Tag: travailleurs

  • Martigues marchera pour la justice sociale et fiscale

    Martigues marchera pour la justice sociale et fiscale

    La lumière chaude de fin de journée met en exergue le rouge bien présent au tableau du rassemblement organisé par l’union locale CGT du pays martégal, devant l’hôtel de Ville de Martigues, ce mardi soir. Les syndicats des territoriaux, de l’éducation nationale, de Marcegaglia, ainsi que les militants locaux du PCF et de LFI ont répondu à l’appel pour un échauffement avant la manifestation marseillaise, jeudi.

    Le secrétaire général de l’union locale CGT, Daniel Bretonès, place le rassemblement sous le signe « du non des travailleurs aux reculs sociaux et à l’austérité imposée au nom d’un budget injuste », trois semaines après la nomination du Premier ministre (Ren), Sébastien Lecornu. « Son projet budgétaire est le même qu’avant, ses économies se feront sur nos salaires, nos retraites, notre Sécurité sociale et nos services publics », augure le syndicaliste. Il rappelle que « chaque année, 211 milliards d’euros sont versés sans contrepartie aux grandes entreprises, sans oublier les 100 milliards de fraude fiscale » . « La CGT a des propositions pour sortir de la crise, comme rétablir l’impôt sur la fortune, taxer les revenus du capital » ou encore « rétablir la taxe professionnelle et la taxe d’habitation, pour la démocratie locale, et rendre leur liberté aux communes », propose Daniel Bretonès.

    Un bus pour jeudi

    L’adjoint Gérard Frau (PCF) a salué, au nom du maire Gaby Charroux retenu en préfecture, « le travail constant et offensif de l’UL CGT » et témoigné son « soutien à la mobilisation, juste et nécessaire », quand « les Français voient leurs salaires stagner face à l’inflation, les hôpitaux saturés, la précarité et l’injustice fiscale ». L’élu local déplore un Premier ministre « sourd face à l’intersyndicale, la rue et la colère populaire », et promet de « marcher le 2 octobre avec la CGT et l’intersyndicale ».

    Le bus affrété par l’UL CGT part à 9h, jeudi, de la Halle de Martigues pour rejoindre la manifestation marseillaise.

  • La CGT célèbre 130 ans de lutte des travailleurs à Aix

    La CGT célèbre 130 ans de lutte des travailleurs à Aix

    Place a d’abord été faite à l’histoire locale de la CGT, longuement déroulée, avec l’intention de briser l’image « bourgeoise » de la ville, souvent considérée comme une belle endormie. Si la CGT fête ses 130 ans, la Bourse du travail, elle, dressée boulevard Jean-Jaurès depuis 1922, fête ses 129 ans. Pour marquer la date, l’union locale a réuni en salle Voltaire ses militants, les partis dits progressistes, mais aussi Stéphane Sirot, socio-historien, spécialiste de l’histoire du syndicalisme et enseignant à Sciences Po Paris. Le député de la 11e circonscription Marc Pena (PS) et David Tessier (PCF) chef de file récemment désigné pour mener les communistes en vue des municipales, ont répondu présent. « Quand on parle de lutte ouvrière à Aix, on remet en cause beaucoup d’idées reçues, Aix est souvent présentée comme à l’écart du mouvement social, pointe François Canu, secrétaire de l’union locale. Les mouvements ouvriers aixois sont passés par pertes et profits, oui, mais Aix reste une ville de travail. »

