre, les raisons qui les amenaient à quitter la France insoumise avec une dizaine de leur coreligionnaires, c’est à la conférence de presse de L’Alliance pour la République écologique et sociale (L’Après), le mouvement de Clémentine Autain, que nous retrouvons les deux anciens animateurs locaux des insoumis.

    « On avait dit qu’on allait se réinventer ailleurs, c’est aujourd’hui chose faite », confirme sobrement Hervé Fechino. Et de poursuivre : « Nous voulons rester le trait d’union du rassemblement parce que la gauche ne peut pas se désunir pour battre la droite et l’extrême droite. » Et cela en continuant à s’appuyer sur le programme du Nouveau Front populaire.

    Une dynamique inchangée que les militants souhaitent continuer à faire vivre à La Seyne, pour les municipales, afin « de redonner confiance à l’électorat de gauche ».

    « On a démissionné pour favoriser cette union, c’est bien pour cela qu’on se reconnaît tout à fait dans les termes d’Alliance pour la République écologique et sociale », précise Isabelle Renier.

    Mais attention, rappelle-t-elle, « pas une union à n’importe quel prix, on n’acceptera pas les Macron-compatibles, c’est-à-dire Place publique ».

    L’union pour battre la droite et l’extrême droite

    C’est de cette façon que L’Après souhaite peser dans les rencontres avec les autres partis de gauche. En attendant, le mouvement dénonce le démantèlement des services publics en France et, bien sûr, dans le Var. Avec les fermetures de bureaux de poste et le désengagement de l’État dans les hôpitaux, comme à Hyères ou Draguignan. Sans compter la précarisation massive des travailleurs, notamment dans le tourisme et le BTP, comme l’explique Laurent Gilbert.

    Et de continuer : « Pendant ce temps, le Rassemblement national avance masqué, instrumentalisant la colère sociale pour imposer son projet de division et de régression. »

    Face à cette situation, L’Après 83 propose la voie de l’unité et de la rupture. « Nous refusons de nous résigner, de laisser le Var et la France se faire broyer entre les mâchoires du piège présidentialiste. » Les militants défendent donc un projet social, écologique et démocratique pour les municipales de 2026.

    Dans lequel il s’agit, par exemple, tout à la fois de s’opposer à la spéculation des promoteurs pour lutter contre la pénurie de logements et en les rendant plus accessibles, tout en s’opposant aux « grands projets inutiles » et à « la bétonisation du littoral ».

    Pour ce qui est des transports en commun, les militants rappellent que le Bus à haut niveau de service (BHNS) ne doit pas se faire au détriment du tramway, seul capable de répondre aux besoins de la métropole.

    Et de conclure : « Nous refusons l’idée de gauches irréconciliables étant donné que les divisions ne profitent qu’à nos adversaires. Et tendons la main à tous les partenaires du Nouveau Front populaire. »

    On ne voit pas trop ce qui pourrait faire obstacle à l’union. Si ce n’est, ce qui est complètement impensable, le refus de reprendre la ville.

  • Vaucluse : la gauche en résistance face au RN

    Vaucluse : la gauche en résistance face au RN

    En mars, 151 conseils municipaux seront renouvelés dans le Vaucluse. Sans faire injure à Saint-Léger-du-Ventoux et sa trentaine d’habitants, les regards se tourneront ailleurs. Dans la préfecture Avignon, les jeux sont très ouverts depuis l’annonce surprise de Cécile Helle, maire (PS) depuis 2014, de ne pas briguer un 3e mandat. Sa majorité sortante se divise pour l’heure entre plusieurs candidats possibles : David Fournier (PS), Joël Peyre (PRG), Paul-Roger Gontard (La Convention) tandis que le Premier adjoint, Claude Nahoum soutient le néophyte Benoît Belvalette (Place publique). Tous martèlent que l’union est indispensable. Mais derrière qui ? Chez les insoumis, Mathilde Louvain a été désignée tête de liste. Le camp du centre et de la droite est aussi éclaté avec Olivier Galzi (SE), Stephan Fiori (DVD) – qui sont candidats officiels – et les deux Julien, Paudoie (bloc macroniste) et Aubert (LR) qui lambinent. Enfin, la cheffe de file de l’opposition RN, Anne-Sophie Rigault a de nouveau été investie.

    L’extrême droite, après avoir soutenu 13 candidats en 2020, compte bien tripler ses représentants. Le RN a ainsi investi Christian Richaud à Carpentras, Franck Marest à Bollène et a dévoilé des représentants à Monteux, Vedène ou Entraigues-sur-la-Sorgue, où le sortant (PCF) Guy Moureau ne s’est pas encore prononcé. Autant de communes susceptibles de basculer comme avant elles Le Pontet, Camaret puis Morières. Les trois maires RN sortants se représentent. Au Pontet, un front républicain du PCF au centre droit se construit derrière Jean-Firmin Bardisa. Le sortant RN Joris Hébrard affrontera aussi son 1er adjoint, Patrick Suisse… À Morières, Annick Dubois (PS) est pressentie pour mener l’union de la gauche. Fief de l’extrême droite depuis 1995 avec les Bompard père puis fils, Orange est suspendue à une décision de justice prévue en décembre, qui pourrait rendre inéligible le maire (Ligue du sud) Yann Bompard et la toujours députée RN Marie-France Lorho. En froid, les deux élus sont des candidats potentiels. En face, une tentative de large alliance gauche et droite a échoué cet été. À Carpentras, le maire (DVG) Serge Andrieu a été donné en tête d’un récent sondage, talonné par son prédécesseur Francis Adolphe (ex-PS). L’extrême droite est divisée avec la candidature de l’élu d’opposition Bertrand de la Chesnais, (ex-RN et Reconquête). À Bollène aussi, l’extrême droite devrait partir à plusieurs entre le RN et possiblement l’ex-maire Marie-Claude Bompard. Le maire (SE) Anthony Zilio devrait se représenter. À Cavaillon, c’est encore morne plaine pour tenter de succéder à Gérard Daudet (LR) qui n’a pas fait connaître ses intentions. Enfin, à Apt, la droite cherche un successeur à la maire sortante LR Véronique Arnaud-Deloy qui ne se représente pas. Céline Celce (Génération.s) incarnera l’union de la gauche.