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  • Sophie Camard : « Martine Vassal, c’est la candidate du retour en arrière »

    Sophie Camard : « Martine Vassal, c’est la candidate du retour en arrière »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h30 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    La campagne des municipales

    Léo Purguette : Est-on déjà dans la campagne ?

    Pour nos adversaires oui. De notre côté, ce qui compte pour moi, c’est qu’on a fait le démarrage de campagne du Printemps marseillais avant les candidats. Samedi matin dernier, 1 500 personnes à la maison de l’Arménie, c’était un signal positif. On revient aux sources de ce qu’a fait le Printemps marseillais en 2020, dans un autre contexte. C’est-à-dire qu’on remobilise notre base militante et les habitants. On revient au message de base du Printemps marseillais : transformer la ville avec un mouvement citoyen et ce mélange un peu particuliers de partis politiques et de citoyens.

    Didier Gesualdi : 5 ans après votre opposition ne cesse de dire que Benoît Payan a volé l’élection de Michèle Rubirola.

    Pour moi, celle qui a volé l’élection, c’est Martine Vassal puisqu’elle oublie à chaque fois de dire que c’est elle qui a perdu. Elle a perdu la mairie des 6-8, elle a perdu le conseil municipal et elle s’est ensuite présentée à la Métropole par revanche politique. Je rappelle que Benoît Payan a gagné les 2-3, Michèle Rubirola les 4-5, Olivier Fortin les 6-8 et moi les 1-7. Ça me rappelle un peu Trump face à Biden. On est face à une droite tellement traumatisée de perdre le pouvoir en 2020, qu’elle a fait un arrêt sur image. Ils n’ont jamais accepté les résultats et là, ils font un redémarrage de campagne où on a l’impression qu’ils ont réappuyé sur la touche de 2020 et on les voit revenir avec les mêmes candidats que ceux qui ont perdu en 2020. Ils reviennent avec la même communication « Marseille à feu et à sang avec le Printemps marseillais » On est seulement au mois de septembre, on se demande ce que ça sera en mars. Et puis, un climat d’affaires judiciaires, et une annonce de campagne où je me suis demandé si c’était Martine Vassal ou Marine Le Pen qui se lançait.

    Léo Purguette : À ce point ? Oui, faire sa rentrée politique en disant « la cause de tous les problèmes, c’est l’immigration », c’était assez spectaculaire.

    Léo Purguette : Elle a fait ce lien sur un fait divers de votre secteur sur lequel vous avez fait le choix d’assez peu vous exprimer.Ah si ! J’ai fait des déclarations claires et nettes. Lorsque la situation était parfaitement maîtrisée et que tout s’est transformé en bad buzz sur les réseaux sociaux, j’ai vraiment réagi très formellement. On est en République. L’état de droit, c’est juger les individus sur les actes qu’ils commettent, pas sur leurs origines ou leur nationalité. J’ai rappelé que Belsunce était un quartier avec beaucoup de personnes d’origine étrangère qui sont aussi les premières victimes de ce qu’il s’y passe. On pourra en reparler.

    La candidature de Martine Vassal

    Didier Gesualdi : Que pensez-vous de ce démarrage de campagne ?

    Pour moi, Martine Vassal, c’est la candidate du retour en arrière. C’est-à-dire que ses soutiens veulent reprendre là où ils en étaient en 2020. Qui veut revenir en arrière ? Qui veut revenir à la situation de 2020, où il y avait une crise humanitaire due à l’évacuation des personnes délogées et où il n’y avait même pas de direction de lutte contre l’habitat indigne ? Qui veut revenir avant 2020 où on avait une adjointe aux écoles qui ne savaient même pas combien Marseille comptait d’écoles et qui disait que si les écoles étaient dégradées c’était la faute des enfants ? Aujourd’hui on a un plan écoles d’un milliard, on est passé de 20 ans de retard à 10 ans d’avance dans les nouvelles écoles. Qui veut revenir à avant 2020, où les musées, les bibliothèques, les cantines, les crèches étaient en permanence en souffrance et parfois fermés par manque de personnel ? Qui veut revenir avant 2020 où on nous prédisait la tutelle de l’État sur les finances de la Ville ? Ce n’est pas assez signalé mais nous avons non seulement recruté, renforcé les services publics mais aussi diminué la dette de Marseille. Martine Vassal dirige la Métropole – 5 milliards d’euros -, le Département – 3 milliards d’euros – avec des finances qui vont très très mal. On n’a pas de leçon à recevoir.

