Tag: troupeaux

  • Loups abattus dans les Hautes-Alpes, One voice participera au procès

    Loups abattus dans les Hautes-Alpes, One voice participera au procès

    Alors qu’à l’issue d’une enquête de près d’un an, la procureure de Gap, Marion Lozac’hmeur, a annoncé jeudi que trois personnes seront jugées pour avoir abattu illégalement neuf loups dans les Hautes-Alpes, l’association One Voice a annoncé dans un communiqué être « partie prenante de la procédure ». « Neuf loups dans un seul département, et pendant ce temps, 85 autres ont été tués légalement en France depuis janvier, sur un plafond national de 227 pour une population estimée à 1 082 individus, très loin du seuil de viabilité que les scientifiques situent a minima entre 2 500 et 5 000 », s’indigne-t-elle.

    Pour One Voice, « le système marche à l’envers » avec « un éleveur indemnisé dès lors que la responsabilité du loup “n’est pas écartée” et ce sont ces mêmes constats qui servent ensuite à justifier les tirs ». Et de demander que « la logique soit inversée ».

    Dans les Hautes-Alpes, les investigations avaient débuté en avril 2025 « à la suite d’un signalement d’atteintes à la faune sauvage » dans le nord du département, explique la procureure dans un communiqué sur ce « vaste coup de filet contre le braconnage des loups ».

    Une espèce protégée

    Des mesures de surveillance sont alors mises en place par l’Office français de biodiversité (OFB), qui permettent de découvrir « des dispositifs de captation d’images installés à proximité d’une habitation ». Presque un an plus tard, le 28 mars 2026, au cours d’une de leurs observations sur ce site, les inspecteurs de l’environnement font des constatations leur laissant présumer qu’un loup vient d’être abattu « en dehors de tout cadre légal ». Le lendemain, OFB et gendarmes perquisitionnent et tombent sur un charnier d’animaux, vraisemblablement destiné à servir d’appâts, de « nombreuses » armes à feu et même un cadavre de loup.

    Mardi, les enquêteurs ont procédé à l’interpellation de trois personnes, placées en garde à vue puis sous contrôle judiciaire dans l’attente d’un procès devant le tribunal correctionnel en janvier 2027. Elles devront répondre de « destruction et de complicité de destruction illégale d’espèce protégée ».

    Six autres personnes ont par ailleurs été entendues en audition libre. En France, l’abattage de loups est encadré par la loi, l’espèce restant toujours protégée. Il est interdit en milieu naturel, sauf aux fins de défense des troupeaux. Des « tirs de prélèvement » sont autorisés avec un nombre maximum de bêtes pouvant être abattues.

  • Les Jeunes agriculteurs réclament le tracé GPS de la louve abattue

    Les Jeunes agriculteurs réclament le tracé GPS de la louve abattue

    « Avions-nous vraiment besoin d’une louve normande pour décimer nos troupeaux ? » : après l’abattage d’une louve capturée par erreur en Normandie au mois de mai, puis relâchée dans les Alpes, les Jeunes Agriculteurs montent au créneau, exigent son tracé GPS et demandent à l’État de « rendre des comptes ».

    La louve a été légalement abattue dans la nuit de jeudi à vendredi par un lieutenant de louveterie, dans le cadre d’un tir de défense autorisé, après s’en être pris à un troupeau à la Bréole, commune déléguée d’Ubaye-Serre-Ponçon.

    Les Jeunes Agriculteurs avaient déposé plainte le 8 juin, lorsque cette louve avait été relâchée dans la Drôme, après avoir été capturée par erreur dans un piège à renards en Normandie. Au moment de sa mort, le syndicat demande aux « procureurs des départements de l’arc alpin de donner suite aux plaintes déposées », disant n’avoir « reçu aucune information quant à l’avancement de nos démarches ».

