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  • [Entretien] « On avance mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière dans l’Hérault cet été »

    [Entretien] « On avance mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière dans l’Hérault cet été »

    La Marseillaise : Qu’éprouvez-vous au moment de succéder à Jacques Mestre ?

    Yves Soria : Je ne pourrai pas le remplacer. C’était un personnage avec un tel charisme qui a présidé l’Umih durant 43 ans. Jacques Mestre m’a appris ce que je sais. On va continuer à travailler dans le bon sens, en discutant avec les autorités, pour améliorer les conditions de la profession.

    Quels seront vos principaux combats ?

    Y.S. : On va continuer notre travail sur les saisonniers pour leur trouver des points d’accueil à des prix raisonnables. On a travaillé avec le Crous pour la mise à disposition d’appartements pas trop chers. On est en discussion avec la mairie de Pérols. J’ai rendez-vous avec l’Agglo de l’Étang de l’Or (Mauguio). On leur demande s’ils ont des bâtiments disponibles pour loger les saisonniers. Logement et transports sont les deux problèmes des saisonniers. Avec la Grande Motte, Mauguio et Palavas, on a investi 5 000 euros pour avoir une navette jusqu’au tramway de Pérols jusqu’à 2h du matin pour juillet-août. On avance, mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière cet été.

    Comptez-vous vous attaquer à la concurrence déloyale des locations type AirBnB ?

    Y.S. : Nous sommes contre bien sûr mais il existe déjà une réglementation en vigueur qui limite le nombre de nuitées (plafond de 120 jours que les Villes peuvent baisser à 90 jours). Le sujet c’est qu’elle soit respectée. L’Umih vient d’ailleurs de recevoir une décision favorable de la Cour d’appel de Paris [qui reconnaît AirBnB comme un éditeur et non un hébergeur, ce qui rend la plateforme responsable du contenu posté, Ndlr.]. On dit que c’est une concurrence déloyale parce que ces plateformes ne sont pas soumises aux mêmes règles (sécurité, fiscalité…) que les professionnels de l’hôtellerie, qui accusent des pertes de chiffre d’affaires.

    À Montpellier, avez-vous
    des requêtes particulières
     ?

    Y.S. : On a pris rendez-vous, on doit bientôt être reçus par le maire Michaël Delafosse. On a un problème de prix de stationnement trop élevé. On va voir si on peut faire revenir du monde en ville avec des tarifs de parking plus attractifs, comme au Polygone. On a déjà vu les élus Jean-Louis Gély et Michel Aslanian. La mairie veut renouer le dialogue.

    Quel premier bilan touristique faites-vous ?

    Y.S. : Je dirais qu’on est entre -10 et -20% d’activité. À la Grande Motte, il y a des touristes étrangers, des Belges et des pays de l’Est mais sans euphorie, le chiffre d’affaires est en baisse. À Palavas, il n’y a pas grand monde. Au camping des Roquilles c’est catastrophique, personne au bar ni au restaurant. Il manque les Américains, Néerlandais… La clientèle française qui se déplace quelques jours sur le littoral a réduit ses vacances. Les touristes présents font attention : ils font les courses avec leur glacière et mangent à la maison plutôt qu’au restaurant ou ne prennent qu’un seul plat. C’est le résultat d’une baisse du pouvoir d’achat. Le prix de l’essence pèse lourd. La chaleur a pu aussi en décourager certains. On verra le bilan global en octobre avec la fin de saison, mais un chiffre d’affaires perdu ne se rattrape jamais.

  • L’Urssaf Languedoc-Roussillon conciliante en cas de bonne foi

    L’Urssaf Languedoc-Roussillon conciliante en cas de bonne foi

    Des défaillances (570 côté employeurs, 90 chez les indépendants en 2025) et des taux d’impayés de cotisations nettement supérieurs (respectivement 2,37% et 11,51%) à la moyenne du secteur privé (0,85% et 5,3%). Ce n’est pas un scoop : le secteur des hôtels, cafés et restaurants (HCR) n’est pas le plus zélé qui soit en matière sociale.

    L’Urssaf Languedoc-Roussillon affirme pourtant qu’elle peut être compréhensive eu égard aux difficultés récurrentes du secteur. À condition qu’il n’y ait « pas de distorsion de concurrence » et que « les parts salariales soient payées », des délais de paiement peuvent être accordés en cas de problèmes de trésorerie de 3 à 6 mois. En 2025, 3 200 délais de ce type ont été octroyés à 11,9% des entreprises du secteur HCR contre 6,5% des entreprises, tous secteurs confondus.

    En cas d’irrégularités, « le droit à l’erreur peut être demandé » par les entreprises « la première fois », assure le directeur Pierre Ramon-Baldié. Qui tempère : « Il faut être de bonne foi et fournir des éléments de preuve. » Dans ce cas, les sanctions (majorations, pénalités…) peuvent parfois être évitées. Sans quoi, les majorations s’élèvent souvent à environ 5% avec +0,2% par mois de retard.

    Turnover important

    Autre gage de bonne volonté de l’Urssaf vis-à-vis du secteur, son activité de conseil gratuit, notamment la première année de lancement d’une société. « Nous pouvons rendre visite pour conseiller et mener des actions de prévention contre les fraudes », illustre le directeur adjoint Frédéric Azemard, qui conseille aux entrepreneurs d’être plus attentifs. « Une déclaration préalable d’embauche doit être envoyée avant le début du contrat ! »

    Si, en Languedoc-Roussillon, le secteur HCR, qui emploie plus de 51 000 salariés (restauration 40 700 ; hébergement 10 700) est en « demande de sécurisation juridique », c’est qu’il croule sous les difficultés en raison notamment d’une main-d’œuvre volatile. Le turnover y est plus important qu’ailleurs avec 15 à 17% de CDD contre 10% dans le privé. Les horaires décalés et les conditions de travail souvent pénibles sont d’autres facteurs majeurs qui expliquent que les démissions (41%) et les fins de période d’essai (20% à l’initiative de l’employeur, 13% du salarié) sont des motifs de rupture de CDI surreprésentés comparés à l’ensemble du secteur privé.