    « Persistance » du schéma

    Et encore aujourd’hui, en dépit de la délocalisation des entreprises, pointe en amont de la soirée d’anniversaire François Canu. « Plus qu’un anniversaire, aujourd’hui est un symbole puissant. Aucun droit n’a jamais été octroyé, tous auront été arrachés à la lutte. L’UL permet de faire rayonner la CGT dans ses luttes, que ce soit pour les retraites, le 1er mai, ou plus récemment le 18 septembre à Aix. Je vous assure que le 2 octobre, le nombre de grévistes sera important », promet François Canu. Si l’histoire a permis de poser le contexte de cet anniversaire, le rendez-vous a surtout permis d’ancrer le rôle actuel de la CGT dans un contexte social particulier, marqué par les mobilisations organisées en riposte aux récentes mesures budgétaires annoncées et la fragilité des acquis sociaux, notamment chez les travailleurs. « Il y a une certaine persistance des sujets au travers de l’histoire de la CGT, explique en amont de sa conférence Stéphane Sirot. Je suis toujours frappé de réaliser que les thématiques n’ont pas vraiment bougé. Elles sont mouvantes, jamais actées ou résolues. » Et notamment : le rapport au politique, l’institutionnalisation du syndicat, le débat des retraites… « Il y a l’idée que le syndicalisme doit assumer de faire de la politique. La politique n’est pas entièrement contenue dans la question des rapports aux partis, c’en est un des versants. C’est aussi avoir un projet de société, se prononcer sur les politiques publiques, le rapport que l’on conçoit vis-à-vis des institutions… Raison pour laquelle cela me fait doucement rigoler quand des leaders syndicaux disent ne pas faire de politique. Comme Jourdan fait de la prose, le syndicalisme fait du politique. »

  • Soulever l’espoir

    Soulever l’espoir

    « Résistance n’est qu’espérance » écrivait le poète René Char, le capitaine Alexandre du maquis de Céreste. Cette Résistance dont
    le programme, Les jours heureux, a posé les bases d’une société sans guerre et avec des droits nouveaux, dont la Sécurité sociale, se conjugue toujours au présent. Le mouvement social qui se met en route cet automne est l’héritier de ce combat pour la dignité et la justice sociale. Alors que la société bouillonne de colères, l’objectif de l’intersyndicale est de transformer ces colères en mobilisation et en espoir. Un seul chemin pour cela : le nombre et l’unité du monde du travail pour faire plier un Premier ministre missionné par Emmanuel Macron pour poursuivre la même politique.

    Guerre idéologique

    Une politique de cadeaux fiscaux – 211 milliards d’aides publiques aux entreprises -, qui voit s’enrichir à vitesse supersonique les grandes fortunes au détriment des salaires, des pensions, des allocations, des services publics. Cette inégalité se voit de plus en plus et le patronat a bien compris le danger. Conséquence, il a entamé une guerre idéologique avec le soutien de la droite classique et de l’extrême droite. À son crépuscule le pouvoir macroniste a démontré qu’il était incapable de répondre à la question sociale autrement qu’en la niant et/ou en la réprimant.

    L’intersyndicale sonne l’heure de la Résistance avec dans sa musette des propositions concrètes et crédibles pour augmenter les salaires, développer les services publics, financer les retraites, la Sécurité sociale etc. De quoi soulever l’espoir.

  • La nébuleuse « Nour d’Égypte » décryptée en correctionnelle

    La nébuleuse « Nour d’Égypte » décryptée en correctionnelle

    Procès lundi à Marseille d’un système patronal d’exploitation de la main-d’œuvre étrangère sans papier, accompagnée de fraudes sociales et fiscales, d’abus de biens sociaux et de blanchiment. Le dirigeant du groupe « Nour d’Égypte », Tamer Shabana, 48 ans, et son beau-père, Jean Claude Amar, 89 ans, ont comparu toute la journée de lundi et jusqu’en soirée devant la 6e chambre correctionnelle pour un florilège d’infractions qu’ils nient dans la gestion de sociétés et établissements culinaires marseillais entre 2016 et le 17 mai 2022, date des interpellations.

    Il est reproché à ce ressortissant égyptien arrivé en France en 2009 et naturalisé français depuis, et à son beau-père d’avoir exploité, sans les déclarer ni parfois même les payer complètement, de nombreux travailleurs étrangers en situation irrégulière dont ils assuraient parfois l’hébergement, aidé en cela par un conseiller bancaire. L’ordonnance de renvoi dénombre 21 personnes non déclarées dans les 4 établissements. 12 se sont constitués partie civile. Aucun d’eux n’était présent à l’audience.

    Les avocats de la défense ont plaidé des nullités de procédure, dénonçant « la surdité totale des juges d’instruction ». « Les droits de la défense ont été piétinés », a déclaré Me Laurent Bartoloméi, avocat de Tamer Shabana, et qui n’a pas mâché ses mots sur l’absence de travail du dernier juge d’instruction à la section financière, Fabrice Karcenty, un magistrat condamné en juin dernier pour des faits d’escroquerie.