    Des actions à venir

    L’association One Voice, qui s’était mobilisée pour que la louve soit protégée et libérée dans les Alpes, a dénoncé un « scandale » et des « syndicats extrémistes d’éleveurs » qui « exigeaient son abattage ». Selon l’association, « les données précises de son collier GPS confirment qu’elle n’a été impliquée dans aucun dommage sur les animaux d’élevage depuis sa remise en liberté ». Elle annonce qu’elle organisera des actions pour la louve, nommée Pomme, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

  • « La formation des troupeaux renseigne sur la transmission des maladies »

    « La formation des troupeaux renseigne sur la transmission des maladies »

    La Marseillaise : Vous décrivez dans votre étude un méga-troupeau de 4 000 buffles au Botswana. Cela ne passe pas inaperçu… Les communautés locales le connaissaient-elles ?

    Alexandre Caron : La première autrice de l’article, Emily Bennitt, a mené l’enquête auprès des populations locales. Les rangers et les guides touristiques connaissaient le troupeau. Dans les villages, les communautés locales n’avaient pas l’impression qu’il était si gros car elles le voient rarement. En effet, buffles et bétail ont tendance à s’éviter. Donc les éleveurs voient quelques buffles de temps en temps qui s’enfuient rapidement. Ils ne se rendent pas compte de la taille du troupeau qui existe derrière.

    Au-delà du caractère impressionnant, en quoi est-ce intéressant d’observer un si gros troupeau ?

    A.C. : Pour la conservation, cela aide à sensibiliser les acteurs locaux sur l’existence de ce phénomène naturel important. Et cela donne une référence à partir de laquelle nous pourrons observer une évolution. Enfin, cela aide à comprendre ce qu’est un troupeau, comment il se forme et comment peuvent s’y transmettre des agents pathogènes.

    Lesquels ?

    A.C. : Près de 90% des buffles ont la fièvre aphteuse. Ils peuvent aussi avoir la tuberculose, la brucellose… Or ces maladies peuvent se transmettre au bétail, ce qui a des conséquences sociales et économiques. Ces transmissions se font rarement par contact direct car buffles et bétail s’évitent. Mais il peut y avoir des transmissions indirectes, par la salive ou les déjections laissées dans un espace partagé.

  • [Science] Un documentaire permet d’identifier le plus gros troupeau de buffles

    [Science] Un documentaire permet d’identifier le plus gros troupeau de buffles

    « Cela s’écarte de ce que j’ai l’habitude de faire », reconnaît Alexandre Caron, écologue de la santé pour le Cirad de Montpellier, plutôt spécialiste des interactions entre animaux sauvages et communautés humaines en Afrique de l’Est et australe.

    En 2022, des réalisateurs d’une société de production
    -Silverback– contactent une étudiante dont il encadre la thèse. Ils travaillent sur un documentaire pour Netflix, viennent de filmer un troupeau de buffles au nord du Botswana et peinent à les compter. Et pour cause : ils sont vraiment nombreux. « Quand nous avons vu la vidéo, nous nous sommes tout de suite dit qu’il y avait quelque chose d’exceptionnel », se souvient le chercheur qui connaît bien cet animal. Il se rapproche alors de collègues qui ont développé une méthode de comptage à base d’intelligence artificielle. La taille du troupeau est alors estimée à plus de 4 000 individus. « C’est le plus gros troupeau de buffles jamais documenté scientifiquement, souligne Alexandre Caron, dernier auteur d’un article qui détaille ce travail dans Ecology & Evolution. Cela montre que ces méga-troupeaux existent toujours. »

    Beaucoup de populations d’herbivores en Afrique sont en déclin, soulignent les chercheurs dans leur article. En cause : la fragmentation du paysage due au développement humain et les grands espaces transformés en terres agricoles. « Il faut nourrir une population humaine en forte croissance sur le continent », pointe Alexandre Caron qui tient à préciser que les parcs nationaux font exception. « La faune sauvage et la biodiversité s’y portent bien en Afrique australe. »

    Petit paradis

    Des grands rassemblements d’herbivores sont connus, comme celui des quelque 800 000 cobes de Buffon –une espèce d’antilope– au Soudan du Sud et en Éthiopie ou celui de plus d’un million de gnous bleus et autres antilopes en Tanzanie. « On ne peut toutefois pas parler de méga-troupeaux, tempère Alexandre Caron. Ce sont plutôt des grandes migrations. Ils sont en mouvement toute l’année pour suivre les ressources alimentaires. »

