Tag: travailleurs sociaux

  • À Nîmes, le médico-social crie son épuisement

    À Nîmes, le médico-social crie son épuisement

    Mardi 26 mai, dans le cadre d’une grève nationale et intersyndicale, une vingtaine de professionnels du social et du médico-social se sont rassemblés devant la MDPH de Nîmes pour dire l’usure, la colère et l’urgence. Tous décrivent un secteur qui tient debout grâce à l’engagement de celles et ceux qui l’empêchent de tomber.

    « On continue de tirer la sonnette d’alarme », résume Franck Walther, éducateur spécialisé et cosecrétaire gardois de SUD Santé Sociaux. Pour lui, la crise n’a rien d’un accident : « Plus ça va, moins on met d’argent dans ce secteur et dans la solidarité. » Les syndicats alertent sur les licenciements dans le secteur associatif, le manque chronique de places, les postes vacants et les équipes à bout.

    Des vies humaines

    au bout des budgets

    Derrière les tableaux comptables, il y a des corps qui lâchent et des accompagnements qui se fragilisent. Priscillia, auxiliaire de vie depuis plus de dix ans, raconte les remplacements qui s’accumulent, les bénéficiaires toujours plus nombreux, le temps qui manque. « Ça veut dire moins de temps avec chaque personne, le sentiment de ne pas pouvoir bien faire son travail », confie-t-elle. Elle parle aussi des troubles musculosquelettiques, de la fatigue, mais refuse de céder : « Notre métier, c’est un beau métier. Il est utile, important. »

    Le beau métier, pourtant, ne paie plus. Salaires bloqués, point d’indice gelé, frais professionnels qui explosent : l’attractivité s’effondre. Isabelle, salariée à la Fondation Hubert-Pascal, dit ce sentiment d’abandon d’un « secteur qui hésite toujours à faire grève, par peur de laisser les usagers seuls ». Après les prises de parole, les organisations ont appelé à poursuivre la mobilisation. Avec une idée simple : défendre les travailleurs du social, c’est défendre la dignité des personnes accompagnées.

  • Les formateurs des futurs travailleurs sociaux en colère

    Les formateurs des futurs travailleurs sociaux en colère

    Appel à la grève coordonnée sur les différents établissements de l’Institut méditerranéen de formation (IMF), ce jeudi.

    Un collectif de salariés des trois sites de l’IMF appelait à une grève et un rassemblement, notamment suivi sur Marseille, sur fond de « refus de la dégradation des conditions de travail » pour cet institut qui forme au travail social : futurs éducateurs spécialisés, assistants de service social ou moniteurs éducateurs… Le collectif dénonce notamment « une surcharge de travail devenue insoutenable […] et une dégradation de la pédagogie ». Le tout, sur fond de baisse de moyens.

    Pour rappel, il y avait déjà eu un premier mouvement social, de la part des étudiants cette fois, début février (lire notre article du 11/02), dénonçant « des restrictions budgétaires qui dégradent la qualité de l’enseignement ». D’où « l’inquiétude réelle de la pérennité de notre outil de travail » de la part du collectif qui a établi un cahier revendicatif de plus d’une page. À Marseille, la mobilisation a duré une partie de la matinée.

  • Le surendettement grimpe dans le département des Bouches-du-Rhône

    Le surendettement grimpe dans le département des Bouches-du-Rhône

    Sous l’effet combiné de l’inflation et de la montée du chômage, le nombre de dossiers de surendettement, dans les Bouches-du-Rhône, est en hausse de 12%, passant de 4 427 en 2024 à 4 959 en 2025, note la Banque de France dans son bilan, présenté ce jeudi 26 février. Un chiffre supérieur à la tendance nationale (9,8%), mais inférieure au régional (13,6%). Même si, sur dix ans, le phénomène est en baisse d’environ 30%. Une tendance liée aux effets de « la loi Borloo de 2003, qui permet d’effacer la dette, puis de la loi Lagarde en 2010, qui est venue mieux prévenir le demandeur, notamment de crédit revolving », explique Patricia Roche-Ramondy, responsable du service de l’inclusion financière au siège marseillais de la Banque de France.