    Sitôt la présentation des faits par le président Fauchier-Delavigne, Tamer Shabana a protesté : « Ce n’est pas un résumé qui montre la vérité. Je conteste 99,9% des poursuites. Mon beau-père n’était pas gérant mais secrétaire. Il n’y a aucune mauvaise foi, ni mauvaise intention de ma part. J’ai toujours fait les choses dans les règles », assure-t-il.

    Opération Pharaons

    Au départ fin 2020, le dépôt de plainte d’un employé agressé qui décrivait les recrutements de sans papiers, les hérésies comptables, les recettes en espèces servant à dégager du black pour payer des salaires. Une enquête préliminaire était ouverte dans ce dossier baptisé « opération Pharaons » à la section d’investigation de la Police de l’air et des frontières (PAF) assisté du Groupe interministériel de recherches de Marseille (GIR). Elle creusait les flux financiers entre les entités contrôlées par Shabana : la SCI Tamer et Agnès, « La cantine de Nour d’Égypte » créée en 2013 au 10 rue Bernex dans le 1er, siège initial d’un centre culturel égyptien qu’il avait fondé, le snack « Le Petit Nour d’Égypte » créé en 2018 au 44, La Canebière, la boulangerie Balady créée en 2019 à l’angle des rues Bernex et Consolat puis « Le Souk de Nour d’Égypte » ouvert au 2 rue de Rome dans l’ancien magasin Tati et enfin une société de travaux « L’art de la rénovation ».

    Le 19 janvier 2022, un contrôle de l’Urssaf trouvait 11 personnes en action de travail au « Souk de Nour » dont 4 en situation irrégulière : un Sierraléonais, un Palestinien demandeur d’asile, un Algérien et un Égyptien. Le soir même, Shabana sur écoute donnait instruction de « dégager rapidement toutes les personnes qui n’ont pas de contrat ». En tout, sur les 4 établissements concernés sur la période des poursuites, ce sont 21 personnes selon l’Urssaf qui n’ont pas été déclarées, représentant un préjudice de 145 765 euros. Le motif de l’aide humanitaire ou de la solidarité familiale est exclu.

    La perquisition au domicile, avenue du Prado (8e), de Jean-Claude Amar, le beau-père et grand argentier, permettait la saisie de 227 520 euros en espèces et 4 lingots d’or dans des coffres en banques. « Qu’est ce qui permet à la Justice de me considérer comme gérant de fait ?! », a dénoncé l’octogénaire, un ancien dentiste qui nie être « le grand patron ». « Cet argent vient de mes 44 ans de travail. Rien ne vient des restaurants », lance-t-il contredisant ses déclarations en garde à vue. « Je faisais la comptabilité et faisais les paies car personne d’autre ne le faisait. » Le réquisitoire et les plaidoiries étaient attendus dans la soirée. La décision devait être mise en délibéré.

  • Quand les peuples refusent la guerre à travers l’histoire

    Quand les peuples refusent la guerre à travers l’histoire

    Comment s’est-on opposé aux conflits dans le monde depuis la Première Guerre mondiale ? C’est la question que vont se poser historiens, déserteurs et objecteurs de conscience les 4 et 5 octobre à Vitry-sur-Seine. Organisé par l’association La Courtine 1917 en partenariat avec La Marseillaise, ce colloque veut mettre en avant ces femmes et ces hommes qui ont refusé d’aller ou de continuer le combat.

    C’est un parcours chronologique que propose de suivre les organisateurs de cet événement. Le point de départ sera la mutinerie des 10 000 soldats russes en 1917, dont l’association qui organise l’événement est le porteur de mémoire. C’est donc l’historien Rémi Adam, spécialiste de l’événement qui ouvrira le colloque le samedi. Une première journée consacrée aux oppositions pendant la première guerre mondiale. Il y aura notamment « le maire de Gentioux où se trouve un monument aux morts célèbre où un enfant lève le poing face à une inscription “Maudite soit la guerre” », déroule Jean-Paul Gady, membre du conseil d’administration de l’association La Courtine 1917 et organisateur de l’événement.