    Léo Purguette : Quand elle dit sur ce plateau que dans le magazine bilan de la majorité 80% des réalisations sont dues à la Métropole, vous n’êtes pas d’accord ?

    Quand ça va bien, c’est le bilan de Martine Vassal, le reste c’est Benoît Payan ? Il faut rester sérieux 5mn. Je peux confirmer que, quand l’État, la Métropole et la Ville font ensemble, oui ça permet d’avance. Mais dans ce cas-là, pourquoi dit-elle que Marseille va si mal ?

    Les liens avec la métropole

    Didier Gesualdi : Vous travaillez avec la Métropole…

    La Métropole a beaucoup d’argent et beaucoup de pouvoir. Martine Vassal termine son mandat sur ses grandes compétences avec un fiasco total dans les transports. Les déchets, la propreté, ça remonte de partout, ça ne va pas. Encore trop souvent, elle bloque un certain nombre de demandes que nous lui faisons. Elle a même refusé de mettre une maison des projets dans un immeuble de la Métropole pour expliquer aux Marseillais tout ce que nous faisons ensemble avec la rénovation urbaine sur le centre-ville. Comme si ça devait nous bénéficier à nous, alors que c’est juste l’intérêt commun. Il y a un récit qui ne fonctionne pas. Si elle a tant d’argent et de pouvoir, pourquoi elle critique la situation de Marseille ?

    Léo Purguette : Ça, ce sont vos rapports tendus, mais les Marseillais que vous rencontrez comme maire de proximité, vous disent-ils que tout va bien ?

    Ils me disent que Marseille change, qu’ils ne veulent pas revenir en arrière. Ils me disent qu’ils ont conscience qu’il a de grands sujets qui nous dépassent. Accuser Benoît Payan ou Sophie Camard de la drogue ou des coups de couteau, c’est quand même un peu ridicule. Nous avons libéré beaucoup de projets et d’énergie dans cette ville. Ce n’est pas anecdotique d’avoir remis beaucoup de culture dans l’espace public, d’avoir redressé les écoles, les crèches, la police municipale aussi. Les gens m’en parlent. Après, ils ont bien compris qu’il y a un débat politique qui leur échappe et dont ils ne veulent plus entendre parler, c’est cette opposition Métropole-Ville, Vassal-Payan. C’est pourquoi l’élan transformateur du Printemps marseillais devra, demain, s’étendre à tous les secteurs de la Ville et à la Métropole. Nous voulons l’alignement de la chaîne de commandement.

    Le Premier ministre

    Léo Purguette : La situation nationale est très bloquée. On a un Premier ministre sans gouvernement, un mouvement social qui se déploie. Quelle issue possible ?

    Ce qui m’intéresse dans la situation actuelle, c’est que pour une fois, comme on n’a plus de gouvernement, on a un mouvement social qui met des sujets sur l’agenda politique. Habituellement, on fait des manifestations contre ce que le gouvernement cherche à imposer. C’est un moment très particulier, le mouvement social qui fixe les grands sujets : la Palestine, l’injustice fiscale, les privilèges des milliardaires, l’idée d’aller chercher l’argent là où il est…

    Léo Purguette : Cela débouchera-t-il sur une dissolution ?

    Je m’en méfie car derrière, c’est l’extrême droite. Il faut maintenir la mobilisation. La situation doit se résoudre par des mesures fortes que le mouvement social exige.

    La sécurité

    Didier Gesualdi : Parmi les reproches faits à Marseille, il y a les incivilités et l’insécurité. La réponse est du côté de l’État mais pas seulement. N’avez-vous pas mis un peu trop de temps à vous préoccuper de la question ?

