Tag: Ukraine

  • Inna accompagne ceux qui vivent ce qu’elle a connu : « Repartir de zéro »

    Inna accompagne ceux qui vivent ce qu’elle a connu : « Repartir de zéro »

    Inna est arrivée en France en 2022, évacuée d’Odessa avec ses enfants par l’Alliance Française. Au départ, elle pensait repartir si la guerre prenait fin rapidement. Trois ans plus tard, ses enfants sont scolarisés ici, elle a étudié le français à l’université Paul-Valéry, créé une micro-entreprise de consultation juridique et rejoint l’association SOS Montpellier Ukraine comme bénévole. Elle accompagne des Ukrainiens, mais aussi des Arméniens, des Polonais ou des personnes issues de communautés russophones dans leurs démarches administratives et juridiques. Quatre ans après le début du conflit, elle constate que les départs d’Ukraine se poursuivent et s’intensifient. Elle échange quotidiennement avec des familles nouvellement arrivées, confrontées aux mêmes obstacles que ceux connus en termes de logement, de sécurité sociale et de reconnaissance des diplômes. Car sans équivalence, certains métiers restent inaccessibles. Sans emploi, le logement l’est aussi. « Le plus difficile, c’est de comprendre le système administratif français, puis d’y trouver sa place.  » Elle constate que les démarches administratives semblent plus longues qu’au début du conflit. En 2022, des dispositifs d’urgence avaient été mis en place. Aujourd’hui, les délais pour obtenir un rendez-vous en préfecture, un numéro de sécurité sociale ou un logement peuvent s’étirer sur plusieurs mois, dans un contexte de saturation administrative générale.

    Entre soutien et lassitude

    L’attention internationale, elle, s’est émoussée. Les positions évoluent sous l’effet des débats politiques. Elle comprend la fatigue des Français mais regrette qu’elle coïncide avec l’arrivée de nouvelles familles ukrainiennes, celles qui ont le plus besoin d’être accompagnées. Et pour beaucoup d’Ukrainiens, repartir de zéro, avec un moral fragilisé et des enfants à charge, est particulièrement éprouvant. Elle, estime avoir surtout perdu des biens matériels. « J’ai gagné en force, en sécurité. La santé, la sécurité, le moral pour les enfants, c’est tout ce qui compte. » A.S.

  • Ukraine : quatre ans et la guerre continue…

    Ukraine : quatre ans et la guerre continue…

    Pour la présidente de l’association, Lyudmyla Tsivka, le 24 février n’a rien d’un simple repère calendaire. Elle parle d’un jour de mémoire, de douleur, mais aussi de force et d’unité. Au-delà de la commémoration, c’est un jour de sensibilisation à une guerre qui ne se joue plus seulement sur le front.

    Dans l’ouest de l’Ukraine, où vit la mère de Lyudmyla, les coupures de courant durent parfois plus de dix heures par jour. Plus de lumière, de chauffage ni d’eau chaude. Par -20°C, la température dans les appartements tombe à quelques degrés à peine. Les familles s’entassent dans une seule pièce et les nourrissons sont exposés au froid. Et ce n’est pas un dommage collatéral, selon elle. Depuis l’automne 2022, environ 40% de l’infrastructure énergétique ukrainienne a été détruite ou gravement endommagée. L’ONU estimait fin 2024 que les trois quarts des sites de production d’énergie avaient été touchés. Une seule vague de frappes peut priver jusqu’à un million de personnes d’électricité. L’objectif, selon la présidente de SOS Montpellier Ukraine, est d’épuiser la société ukrainienne en frappant ses bases vitales. « Casser la résistance citoyenne. » C’est sans compter la résilience des habitants, car des « points de survie » ont été mis en place, des lieux équipés où les habitants peuvent venir se réchauffer une ou deux heures lorsque leur logement n’est plus viable.

    20 000 enfants transportés en Russie

    Il y a également la question des enfants ukrainiens transférés vers la Russie. Kiev estime à environ 20 000 le nombre de mineurs concernés, un phénomène dénoncé par les autorités ukrainiennes et plusieurs organisations internationales comme une tentative d’effacer l’identité ukrainienne. La présidente parle d’un processus de « désukrainisation ». « L’enfant, c’est l’avenir d’un pays. » C’est dans ce contexte que l’association a lancé un appel aux dons baptisé « Urgence chaleur » pour des générateurs, stations électriques, matériels de chauffage et denrées de première nécessité via la plateforme HelloAsso*.