    Refuser les guerres coloniales

    Le dimanche sera plutôt l’occasion d’évoquer le refus de certains de prendre part aux guerres coloniales. L’historien Victor Pereira évoquera le cas des Portugais. « Ce sont des travailleurs et jeunes Portugais qui ont refusé de partir dans l’armée coloniale dans les années 1965 jusqu’à la révolution portugaise des années 1974. Ils étaient 250 000 à avoir donc fui leur pays pour ne pas être enrôlés », précise l’organisateur de l’événement.

    Les opposants à la guerre d’Algérie seront également mis en avant. à travers le témoignage de Thomas Liechti, petit-fils du premier soldat qui refusa la guerre d’Algérie. Il évoquera la vie de son grand-père. Enfin la chercheuse et historienne Armelle Mabon évoquera le massacre par l’armée française de tirailleurs sénégalais. « Ce sont des interventions prévues extrêmement variées, insiste l’organisateur. Mais en même temps, tout ramène à une chose : comment la réaction individuelle et collective peut se faire quand on refuse la guerre. »

    Cet ensemble de conférences sera accompagné de ventes de livres et de dédicaces de tous les historiens présents. L’association La Courtine 1917 tiendra également un stand pour vendre leurs différentes revues et livres. Une soirée est également prévue le samedi soir de 20h à 23h aux 3 cinés Robespierre, à Vitry-sur-Seine.

    Echos à l’actualité

    Elle débutera avec une pièce de théâtre intitulée Vincent Moulia, évadé pour survivre. Dans un seul en scène, un acteur retracera la fuite de cet homme accusé de mutinerie. Cela sera suivi à 21h30 par la projection d’un film documentaire qui évoque la mutinerie de La Courtine.

    Un cycle de conférences qui sera ponctué de témoignages de déserteurs ukrainiens, russes ou israéliens qui refusent de participer aux guerres actuelles. « Ce colloque a un écho avec l’actualité mortifère, insiste le membre du conseil d’administration. Notamment en France où des centaines de milliards d’euros sont programmés pour la dépense militaire. Face à cette situation de tension et de guerres qui ne manquera pas d’arriver en Europe, nous souhaitons faire de l’éducation populaire pour montrer que ces déserteurs, souvent minoritaires avaient raison. Il ne sert à rien d’abonder dans une logique capitaliste. »

    Inscription nécessaire par mail : lacourtine1917@gmail.com

  • Une plongée avec les scaphandriers du nucléaire à Marseille

    Une plongée avec les scaphandriers du nucléaire à Marseille

    « Sous l’eau, tout est plus compliqué. On a toujours de l’air dans les mains, les gestes sont plus longs. C’est un peu comme pour les astronautes, on a les mêmes sensations. » Julien Pillard, scaphandrier pour Onet Technologies, vient à peine de sortir de la piscine de la Comex (compagnie maritime d’expertise) dans le 9e arrondissement de Marseille. Avec encore de l’eau sur sa combinaison et son attirail de plus de 50 kilos sur le dos, il ressort d’un exercice « de montage-démontage mécanique » quasi en conditions réelles.

    Pendant sa plongée, il était surveillé par son collègue Rémi Douzou, ingénieur et scaphandrier depuis un poste de commande aux multiples écrans et un assistant prêt à intervenir à tout moment pour la sécurité du plongeur. « Chacun de ses déplacements est suivi par des caméras et des remontées d’informations radiologiques qu’on a avec toutes les sondes qui équipent le plongeur », détaille Rémi Douzou. Une surveillance de tous les instants qui s’explique facilement : l’exercice visait à reproduire l’immersion dans une piscine d’un réacteur nucléaire, la spécialité des scaphandriers d’Onet Technologies. « On a les plongeurs en milieu nucléaire les plus expérimentés du monde », note Rémi Douzou. Une affirmation pas exagérée : ils réalisent une centaine de missions par an, en France et à l’international. « On est sollicité par tous les exploitants du nucléaire et on intervient sur les centrales, qu’elles soient en activité ou en démantèlement, mais aussi sur les usines de recyclage de déchets nucléaires ou les centres de recherche… », développe l’ingénieur. Un métier encore plus spécifique que les soudeurs sous-marins et scaphandriers en travaux publics, déjà réputés pour leurs dangerosité et pénibilité, puisqu’ils sont « dans un milieu contaminé radiologiquement ». Mais rien d’insurmontable pour Julien Pillard : « La pression, c’est de ne pas s’approcher d’éléments irradiants. On a des capteurs et le chef d’opération en surface nous dit de s’approcher ou pas des éléments. Il faut toujours rester vigilant mais quand ça fait des années qu’on en fait, c’est un travail comme un autre. »

