Tag: Tri sélectif

  • Des missions éco-gestes menées sur tous les fronts

    Des missions éco-gestes menées sur tous les fronts

    Joue à trier tes déchets », indique une bannière. Ce mardi, une quarantaine d’enfants âgés de 7 à 12 ans ont troqué la baignade contre le tri sélectif, sur la plage de Corbières. Le mot d’ordre, « apprendre à protéger l’environnement de façon ludique », souligne Hedi Ramdane, adjoint au maire de Marseille, délégué à la propreté. Le dispositif est mis en place par la Ville, en collaboration avec les centres d’animation municipaux des 2e-3e et 15e-16e arrondissements.

    « Je viens souvent à la plage, c’est la deuxième fois que je fais un atelier sur le tri des déchets », explique Malik, 10 ans, habitué aux animations proposées à Corbières. Une familiarité qui n’est pas un hasard. « L’idée, c’est de sensibiliser les Marseillaises et les Marseillais dès le plus jeune âge », insiste l’adjoint au maire, convaincu que le message se propage dans l’entourage de la jeunesse. L’élu précise : « Moi, j’ai commencé à trier quand mes enfants me l’ont dit. Lorsqu’ils sont sensibilisés, ils sensibilisent leurs parents, leurs grands frères, leurs grandes sœurs, peut-être même leurs grands-parents ! »

    Sensibiliser

    tout en s’amusant

    Au programme de cet après-midi, un escape game en plein air, dédié au tri et à la lutte contre l’abandon des déchets. Une mystérieuse poubelle est verrouillée, accompagnée d’un « guide du tri » qui liste les différents déchets du quotidien. « Emballage de yaourt, sac-poubelle, mégot… », lisent les enfants à la recherche d’indices pour résoudre les énigmes et ainsi ouvrir la poubelle. « Avez-vous vu des déchets quelque part sur la poubelle ? », demande l’animatrice Claudia, qui tente de les mettre sur la bonne piste. Les sept jeunes participants réfléchissent ensemble dans le but de retrouver le trajet des déchets jetés en mer, en reliant les continents par les océans. « On a appris plein de choses ! Trier, c’est bon pour la santé, parce que quand on pollue l’océan, le plastique se retrouve dans ce qu’on mange », racontent Mehdi et Adam, 11 et 10 ans.

    À l’ombre sous la tonnelle, un autre atelier consiste à placer des magnets à l’effigie des déchets du quotidien sur les poubelles correspondantes. « Les enfants vont avoir un moyen mnémotechnique de retenir dans quelle poubelle mettre leurs déchets », explique l’adjoint délégué à la propreté. « Dans la poubelle jaune, il y a les emballages et le carton, dans la verte, il y a le verre, et dans la noire, il y a le reste », se rappelle Saïda, 12 ans, après l’activité.

    En fin d’après-midi, une boîte à goûter à l’effigie de la Ville de Marseille est distribuée aux enfants pour encourager « les pratiques de goûter zéro déchets ». « Quand je vais revenir à la plage, je vais l’utiliser », s’enthousiasme Mehdi.

    « Il n’y a rien de mieux que de miser sur la jeunesse »

    Lancé le 2 mai, le dispositif s’appuie sur les services propreté de la Ville et sur l’entreprise Citeo, engagée dans le tri et le recyclage des déchets. Hedi Ramdane annonce « 95 opérations au cours de l’été, sur 17 sites ». « On souhaite s’adresser à toute la population marseillaise, dans toutes les plages et tous les parcs. Les 5 000 Marseillais sensibilisés, aujourd’hui, parleront peut-être à 5 000 autres », projette l’élu.

    Une fois les jeux terminés, les enfants se dépêchent de retourner dans l’eau. L’opération est réussie aux yeux de Malik, 10 ans, qui affirme vouloir « faire passer le message » à sa famille et ses amis. À ses côtés, Maïssa, 12 ans, résume avec sagesse : « Si tu aimes la nature, tu auras besoin de la nature ; trier, c’est quelque chose à faire pour tout le monde. »

    Andréa Goyard-de Castro

    TEMPS DE DÉCOMPOSITION

    De 3 mois à 1 an

    En ce qui concerne les déchets organiques, les mouchoirs, le papier toilette et les tickets de métro, s’ils ne sont pas recouverts de plastique.

    De 3 à 5 ans

    Pour les chewing-gums et les mégots. Un seul mégot pollue 500 litres d’eau, même décomposé : ses substances persistent dans l’océan.

    Plus de 100 ans

    Au sujet des canettes en aluminium, sacs en plastique, pneus en caoutchouc, serviettes hygiéniques, filets de pêche, piles au mercure…

    4 000 ans

    Pour une seule bouteille en verre, en raison de sa composition en polymères résistants à la décomposition sous-marine.