    Mardi 24 février, place de la Comédie, les participants sont attendus à 18h30, une bougie à la main. Un rassemblement pour honorer les victimes et rappeler, insiste Lyudmyla, qu’« il y a un agresseur et un agressé. »

    * Sur www.helloasso.com.
    Taper «
     Chaleur pour l’Ukraine »
    dans le moteur de recherche.

  • Plusieurs organisations mobilisées contre la guerre à Aix-en-Provence

    Plusieurs organisations mobilisées contre la guerre à Aix-en-Provence

    Philippe Sénégas, de la Ligue des droits de l’Homme, a pris la parole au nom des organisateurs pour dénoncer les conflits meurtriers à Gaza, en Ukraine, ainsi que les violences en Iran et en Syrie, évoquant également les tensions ravivées par l’offensive impérialiste menée contre le Venezuela par le président américain, Donald Trump.

  • Gard : Cendras, la culture du vivre ensemble…

    Gard : Cendras, la culture du vivre ensemble…

    À deux mois des municipales, Cendras semble à mille lieues des luttes politiciennes qui fracturent le pays. Niché au beau milieu d’un territoire composé de forêts à 85%, et situé à 10 minutes à peine de la ville d’Alès, il y règne une tranquillité singulière.

    Du haut de ses 1 600 habitants, ses multiples quartiers et hameaux, affichent aussi un dynamisme étonnant et une fibre sociale assumée. « Pour moi, un maire doit être l’animateur du vivre ensemble. On pourrait vite devenir une cité-dortoir parce qu’on n’est pas loin de la ville. Mais on cultive une vraie vie de village », résume Sylvain André, en poste depuis la démission de son prédécesseur Yannick Louche (en 2017). Ici, le jeune quadra n’a pas encore de concurrent déclaré. Acquise à la gauche depuis plus de 60 ans, la commune fait donc figure d’exception à l’échelle du Gard. Voire même de laboratoire…

    Dans les cuisines de la cantine municipale, située au beau milieu du centre socioculturel Lucie-Aubrac, Myriam s’affaire derrière une énorme marmite d’eau frémissante. « Le centre socioculturel, c’est le bijou de Cendras », confie le maire. Alors quand la structure a failli plier, asphyxiée par la baisse drastique des subventions de l’État, l’élu a mis toute son énergie de militant cégétiste au service de ce cœur battant. En décembre 2024, il a fléché 72 000 euros d’aides directes et presque autant en charges supplétives. « La mairie était un gros partenaire, elle nous a sauvés », explique Farida Ihamouchène, la présidente des lieux. Ici, 14 salariés et 54 bénévoles continuent donc de tisser du lien social à tour de bras, à l’occasion d’ateliers cuisine, de sorties, d’atelier couture, de séance de jardinage partagé, et de papotage à la friperie solidaire qu’ils chapeautent…

    Le long des ruelles proprettes du centre-ville, rénové à hauteur de 580 000 euros au fil du dernier mandat, l’ambiance est familiale. Une atmosphère que la charismatique Karine Tell, la gérante de l’épicerie-boucherie, ne quitterait pour rien au monde. « Cendras, c’est ma vie », souffle la native du cru qui accueille ses clientes comme elle accueillerait des amies dans son salon. Dernièrement, elle n’a pas hésité à interpeller le maire pour protester contre la mise en place d’une navette destinée à conduire les personnes âgées dans les hypermarchés de périphérie. Mais dans le fond, elle comprend la démarche. « Les gens ont moins d’argent. C’est compliqué pour tout le monde », concède la commerçante, qui n’a de cesse de s’inquiéter pour ses mamies, dont les conversations s’éternisent souvent dans les allées du magasin. « Ici on n’est pas là pour faire du cash, on fait un boulot humain », confirme le gérant du bar-tabac à quelques mètres de là.

