Tag: UD CGT 83

  • L’intersyndicale à nouveau unie derrière les lycéens mardi

    L’intersyndicale à nouveau unie derrière les lycéens mardi

    Une semaine après avoir défilé aux côtés des lycéens dans de nombreuses villes françaises, les syndicats remettent ça. Forts du succès de la mobilisation du 6 octobre, qui a rassemblé plus de 500 000 manifestants à travers le pays, les cortèges vont à nouveau noircir les rues, mardi. Pas par plaisir, mais par nécessité. Pour la CGT, « le “temps démocratique” que le gouvernement a prétendu ouvrir a complètement échoué : il n’a ni permis un véritable dialogue, ni débouché sur des réponses concrètes aux attentes des jeunes ». Le syndicat exige ainsi « immédiatement des réponses à la hauteur des revendications ».

    Le premier syndicat de la fonction publique a été le précurseur du soutien aux lycéens, appelant l’ensemble de la société civile à se mobiliser. Notamment dans le Var, où « il a tout de suite été évident, après l’appel du bureau national, qu’on devait s’y mettre », appuie Olivier Gérard, secrétaire CGT Éduc’action du Var. Il voit dans ce mouvement « un moment historique qui survient tous les 20 ans, après Mai 68, le projet de loi Devaquet en 1986 et le CPE en 2005 ».

    Une dynamique « avec le renfort de la majorité des syndicats de la CGT ». Car, au sein de son organisation, l’union interprofessionnelle est une évidence « depuis les législatives de 2024 et le risque de voir le RN arriver au pouvoir. Là, c’est un peu le même schéma : une prise de conscience, de la plupart des professions, du fait que le malaise de la jeunesse est celui de toute la société, c’est-à-dire le rejet de la précarité », soutient Olivier Gérard.

    « Pas de paternalisme »

    Cette jonction est aussi intersyndicale. Car, au-delà de divergences que l’enseignant au lycée Bonaparte de Toulon estime « assez ténues, être tous ensemble est une évidence ! Il y a eu une prise de conscience de l’importance de garder l’unité après l’agression de l’enseignante à Sanary. On ne peut pas jouer le jeu de la division sur des sujets comme les conditions de travail et le respect des droits ». Des combats qui ont mené, selon lui, à « des relations amicales et consensuelles inédites ».

    Cette unité se traduit aussi dans le soutien apporté aux jeunes mobilisés, parfois en manque de relais. « J’étais étudiant à l’époque du CPE et on s’organisait à l’université, se souvient Olivier Gérard. Quand on a vu ces foules de syndicats avec des drapeaux et des camions, on a réalisé la puissance du salariat organisé, ça nous a donné confiance. Il y a cette idée de montrer que la jeunesse n’est pas seule, parce que c’est le sentiment qu’ils ont souvent, à juste titre, car la société et les politiques les abandonnent. »

    Pour autant, « pas question de verser dans le paternalisme. Ils sont très organisés, pas nécessairement structurés, et ils doivent trouver la possibilité de durer. Parce que c’est le vrai enjeu quand les promesses ne sont pas tenues. Mais on respecte à 100% leur autonomie », martèle l’enseignant, qui sera présent mardi matin, devant le lycée Bonaparte à Toulon, pour soutenir le mouvement, auquel se joindront les étudiants de l’université de Toulon, qui organisent un blocus ce lundi dès 6h30.

  • L’UD CGT du Var lance sa campagne pour les élections professionnelles de la fonction publique

    L’UD CGT du Var lance sa campagne pour les élections professionnelles de la fonction publique

    « Ce n’est plus un eldorado d’être dans la fonction publique. » Le constat établi par Richard Roméo-Giberti, secrétaire générale de l’UD CGT du Var, est presque unanimement partagé au sein des différentes branches du secteur à l’aube d’élections professionnelles qui se tiendront du 3 au 10 décembre. Pour lancer sa campagne, le syndicat avait réuni les responsables syndicaux de la fonction publique du département, pour balayer un paysage dont les perspectives ne cessent de s’obscurcir. « Notre rôle est de montrer ce que devrait être la norme et à quel point on en est éloigné sur tous les points, du statut aux conditions de travail. Depuis 25 ans, on a trop pris l’habitude que les choses se dégradent », pointe Olivier Gérard, secrétaire général CGT Éduc’action du Var.