    Je rappelle que dès 2020 nous avions inscrit le doublement de la police municipale dans notre programme. C’est un engagement tenu. Quand nous sommes arrivés aux manettes, nous avons constaté qu’il y avait à peine une équipe de nuit de police municipale pour toute la ville, que pour les fameuses caméras dont on parle, il n’y avait pas les ressources humaines pour exploiter les images et le centre de supervision urbain était insuffisamment doté. C’est nous qui avons recruté, rajouté des brigades maritimes et équestres, qui avons ouvert le poste de police de proximité sur la Canebière, qui avons fait refluer les difficultés à Noailles de manière spectaculaire. Je ne trouve pas du tout qu’on a été aux abonnés absents sur le sujet, bien au contraire. Je pense même que cela a surpris et mis en difficultés nos adversaires qui ne s’y attendaient pas.

    Les forces en présence

    Didier Gesualdi : Vous tapez beaucoup sur Martine Vassal mais quid du RN dont on vous entend peu parler ?

    On en parle de manière indirecte parce que, oui, ça nous inquiète cette fusion de discours entre LR et l’extrême droite. Très clairement, il y a une question qui est posée sur des éventuelles fusions de liste au second, au troisième tour ? On n’en sait rien. Il y a un vrai problème de repérage des forces politiques en présence. Qu’est-ce que ça veut dire la droite à Marseille aujourd’hui par rapport à l’extrême droite ? Je me pose vraiment des questions sur le discours. L’extrême droite est très présente sur le terrain. On peut se retrouver avec un duel gauche-extrême droite.

    Didier Gesualdi : Pourquoi les Marseillais votent pour elle selon vous ?

    Je ne pense pas que Marseille soit isolée des grandes tendances mondiales, nationales, de tout ce climat de fachosphère qui règne dans le pays… Je mesure l’utilité des élus de proximité. On est sans cesse au corps à corps sur des fausses rumeurs, des propos qui n’ont pas lieu d’être… Il y a beaucoup d’angoisse qui s’exprime, beaucoup de peur dans la tête des gens.

    Léo Purguette : Parmi les forces en présence, il y a la FI. Vous étiez suppléante de Jean-Luc Mélenchon, en 2020 vous aviez fait partie de ceux qui ont voulu le Printemps marseillais. N’y a-t-il pas ici aussi une touche pause actionnée ? C’est définitif ?

    Du côté de la France insoumise, pour le moment, je ne vois pas trop de son pas trop d’image. Ce ne sont pas juste des déclarations sur les réseaux sociaux qui manifestent une entrée en campagne. Une campagne, c’est un programme, des candidats, des débats… Effectivement, ils ne veulent pas faire de liste avec nous. Nous sommes les élus sortants, le Printemps marseillais, on va mettre un bilan en débat pour aller plus loin. Qui va nous aider ? Nous renforcer ? Je fais un appel aux citoyens. Je me méfie des étiquettes politiques, surtout à Marseille, l’électorat de gauche peut évoluer d’une élection à l’autre. Je fais confiance aux électeurs de gauche pour faire les bons choix aux bons moments.

    Léo Purguette : On ne sait pas si certains vous rejoindront mais d’autres semblent vouloir vous quitter comme l’écologiste Sébastien Barles. C’est définitif ?

    Je rappelle qu’il avait fait une liste autonome en 2020.

    Léo Purguette : Vous n’aviez pas géré 5 ans ensemble…

    Didier Gesualdi : Il veut être calife à la place du calife ?

    Je ne sais pas, il faut lui demander. Il a été adjoint au maire tout le long, chargé de la transition écologique, il a eu un certain nombre de moyens à sa disposition. Il lui appartient de s’exprimer mais au départ, il était déjà sur une liste qui n’était pas celle du Printemps marseillais.

    Nicolas Sarkozy

    Didier Gesualdi : La condamnation de Nicolas Sarkozy n’est pas de nature à rapprocher les électeurs de la politique…

    Ça c’est sûr. En 2007-2008, c’est ce qui m’a fait reprendre un engagement politique. J’étais déjà à Marseille, c’était le grand début de la brutalisation de la vie politique. On dirait que tout le monde réalise maintenant la gravité des faits qui lui ont été reprochés. Il y a depuis des années, une certaine bienveillance à ne pas mesurer le caractère historique de ce qui se passe avec M. Sarkozy. Quand on dit « c’est la première fois qu’il y a une peine de prison ferme », ce n’est pas vrai. Il a été condamné dans l’affaire Bismuth, il a eu le bracelet électronique, puis l’affaire Bygmalion et là, c’est la troisième affaire avec le financement libyen. Il a en fallu du temps !