    Une femme seule, entre 35 et 54 ans, sans personne à charge, locataire ou hébergée à titre gratuit, au chômage ou sans emploi : voilà pour le profil type des personnes, « vulnérables ou touchées par un accident de la vie », qui font appel à l’établissement, dans le département. La part des jeunes, 18-34 ans, qui dépose un dossier, a également augmenté, « plus significativement dans notre département, de 4,6 points », souligne Patricia Roche-Ramondy, passant de 17,5% en 2022 à 22,1% en 2025. À comparer aux +3 points enregistrés au régional et national. « Beaucoup sont arrivés sur le marché de l’emploi sans en trouver et ils ont aussi des habitudes de consommation où ils recourent au crédit fractionné », analyse Denis Lauretou, directeur régional Provence-Alpes-Côte d’Azur de la Banque de France. En clair, la paire de basket payable en trois fois…

    Des « déposants » sous le seuil de pauvreté

    À noter que 42% des demandeurs gagnent moins de 1 122 euros par mois. Pire, « 60,9% des déposants dans le département se situent sous le seuil de pauvreté », détaille Patricia Roche-Ramondy, contre 58,6% en région.

    En regardant de plus près la composition de la dette des ménages qui font appel à ses services, 167 millions d’euros en 2025 (-7% par rapport à 2024), la direction de l’établissement a établi qu’il s’agissait pour 46% de dettes à la consommation, 21% l’immobilier, 31% liées aux charges courantes et autres.

    La solution, c’est l’effacement pur et simple, pour 36% des dossiers. Les personnes en bénéficiant sont « néanmoins inscrites au fichier des incidents de crédits aux particuliers » précise Patricia Roche-Ramondy, et ne peuvent plus bénéficier de prêts pendant 5 ans. En moyenne, 22 481 euros de dette sont effacés par dossier en 2025, exactement comme en 2024. Pour 42% des dossiers, un plan de remboursement est bâti sur une durée maximale de 7 ans, doublé si nécessaire d’un effacement partiel de la dette.

    Ouverte à « toutes les personnes de bonne foi qui se trouvent dans l’incapacité de payer l’ensemble de leurs dettes, charges ou crédit, sans montant minimum, la procédure peut encore faire peur », convient Patricia Roche-Ramondy. Quand « plus de 50% des personnes qui déposent un dossier nous disent qu’elles sont en difficulté financières depuis deux ans, elles essaient de s’en sortir, attendent, parfois se font aider », ajoute-t-elle.

    Pourtant, « recourir au surendettement c’est se protéger », estime Denis Lauretou, l’attestation de dépôt permettant de geler les sommes dues aux créanciers. Et de conseiller de faire appel aux travailleurs sociaux, « nous en avons formé 1 000 en 2025 ». À raison d’une réunion un jeudi sur deux de la commission départementale, le délai pour statuer est d’un mois, quatre pour que le dossier soit traité. On peut venir le chercher au guichet, le déposer, l’envoyer par courrier ou en ligne. Un numéro de téléphone, le 3414, a également été mis en place.

  • Face à la crise, une sécu du logement comme solution

    Face à la crise, une sécu du logement comme solution

    La Confédération nationale du logement (CNL) de Vaucluse tenait ce vendredi un forum en Cité des Papes, au cours duquel a été abordée une proposition qu’elle porte fièrement : la sécurité sociale du logement.

    Devant quelques élus de la ville et du Département, tous de gauche, ainsi que des habitants, le président national de l’organisation, Eddie Jacquemart, présentait cette proposition comme une solution alors que « tous les voyants sont au rouge », expose-t-il. Il évoque 3 millions de personnes qui attendent un logement social et 10 millions de personnes « mal logées », pour « seulement » 80 000 logements sociaux construits en 2025.