    Pour « la titularisation

    des contractuels »

    Principal écueil : celui de la précarité. « Notre secteur est celui qui recueille le plus de fonctionnaires en catégorie C », note Laurence Bazzucchi, animatrice départementale CGT de la fonction publique territoriale. « Ils entrent en dessous du Smic, avec une allocation différentielle pour l’atteindre et être dans la légalité. Ils sont rémunérés sur une partie salariale et sur une partie primes, qui dépend des collectivités. Et toutes n’en versent pas. Le point d’indice est gelé depuis 2010. Il faut 18 ans pour dépasser le Smic. »

    Le nombre de titularisations se veut, qui plus est, toujours plus faible. « On crée de nouveaux établissements, mais sans créer d’emplois, uniquement sur la base du redéploiement, en transférant du personnel. En complément, on prend des contractuels », dénonce Eric Moretti, responsable Var CGT conseiller régional. Et cela, même pour remplacer des titulaires, « ce qui est illégal, un poste de titulaire ne pouvant être remplacé par un poste de contractuel sur le long terme », rappelle Laurence Bazzuchi.

    Un procédé dont les directions des Ehpads publics, « dans lesquels nous devrions tous être fonctionnaires », soutient Eric Roque, cosecrétaire général de l’union syndicale santé action sociale du Var, abusent « avec l’accord de l’ARS. On a en moyenne 50% de contractuels. L’ARS prétend que la bientraitance est son objectif, avec du personnel dont on ne sait pas combien de temps il va rester. Ça nuit à la continuité du soin ». Dans les hôpitaux publics, le manque de personnel conduit à des situations indignes : « Les ASH font les toilettes des patients alors que c’est illégal, les aides-soignants donnent des médicaments sans être formés… Cela les met eux-mêmes en danger vis-à-vis de la loi. »

    « On est sur du nivellement par le bas. Nous revendiquons la titularisation des contractuels », clame Olivier Gérard. « Et des équipes mobiles de titulaires remplaçants pour compléter », ajoute Eric Moretti. « La CGT veut changer ça. Notre plus grande force, c’est qu’on discute entre secteurs, on fait les mêmes constats, c’est pourquoi il faut voter pour nous », conclut Richard Roméo-Giberti, qui a par ailleurs annoncé la venue de Sophie Binet dans le département les 14 et 15 octobre.

  • L’UD CGT Var milite pour la création d’une flottille de bombardiers d’eau à Pierrefeu ou Hyères

    L’UD CGT Var milite pour la création d’une flottille de bombardiers d’eau à Pierrefeu ou Hyères

    Avec plus de 116 000 hectares brûlés depuis le début de l’année, 2026 détient déjà le triste record de l’année la plus destructrice jamais enregistrée en France en matière de feux de forêts. Une situation vouée à empirer, eu égard au changement climatique, et qui exige, au-delà de politiques responsables et coercitives en la matière, des moyens importants pour lutter contre les incendies. « Le Premier ministre dit qu’on est largement pourvus en moyens aériens, alors qu’on demande de l’aide aux autres pays européens », pointe Cyril Agostino, secrétaire général de la CGT AIA Cuers-Pierrefeu, structures qui dépendent du Service industriel de l’aéronautique (SIAé) du ministère des Armées.

    Cela fait désormais longtemps, « depuis le rapport Chatry de 2010 sur les feux de forêts [qui conclut à la possible augmentation de 30% des surfaces sensibles et de 20% des coûts à l’échéance 2040, jusqu’à 50% des surfaces sensibles et des coûts allant au-delà de 20% à horizon 2050, ndlr] », que la CGT AIA revendique une augmentation des moyens de lutte aériens, et des positionnements à proximité des zones à risque. Et le Var, « deuxième département le plus boisé de France », rappelle Anaïs Pascual, responsable communication de l’UD CGT Var, en fait partie.

    C’est pourquoi le syndicat propose la création d’une flottille de bombardiers d’eau dans le Var, et d’autres partout sur le territoire, pour être au plus près des besoins. Elle pourrait subvenir à ceux de la zone sud-est, car « le problème actuel, c’est que la seule base de Canadairs se situe à Nîmes, à plus de 30 minutes en avion », note Anaïs Pascual. Et que seulement cinq sont en fonctionnement à l’heure actuelle, sur les 12 que possède la France, à cause de maintenances.