    Enfin, le faible niveau de rémunération est un autre facteur majeur de la fragilité du secteur qui choisit souvent de s’adapter en recourant aux heures supplémentaires. Dans l’hébergement de la région, le salaire mensuel moyen brut plafonne à 2 220 euros dans l’hébergement et à seulement 1 874 euros dans la restauration. C’est loin du salaire moyen pratiqué dans le secteur privé (2 549 euros) et proche du salaire minimum « en raison de cotisations sociales faibles autour du Smic ».

    Si le secteur HCR de la région paye donc plutôt mal ses travailleurs, il est paradoxalement celui qui en a le plus besoin dans une région touristique. Si l’emploi salarié régresse légèrement (-0,3%) en Languedoc-Roussillon depuis un an, le secteur HCR est, lui, bien plus dynamique (+1,7%). Il n’y a qu’en Corse (9,2%) et en Sud-Paca (8,6%) que les hôtels, cafés et restaurants ont un poids supérieur dans l’emploi salarié (7,7% ici).

  • Une plateforme face au manque de saisonniers dans le Gard

    Une plateforme face au manque de saisonniers dans le Gard

    Chaque été, le Gard remet les clés de son économie touristique entre les mains de milliers de saisonniers. Dans les cuisines, les hôtels, les campings, les bars du littoral ou les restaurants de Nîmes et de Camargue, ce sont eux qui tiennent la baraque quand la fréquentation grimpe avec le thermomètre. Mais depuis plusieurs années, les bras manquent, les professionnels du secteur peinent à boucler leurs équipes.

    Face à cette tension devenue structurelle, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) du Gard a annoncé qu’elle prolonge sa collaboration avec la plateforme Ohmyseason, spécialisée dans le recrutement saisonnier. Après une première expérimentation menée en 2025, l’Umih 30 veut désormais ancrer cette solution dans le paysage local. L’objectif est clair : aider les établissements à trouver plus vite des profils adaptés, tout en améliorant la présentation des offres.

    Repenser l’emploi saisonnier

    Car la crise du recrutement ne se résume pas à une simple question d’annonces. Elle dit aussi quelque chose de l’attractivité des métiers, des salaires, de la mobilité ou encore du logement, souvent casse-tête majeur pour les saisonniers. Ohmyseason mise justement sur une approche plus transparente : offres détaillées, mise en avant du cadre de vie et des solutions d’hébergement, mais surtout une communauté de plus de 250 000 saisonniers.

    Reste que l’outil numérique ne réglera pas tout. Dans un territoire où près de 200 000 postes saisonniers sont nécessaires chaque été à l’échelle de l’Occitanie, l’enjeu dépasse l’algorithme. Pour Pierre Porcher, cofondateur d’Ohmyseason, « l’an dernier a montré qu’il y avait une vraie attente des professionnels pour des solutions plus adaptées à la réalité du terrain ». Pour convaincre durablement, il faudra aussi rendre ces métiers plus vivables.

  • Ces restaurateurs « dog friendly » qui accueillent les chiens dans l’Hérault

    Ces restaurateurs « dog friendly » qui accueillent les chiens dans l’Hérault

    La période estivale rime souvent avec abandon d’animaux. C’est pourquoi la Société protectrice des animaux (SPA) est particulièrement impliquée durant l’été. Dans l’Hérault, elle a signé un partenariat avec l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie 34 (Umih 34) et ACM Communication pour lancer un sticker « dog-friendly », ami des chiens en Français. Ainsi, les restaurateurs qui le souhaitent peuvent afficher ce sticker sur leur devanture pour indiquer aux propriétaires que leurs compagnons à quatre pattes sont les bienvenus dans l’établissement.

    « C’est toujours embêtant pour les propriétaires de rentrer dans les restaurants pour demander si les chiens sont acceptés. Nous avions eu des remarques sur ce sujet. Johnny, qui travaille avec nous, a eu l’idée d’un logo sur leur établissement pour signifier que les restaurateurs acceptent les chiens. On sait que dans ces endroits, les chiens seront bien accueillis et qu’on leur proposera une gamelle avec de l’eau. Les premiers retours que l’on a sont très positifs », explique Annie Benezech, directrice de la SPA de Montpellier.

    Favoriser les dons

    Pour l’instant, ce dispositif est en phase d’essai dans le département où plus de 40 restaurateurs ont rejoint le mouvement. « Nous avons des appels de restaurateurs qui veulent participer à l’opération. Pour l’instant, c’est l’Umih qui se charge d’envoyer les autocollants. Ça va faire boule de neige parce que j’ai aussi eu des appels de sandwicheries. Puis les cafés vont aussi vouloir le faire. C’est peut-être utopique mais on se dit qu’en facilitant la vie des propriétaires de chiens, il y aura moins d’abandons », prévient Annie Benezech.

    L’association, qui alerte tous les ans sur la hausse des abandons d’animaux et la baisse des adoptions, manque aussi de moyens pour s’occuper de tous ces animaux sans famille. C’est pourquoi les restaurateurs partenaires proposeront aussi à chaque client d’effectuer un don à la SPA en arrondissant les sommes de la note.

    « Ça permet aux gens de ne jamais oublier que plein d’animaux sont abandonnés. C’est bien que les gens qui aiment les animaux puissent participer au bien-être de ceux qui n’ont pas la chance d’avoir une famille », conclut Annie Benezech.