    250 ingénieurs à Marseille

    De quoi mettre en valeur les travailleurs d’Onet Technologies, division axée sur le nucléaire et l’ingénierie de l’entreprise marseillaise. « On est très connu pour la propreté, beaucoup moins pour d’autres métiers », reconnaît Magali Bousquet, directrice marketing et communication du groupe Onet. Pourtant, avec 40 ans dans le milieu et 3 000 salariés, son expertise n’est plus à prouver : « On est aussi aux États-Unis et au Japon, où l’on participe au démantèlement de Fukushima. » Et son siège marseillais a une place bien particulière. Claire-Amélie Gabriel, responsable de la communication et du marketing d’Onet Technologies met en avant le « centre d’ingénierie avec 250 ingénieurs spécialisés et 20 000m2 de capacité industrielle pour la fabrication » du site. En bref, une expertise made in Marseille.

  • Les salariés Carrefour en ordre de bataille à Aix-en-Provence

    Les salariés Carrefour en ordre de bataille à Aix-en-Provence

    Autour d’une journée de débats, organisée à l’appel de la CFDT Commerce et services des Bouches-du-Rhône, les salariés Carrefour, réunis en intersyndicale, sont venus des quatre coins de la France s’ordonner pour contre-attaquer le passage des magasins de l’enseigne en location sous-gérance. Voilà plus d’un an que la CFDT appelle à dénoncer le « montage destructeur » de la location-gérance. « En juin, un collectif de plusieurs magasins s’est mis en place pour apporter des éléments leur permettant d’aller combattre sur des expertises, rappelle Yann Durafour, délégué syndical CFDT de Carrefour Le Merlan. L’objectif est donc d’accompagner ces magasins et leurs salariés, pour assigner en justice Carrefour et récupérer les éléments. Le collectif a aujourd’hui grandi. » En intersyndicale – FO et la CGT ayant rejoint la réunion de ce vendredi – représentants nationaux de syndicats et experts judiciaires, incluant des avocats en droit du travail, se sont réunis pour réfléchir aux meilleures pistes de contre-attaque face à la multiplication des externalisations de magasins. Pour rappel, ce contrat par lequel le propriétaire d’un fonds de commerce en confie l’exploitation à un locataire-gérant qui l’exploite contre une redevance, cause aux salariés une « perte de leurs acquis sociaux au bout de 15 mois », selon la CFDT, une baisse de salaire, et davantage de précarité. Entre autres. « Aucun locataire-gérant depuis 2018 n’a réalisé de bénéfices. La location est juste une tromperie, une machine pour licencier, pour Jérôme Coulombel, ex-directeur du service contentieux au siège Carrefour de Caen. Vous avez osé bouger localement. C’est vous qui allez pouvoir faire sauter les verrous. » Si avocats et experts n’ont pas encore de réponses quant à la stratégie à adopter, le but reste, pour les salariés, de démontrer le système déloyal, pour les effectifs, de la location-gérance. « Le but est de montrer comment la location est une fraude pure et dure chez Carrefour », ajoute Yann Durafour. À suivre.

  • À Aix, un cortège soutenu par la jeunesse

    À Aix, un cortège soutenu par la jeunesse

    La foule double lorsque les étudiants rejoignent le mouvement intersyndical, déjà rassemblé sur le parvis du rectorat. En fin de mobilisation, la CGT estime à 2000 participants, contre 1 100 selon la police.