  • [Entretien] Christine Leuthy : « Le geste de tri a augmenté de 8% dans la région »

    [Entretien] Christine Leuthy : « Le geste de tri a augmenté de 8% dans la région »

    La Marseillaise : Le volume des emballages ménagers et papiers triés a reculé en 2024 dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse. Comment cela s’explique ?

    Christine Leuthy : Globalement, on a augmenté le geste de tri dans la région Paca de 8%, avec les collectivités à nos côtés. Nous sommes une région en retard, donc nous pouvons nous en réjouir. Quel que soit le département, il y a une augmentation du tri sur les emballages légers ; le carton, les plastiques, l’aluminium. Sur le verre, cela stagne un peu, c’est contrariant parce qu’il y en a beaucoup qui reste dans les ordures ménagères. Et globalement, surtout dans des départements très urbains, on a entre 100 et 120 kg de collecte sélective – verre, emballages et papiers – dans les ordures ménagères. Ce sont tous ces emballages qu’il faut aller chercher. Dans les Bouches-du-Rhône, c’est là où l’effort doit le plus porter. On n’est qu’à 38 kg d’emballages triés sur une année, là où en région Paca c’est 56 kg, et le Français en moyenne nationale trie 72 kg. Mais une dynamique s’installe, parce qu’on a simplifié la consigne de tri : à partir du moment où c’est un emballage, vous le mettez dans le bac de tri. On accompagne aussi les collectivités pour qu’il y ait le plus possible de points de tri. C’est ce qui se passe sur Marseille : avec la Métropole, des renforts de points d’apport volontaire sont en train d’être déployés.

    Avec une expérimentation sur les points dédiés au carton depuis un an… On en est où ?

    C.L. : Ils étaient partis d’une dizaine de bacs dans le centre-ville à Marseille, pour sortir les cartons du bac jaune qu’ils obstruaient tout de suite. Ils en sont à 240 déployés et ils vont continuer : ça fait monter de 10% le recyclage des cartons, ce n’est pas négligeable ! Les habitants ont compris et jouent le jeu. La Métropole essaie aussi sur les deux prochaines années d’harmoniser les fréquences de collecte pour qu’on remplace une collecte d’ordures ménagères par une collecte d’emballages. La Ville elle-même est en train de déployer ce geste de tri là où elle a la compétence, sur les parcs, dans les écoles, les bâtiments administratifs… Mais on aura plutôt les résultats à partir de 2025.

    Dans le Var, les résultats sont mauvais…

    C.L. : Il n’y a pas un recul, mais une collectivité dont les tonnages n’ont pas pu être comptabilisés cette année-là. Cela masque plutôt une dynamique, le geste de tri est plutôt en progression dans le Var. Ce qui va faciliter les choses dans ce département, c’est la modernisation de deux centres de tri à partir de fin 2026, cela va donner une capacité bien supérieure, avec une qualité du tri.

    Le centre de tri du Jas de Rhode près de Marseille a été touché par les incendies cet été, est-ce que cela a eu un impact sur la filière ?

    C.L. : On le verra l’année prochaine, il y aura forcément un impact. En coulisses, on s’est organisés pour pouvoir amener les tonnes ailleurs. On peut remercier les personnels et les pompiers qui ont sauvé le centre de tri d’une catastrophe, il est reparti au bout de deux mois, c’est quelque chose à saluer. Le centre qui traitait les papiers de l’aire toulonnaise à La Seyne-sur-Mer, lui, a brûlé totalement [fin avril, Ndlr.]. C’est une vraie problématique. On arrête près de 80% des départs de feux dans le centre de tri en France, mais ce sont des usines qui ont de vrais risques. La difficulté face à ces risques majeurs, c’est qu’ils ont des problèmes avec les assurances, on arrive à avoir des usines qui ont besoin de s’auto-assurer.

    Vous parliez du poids des erreurs de tri, ces emballages placés dans des sacs poubelles ou emboîtés, ces objets en plastique jetés… Quelle est la situation dans la région ?

    C.L. : En général, elles sont raisonnables entre 15 et 20%, mais au dessus ce n’est pas acceptable, cela peut abîmer le process, cela coûte cher, et il faut lancer des campagnes de communication, ce à quoi on s’emploie. Chez nous, les collectivités sont plutôt autour de 25 à 30%, un chiffre que l’on retrouve dans d’autres métropoles. Cette économie circulaire est récente, l’habitant peut arriver à se tromper et il faut l’encourager pour craquer le plafond de verre. Oui c’est trié, recyclé, cela crée de l’emploi : plus de 30 000 en France. Et ce sont des économies, d’autant plus que la taxe générale sur les activités polluantes augmente sur l’enfouissement et l’incinération. Mais au-delà du bac jaune, il faut qu’on se mobilise dans la région sur la consigne, pour le retour des bouteilles plastique et des canettes. Il n’y a que deux pays en Europe qui ne l’ont pas mis en place, la France et l’Italie ! Les associations très mobilisées à Marseille pour aller nettoyer les espaces naturels, les plages, prônent elles-mêmes la consigne.