    Une flottille basée

    à Pierrefeu ou à Hyères

    L’AIA pourrait s’occuper de la maintenance des équipements à court et moyen terme : « On a toutes les compétences pour le faire, pour peu que le gouvernement y mette les moyens, en termes de structures et de ressources humaines », affirme Cyril Agostino. Cela à travers « un service public 100% étatique, parce qu’on reste le dernier industriel étatique dans ce domaine-là ». En ce sens, la CGT AIA Cuers-Pierrefeu milite pour une augmentation de la flotte aérienne nationale, « plutôt qu’engraisser le privé », abonde son secrétaire général, dénonçant le « coût exorbitant de la location de moyens aériens à l’été 2022 [14 millions d’euros pour les hélicoptères bombardiers d’eau, 44 365 euros par jour +12 681 euros par heure de vol pour un avion DASH 8 selon les chiffres de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion de crise (DGSCGC), ndlr] ». Depuis 2020, la location de moyens a engendré un coût de 106 millions d’euros, soit plus que le prix d’un Canadair. Six nouveaux ont été acquis par six pays de l’UE dans le cadre du programme RescUE, et seront livrés en 2028, tandis que la France en a commandé deux, portant sa flotte à 14 engins à horizon 2033-2034.

    La solution de reconversion d’avions militaires, comme l’Airbus A400M, utilisé depuis la semaine dernière en Gironde, « ne doit être que ponctuelle », selon Cyril Agostino. Certes, sa capacité de charge en eau ou en produit retardant (20 tonnes) équivaut à celle de deux avions DASH ou trois Canadairs, « mais il faut du temps au sol pour le remplir. En termes d’efficacité, rien ne vaut un Canadair », affirme le syndicaliste.

    La flottille varoise pourrait être positionnée sur le site AIA de Cuers-Pierrefeu, « où on a largement la place », affirme Cyril Agostino, ou à l’aéroport de Hyères. Pour l’instant, « ce projet, qui s’inscrit dans le concept 4D de la CGT (défense, développement, diversification et désarmement) est propre à notre UD, mais une motion a été adoptée au niveau national », explique Anaïs Pascual, qui reconnaît toutefois que celui-ci « doit encore être chiffré. On n’en est qu’aux prémices ». Il devrait toutefois être mis à l’écrit dans les prochaines semaines et communiqué aux élus locaux.

  • La CGT de Toulon et son secrétaire menacés de mort

    La CGT de Toulon et son secrétaire menacés de mort

    « Une situation d’une gravité exceptionnelle, un nouveau cap qui vient d’être franchi. » C’est en ces termes que l’Union Départementale CGT du Var qualifie les menaces de mort dont ont été victimes l’UL CGT de Toulon et son secrétaire général, Patrice Moulun. Des appels « à la guillotine » de la CGT et de son représentant, « d’une violence inouïe », affichées sur des panneaux et des tableaux électriques d’urbanisme, mercredi dernier, près du pont de la Gare.

    Ces faits s’inscrivent « dans un climat délétère où la parole haineuse se libère et où certains pensent pouvoir intimider celles et ceux qui défendent les droits des travailleurs, dans un contexte marqué par une progression inquiétante des idées d’extrême droite dans le département, que nous combattons sans relâche à travers nos tracts et nos mobilisations, en lien avec les orientations portées par la CGT au niveau national », décrit l’Union Départementale. « C’est certainement en lien avec nos prises de position entre les deux tours des élections municipales. La concomitance des temps est étrange », appuie Richard Roméo-Giberti, secrétaire départemental CGT 83.