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Karim Bendjaballah : Bonjour, qu’est-ce que vous faites pour améliorer Noailles ?

    Je suis très fière de ce qu’on a fait à Noailles. J’ai été élue sur les sujets de la rue d’Aubagne. On a eu la chance de pouvoir installer une Société publique d’intérêt national. Énormément de changements se voient à Noailles, il y a des travaux de voirie dans tout le quartier, tous les réseaux électriques ont été refaits. L’équipement de proximité qui sera un lieu ressource sur le lieu de l’effondrement va s’ouvrir au printemps. Le centre social, promis depuis 10 ans est en travaux. Il devrait pouvoir ouvrir en 2027 et en attendant, l’année prochaine on va pouvoir ouvrir un équipement associatif au 44, rue d’Aubagne. Il y a eu les opérations de police de proximité qui ont énormément soulagé et qui tiennent dans le temps. J’ai commencé le mandat en sentant mes adversaires politiques qui se frottaient les mains sur Noailles en se disant « ils ne vont pas y arriver ». Aujourd’hui l’ambiance a changé à Noailles. Karim, si vous habitez Noailles vous pouvez le voir tous les jours dans votre rue. On est en train de changer d’ère. À tel point que les prix remontent. C’est pour ça qu’on avait prévu, sur le foncier public qu’on va réhabiliter, des logements sociaux qui correspondent aux besoins des habitants. On va essayer de tout mettre en œuvre pour qu’il n’y ait pas d’emballement à la spéculation. On va maîtriser cela.

  • Le Plan vélo de la Métropole fait encore dérailler Marseille

    Le Plan vélo de la Métropole fait encore dérailler Marseille

    Le verdict est sans surprise. Le baromètre vélo 2025 de Fédération française des usagers de la bicyclette, publié vendredi, place Marseille en queue de peloton. Sentiment d’insécurité, infrastructures cyclables discontinues, incivilités, les 3 029 témoignages recueillis localement donnent à la 2e ville de France la note globale de G. La pire. Ressenti, sécurité, confort, effort de la ville, ici compétence de la Métropole Aix-Marseille, services de stationnement… Marseille se coltine la pauvre note de 2,29 sur 5.

    Quantité et qualité

    Réuni dans ses locaux pour commenter ce baromètre 2025, le collectif Vélos en ville dresse évidemment un bilan critique du Plan Vélo métropolitain lancé en 2019 avec la volonté de créer d’ici 2030 huit lignes structurant sur 130 kilomètres l’ensemble du territoire marseillais. Sans parler des lignes secondaires, le projet a vite déraillé.

    Seulement 56% des tracés envisagés sur la phase 1 (2019-2024) ont été achevés. Au total 46,6 kilomètres ont été réalisés, dont 1,9km en 2025. « 130 kilomètres ce n’était déjà pas ambitieux, et on passe sur le fait que 20km existaient déjà avant le plan », ironise Cyril Pimentel, membre du collectif qui a lancé un site dédié à l’observatoire du Plan, « Mais la qualité est aussi importante que la quantité : le cahier des charges visait 100% de pistes cyclables. » Aujourd’hui, plus de la moitié n’est qu’en voies vertes ou en bandes cyclables.

    « Le vélo doit être une vraie politique publique », martèle Christophe Monnier notant que Lyon ou Bordeaux ont su progresser. « Ici, chaque évolution est liée à l’application de la loi, pas à une volonté locale ». Le collectif a ainsi fait condamner plusieurs fois en justice la Métropole qui lors de travaux de voirie s’assoit sur ses obligations légales de construction des pistes cyclables.