    40% de logements sociaux

    Cité de mineurs par excellence, Cendras dispose de 40% de logements sociaux et a pris les problèmes de sécurité du quartier des Fonzeaux à bras-le-corps ces dernières années. Régulièrement, la commune accueille aussi des réfugiés ; syriens puis ukrainiens, victimes notamment des guerres. « Ça a pu faire débat, mais dès qu’on a des noms et des visages, cela ne pose plus de problème à qui que ce soit », raconte le maire. Des familles en exil dont les bambins se retrouvent aussi sur les pelouses du club de foot de l’AS Cendras, qui fait jouer ses 175 licenciés sans distinction de niveau de jeu, d’origine ou de classe. « Notre devise, c’est : si tu veux faire du foot, tu viens ! », résume son président Sébastien Fabre, qui bénéficie d’une enveloppe annuelle de 3 100 euros pour faire tourner ses équipes. « Toutes les associations n’ont pas autant… Nous avons décidé de privilégier le foot et le tennis, parce que ce sont les deux clubs qui accueillent les enfants », précise le maire, lui-même entraîneur à ses heures par le passé.

    Oxygénée par la vallée du Galeizon -classée Natura 2000- la commune a fait de la transition écologique une autre de ses priorités. Ici, on mise sur la filière bois, dont les essences locales ornent le pôle de santé créé en 2016. C’est aussi par ce biais que la municipalité chauffe toutes ses structures. « Je me considère comme rouge et vert », résume le maire, qui a aussi activement favorisé l’installation et la diversification de deux agriculteurs sur le secteur. Pour l’heure, pour lui l’avenir semble assez clair. Ici, pas l’ombre d’une droite, ni d’un RN… Ciel dégagé à l’horizon.

  • [Rétrospective monde 2025 1/2] Un état d’alerte permanent

    [Rétrospective monde 2025 1/2] Un état d’alerte permanent

    Reconnaissance d’une Palestine dévastée

    Génocide. La notion utilisée pour décrire les atrocités commises par Israël dans la bande de Gaza a pu faire débat. En septembre, l’un des derniers rapports sur le sujet vient appuyer une réalité que beaucoup pointent du doigt depuis des mois, « Israël est responsable du génocide commis à Gaza ». Telles sont les conclusions de la Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU sur le territoire palestinien occupé. L’attaque du 7 octobre 2023, lancée par le mouvement islamiste palestinien Hamas, a coûté la vie à 1 189 personnes dont 815 civils, provoqué 7 500 blessés et quelque 251 otages ont été emmenés. La plupart étant morts dans l’enclave palestinienne. Les représailles menées par Tsahal, l’armée israélienne, ont causé la mort de plus de 70 000 personnes, plongé des millions d’habitants dans la famine et ravagé le territoire. palestinien.

    L’innommable, filmé en direct et retransmis sur les écrans du monde entier. Face à ce massacre, les opinions publiques mondiales interpellent leurs dirigeants et les somment d’agir. C’est ainsi qu’après des décennies de promesses non tenues, la France reconnaît enfin l’État de Palestine, à l’issue de la 80e Assemblée générale des Nations unies, de même que le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, le Portugal et le Luxembourg, pour ne citer qu’eux. Désormais, 158 des 193 États membres de l’ONU reconnaissent la Palestine.

    Deux ans après le début de la guerre dévastatrice, les pressions américaines ont débouché sur une trêve qui a permis un retrait partiel des troupes de Benjamin Netanyahu, l’échange des derniers otages retenus vivants à Gaza contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël, et une entrée accrue de l’aide humanitaire à Gaza, même si elle est toujours très en deçà des besoins, selon l’ONU et plusieurs ONG.

    Le passage vers sa deuxième phase, qui prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif de l’armée israélienne de Gaza, la mise en place d’une autorité de transition et le déploiement d’une force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien piétine, du fait de nombreuses violations. Le média américain Axios rapporte que Washington entend bientôt annoncer un gouvernement palestinien de technocrates comme autorité de transition pour Gaza, dès janvier.