    Le syndicat ajoute qu’il ne « tolérera jamais qu’un camarade et que l’organisation soient menacés pour son engagement syndical. S’attaquer à un militant CGT, c’est s’attaquer à l’ensemble de l’organisation, à ses valeurs de solidarité, de justice sociale et de démocratie. »

    Deux plaintes pour menaces de mort

    « Cela faisait très longtemps qu’on n’avait pas reçu de telles menaces », affirme Richard Roméo-Giberti, qui dit ne pas avoir de soupçons précis quant à leur provenance. En conséquence, deux plaintes ont été déposées par le secrétaire général de l’UL CGT Toulon, et par la CGT, pour « menaces de mort ». Toutefois, cette dernière n’a pas l’intention de se laisser intimider, « bien au contraire. Nous continuerons à porter la voix des salariés, à dénoncer les politiques antisociales et à combattre sans concession les idéologies de haine, de division et de repli », en réaffirmant la « responsabilité des forces démocratiques, syndicales et associatives de se lever contre la banalisation de l’extrême droite et de défendre les libertés fondamentales. La CGT appelle à la solidarité la plus large et réaffirme sa détermination à poursuivre le combat pour l’émancipation des travailleurs. »

    D’autres actions pourraient être entreprises par l’Union départementale CGT, indique Richard Roméo-Giberti, qui précise que l’organisation réfléchit actuellement à un plan global de riposte.

  • La CGT du Var mobilisée pour les travailleurs migrants

    La CGT du Var mobilisée pour les travailleurs migrants

    Le 23 janvier, alors ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau établissait une circulaire sur les orientations générales relatives à l’admission exceptionnelle au séjour prévue par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda). Une manœuvre ayant pour but de réduire de 30% (de 30 à 20 000) les titres de séjour accordés, et de « discipliner le corps préfectoral », dénonce la CGT. Cela, en conditionnant drastiquement les conditions d’obtention de titres de séjour (7 ans de présence sur le territoire contre 5 auparavant [hors régularisations par le travail, qui restent à 3 ans], maîtrise de la langue…).

    Une orientation qui ne modifie pas la loi, ni les dispositions prévues par le Ceseda : chacun peut demander une CST (Carte séjour temporaire en salarié, ou travailleur temporaire) ou VPF (Vie privée vie familiale), pour des considérations humanitaires, pour les personnes confiées à l’Aide sociale à l’enfance ou à un tiers de confiance entre 16 et 18 ans suivant depuis six mois une formation professionnelle. L’article L-435 traite quant à lui des métiers en tension. C’est sur celui-ci qu’incite à se baser la circulaire Retailleau, alors que la liste « n’est pas finalisée et ne contiendra que très peu de métiers exercés par les travailleurs migrants car occupés et donc pas en tension », pointe la CGT.

    Les OQTF « assimilés

    à des terroristes »

    Une circulaire que dénonce l’UD CGT 83, mobilisée jeudi devant la préfecture dans le cadre de la Journée internationale sur la protection des droits des migrants. « Ces gens fuient la guerre, travaillent, et sont mis en situation de grande précarité. On veut des titres de séjour pour les travailleurs sans-papiers, un accès rapide pour les renouveler et la continuité des droits sociaux », exige Richard Roméo-Giberti, secrétaire général UD CGT 83.

    « La circulaire ralentissant la délivrance, des travailleurs sont licenciés faute de titres de séjour renouvelés à temps. L’objectif est de faire pression sur la préfecture. Les demandes de renouvellement sont réalisées quatre mois en avance, cela laisse largement le temps de les traiter », soutient Patrice Moulun, secrétaire générale de l’UL CGT Toulon. « Des corps entiers dépendent des travailleurs immigrés, comme la propreté, où 85% des salariés ne sont pas nés en France, la restauration, le bâtiment… C’est hypocrite car on les accepte pour travailler, tout en leur mettant une pression inhumaine. Certains sont même victimes de traite d’êtres humains, sans contrat ni salaire » dénonce Sébastien Bois, secrétaire du syndicat de la propreté du Var.

    Derrière tout cela est pointée la réalité de la majorité des OQTF, « souvent assimilés à des terroristes alors qu’ils ne sont pas des criminels, mais subissent la lenteur administrative. D’où leurs difficultés à aller aux prud’hommes, et les hésitations à faire valoir leurs droits, qui ne disparaissent pourtant pas avec l’OQTF », dénoncent de concert les trois syndicalistes. Ces deniers ont demandé une audience « sur les problèmes concrets, au cas par cas » au préfet, avec qui ils travaillent « depuis quelques semaines pour prendre en compte la réalité locale », et espèrent pouvoir mobiliser, par la grève, « afin de faire bouger les choses, comme ça a été le cas en Île-de-France ».