Tag: ultradroite

  • Laure Lavalette a l’indignation sélective

    Laure Lavalette a l’indignation sélective

    Rien d’obsessionnel, bien sûr, dans la traque des frasques de Laure Lavalette sur les réseaux sociaux, mais une juste mise en lumière de l’idéologie qui se cache derrière les sourires télévisuels.

    « Impossible de traverser la ville sans être témoin, depuis des mois, en réalité depuis la réélection de Josée Massi avec le soutien de LFI, d’un véritable saccage du mobilier urbain de Toulon », lance-t-elle donc, le 6 octobre, depuis son compte Facebook. En cause, quelques inscriptions et des autocollants. Dans le viseur de l’élue d’extrême droite : les antifascistes.

    Ces derniers viennent de réagir par une vidéo, rappelant à celle qui cherche à faire passer des tags de soutien aux victimes de Gaza ou des stickers LFI pour le comble de l’horreur qu’« elle est beaucoup, mais beaucoup moins dérangée quand les groupuscules fascistes salissent encore les murs de la ville ».

    Le Rassemblement antifasciste varois (RAV) s’interroge ensuite sur le fait que la députée RN n’ait publié que « trois photos ridicules de tags minuscules alors qu’elle se plaint d’en voir partout ». « Sûrement pour ne pas qu’on puisse voir que beaucoup […] recouvrent en réalité ceux des groupuscules fascistes et ne sont donc qu’une riposte populaire à leur idéologie », avancent les militants, en se félicitant de voir que dans le Port du Levant, l’ultradroite est entrain de « perdre l’affrontement culturel » face à eux, qui gagnent des adeptes, affirment-ils.

    Et de mettre particulièrement en avant ce qu’ils considèrent comme l’indignation sélective de Laure Lavalette. Aucune réaction, en effet, lorsque des militants d’ultradroite ont agressé deux mineurs et brisé la mâchoire de l’un d’entre eux en raison de sa couleur de peau. Ni lorsqu’ils s’en sont pris à une personne porteuse d’un handicap et ont effectué des saluts nazis lors d’une manifestation de soutien à la Palestine.

    Affinité élective ?

    Pas davantage, d’ailleurs, lorsque nous avons dénoncé dans nos colonnes l’agression à son domicile d’un jeune militant de gauche, en amont de la campagne municipale, après avoir été suivi au retour d’une manifestation.

    La même exigence de « propreté » ne s’applique donc pas à tous les messages inscrits sur les murs de la cité. En dénonçant certains graffitis et en ciblant un seul côté de l’échiquier politique, tout en occultant ceux porteurs de slogans nationalistes radicaux, d’inscriptions racistes et autres autocollants montrant sans ambiguïté un personnage le bras tendu en salut hitlérien, Laure Lavalette met au jour une affinité élective que son parcours tend à révéler lorsqu’on prend la peine de s’y pencher.

    Comme lorsqu’elle rendait hommage sur les réseaux sociaux à Jean Bastien-Thiry, figure de l’Organisation armée secrète (OAS), impliquée dans l’attentat du Petit-Clamart en 1962, qui visait à assassiner le général de Gaulle, présenté par ses soins comme un « héros français et chrétien », comme l’a révélé le média d’investigation Les Jours.

    Ou encore, lorsqu’en 2025, l’élue du parti à la flamme jette en pâture à la fachosphère une enseignante en droit public de l’Université de Toulon qui commentait un tract de la Cocarde étudiante : un groupuscule d’extrême droite violent. On pourrait ajouter son engagement en 2014 en faveur de l’abrogation, à terme, de la loi sur l’avortement. Mais est-ce bien utile pour comprendre qui est vraiment le personnage ?

  • L’affaire des violences d’ultra droite à Montpellier dépolitisée

    L’affaire des violences d’ultra droite à Montpellier dépolitisée

    Six à 8 mois de prison avec sursis, interdiction de porter ou détenir une arme pendant 5 ans ainsi qu’un stage de citoyenneté à exécuter dans les prochains mois à leurs frais.