    Ukraine : Trump s’en mêle

    L’année 2025 n’aura pas été celle de la fin de la guerre en Ukraine. Mais il faut dire que le retour au pouvoir de Donald Trump, en janvier, aura changé la donne. Le milliardaire républicain a ainsi réduit drastiquement l’aide militaire apportée aux Ukrainiens pour lutter contre l’invasion russe. Son altercation avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, fin février dans le bureau ovale, lui reprochant de manquer de gratitude envers les États-Unis, restera dans les annales. Les pourparlers directs entre Russes et Ukrainiens à Istanbul, puis une rencontre au sommet entre Trump et Vladimir Poutine au mois d’août en Alaska, n’ont débouché sur aucune avancée concrète vers la paix. Depuis, tous les plans proposés planchent sur d’importantes concessions pour Kiev.

    L.Pi.

  • Annonces militaristes : la « préparation des esprits »

    Annonces militaristes : la « préparation des esprits »

    Ces derniers jours, la petite musique qui monte sème l’angoisse. À mesure que le budget alloué à la défense se muscle, les annonces publiques liées à la menace russe se succèdent. Selon le chef d’état-major des armées Fabien Mandon, il faut s’attendre à une guerre « dans trois ou quatre ans ». Devant les maires de France le 18 novembre, il s’est montré plus pressant encore en affirmant qu’il fallait « accepter de perdre ses enfants ». Le jeudi 27 novembre, Emmanuel Macron a ensuite dévoilé les contours du tout nouveau service national volontaire, plus militaire que le SNU (service national universel) qui le précède, et qui engagera les jeunes sur 10 mois.

    Une pression militariste inquiétante, que le chercheur en sciences politiques Jean Joana assimile à une sorte de préparation mentale. « Je crois qu’il s’agit d’une préparation des esprits, mais finalement, on reste dans la demi-mesure. Si la situation devait dégénérer au-delà de l’Ukraine, je pense que la France est plus sûrement protégée par le fait qu’elle dispose de l’arme nucléaire, que par les effectifs qu’elle est susceptible de mobiliser », analyse le chercheur.

    Si ces annonces ont suscité une vague d’émotion, c’est parce qu’elles sont inédites. « Nous avons rarement été confrontés à ce genre de situation par le passé. À l’époque de la guerre contre le terrorisme, quand le chef d’état-major des armées expliquait qu’il fallait rester sur le qui-vive et que la menace était forte, cela restait dans le cadre d’une armée professionnelle. Ce qui a suscité le débat ces derniers jours, c’est qu’aujourd’hui, l’effort demandé touche tout un chacun », ajoute Jean Joana, qui estime le risque plus élevé qu’il y a cinq ans.

    « Personne n’est dans la tête de Vladimir Poutine, mais il est dans une posture offensive. Cependant, on se dit aussi qu’il n’est peut-être pas prêt pour repartir à la conquête d’autres territoires, membres de l’Otan (Organisation du traité de l’Atlantique nord) qui plus est, et qui impliqueraient une réaction militaire plus forte qu’en Ukraine. C’est peut-être hors de sa portée », tempère le chercheur.

  • Forum économique Soft à Marseille : l’ambassadeur d’Ukraine veut la paix

    Forum économique Soft à Marseille : l’ambassadeur d’Ukraine veut la paix

    Invité spécial du Soft 2025, l’ambassadeur d’Ukraine en France Vadym Omelchenko a délivré un message ambivalent. Questionné sur les négociations autour du plan de paix pour son pays élaboré par les États-Unis, il a d’abord fait part de son avis favorable : « On croit dans ce plan de paix. On n’a pas beaucoup d’options et il y a un besoin fondamental de paix pour mon peuple. »

    Avant de faire part de plusieurs nuances : « On est prêt à avoir cette paix mais pas à n’importe quel prix. Notre délégation, pendant les négociations, a souligné nos lignes rouges sur notre souveraineté. » Et de développer : « Pourquoi l’armée ukrainienne quitterait les territoires ukrainiens de l’Est ? Pourquoi l’Ukraine renoncerait à l’adhésion à l’Otan ? Imaginez-vous que quelqu’un dise à la France qu’elle n’a pas le droit de rejoindre un organisme international. » Plus clairement, il assure que la diplomatie ukrainienne « ne peut pas accepter » que son pays ait « une souveraineté limitée » à l’issue des négociations. Et affirme aussi que « la société ukrainienne » ne l’acceptera pas non plus. Plus éloigné de son message en faveur de la paix, il appelle aussi au « réveil » des Européens face à « la menace russe » : « Je crois que les pays baltes et nordiques sont déjà menacés […] par une guerre hybride. »