    Un 11e recours a été lancé pour la place Castellane et le tribunal vient d’imposer une médiation à la Métropole. « C’est pas gagné, c’est un aménagement qui dès le départ a été mal conçu. C’est un énorme trou dans la raquette, c’est un combat majeur. Les gros points noirs concernent les hubs comme Castellane ou les Réformés », reprend le président de Vélos en ville, appréciant toutefois des avancées sur la concertation sur la 2e phase du tram, l’offre LeVélo, ou l’aide à l’achat de vélos.

    « En tant qu’opérateur, la Métropole doit appliquer les décisions de la municipalité, et a une responsabilité majeure dans le retard. Mais la mairie doit aussi prendre toute sa part en abaissant la vitesse moyenne et en sanctionnant les stationnements gênants », reprend ce dernier pour qui l’objectif n’est « pas d’exclure les automobilistes mais de donner le choix ».

  • Une ébauche de programme pour le Printemps biterrois

    Une ébauche de programme pour le Printemps biterrois

    À Béziers, la gauche se met en ordre de bataille pour les municipales. Réunies sous la bannière du Printemps de Béziers, les principales formations (le PCF, les Écologistes, le PS, l’Après, Génération.S, Place publique, seule LFI n’ayant pas rejoint le mouvement pour le moment ont dévoilé leurs axes pour le scrutin des 15 et 22 mars, après avoir désigné le 7 septembre l’écologiste et élu d’opposition Thierry Antoine pour mener la campagne.

    Bien que tête de liste, le candidat insiste sur le caractère collectif du Printemps. « Nous sommes avant tout une équipe de militants, de citoyens investis dans la vie locale. Des gens qui ont les pieds sur terre, ici, il n’y a pas d’ego surdimensionné. On n’aura pas de show à l’américaine, il n’y a pas d’obsession pour les caméras et les projecteurs », souligne Thierry Antoine. En ligne de mire, l’édile d’extrême droite Robert Ménard, « le maire de BFM qui ne s’occupe plus que de son image, persuadé qu’il a un destin national ». Ainsi, pour se démarquer, la liste de gauche entend « proposer tous les quinze jours des mesures qui répondent aux urgences des Biterrois ». Première priorité affichée, l’emploi. « Ou plutôt le manque d’emplois et son corollaire, la pauvreté. Nous aurons l’occasion de présenter prochainement un projet qui va générer la création de plusieurs centaines d’emplois », poursuit Thierry Antoine.

    Kits gratuits à l’école

    Vient ensuite la santé, dans un territoire s’apparentant de plus en plus à un désert médical. « La moitié des généralistes sur le Biterrois a plus de 65 ans et va donc bientôt partir à la retraite. Des gens n’ont pas de rendez-vous, pas de médecin traitant. Nous allons donc offrir un service de soins municipal avec des médecins salariés », insiste Évelyne Coulouma, représentante de Place publique.

    Côté éducation, alors que 52% des enfants de moins de 11 ans vivent sous le seuil de pauvreté à Béziers, le Printemps de Béziers s’engage à lutter contre la précarité. « La mixité sociale n’existe plus ou trop peu à Béziers. Un uniforme [mesure introduite par Robert Ménard, Ndlr] ne nourrit pas un enfant. Nous voulons donc lever le frein du coût de la scolarité en distribuant gratuitement des kits pour chaque enfant, ce qui représente 192 000 euros, un montant moindre que les uniformes distribués à quatre écoles », soutient Marie Laloma, cheffe de file du PS dans le Biterrois. Et de promettre également le recrutement d’une Atsem par classe.

    À ces trois chantiers s’ajoute celui des transports. « Nous portons la remise en cohérence d’un réseau adapté à ce qu’est Béziers. C’est une ville qui a connu un développement exponentiel sans gagner beaucoup de population. Aujourd’hui, la ville n’est pas que l’hypercentre, sur lequel est concentré l’ensemble de notre réseau en commun », souligne le communiste Nicolas Cossange.

    La campagne municipale est bel et bien lancée à Béziers.