    Définir un troupeau n’est pas simple. « Nous avons fait des études au Zimbabwe pour tenter d’y parvenir », poursuit Alexandre Caron. Avec des colliers GPS et des études génétiques pour voir si les individus de la même famille restent ensemble. « C’est en fait très fluide », résume-t-il. Des groupes se forment, se défont, se mélangent et les individus passent d’un groupe à l’autre. C’est le cas du méga-troupeau au Botswana. « Il est composé de plusieurs troupeaux qui se rassemblent à un moment de l’année -la saison sèche- pour se diriger vers un endroit particulier », décrit le chercheur. Cet endroit, la dépression de Mababe, est un ancien lac où la nourriture abonde à cette saison. Un petit paradis où ils reviennent année après année. Peut-être sous l’œil plus attentif des scientifiques maintenant qu’ils ont été filmés.

  • [Tribune] « Assez des amalgames avec la chèvre du Rove ! »

    [Tribune] « Assez des amalgames avec la chèvre du Rove ! »

    Depuis trop longtemps, des articles de presse mentionnent la présence de chèvres du Rove ou « sauvages » sur les routes et entretiennent une confusion entre ces chèvres présentes dans certains secteurs du massif et la véritable chèvre du Rove, race patrimoniale reconnue et protégée. Cela suffit ! Je tiens à rappeler avec la plus grande fermeté que le terme approprié est celui de chèvres férales. L’utilisation d’expressions telles que « chèvres sauvages », et plus encore l’assimilation de ces animaux à la chèvre du Rove, constitue un amalgame inacceptable. On appelle chèvres férales des chèvres domestiques ayant repris leur liberté. Ces animaux ne se comportent pas comme des animaux sauvages qui cherchent à demeurer cachés. Leur grand nombre pose un véritable problème de sécurité lié à leurs déplacements et traversées des voies de circulation et d’équilibre sur notre environnement.

    La chèvre du Rove bénéficie d’une Appellation d’origine protégée (AOP) – la seule du département des Bouches-du-Rhône – reposant sur un cahier des charges strict, garantissant notamment les conditions d’élevage, l’alimentation, le mode de conduite des troupeaux et l’ancrage territorial de cette race emblématique. Elle est le fruit d’un savoir-faire reconnu, porté par des éleveurs et bergers engagés dans la préservation d’un patrimoine agricole et culturel unique.

    Assimiler ces chèvres dites férales à la chèvre du Rove revient donc non seulement à une erreur factuelle, mais également à une atteinte directe à l’image d’une AOP exigeante et encadrée, construite sur des décennies de travail. Cet amalgame porte un préjudice réel et sérieux aux bergers et éleveurs de la chèvre du Rove, qui voient leur activité, leur réputation et leur engagement remis en cause par des approximations médiatiques répétées. Il en résulte une confusion dommageable pour toute une filière locale, pourtant exemplaire en matière de qualité, de gestion des espaces naturels et de valorisation du territoire.

    Je déplore également la persistance de cette situation, alors même que la commune du Rove alerte depuis plusieurs années les services de l’État sur la présence de chèvres férales dans le massif et sur la nécessité de mesures de régulation adaptées. À ce jour, les réponses apportées restent insuffisantes au regard des enjeux.

    Dans ce contexte, et face à la répétition d’informations inexactes, je ne souhaite plus accorder d’interviews sur ce sujet tant que la rigueur terminologique et factuelle ne sera pas respectée et que des solutions concrètes ne seront pas mises en œuvre. En cette année mondiale du pastoralisme, la commune du Rove réaffirme son engagement total en faveur de la chèvre du Rove, de son AOP, de ses bergers et de la défense de son patrimoine.