  • Une mosaïque pour la paix face à la Méditerranée

    Une mosaïque pour la paix face à la Méditerranée

    « Ce banc, c’est une invitation à la rencontre, à s’asseoir côte à côte, comme un premier pas vers la paix », sourit Laura Sahin, co-responsable de la section sud de l’association Les Guerrières pour la paix. Sur la corniche Kennedy, à côté de la plage du prophète, une cinquantaine de personnes se sont réunies, ce jeudi, pour inaugurer la mosaïque de l’association. Un banc de la paix qui a d’autant plus de sens qu’il fait face à la Méditerranée, « une mer témoin des conflits qui frappent ses rives, en Israël, en Palestine, en Ukraine, en Syrie, au Liban », insiste la responsable.

    Débuté en octobre, le projet a été porté par l’association Les Guerrières de la paix, fondée en 2022 par Hanna Assouline, qui rassemblent des femmes juives et musulmanes pour promouvoir un discours de paix et la place des femmes dans ces processus. C’est en partenariat avec l’artiste Paola Cervoni, qui réalise les mosaïques de la corniche, et les élèves de l’école de la Seconde chance que ce banc a été réalisé.

    Pendant 2 mois, tous les mardi, élèves et bénévoles de l’association se sont retrouvés pour discuter de la paix et créer ce dessin de pierre, qui représentent une femme qui souffle les colombes de la paix. « ça fait chaud au cœur de voir le résultat », sourit Fadela Omari, guerrière de la paix.

    C’est donc un message d’apaisement et de solidarité que les guerrières de la paix et Ali Abu Awwad ont voulu porté, ce jeudi, jour du 10e anniversaire des attentats de Paris. « Dans un moment de grande fracture, où le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie montent, on a voulu recréer un espace commun et de dialogue », insiste Hanna Assouline, fondatrice de l’association. Un message de paix partagé par le fondateur de l’association palestinienne Taghyeer : « il faut que l’on soit pro-solution, pour que les Israéliens et les Palestiniens puissent vivre libres, dignes et en sécurité. »

    L’inauguration de ce banc a été suivi par la projection du film Résister pour la paix, au musée d’art contemporain de Marseille. Un film co-réalisé par Hanna Assouline, avec Sonia Terrab, sur des hommes et des femmes qui résistent pour la paix en Israël et dans les territoire palestiniens.

    Le pacifisme comme solution

    Militant pacifiste palestinien, Ali Abu Awwad lutte pour une solution à deux états.

    Une des façons d’agir de manière la plus juste pour nous [les Palestiniens], c’est en faisant de la non-violence notre identité, car nous n’avons pas d’état et le monde entier nous critique si l’on résiste militairement. » C’est la conviction d’Ali Abu Awwad, fondateur de l’association palestinienne pacifiste Taghyeer. Né près de Hébron, en Cisjordanie, il y habite toujours « entouré de grillages et de checkpoints où personne ne peut se déplacer librement ou travailler ».

    C’est pour lutter contre cette réalité qu’il crée Taghyeer (changement en arabe), pour promouvoir une solution non-violente à la guerre Israélo-palestinienne. « Je ne veux pas résister à l’occupation, je veux y mettre fin. Pour cela, il faut une action stratégique qui donnera à mon peuple sa liberté. » Il défend donc une solution à deux états, avec une reconnaissance mutuelle et la libre circulation des populations « pour que les deux peuples puissent vivre libres et en sécurité sur cette terre ».

  • [Entretien] Daniel Durand : « Le risque de guerre mondiale est réel, mais il faut garder son sang-froid »

    [Entretien] Daniel Durand : « Le risque de guerre mondiale est réel, mais il faut garder son sang-froid »

    La Marseillaise : Ce 80e anniversaire est célébré dans un contexte inquiétant, de « menace existentielle pour l’Onu ». Faut-il craindre le pire ?