  • Une ligne de covoiturage entre Toulon et Cuers

    Une ligne de covoiturage entre Toulon et Cuers

    Une nouvelle solution pour les trajets du quotidien. Ce mercredi était inaugurée, à Solliès-Pont, sur l’aire des Terrins, la nouvelle ligne « Zou ! Covoit’ », reliant Toulon à Cuers, via sept communes et 18 arrêts. Un service développé par ces dernières avec l’État, la Métropole TPM, le Département, sous l’égide de la Région Sud et de l’entreprise Ecov, spécialisée dans le covoiturage. Le Fonds Vert a financé la moitié du projet tandis que la Région a versé 2,7 millions d’euros.

    L’objectif de cette ligne, « la plus longue de France » souligne Thomas Matagne, fondateur d’Ecov, est de lutter contre l’autosolisme, c’est-à-dire l’usage de la voiture sans autre passager, dans les trajets du quotidien. « Elle représente 81% des déplacements, son taux de remplissage moyen pour aller au travail est d’1,07 personne », détaille Thomas Matagne.

    Service sans réservation

    Le principe : le passager se rend près d’un des 18 arrêts de la ligne et indique sa destination via une application. L’information s’affiche alors sur le panneau situé à l’arrêt et dans l’application des conducteurs géolocalisés sur ce trajet. L’un d’eux s’arrête et prend en charge le passager. Si aucun ne passe, une garantie départ est déclenchée après 15 minutes aux heures de pointe avec une autre solution (bus ou taxi). De leur côté, avant de prendre la route, les conducteurs indiquent leur trajet. Après avoir reçu l’info, ils récupèrent leurs passagers aux arrêts sélectionnés. Aucune réservation n’est nécessaire, le service est gratuit jusqu’aux vacances de la Toussaint et sera ensuite intégré au service Zou ! (abonnements ou tickets unitaires).

    Depuis son lancement le 23 juin, le service recense 1 668 inscrits pour 3 082 trajets proposés. Encore en deçà de ce qui est espéré, mais il s’agit désormais d’« obtenir des conducteurs qu’ils acceptent de devenir passagers, confier leur trajet et leur journée à quelqu’un d’autre. Cela se construit par la confiance, en les citoyens et en le service », appuie Thomas Matagne. « Le changement de comportement est essentiel. C’est une affaire d’acceptation collective et individuelle. Il faut que nous embarquions tout le monde, y compris les élus », abonde Jean-Pierre Serrus, vice-président (Ren.) de la Région en charge des transports.

  • Dans la Métropole de Toulon, coup d’envoi de la semaine de la mobilité du 16 au 22 septembre

    Dans la Métropole de Toulon, coup d’envoi de la semaine de la mobilité du 16 au 22 septembre

    16 septembre : visite d’un atelier de bus Mistral

    Pour le lancement de la semaine, une visite (sur inscription) des ateliers du réseau Mistral est proposée de 10h à 12h sur le site de Brégaillon, à La Seyne. L’occasion de découvrir les procédés de fabrication et de réhabilitation des véhicules, notamment des nouveaux bus électriques. En parallèle, deux randonnées pédestres sont organisées dès 9h, sur inscription, au départ du Pradet (parking Oursinières) et de La Garde (gare SNCF)*.

    17 septembre : initiation au longe-côte et village mobilité, à Hyères

    Un village mobilité s’installera à Hyères de 13h à 18h, avec de nombreuses animations : vélo smoothie, initiations et ateliers pour (re)découvrir les mobilités douces (trottinettes, voitures et vélos électriques, skate, roller…). Dès 9h, une initiation au longe-côte, sport consistant à marcher dans l’eau à la plage de la Capte*.

    19 septembre : randonnée au Pradet et roller nocturne à Toulon

    Une seconde randonnée pédestre est prévue vendredi au départ du Pradet*. Rendez-vous à 9h au parking de la plage de la Garonne, pour un parcours de 11 km. Le soir, à 20h30, une balade nocturne à roller aura lieu à Toulon, sans inscription, au départ du Palais des Sports.

    20 septembre : Rallye mobilité, marche nordique et village à Toulon

    Le Rallye mobilité, course d’orientation urbaine, se tiendra samedi de 10h à 17h au départ de la Maison de la mobilité TPM. Une trottinette électrique et d’autres lots sont en jeu. Un village mobilité animera le centre-ville avec des animations similaires à celles d’Hyères. Deux initiations à la marche nordique auront également lieu au départ du Mourillon (9h) et de la base nautique de Saint-Elme, à La Seyne (9h30). Une découverte du longe-côte est aussi proposée à Hyères à 10h*.