  • [EQDD] Pyrénées : sauver les ruisseaux pour sauver les rivières

    [EQDD] Pyrénées : sauver les ruisseaux pour sauver les rivières

    Hausse de la température de l’eau, diminution des débits, augmentation de la pollution… Il y a urgence à agir. Ces véritables châteaux d’eau naturels jouent un rôle vital : ils alimentent les rivières, soutiennent les débits en été, filtrent naturellement l’eau et maintiennent la biodiversité. Lorsque ces zones sources sont touchées, ce sont tout le bassin et l’ensemble des usages qui en subissent les conséquences. Parmi les leviers à actionner : la protection des zones humides en évitant qu’elles soient piétinées par les troupeaux, l’arrachage des espèces invasives, le traitement biologique du lactosérum lors de la fabrication du fromage, etc.

    Par Etienne Czernecka Sud Ouest

  • [Salon de l’agriculture] Le Var veut miser sur l’agroforesterie

    [Salon de l’agriculture] Le Var veut miser sur l’agroforesterie

    S’il est un département maritime, le Var n’en demeure pas moins – et avant tout – un territoire forestier : plus de 70% de sa surface, soit quelque 420 000 hectares, est recouverte de forêt. Une richesse qui offre de somptueux paysages, mais engendre un nombre d’incendies important. En un peu plus de vingt ans, trois d’entre eux – deux à Vidauban en 2003 et un à Gonfaron en 2021 – ont, à eux seuls, ravagé plus de 20 000 hectares boisés.

    Ces chiffres imposent de s’adapter et de trouver des solutions viables pour l’avenir. L’une d’elles pourrait venir de l’agroforesterie, thème d’une table ronde organisée, mardi, sur le stand du Département du Var au Salon de l’agriculture, en présence de plusieurs acteurs du secteur. Cette méthode, qui consiste à mener de front activité agricole et activité forestière (lait-bois, viande-châtaigne…), ne date cependant pas d’hier. Il s’agit d’une pratique méditerranéenne ancestrale, notamment dans des espaces forestiers naturels, où des éleveurs ont, en tout temps, établi leurs pâturages sous les arbres. Dans le massif des Maures, principal espace forestier du département, on relève deux formations particulières : les forêts de chênes et les espaces plus agricoles que sont les châtaigneraies.

    L’intérêt de cette pratique est multiple et repose sur une logique gagnant-gagnant. « Cette alliance est au bénéfice de tous : le troupeau y trouve de l’alimentation et un abri et, par son action, limite la repousse des semis concurrents », explique Charles Dereix, président de l’association Forêt méditerranéenne. « En Corse, par exemple, quand on régénère les pins laricio, les troupeaux vont boulotter les petits semis de chênes ou de hêtres qui font concurrence. Ils produisent aussi du débroussaillement, réduisent ainsi le risque d’incendie et créent de l’activité économique. »

    Dans le Var, « 100 000 hectares sont déjà pâturés, soit près d’un quart de l’espace boisé », précise Christine Amrane, conseillère départementale varoise, maire de Collobrières et présidente du Syndicat du massif des Maures. Dans sa commune et aux alentours prospèrent les châtaigneraies, « très importantes économiquement avec les Fêtes de la châtaigne », rappelle-t-elle. Le sylvopastoralisme – le pâturage en milieu forestier –, représente ainsi une voie d’avenir pour la filière après avoir fait son succès : « La châtaigneraie du massif des Maures représentait 3 000 hectares entretenus il y a quelque temps. Moins aujourd’hui, mais il y a un enjeu car les consommateurs reviennent à des produits traditionnels. Cette châtaigneraie est un verger planté depuis 500 ans. Les castanéiculteurs travaillent depuis longtemps avec les bergers. Leurs animaux broutent, déposent leurs excréments qui font la fumure [enrichissement du sol, Ndlr] des châtaigniers. C’est une symbiose », développe Raphaël Louat, castanéiculteur, président du Syndicat des producteurs de châtaignes du Var.

    Les solutions doivent être « appuyées par les élus »

    Claude Audibert, propriétaire forestier de chênes, président de l’Association syndicale libre de la Suberaie varoise et producteur de liège, y voit lui aussi « une solution économique et écologique. L’élevage prend le relais pour nourrir les hommes, entretenir écologiquement les espaces boisés et favoriser la récolte de liège, d’arbouses et autres produits forestiers ».