    En grande force, les étudiants en licence de psychologie, dont la rentrée des classes a été suspendue par des enseignants pour dénoncer le manque de moyens humains. « On est venus soutenir les travailleurs, mais aussi pointer du doigt les gros soucis que rencontrent les étudiants en psycho », souligne Noah, qui mène la foule étudiante, avec pour slogan : « On est jeunes, déters [déterminés], et révolutionnaires ». « Dans cinq ans, je suis une travailleuse aussi. Je ne veux pas débuter ma carrière sous-payée, précaire. J’ai cinq ans pour me battre et ça commence aujourd’hui », pointe Nina*, étudiante en première année sur le site Schuman. Les drapeaux du Poing Levé mais aussi de l’Union étudiante et d’Attac flottent parmi les plus jeunes du cortège. « La venue des jeunes est un très bon signe sur l’ampleur que peut prendre le mouvement, le fait que ça s’inscrive dans quelque chose qui est sociétal complètement », estime de son côté Céline Peccini, cosecrétaire de la FSU-Snuipp 13. Au-devant du cortège, l’intersyndicale CGT, CFDT, FSU mène la foule, réunie derrière une banderole ornée des sigles des organisations signataires du mouvement de ce jeudi. FO, signataire, a rejoint le cortège marseillais.

    « Les sacrifices pour le monde du travail ça suffit ! Oui, d’autres choix sont possibles », peut-on lire comme message. Derrière, qu’ils soient vêtus d’un dossard floqué de leurs syndicats ou munis des drapeaux des différents partis politiques de gauche (PCF, PS, EELV), les revendications sont multiples. « On espère que les travailleurs pourront allier les revendications de leurs entreprises et personnelles au mouvement d’aujourd’hui », explique François Canu, secrétaire général de l’Union locale CGT. Et pour cause, commerçants, personnel médical du centre hospitalier ou de Montperrin, chauffeurs routiers ou encore enseignants ont battu le pavé du rectorat à la sous-préfecture d’Aix en passant par le boulevard Victor Hugo et la Rotonde. « Les revendications sont totales, surtout au niveau de l’éducation, la culture, les points les plus importants de la société. On nous prend pour des imbéciles et les infos ne sont pas officielles, on en a marre », pointe Alexandra, comédienne.

    Les travailleurs trinquent

    « Aujourd’hui, on lutte contre ce que le gouvernement propose avec un budget qui comme toujours s’en prend aux travailleurs et aux classes moyennes. Ce n’est pas à nous de trinquer. on a déjà subi la réforme des retraites, on ne veut pas perdre les avantages au travail pour lequel on s’est battus », scande Sébastien, employé dans l’agroalimentaire depuis trente ans. « Les Français travaillent pour survivre, pas pour vivre », pointe Karima, déléguée syndicale CGT, employée dans une chaîne de grande distribution. Les énergéticiens aussi, ont largement répondu présent, en grève depuis le 2 septembre, mobilisés à l’aube sur le site hydroélectrique de Jouques. « On a comme revendications de baisser le taux de TVA sur la facture d’électricité des usagers, passée à 20% au mois d’août sur l’abonnement. On souhaite qu’ils la repassent à 5,5%. On ne veut pas que nos salaires pèsent sur la facture d’électricité des usagers », estime Sébastien Artaud, délégué CGT Energies. Autant de revendications exposées lors des prises de paroles syndicales. « Nous voulons des mesures concrètes pour lutter contre la précarité », rappelle Luc Bresson, représentant CFDT. Jusque-là, les syndicats promettent « que nous allons nous revoir ! »

    « J’ai cinq ans pour me battre et ça commence aujourd’hui »

  • Les grévistes bloquent les terminaux méthaniers

    Les grévistes bloquent les terminaux méthaniers

    Le hashtag des gaziers est on ne peut plus clair : pas de négo, pas de bateau. Depuis mardi 16 septembre, les grévistes d’Elengy bloquent les deux terminaux de Fos-sur-Mer, Tonkin et Cavaou. Sur le parking du site qui fait face à l’usine du sidérurgiste ArcelorMittal, des camions-citernes stationnés attendent patiemment. Nicolas Davan, secrétaire général CGT Énergie Provence, explique : « Plus aucun méthanier ne peut accoster ici, donc le gaz naturel liquéfié (GNL) ne rentre plus dans le terminal mais il continue de sortir. Mécaniquement, au bout d’un moment, le terminal va se retrouver à l’arrêt. Depuis ce matin, Elengy ne réinjecte plus sur le réseau, ce qui veut dire que la pression de service va chuter. »