    21 septembre : village mobilité, La Seyne-sur-Mer

    Le troisième et dernier village mobilité prendra ses quartiers au Parc Braudel, à La Seyne, de 10h à 17h, ce dimanche.

    22 septembre : randonnée au Faron

    Pour conclure cette semaine, une randonnée (6 km) aura lieu au départ du Mémorial du Faron, lundi dès 9h.

    Défis au programme

    Plusieurs défis sont organisés par la Métropole : le défi mobilité, qui consiste, par équipes de trois au sein d’une même entreprise, à cumuler le maximum de points en utilisant des moyens de transport alternatifs à la voiture. Le challenge Géovélo, via l’application du même nom, permettra à la personne ayant parcouru le plus de kilomètres à vélo, en septembre, de remporter des prix. Enfin, vous pouvez participer à un « Mobi’quiz », via le site internet de la MTPM ou de la Maison de la mobilité, avec de nombreux lots à la clé.

    *Inscriptions et infos sur metropoletpm.fr

  • TER à 1€ : bénéfices et limites du dispositif

    TER à 1€ : bénéfices et limites du dispositif

    Quelles sont les forces et les faiblesses du TER à un euro ? Depuis que feu Christian Bourquin a concrétisé cette promesse de Georges Frêche, par la suite étendue à l’Occitanie par Carole Delga, c’est la première fois qu’un regard indépendant se pose sur cette mesure phare de la Région.

    Dans le cadre d’un audit flash (4 mois seulement), la Chambre régionale des comptes (CRC) a passé au crible ce choix politique fort et unique en France. « Seuls les Hauts-de-France ont une offre restreinte pour les 4-12 ans », renseigne Valérie Renet. Et la présidente de la CRC de préciser aussitôt : « Le but n’était pas d’évaluer la politique ferroviaire de la Région mais de poser des constats. »

    De quoi parle-t-on ? L’offre dite du TER à un euro est composée de 4 dispositifs. D’abord 5 lignes historiques proposent des billets à ce prix. Ensuite un million de billets à l’euro symbolique sont contingentés chaque année. S’ajoutent des promotions tous les premiers week-ends du mois ainsi qu’une remise estivale (14 juillet-15 août) pour les moins de 25 ans.

    Toutes mesures confondues, le TER à 1 euro représente 2,7 millions de billets annuels vendus (dont la moitié sur les dispositifs week-ends et jeunes), soit environ 13% du total des voyages des trains régionaux d’Occitanie. L’impact n’est donc pas négligeable pour un coût chiffré à 9 millions d’euros annuels, ce qui représente 2% montant total dédié à l’exploitation des TER (environ 3,4 euros par billet). « L’usager ne paye jamais la totalité du service. Ici 23% et 77% pour les contribuables », calcule Valérie Renet.

    +68% de fréquentation

    Quoi qu’il en soit, une statistique plaide en faveur du succès des politiques régionales. Entre 2019 et 2024, la fréquentation globale du réseau ferroviaire d’Occitanie a bondi de 68%. Et un quart de cette croissance provient des deux principaux dispositifs du TER à un euro. La Région comptait l’an passé 80 000 voyageurs et en vise 100 000 d’ici 2032. Autre indicateur favorable : le taux de remplissage des TER d’Occitanie, s’il peut paraître faible (39%), est nettement meilleur que la moyenne nationale (32%).

    L’idée de Carole Delga est à la fois de soulager le portefeuille des ménages et de favoriser le report modal vers le ferroviaire. Sur ce point, le bilan est plus contrasté, selon la CRC. Avec un ratio de 248 km voyageurs par habitant, notre région se classe toujours en avant-dernière position. Une étude de 2022 évaluait la part du report modal de l’ensemble des voyageurs vers le train à seulement 12% grâce au TER à 1 euro. Selon Valérie Renet, le prix du billet n’est pas le seul facteur de décision. « Les taux de fiabilité et de ponctualité des TER sont plus faibles en Occitanie (80-85%) », avance la présidente.