    Voilà pour les condamnations* pour « violences commises en réunion » prononcées ce jeudi 10 septembre par le tribunal judiciaire de Montpellier, à l’encontre de 6 jeunes dont seuls 4 ont jugé utile de venir à l’audience. Des peines qui correspondent aux réquisitions du Parquet ainsi qu’aux requêtes des deux parties civiles qui ont obtenu des dédommagements de frais de justice (1 000 euros), des dommages et intérêts (1 500 euros) et/ou une provision (2 000 euros) pour l’une des deux victimes (Sébastien P.), lui-même condamné à 500 euros d’amende dont 150 avec sursis pour avoir porté un coup de pied à un individu mystère, qui n’avait visiblement pas intérêt à se faire connaître de la Justice.

    Du profil et des motivations qui ont poussé, sur une terrasse des Beaux-Arts, la bande à rouer de coups de poings et de pieds au visage ou au dos, Pierre P. puis Sébastien P. venu lui porter secours d’un café voisin, au point de causer 3 jours d’ITT au premier et 15 au second, on n’en saura pas beaucoup plus. Si ce n’est que les 4 jeunes (Raphaël P., Zakarya O., Enzo A. et Yann B.) âgés de 21-22 ans vivent chez leurs parents, en activité, au RSA ou en quête d’un emploi.

    Personne à l’audience n’a jugé pertinent de creuser leur profil politique, leur mouvance idéologique qui semble proche de l’extrême droite. Étonnant quand l’affaire a fait grand bruit et que des vidéos amateurs, en plus des images de vidéosurveillance de la Ville, attestent au préalable leur participation autour de la place de la Comédie, à une virée chaotique au sein d’un groupuscule identitaire d’ultra droite provocateur, sécurisé puis exfiltré par la police, en marge d’une manifestation intersyndicale.

    « On veut pas de facho, ici ! »

    Or, s’avère à l’audience que c’est la remarque inopportune de Pierre P., attablé au bar Le Manchester – « On ne veut pas de facho ici ! » – qui déclenche la bagarre. En deux temps, les coups pleuvent, les chaises volent. Pierre P. finit le visage ensanglanté, chemise déchirée. Tabassé à terre, Sébastien P. perd connaissance. 12 jours plus tard, il sera opéré d’un œil. Il souffre depuis de séquelles.

    A l’audience, le procureur Audrey Galaud réprimande mais balaie le contexte idéologique. « Tout le monde a le droit de penser ce qu’il veut mais les insultes (« facho ») sont interdites. Après, on ne va pas partir sur un débat politique »…

    La présidente est tout de même intriguée par les tenues claires des 4 à la barre. « Pourtant vous nous aviez dit que vous étiez toujours habillés en noir (ndlr : tenue avec cache-cou utilisée par l’ultra droite)…»

    Me Leblond, l’avocate des deux parties civiles, refuse de parler d’une « rixe entre deux bandes à armes égales » et fait elle aussi le choix de plaider sur les violences physiques reconnues. « Je crois qu’on n’avait pas intérêt à faire de ce procès une caisse de résonance politique. On aurait pu aussi évoquer les injures racistes contre John A. (hors procédure), mais le tribunal n’était pas saisi de cela. On n’exclut pas de déposer une autre plainte… »

    Contre toute attente, c’est la défense qui met les pieds dans le plat. « Je n’ai pas l’impression de défendre un facho », lance Me Chabert dont le client (Hugo M.) est en Australie. Puis il « s’étonne » des signalements de députés (PS, LFI) et du « compte rendu surréaliste des faits » du maire PS suite à la rixe. « M. Delafosse est à moitié aveugle, sous le prisme de l’ultra gauche ». Vu la consonance du nom de son client (Zakarya O.), Me Pons estime « qu’il n’a pas la bonne casquette pour être traité de facho ». Enfin, Me Paul, conseil de Enzo A. (le seul avec un casier judiciaire), s’interroge. « Ces notions de méchants/gentils, fachos/ultra gauche. Est-ce que ça valait 4 heures d’audience ? »

    La substitut du procureur dépeint des violences dont les conséquences auraient pu être dramatiques. « Aucun de ces hommes n’a su se maîtriser. Tout le monde a essayé d’échapper à sa responsabilité, puis avec les images de minimiser ». A tour de rôle, les prévenus feront des excuses. Eux seuls en connaissent le degré de sincérité.

    * Dix jours pour faire appel.

    « Pas intérêt à une caisse de résonance politique »