    Faycal Mussoni, représentant syndical CSE du site qui emploie 170 travailleurs, rentre dans le détail : « On a 60 000 mètres cubes par heure de GNL par bac, qui représentent 600 fois plus de capacité en passant en phase gazeuse. Déjà en deux jours de durcissement des modalités, nos stocks sont au plus bas. On a divisé par cinq notre débit d’émission : hier on était à 1 500 mètres cubes par heure GNL, aujourd’hui on est passé à 300. On garde ce niveau-là pour maintenir à froid nos installations avec un débit minimum pour éviter de torcher. Quand le terminal s’arrêtera, on va se concentrer sur la mise en sécurité de notre équipement. »

    La TVA à 5,5%

    À l’origine de cette lutte que les énergéticiens mènent depuis le 2 septembre, trois revendications. La première concerne le salaire des travailleurs des industries électriques et gazières (IEG). « Globalement, tous nos textes statutaires ne sont pas appliqués avec un salaire national de base qui est 9% en dessous du Smic », affirme Nicolas Davan. La CGT demande une revalorisation et la mise en place d’une nouvelle grille applicable à tous les salariés de l’énergie. « Les organisations syndicales vont devoir discuter », lâche Faycal Mussoni, alors que la CFE-CGC et FO répondent pour le moment aux abonnés absents.

    Les grévistes rejettent également l’augmentation de la TVA sur les factures des usagers, une mesure mise en place le 1er août dernier dans le cadre de la loi de finances. « On a lancé une pétition pour une juste fiscalité de l’électricité et du gaz, souligne le secrétaire général CGT. Si on arrive à obtenir 100 000 signatures, un examen du texte de la proposition de loi du groupe CRCE visant à rabaisser ce taux sera réalisé au Sénat. J’ai hâte de voir ce qui peut justifier de ne pas voter une TVA à 5,5% pour l’énergie, comme sur les produits de première nécessité. »

    Nicolas Davan poursuit : « Ceux contre qui on se bat concernant les salaires des IEG ce sont les mêmes que ceux contre qui on se bat pour ce qui est de la fiscalité. Sur 100 balles de facture, plus de 30 balles vont dans les taxes et plus de 40 balles vont dans la poche des actionnaires, en sachant que les taxes ne sont pas utilisées comme elles le devraient, pour le fonctionnement des hôpitaux et de l’ensemble des services publics, mais plutôt pour envoyer 211 milliards d’euros d’aides aux entreprises les plus riches sans contrepartie. »

    Troisième et dernière revendication : le retrait de la réforme des retraites. « Le préavis est déposé jusqu’à ce qu’on gagne, après on verra pour les modalités, glisse le responsable syndical. Le 18 septembre, on veut qu’il y ait du monde dans la rue, mais pour la suite on souhaite surtout qu’il y ait un impact et une nuisance la plus importante possible. »

  • Un millier de tracts distribués à Martigues

    Un millier de tracts distribués à Martigues

    À Martigues, l’Union locale CGT s’organise et mobilise. Ce mardi, les militants étaient sur le pied de guerre dès 6h30 sur un rond-point du complexe pétrochimique de Lavéra pour appeler à la grève et à la manifestation. Au total, un millier de tracts ont été distribués aux travailleurs de la zone. Ce jeudi, un bus collectif partira à 9h du parking de la Halle en direction du Vieux-Port.

    Le syndicaliste Fabien Rangade affirme : « Le capitalisme organise la casse de nos vies : salaires bloqués, retraites attaquées, services publics démantelés, industries bradées, précarité généralisée… Pendant que nous, travailleuses et travailleurs, subissons l’austérité, les actionnaires s’enrichissent toujours plus. Face à la barbarie de ce système, seules l’unité et la lutte peuvent inverser le rapport de force. »