    Face à cette situation, la CNL présente depuis l’an dernier une proposition de « sécurité sociale du logement » pour « donner espoir aux habitants car cela ne doit pas continuer comme ça », explique Eddie Jacquemart. Une mesure qui permettrait à toute personne « qui a eu un accident de la vie, comme le décès d’un proche, un divorce ou la perte d’un travail » de bénéficier d’une « indemnité de sécurité locative jusqu’à 24 mois, de façon dégressive », ainsi que « du droit au maintien dans les lieux inconditionnel pour tous les ménages et de loyers accessibles, encadrés et ajustés aux revenus ». Le tout serait suivi d’un accompagnement social. « Il y a plus de 80 ans, on a réussi à mettre en place la sécurité sociale alors que le pays était en ruine. On doit pouvoir y arriver aussi. On est le 7e pays le plus riche au monde et on continue de jeter des gens dans la rue, comme au Moyen Âge. Il faut que ça cesse ! », appuie-t-il. Pour assurer une autonomie financière du système, la CNL imagine plusieurs possibilités, comme une réaffectation de fonds existants, tels que la garantie Visale, le Fonds de solidarité pour le logement ou l’impôt sur la fortune immobilière ; la mutualisation des dépôts de garantie ; ou encore une cotisation des bailleurs sur les loyers perçus, entre 1% et 2%. Le tout est décrit dans « Le manifeste pour la sécurité sociale du logement », à retrouver sur le site de la CNL.

    Criminalisation

    C’était également l’occasion d’interpeller les municipalités, ainsi que les candidats aux élections, sur les leviers qu’ils peuvent actionner. L’organisation a ainsi proposé ses « 25 orientations » à l’attention des listes en lice, comme par exemple encourager la construction de logements sociaux sur leur territoire, imposer des standards de qualité, encadrer les loyers et maîtriser les prix du foncier. Ou encore rendre obligatoire la mise à disposition de locaux collectifs résidentiels, favoriser l’information pour prévenir les expulsions locatives ou garantir la sécurité publique dans un cadre apaisé, par exemple en favorisant la présence de la police municipale et de travailleurs sociaux.

    « Chaque jour, la crise est plus aiguë, avec une extrême saturation des logements sociaux et la criminalisation des locataires les plus fragiles », insiste Michel Mus, président de la CNL de Vaucluse. Dans le public, Claude Nahoum, actuel 1er adjoint (Place publique) au maire d’Avignon, s’exprime, lui, sur « la difficulté de l’entretien du logement social », tout en insistant sur « l’exemplarité d’Avignon avec 35% de logements sociaux ».

  • À Marseille, ils refusent une formation sociale au rabais

    À Marseille, ils refusent une formation sociale au rabais

    « Depuis plusieurs mois, on assiste à des changements dans l’organisation de l’association qui impactent directement notre apprentissage », explique Romane. Futurs éducateurs spécialisés, assistants de service social ou moniteurs éducateurs, ils se sont mobilisés devant les portes de l’établissement à Saint-Just pour se faire entendre de la direction de l’IMF RIS.

    Des « minutes de retard qui se traduisent en absence d’une demi-journée, soit à une perte de salaire pour les étudiants en alternance, alors qu’on ne vient pas tous de Marseille, qu’on est confronté aux aléas des transports », des « heures de régulation de proximité, qui sont un temps d’échange avec nos formateurs, supprimées », ce qui représente « un suivi dégradé », des « intervenants extérieurs qui n’ont pas été payés durant des mois. Or ce sont aussi des directeurs de mémoire », listent Noémie, Oriana et Garance. « On a des semaines à tous, mal organisées, sans temps réel de préparation pédagogique », déplore également une future travailleuse sociale. « Lors d’un examen, il y a eu des différences de traitements entre l’IMF d’Avignon et celui de Marseille », n’admet pas un autre.

    À Marseille, l’ancienne bâtisse du diocèse avait servi durant plus d’un an de refuge pour les mineurs isolés et les familles avec enfants sans solution d’hébergement avant qu’un incendie en 2020 n’aboutisse à l’évacuation de tous ses occupants. Ouvert en 2023, l’IMF RIS fait déjà front à des remaniements qui « mettent en cause la qualité de notre formation », craignent les étudiants, et interviennent dans un contexte de réductions budgétaires tout terrain. La Région, essentiel soutien de l’association a « baissé ses crédits » assure un autre étudiant, « mais nous ne pouvons pas être la variable d’ajustement. Le manque de moyens ne doit pas être l’excuse à des décisions sur l’organisation des cursus qui dégrade nos études et nos métiers. » Sollicitée, la direction n’a pas souhaité s’exprimer mais a accepté de recevoir une délégation d’étudiants.