    L’agroforesterie fonctionne. L’agroforesterie s’applique également aux productions fruitières et potagères, permettant de créer des écosystèmes nourriciers favorables à la biodiversité. « L’agroécologie répond aux enjeux de dépassement des limites planétaires, ajoute Séverine Cachod de l’association Les Résilients. Elle repose sur trois piliers : écologique, en s’inspirant des écosystèmes pour préserver l’environnement ; social, par la création d’emplois ; et économique, en créant des filières où chacun est rémunéré pour ce qu’il produit. » Pour la rendre efficiente, il faut « embarquer les entreprises et les collectivités ».

    Dans cette logique, son association travaille avec le SL du massif des Maures « sur une autre manière de rémunérer les agriculteurs : sur ce qu’ils produisent, mais aussi sur les effets utiles qu’ils génèrent d’un point de vue socio-environnemental. On prototype un modèle à visée générative pour renforcer tous les maillons de la chaîne ». Des solutions d’avenir que Charles Dereix souhaite voir « appuyées par les élus ».

    « C’est à partir des incendies de 2003 qu’on a travaillé sur la mutualisation des services. On a fait de petits pas en 23 ans. J’espère qu’on pourra en faire un plus grand désormais », conclut Christine Amrane.

  • Colère agricole : 200 personnes mobilisées à Aubagne

    Colère agricole : 200 personnes mobilisées à Aubagne

    Dès 13h samedi, le parking du Auchan des Paluds à Aubagne s’est fait envahir par un troupeau de 300 brebis et 300 agneaux venus, aux côtés de quelque 200 personnes, protester contre la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Maladie bovine responsable de l’abattage très contesté de 207 bêtes en Ariège, elle est depuis le 11 décembre au cœur d’une vive contestation agricole. Samedi, c’est dans une foule de drapeaux de la Confédération Paysanne, que militants et brebis se sont rendus jusqu’au rond-point de l’avenue des Caniers, où ils ont pendant plusieurs heures tenu un barrage filtrant pour « sensibiliser à la cause ». « Nous sommes ici pour dénoncer les méthodes du gouvernement dans sa gestion de la DNC mais aussi pour nous opposer au Mercosur, qui ne peut qu’aggraver la situation des paysans français, détaille Roger Roux, porte parole de la Confédération paysanne 13 et maraîcher à Peyrolles-en-Provence. L’abattage total n’aboutit pas à grand chose, on demande une vaccination généralisée et une mise à l’écart des bêtes. Abattre des vaches saines…on marche sur la tête ».

    Dans un ambiance plutôt festive, possible notamment grâce à une police coopérante, les manifestants sont parvenus à maintenir leur barrage dans le calme. Sur leurs pancartes, leurs revendications sont claires : « Abattre des troupeau = tuer nos éleveurs, déserter nos campagnes », « Pandémie du libre échange » ou encore « Mercosur, droit dans le mur ». Hélène Poullin, propriétaire des 600 bêtes qui se sont joints à la manifestation, est l’une des militantes les plus déterminées à faire entendre sa colère. « Je suis très préoccupée par cette crise sanitaire depuis qu’elle a commencé, cet été. Cela m’empêche même de dormir, se désole-t-elle. Je sais que si on venait à abattre mon troupeau, je ne me relèverais jamais. Mes brebis sont toute ma vie, elles sont mon moteur. Voir qu’autant d’éleveurs se mobilisaient dans le sud ouest, ça m’a donné envie d’agir ».

    La signature de l’accord UE-Mercosur, à l’origine prévue vendredi, a été repoussée à janvier. Le protocole sanitaire de lutte contre la DNC demeure, selon la réglementation française actuelle, l’abattage total des troupeaux où sont détectés des foyers, y compris les bêtes saines.