    Daniel Durand : Nous sommes dans une période difficile, inquiétante à de nombreux égards où le risque de guerre mondiale est réel. Mais il faut garder son sang-froid. Il y a déjà eu, ces quatre-vingts dernières années, des périodes extrêmes : les années 1960, avec les missiles russes à Cuba, les années 1980, avec les euromissiles et les risques d’affrontements en Europe, pour ne citer qu’eux. Il y a 80 ans on crée les Nations Unies, on établit une charte qui est censée régir les rapports des nations. Dès le départ, il y a deux conceptions qui vont s’affronter. Il y a l’espoir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’idée qu’on peut essayer de construire une humanité débarrassée de la violence, qui se traduit dans le texte fondateur par ce magnifique préambule « Nous, peuple des Nations Unies ». Et puis, il y a une autre conception qui traverse la charte de manière souterraine, c’est l’accord entre les deux vainqueurs de la guerre, l’Union Soviétique et les États-Unis, qui, pour régler leurs relations, privilégient le plan des rapports de force, et donc négocient entre eux le règlement au Conseil de Sécurité. Ce qu’on appelle le droit veto et la création de membres permanents. D’un côté, on a « nous, les peuples », et de l’autre, on a « nous, les États ». Cette opposition traverse l’histoire des 80 ans qui viennent de s’écouler.

    Dans votre livre vous saluez la place que tient désormais le droit international grâce à l’Onu. Comment cela a été rendu possible ?

    D.D. : Dans les dernières années, il y a eu des évolutions profondes notamment concernant le droit international qui est devenu une question politique de premier plan. En 2024, à deux reprises, la Cour internationale de justice (CIJ) s’est prononcée sur le risque de génocide à Gaza et sur la légalité ou non de l’occupation israélienne. Ça n’avait jamais été tranché de manière claire depuis 1967. La CIJ a statué que « non », il n’y a pas de doute, l’occupation israélienne des territoires occupés est illégale et Israël doit s’en retirer. Ces décisions ou ces avis sont rejetés, contestés par les États-Unis, par Israël, mais elles posent un problème politique et c’est un appui pour tous ceux qui veulent construire un monde où il y ait des véritables normes. Donc, on est vraiment dans un débat.

    C’est par ailleurs la pression des ONG qui a permis la création de la Cour pénale internationale (CPI). Celle-ci peut lancer des mandats d’arrêt contre quelqu’un comme Vladimir Poutine, le dirigeant d’une puissance membre permanent du conseil de sécurité.

    Depuis trois ans [et l’invasion russe en Ukraine, Ndlr], Poutine ne peut plus se déplacer comme il le veut. Cela concerne aussi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu qui a été contraint de modifier son itinéraire de vol en se rendant à Washington pour ne pas survoler des pays comme l’Espagne ou autres, où il risquait d’être arrêté.

    Vous appelez à une réduction drastique des dépenses d’armement dans le monde. C’est bien le contraire qui se déroule actuellement…

    D.D. : Il faut être extrêmement inquiet et mobilisé sur ce qui est en train de se passer, notamment sur l’augmentation considérable des dépenses d’armement. On va sans doute approcher à la fin de cette année des 3 000 milliards de dollars de dépenses d’armement. À la fin de la Guerre froide, en 1989, on était à 900 milliards de dollars. On sait que des armes, un jour ou l’autre, sont faites pour servir. On assiste à deux phénomènes inquiétants : l’accumulation d’armes dans de nouvelles parties du globe, par exemple au Moyen-Orient, dans les pays du pétrole et en Europe avec la volonté des différents pays européens maintenant de dépasser les 3% du PIB et d’aller à 5%.

    La semaine dernière, le secrétaire général de l’Otan, a lui-même dit que l’augmentation des dépenses militaires se fait aux dépens des dépenses de développement, des dépenses sociales, etc. C’est le danger principal et immédiat auquel il faut faire face. Il ne faut pas lâcher sur le renforcement et l’élargissement des traités.

    Comment rester optimiste ?

    D.D. : Il faut avoir un regard intériorisé par rapport à ce que représentent les Nations Unies. Les problèmes qui sont en face de nous que ce soit le climat, l’eau, les migrations, sont globaux et on ne les réglera que si on les ressent comme des problèmes touchant l’ensemble de notre communauté.