  • Les travailleuses sociales en quête de reconnaissance à Marseille

    Les travailleuses sociales en quête de reconnaissance à Marseille

    « Ce mouvement est inédit. » Ce jeudi, devant la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille, les travailleuses sociales de la région mettent les bouchées doubles pour se faire entendre des pouvoirs publics. La sono du camion de la CGT pousse les décibels à fond et elles redoublent de slogans autour d’une demande unanime : « La reconnaissance de nos métiers. »

    La mobilisation est en effet inédite à plusieurs titres. D’abord, elle rassemble des assistantes sociales, éducateurs spécialisés ou conseillers de plusieurs organismes sociaux, des caisses d’allocations familiales (CAF), des caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) et des mutualités sociales agricoles (MSA). Ensuite, car elle est à l’initiative « des agents » réunis en collectifs pour une grève nationale, appuyée par les syndicats, CGT et FO localement. Enfin, puisque « le mouvement est particulièrement bien suivi avec des services en grève à 100% », comme le résume Béatriz Marques, responsable régionale de la fédération CGT des organismes sociaux. Il faut dire que les travailleuses sociales ont de quoi revendiquer. « Elles ont des Bac+3, mais sont reconnues comme des Bac+2 dans la classification professionnelle, ça a un impact négatif sur le niveau de rémunération qui ne correspond pas à leur diplôme », explique la syndicaliste.

    Des centaines d’euros de manque à gagner

    Selon les calculs syndicaux, le manque à gagner de cette mauvaise reconnaissance dépasse les 600 euros mensuels, a minima, en comparaison avec des travailleurs sociaux de collectivités territoriales. « On a une différence de presque 1 000 euros avec nos homologues de la fonction publique territoriale ou hospitalière pour une ancienneté similaire », abonde Isabelle Becchere, secrétaire générale de la CGT cadres et employés à la Carsat Sud-Est. De quoi pointer « un double discours » : « D’un côté, on nous dit que les travailleurs sociaux sont l’entrée essentielle dans la vie sociale pour les assurés précaires. Mais de l’autre, les budgets sont réduits. » Et surtout, c’est l’illustration d’un manque global de reconnaissance de leur métier. L’exemple de la « prime Ségur », résume à leurs yeux le manque de considération auxquelles elles font face. « Elle a été étendue aux métiers du social et du médicosocial suite à la deuxième version du Ségur. Mais les travailleurs sociaux de nos organismes en sont exclus », pointe Adeline Constantino, assistante sociale et représentante de la CGT CAF 13. Une situation ubuesque alors que des travailleurs sociaux de certaines collectivités y ont droit. « Il y a une fin de non-recevoir de nos ministères de tutelles pour nous y inclure », rajoute Sabrina Jorda, toujours pour la CGT CAF 13.

    Forcément, le refus de la revalorisation unanimement demandée est vécu comme « une injustice ». « On fait pas un métier anodin, on a des missions difficiles avec de l’épuisement professionnel », insiste Florence, du service social de la Carsat d’Aubagne. Sabrina Jorda conclut : « Au-delà de nous et de nos salaires, c’est une question de choix de société. Au travers du manque de reconnaissance de nos métiers et du manque de reconnaissance, c’est la rupture avec le système de solidarité voulu par le Conseil national de la Résistance dont sont issus nos organismes. »

  • Grève des éducateurs et fermeture prolongée à la Mecs Bois Fleuri

    Grève des éducateurs et fermeture prolongée à la Mecs Bois Fleuri

    « Des plannings qui nous contraignent à des amplitudes horaires intenables et de plus nombreuses permanences le week-end, ce n’est pas tenable ! ». Devant les grilles de la Maison d’enfants à caractère social (Mecs), les personnels éducatifs dénoncent une réorganisation intenable suite à la suspension, en décembre, de l’activité de l’unité pour enfants et du service autonomie pour les majeurs de Bois Fleuri.