  • Mieux connaître les chiens de protection

    Mieux connaître les chiens de protection

    Si vous êtes un amateur de sport nature, vous êtes peut-être tombé nez à nez avec un patou, un chien de protection de troupeaux. Ces chiens imposants (jusqu’à 80 cm au garrot et 75 kg) ont de quoi effrayer, se montrant agressifs avec les individus étrangers et très protecteurs à l’égard des troupeaux. Un randonneur a ainsi été gravement blessé par quatre patous dans les Hautes-Alpes en octobre.

    Depuis le retour des loups en France en 1992, ils constituent le meilleur moyen pour garder les troupeaux face à ces animaux « inoffensifs pour l’homme », dont certains « n’ont jamais attaqué un troupeau. Ils s’entretuent s’ils ne sont pas de la même meute. Une meute peut donc être un moyen de protection si elle est inoffensive », affirme Manon Rolet, de Terre de Vie et Nature.

    Pour éviter tout problème avec ces chiens « d’instinct, qui ne connaissent que la bergerie » et qui « sont perdus s’ils ne sont pas entourés d’animaux », comme l’explique Céline Troin, éleveuse bergère à Solliès-Toucas, des réflexes simples s’imposent. Au contact des troupeaux, il faut rester calme, éviter les gestes brusques (mains ou bâtons en l’air par exemple), signaler sa présence au chien, contourner le troupeau, en faisant face au chien sans le regarder dans les yeux, lui parler pour l’apaiser et mettre un objet entre vous et lui. Il est conseillé de se renseigner sur sa présence et de ne pas se balader seul. Si vous êtes à vélo, descendez et positionnez-vous derrière.

    Si vous êtes avec un chien domestique, le tenir en laisse mais le lâcher si conflit « car sa posture, sans aller jusqu’au combat, va vous protéger », appuie Manon Rolet. De même, si votre enfant entre en contact avec le chien, essayez d’attirer l’attention de l’animal et évitez de lui tourner le dos car vous devenez vulnérable. Il ne faut surtout pas l’agresser car il va se montrer plus agressif avec les prochains humains croisés, et ne pas lui donner à manger, ou le caresser, « car il peut prendre ça comme signe de domination, ou au contraire aller demander des caresses ou à manger à tous les promeneurs », prévient Manon Rolet.

  • La législation de régulation des loups s’assouplit

    La législation de régulation des loups s’assouplit

    Le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen ont adopté le 17 juin 2025 une modification du niveau de protection du loup. L’espèce est passée du statut de « protégée » à « espèce animale d’intérêt communautaire dont le prélèvement dans la nature et l’exploitation est susceptible de faire l’objet de mesures de gestion ». Désormais, les États membres ont donc plus de flexibilité pour gérer la population lupine, ce qui signifie qu’en France, le dispositif va évoluer en 2026.

    Les membres du Groupe national loup (GNL), réunis à Lyon le 23 septembre, ont pu définir les grands principes sur lesquels reposera la réglementation nationale dès 2026. L’évolution la plus importante est une simplification significative des conditions d’accès aux tirs de défense, avec la suppression du régime d’autorisations dérogatoires au profit d’un système déclaratif. Aussi, la nouvelle législation devrait permettre une homogénéisation des règles de tir applicables à l’ensemble des ovins-caprins, comme des bovins-équins.

    Une mesure qui fait débat

    Patrick Blanc est éleveur dans le nord-est de l’Hérault et a déjà subi une attaque de loup en 2017. Selon lui, l’assouplissement de la législation sur les tirs de défense est une bonne nouvelle. « Nous voulons seulement défendre nos troupeaux parce qu’on aime nos animaux et que nous sommes là pour les élever, affirme-t-il. Nos chiens de défense ne peuvent pas tout faire. Récemment, des chiens se sont encore fait attaquer. Cela nous permet donc aussi de venir en aide à nos auxiliaires, qui font partie intégrante des troupeaux.  »

    Des obligations demeurent cependant en termes de préservation de lespèce, il existe donc toujours « un plafond de destruction national » qui était fixé en 2025 à 192 individus. Par ailleurs, plusieurs associations comme France nature environnement, la Ligue pour la protection des oiseaux ou WWF se sont déjà exprimées contre ces nouvelles mesures.