  • FRANCE 2 (1)

    FRANCE 2 (1)

    Ils ne pouvaient pas mieux débuter cette nouvelle campagne. Les Bleus ont dominé les débats face à l’Ukraine (2-0), vendredi soir au stade municipal de Wroclaw, en Pologne, à l’occasion de la première journée de la phase de qualification pour le Mondial-2026. Ils prennent ainsi la seconde place du groupe D, dans lequel l’Islande a largement triomphé de l’Azerbaïdjan (5-0).

    Ce succès contre les hommes de Serhiy Rebrov, jugés comme les adversaires les plus difficiles à aborder des trois concurrents pour se disputer les deux places qualificatives, a mis en évidence les qualités des Tricolores : une défense qui maîtrise son sujet, avec un sens de l’anticipation et une volonté de stopper le danger très haut sur le terrain, et une attaque explosive, dangereuse de tous les côtés, que ce soit sur du jeu court ou en profondeur, grâce à un quatuor offensif Doué-Olise-Barcola-Mbappé qui arrive à se trouver les yeux fermés. Et ce, même lorsque la défense ukrainienne resserrait les rangs pour limiter les percées françaises.

    Olise montre la voie

    Les Bleus ont profité d’avoir la possession du ballon pour s’installer durablement dans la moitié du terrain adverse et, ainsi, multiplier les occasions devant la cage d’Anatolii Trubin, le portier de Benfica. Michael Olise, en grande forme avec le Bayern Munich en Bundesliga (championnat allemand) avec trois buts inscrits lors de deux premières journées, a trouvé le chemin des filets dès la dixième minute.

    Lancé en profondeur dans son couloir gauche, le Parisien Bradley Barcola trouve le milieu offensif bavarois dans la surface de réparation. Olise n’avait plus qu’à glisser tranquillement le ballon dans le petit filet pour ouvrir le score et inscrire, par la même occasion, son troisième but sous les couleurs de l’équipe de France. Huit minutes plus tard, il a même eu l’opportunité de doubler la mise, mais sa frappe est arrêtée par le gardien ukrainien. « On a fait une très bonne première mi-temps tout en maîtrise, face à une équipe bien regroupée qui nous laisse très peu d’espace », se réjouit Didier Deschamps à la pause.

    « On a réussi à faire des enchaînements, dommage que l’on n’ait pas réussi à mettre ce deuxième but. On doit continuer comme ça en restant toujours vigilants et agressifs, tout en ayant cette percussion et cette mobilité qui les met en difficulté », le sélectionneur qui a pris part à son 169e match sur le banc tricolore. Il a toutefois été contraint de sortir Désiré Doué du terrain, suite à une petite gêne au mollet. « Rien de bien méchant, mais on ne préfère pas prendre de risques », prévient l’ancien capitaine et champion du monde 1998. Doué a été remplacé à la mi-temps par son coéquipier en club Ousmane Dembélé, qui s’est également blessé à dix minutes du terme.

    Sous les yeux de 25 000 de leurs concitoyens, les Jaune et Bleu ont redoublé d’efforts à l’heure de jeu pour tenter d’inverser la tendance. Ils ont eu deux grosses occasions d’égaliser au tableau d’affichage, mais la défense française, portée par l’assurance de Mike Maignan, a tenu bon. Le capitaine Mbappé a mis un terme à leurs espoirs en fin de match.

    1ère journée – Phase de qualification pour le Mondial-2026

    Stade municipal de Wroclaw, en Pologne (39 400 spectateurs)

    Arbitre : Danny Makkelie (NLD)

    Buts pour la France : Olise (10), Mbappé (82)

    FRANCE : Maignan – Koundé (Gusto, 90’), Upamecano, Konaté, Digne – Tchouameni, Koné – Barcola (Rabiot, 76), Olise (Akliouche, 90’), Doué (Dembélé, 46 et Ekitiké, 81) – Mbappé (cap).

    UKRAINE : Trubin – Konoplya, Matvienko (cap), Zabarnyi, Zinchenko (Voloshyn, 87) – Zalyuzhnyi, Yarmoliuk (Ocheretko, 82), Sudakov (Bondarenko, 82) – Zubkov (Nazarenko, 76), Dovbyk (Vanat, 76), Hutsulyak.