    La fermeture temporaire d’un mois avait été motivée par de graves dysfonctionnements : une agression d’un enfant pris en charge par un autre, ainsi qu’une gestion déficitaire de 750 000 euros. Dans un nouvel arrêté daté du 21 janvier, le directeur du service Solidarité du Département a prorogé cette fermeture jusqu’au 22 février. L’autorité tutélaire considère que la réorganisation du service autonomie, « persistante », conduit à « l’absence de mise en œuvre des injonctions du service d’inspection » et que les travaux entrepris dans le service des tout-petits ne sont pas achevés.

    Des décisions hors-sol

    Devant l’établissement, la colère est intense chez les personnels. Shaima, jeune adulte prise en charge, est venue en soutien : « On nous a demandé de quitter les appartements en urgence le 22 décembre. On a été replacés dans d’autres structures, mais mon budget repas est passé de 70 euros mensuels à 45 euros ». Du côté des salariés, on dénonce « des décisions prises d’en haut, déconnectées des besoins réels » et un rythme de travail qui mène à « l’épuisement ». Maxence Lamy, délégué CGT, rappelle que la Mecs en est à son « 5e changement de direction en deux ans, avec aujourd’hui un mandat de gestion ». Il déplore également « un serpent qui se mord la queue avec le CD 13 qui doit financer l’association pour que nos salaires soient payés, alors qu’il a procédé à une baisse des tarifs journaliers de 189 euros à 70 euros ».

    Sur les grilles, des banderoles dénoncent une « maltraitance institutionnelle » qui s’est « généralisée », précise un éducateur de Saralogisol, venu, comme l’UL CGT Timone, la CGT Araimc et Solidaires, soutenir le mouvement. Contactée, la direction n’a pas donné suite.

  • Une plateforme pour donner un nouveau répit aux aidants

    Une plateforme pour donner un nouveau répit aux aidants

    Venir en aide à ceux qui aident. En décembre dernier, Ladapt Méditerranée, les Établissements médico-sociaux publics du Haut-Var et ceux du Var, sous l’égide de la Communauté 360 du Var portée par l’Union pour la gestion des établissements des caisses de l’Assurance Maladie (Ugecam), ont signé une convention pour le lancement de la Plateforme du Répit du Var.

    Une avancée majeure pour le soutien aux aidants familiaux de personnes en situation de handicap dans le département. Elle constitue une réponse en cohérence avec les orientations de l’Agence régionale de santé (ARS) et les politiques publiques de soutien aux aidants et de prévention de l’épuisement, avec le concours des acteurs institutionnels et médico-sociaux du territoire varois.

    Cette convention rassemble les partenaires institutionnels et médico-sociaux autour d’une ambition commune, impulsée par l’ARS : proposer aux aidants un parcours d’accompagnement lisible, accessible et coordonné. L’objectif est de garantir une couverture départementale complète et réduire les inégalités territoriales, afin que chaque aidant puisse accéder à des solutions de répit adaptées à ses besoins, et quel que soit son lieu de vie. En croisant les expertises et en mutualisant les ressources existantes, les partenaires apportent des réponses concrètes, coordonnées et adaptées aux besoins du terrain.

    Un numéro unique :

    0 800 360 360

    La Plateforme de Répit du Var a pour mission d’accueillir, écouter, informer, orienter et soutenir les aidants. En plus de conseils, elle propose aux aidants de l’écoute, du soutien psychologique et des groupes d’expression, des ateliers collectifs, mais aussi des solutions de répit adaptées aux besoins : temps libéré (interventions ponctuelles de courte durée permettant à l’aidant de souffler de 1 à 4 heures par jour, jusqu’à 5 jours par an), temps de répit (journées d’accompagnement de la personne aidée, offrant à l’aidant la possibilité de se libérer entre 5 à 8 heures, jusqu’à 8 jours par an), et des solutions de relayage (intervention d’un professionnel au domicile auprès de la personne aidée, permettant à l’aidant de s’absenter entre 1 et 5 nuits). Elle propose aussi des séjours de répit « aidant-aidé » dans un cadre agréable et adapté, pour se ressourcer en duo (jusqu’à 6 jours/5 nuits).