    Vous parlez de ce cliché des déchets qui vont tous au même endroit. Mais justement, à la Millière, les salariés d’un centre de tri de déchets professionnels alertaient sur des verres broyés pour être enfouis.

    C.L. : Je ne m’occupe pas des déchets professionnels. Nous, nous n’avons pas ce cas-là. Tout ce qui est mis dans une colonne de verre part en Occitanie, on peut garantir qu’il n’y a pas de problème. On avait un recyclage de verre en forte progression sur la région, il redescend un peu parce qu’il y a moins de consommation avec l’inflation. Mais il y en a encore tellement dans les ordures ménagères, il faut aller le trier.

    Le tri du papier, lui, s’effondre, pourquoi ?

    C.L. : On consomme de moins en moins de papier graphique, avec la dématérialisation. Il y a une chute du gisement sur le papier, partout en France.

    EN CHIFFRES

    +8%

    d’emballages légers ont été triés dans la région en 2024, avec une forte hausse des cartons (+12%) et des films plastiques.

    56 kg

    par habitants d’emballages ménagers et papiers sont triés dans la région, contre 72 kg au niveau national. Le Var (73,5 kg, soit -0,9%) et le Vaucluse (69,5 kg, -2,4%) sont proches de la moyenne. Les Bouches-du-Rhône 537,9 kg, -0,3%) font figure de mauvais élève.

    26,4 kg

    de verre sont triés par habitant dans la région, dont 35 kg dans le Var (+0,5%), 32,1 kg en Vaucluse (-1,4%) et seulement 17,3 kg dans les Bouches-du-Rhône (+1,2%).

  • Toulon : les vertus du tri pour la planète et contre le cancer

    Toulon : les vertus du tri pour la planète et contre le cancer

    Depuis 2011, le Syndicat intercommunal de transport et le traitement des ordures ménagères de l’aire toulonnaise (Sittomat) s’engage aux côtés de la Ligue contre le cancer grâce au tri du verre. Pour chaque tonne de verre ménager collectée, le Sittomat reverse 1,30 euros sous forme de don.

    Au titre de l’année 2024, un chèque de 14 125 euros a été remis, ce mercredi matin, à l’association reconnue d’utilité publique. Un geste fort qui s’inscrit dans le cadre de la campagne Octobre rose, destinée à sensibiliser les femmes au dépistage du cancer du sein et à récolter des fonds pour la recherche. Ce montant correspondant aux 10 866 tonnes de verre triées par les habitants.

    En 13 ans, ce partenariat a permis de participer à hauteur de 125 418 euros à cette cause. « Un geste citoyen qui a du sens », souligne le Sittomat, et auquel les résidents doivent être sensibilisés, étant entendu que l’on peut aller encore plus loin en évitant de gaspiller cette « ressource précieuse » qui se recycle à l’infini, sans perte de qualité.

    Pour diminuer les coûts

    Le Sittomat rappelle donc que chaque bouteille, pot ou bocal déposé dans les conteneurs de tri à opercule vert affiche une double utilité. La première, et pas des moindres, étant de préserver l’environnement, sachant que c’est 0,5 tonne d’équivalent CO2 d’économisée par tonne de verre recyclé. La seconde, comme on le voit, est de contribuer à soutenir la recherche.

    Sans compter que c’est également bon pour le porte-monnaie, souligne Jean-Luc Vitran, le vice-président du Sittomat : « C’est important qu’on puisse sortir le verre des ordures ménagères, il y en a encore beaucoup trop, par rapport au poids qu’il représente et son incidence dans le montant de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Donc mieux trier diminue les coûts. »

    Le président de la Ligue, Jean-Louis Wengling, a rappelé le rôle de l’association qui, outre le fait de récolter des dons et d’intervenir dans l’information et la prévention, notamment par les activités d’Octobre rose et de Mars bleu, représente également les patients dans les établissements. Il ajoute : « Notre mission est aussi de les aider à passer ce cap à travers les soins de support, mais aussi les commissions sociales qui nous permettent, sur des dossiers présentés par les assistantes sociales, d’apporter notre soutien en moyenne à 250-300 familles par an qui sont en difficulté à cause du cancer. »

    Son seul regret, concernant Octobre rose, est que, malgré la notoriété de l’événement, « il y a toujours 40% des femmes qui ne font pas de dépistage, alors qu’il permet la guérison du cancer du sein plus de 9 fois sur 10 ».