    La Plateforme s’appuie sur le numéro unique et gratuit de la Communauté 360 du Var, permettant aux personnes d’être rapidement orientées vers des solutions adaptées : 0 800 360 360, disponible du lundi au vendredi de 8h à 20h. À ce titre, les prescripteurs, professionnels de santé, travailleurs sociaux et acteurs de proximité sont invités à relayer l’information et à orienter les aidants vers la Plateforme.

  • Hérault : l’État signe l’arrêt de mort d’une association jugée trop critique

    Hérault : l’État signe l’arrêt de mort d’une association jugée trop critique

    Les mines sont graves et les gorges, nouées. Au 31 décembre, l’action menée depuis 10 ans par Area auprès des habitants des bidonvilles de Montpellier prendra fin. Le temps qu’un autre opérateur prenne le relais, 400 personnes en situation de grande précarité se retrouveront donc sans accompagnement social. Et les dix salariés de l’association, en liquidation judiciaire, seront licenciés.

    Ainsi en a décidé la préfecture de l’Hérault en ne renouvelant pas la convention annuelle qui la lie à Area. Un arrêt du financement de l’État qui entraîne la perte de l’ensemble des autres subventions (Fonds social européen, mairie, CAF, ARS, Drac) adossées à cette mission sur les bidonvilles.

    Entourée de représentants du monde associatif et de personnes accompagnées venus la soutenir, l’équipe a tenu à dénoncer publiquement, le 26 novembre, cette décision lors d’une conférence de presse où se sont tour à tour exprimées colère, inquiétude et émotion. Car « il ne s’agit pas d’un choix budgétaire, mais d’une décision politique de rétorsion », souligne Catherine Vassaux, administratrice et ancienne directrice d’Area. « Il nous est clairement reproché d’avoir une position trop critique, c’est pour ça que nous sommes sanctionnés. Ça nous a été dit par les services de l’État à plusieurs reprises et ça nous a aussi été écrit », assure-t-elle.

    « Vous m’avez indiqué que l’association se positionne dans une posture critique des institutions à des fins d’amélioration continue de l’accompagnement des personnes en difficulté sociale sur les bidonvilles. Cette posture a amené à plusieurs reprises mes équipes à s’opposer à vos positions, depuis plusieurs années, tout en acceptant de continuer à financer la mission d’accompagnement au vu de vos résultats », écrit le directeur départemental de l’emploi, du travail et des solidarités de l’Hérault dans un courrier en date du 30 septembre – dans lequel il reconnaît la qualité du travail de l’association. « Aujourd’hui votre posture sur l’opération de résorption du bidonville de Jasse de Maurin ainsi que vos déclarations dans la presse et celles de votre équipe démontrent l’incompatibilité de votre position avec un financement de l’État », poursuit-il. Trop critique, donc.

    « Les pouvoirs publics

    en donneurs d’ordre »

    « Cette décision est prise aux dépens du travail social », déplore Catherine Vassaux. L’État finance en effet six des dix postes d’Area (les 4 autres dépendent d’autres subventions). « Ça veut dire que si une association ou un opérateur prend la suite de notre action, il y aura moins d’accompagnement social, puisqu’il y aura pratiquement 40% de financements en moins. » Selon l’ancienne directrice de la structure, ce qui arrive à Area n’est pas un cas isolé. « De plus en plus d’associations sont sanctionnées suite à des prises de position critiques. L’Observatoire des libertés associatives a rendu en juin dernier un rapport qui révèle que 30% du secteur associatif a été sanctionné pour des positions qui ne convenaient pas à l’administration. »

    « Longtemps, dans le travail social, les projets ont été portés par les associations sur la base de ce que qu’elles constataient sur le terrain. Les pouvoirs publics, eux, finançaient ces projets et leur mise en œuvre. Désormais, ils se positionnent en donneurs d’ordre qui attendent des associations qu’elles soient des prestataires », dénonce Damien Nantes, administrateur d’Area. « Ça a des conséquences directes sur le travail social, car on a des dispositifs imaginés par des personnes éloignées du terrain, qui demandent aux associations de les appliquer à la lettre. Or l’accompagnement social est le fruit d’une interaction entre les travailleurs sociaux et les personnes accompagnées. Les dispositifs doivent s’adapter aux besoins des gens. Aujourd’hui on fait l’inverse : on demande aux travailleurs sociaux d’adapter les personnes aux dispositifs », s’agace-t-il. L’association a donc pointé, au cours de ses dix années d’expérience sur les bidonvilles, ce qu’elle estimait être des erreurs, des points faibles ou des manquements. « 10 ans de tensions permanentes sur des sujets récurrents », soupire le directeur de l’association, José Lagorce, visiblement éprouvé. « On nous dit qu’on est une association militante. Mais ce que fait Area, c’est simplement utiliser Légifrance pour demander l’application d’un droit », poursuit-il. « Sur le bidonville de l’avenue de Maurin, par exemple, il y a des personnes qui relevaient de la stabilisation ou du CHRS auxquelles on a refusé l’entrée dans ces dispositifs en raison de l’irrégularité de leur séjour, alors que cette question ne devait pas se poser. Ça veut dire qu’on laisse en errance des gens qui n’auront d’autre choix que d’aller reconstruire un bidonville ailleurs. Ces exemples se multiplient », assure José Lagorce. « Ce qui nous arrive et arrive à d’autres associations en France va se multiplier. Il faut faire en sorte que notre exemple ne provoque pas de la peur, mais donne envie de résister. »

    Reste l’énorme gâchis humain causé par cette décision brutale. Car « au-delà de la vacance de l’accompagnement, c’est aussi un lien qui va être perdu. Un lien de confiance, ça ne se crée pas en quelques jours parce qu’on signe un financement avec un prestataire quelconque. Ça se construit dans le temps », insiste Damien Nantes. La preuve par les témoignages émus livrés à la fin de la conférence de presse. « J’ai 27 ans. Voilà plus de 10 ans que je suis accompagnée par Area. Ils font partie de mon histoire. J’ai habité plusieurs années sur le bidonville du Zénith. Ils m’ont aidée à trouver du travail et un logement. Je suis là pour les remercier », déclare une jeune femme au bord des larmes. « Mes premiers pas à l’école, c’était avec eux. Grâce à eux, je suis allé jusqu’au bac, alors que je voulais arrêter. Ils m’ont trouvé un logement social. Ça fait des années qu’ils suivent ma famille, qu’ils se battent pour nous. Ce sont des éducateurs exceptionnels. Je n’arrive pas à croire que le travail de cette association s’arrête », renchérit un jeune homme. Le cri du cœur. Le plus bel adieu.

  • Les rendez-vous de la semaine pour lutter contre les violences faites aux femmes

    Les rendez-vous de la semaine pour lutter contre les violences faites aux femmes

    MARSEILLE

    Le collectif Nous Toutes Marseille organise, mardi ce 25 novembre, une journée de lutte. Plusieurs étapes sont prévues :

    – Dès 16h, un village féministe est accessible à toutes les mobilités pour les stands associatifs, à l’hôtel de ville (place Bargemon). Le village et le défilé sont exclusivement en extérieur.

    – Des prises de parole des collectifs interprétées en langue des signes française et possibilité d’avoir les textes manuscrits à la demande.

    – Un cortège calme, handicapés, enfants et mobilités réduites est prévu en milieu de cortège (mais sans véhicule support)

    Total du tracé : 1,6 km de l’hôtel de ville vers le métro Joliette. Les points de départ et d’arrivés sont desservis par métro et bus.

    AIX-EN-PROVENCE

    Ce 27 novembre 2025 au CREPS d’Aix-en-Provence : la Mission Interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof) organise une session de formation.

    Cette journée intégrera des acteurs locaux des champs Sport, Jeunesse et le service déconcentré des Droits des Femmes et Égalité (Direction régionale aux droits des femmes et à l’égalité et les DDDFE des six départements de PACA).

    AUBAGNE

    La Ville d’Aubagne a adopté un plan en faveur de l’égalité hommes-femmes. L’action est organisée à travers quatre grandes priorités : l’accès aux soins, l’égalité professionnelle en entreprise, la promotion de la culture de l’égalité et la lutte contre les violences faites aux femmes.

    Le jeudi 27 novembre à 9h30, à l’Espace des Libertés, un colloque sur les violences psychologiques faites aux femmes et intrafamiliales, est organisé en partenariat avec la Maison de la Justice et du Droit. Un événement ouvert à tous et plus particulièrement aux professionnels de santé et paramédicaux, travailleurs sociaux, professionnels scolaires, périscolaires et de loisirs, crèches et partenaires institutionnels susceptibles d’être en relation directe avec des femmes ou des familles victimes de violences.

    Le thème de ce colloque, pour cette 2ᵉ édition, est les violences psychologiques faites aux femmes.

    PORT DE BOUC

    Le rendez-vous est fixé ce 25 novembre à 12 h 00 sur le cours Landrivon, pont Van Gogh. Cette manifestation est organisée par l’association Vie au Féminin

    TOULON

    Ce mardi 25 novembre, journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes :

    ️Départ à 18h du Palais de Justice, pour se diriger vers la gare de Toulon. Tout au long de la marche, des chants et danses féministes sont prévus, puis un femmage à « nos sœurs assassinées cette année, sous forme de die-in ». ️Dress code, violet toujours ! @planningfamilialvarois

    Et aussi, une conférence sur les cyberviolences à 17 heures à la salle de conférence de l’Hôpital Sainte Musse. L’objectif est de sensibiliser les professionnels de santé aux violences au sein du couple et notamment les cyberviolences. La conférence est également ouverte aux partenaires de la Maison des Femmes Santé et à toutes celles et ceux concernés par l’accompagnement des victimes.

    ☎️ Contact et renseignements : Hôpital Sainte Musse à Toulon. Tel 04 94 14 54 93

    FRÉJUS

    Ce mardi 25 novembre à la Maison d’Ailes à Fréjus, à 18h, la sous-préfète de Draguignan participera à la célébration du 1er anniversaire du dispositif « Ici demandez Angela » qui permet à toute personne se sentant suivie, victime d’agression ou en insécurité de trouver de l’aide rapidement dans un établissement ou un commerce.

    POURRIÈRES

    Ce vendredi 28 novembre à la salle des fêtes à 18h30, la sous-préfète de Brignoles et la DDDFE participeront à une soirée cinéma-débat organisée par la commune comprenant la projection du film « Paroles des Femmes » en présence de la réalisatrice Sophie Deloume, suivi d’une table ronde.

    AVIGNON

    Dans le cadre de la Journée de lutte contre les violences faites aux femmes, Avignon Université accueille Le Mouvement du Nid, association engagée dans la prévention et la sensibilisation autour de la prostitution. De 11h30 à 18h05, des temps forts rythment la journée sur le campus Hannah Arendt, qui se clôturera par un moment de convivialité à l’issue de la représentation théâtrale.

    16h-17h : Atelier de sensibilisation – Salle OE14 – « Prostitution et internet : échanges sur les enjeux actuels »

    17h-18h05 : Représentation de la pièce J’aimerais arrêtée, Salle OW33
    Site centre-ville / Hall bâtiment Sud / salles OE14 et OW33

    Et aussi, vernissage de l’exposition « Entrav(er) paroles face à la violence(s) » réalisée par la photographe Marie Marcel à partir de 18h dans le péristyle de l’hôtel de ville en présence de la maire Cécile Helle, de Nathalie Gaillardet, adjointe déléguée à Avignon la Républicaine, au devoir de mémoire et aux anciens combattants et de Françoise Lichière, conseillère municipale déléguée aux droits des femmes et à la lutte contre les discriminations.