    Magistrat à la CRC, Fabrice Ribet précise que « dans les régions du Sud, il y a une habitude à davantage utiliser la voiture ». Il ajoute que « la situation dégradée de certaines infrastructures n’incite pas certains voyageurs à choisir le TER ». Lequel est parfois concurrencé par la route, par exemple sur la ligne de l’Aubrac (Béziers-Neussargues) qui longe l’A75. « Son taux de remplissage (10-12%) est le plus faible et la ligne nécessite 375 millions d’euros d’investissement d’ici 2027  ». Valérie Renet ne va « pas jusqu’à dire que des lignes historiques devraient être fermées » mais souligne que « leur impact environnemental est parfois limité lorsqu’elles ne sont pas électrifiées ». « Il y a besoin d’une étude comparative en fonction des besoins en investissements. » On peut aussi miser sur l’incitation au changement des comportements à long terme et se dire que le service public n’a pas pour vocation première d’être rentable.

    « Une habitude à davantage utiliser la voiture »

  • [Fête de l’Huma] « Tous cheminots » ouvrent le débat sur l’avenir du rail

    [Fête de l’Huma] « Tous cheminots » ouvrent le débat sur l’avenir du rail

    Ce n’est pas seulement un livre, c’est une démarche. « Tous cheminots » est un recueil de témoignage de travailleurs du rail, de toutes conditions et de toutes convictions, pour brosser un portrait de la profession dans un contexte de mise en concurrence décidée en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Une initiative du Comité des activités sociales interentreprises Paca. Pour son secrétaire, Sébastien Gronnier, « l’idée de ce livre était de servir le débat public, de donner la parole aux cheminots, qui vivent la concurrence. On l’a imaginé comme un recueil de témoignages, y compris celui DRH, pour avoir un panorama de l’état d’esprit des cheminots dans la période ».

    Une démarche saluée par François Tejedor, secrétaire de la CGT cheminots Paca : « la mise en place de la concurrence résulte d’une volonté politique qui découle des paquets ferroviaires européens, mais aussi de la décentralisation, qui permet aux Régions d’aller dans ce sens. Ce livre, il vient nourrir la réflexion et l’action », indique-t-il en rappelant les luttes menées pour préserver le service public et les droits des cheminots, « en Paca, on a réussi à sauvegarder l’essentiel d’entre eux ».

    Un documentaire à venir

    Pour Natacha Malet, cheminote et dirigeante nationale du PCF, il est possible de faire autrement. « On a une Région voisine, l’Occitanie, dont le vice-président chargé des Transports est communiste et qui a décidé de ne pas livrer le rail à la concurrence tout en développant l’offre ». Elle accuse la Région Sud d’avoir mis des financements sans précédent pour accompagner la mise en place de la concurrence plutôt que pour le service public. « La SNCF a été privée de 144 millions d’euros en raison d’un prétendu non-respect de ses obligations, alors que la Région a acheté au privé de nouvelles rames, financé un nouveau centre de maintenance… Nous, nous voulons une politique de service public qui réponde aux besoins des usagers, pas à ceux du capital ».

    Dans le public, plusieurs participants soulignent l’importance des activités sociales, culturelles et sportives menées par le Casi cheminots Paca, fragilisée par cette mise en concurrence qui accélère l’éclatement des salariés du ferroviaire.

    Fier de la conception des activités sociales « et non pas des œuvres sociales, ça c’est pour le patronat » portée par la CGT, Sébastien Gronnier rappelle les efforts déployés pour permettre l’accès du plus grand nombre au théâtre, à la lecture, à la culture. Il annonce d’ailleurs un documentaire prolongeant le livre « Tous cheminots ».

    François Tejedor insiste : « les activités sociales ne sont pas des privilèges, mais des droits gagnés par le rapport de force ». Une logique citée en exemple par Natacha Malet, car son financement a été gagné sur l’entreprise : « nous souhaitons qu’elle puisse s’étendre à toutes et tous ».

  • Le collectif Luynois en action réclame une réponse forte face aux bouchons

    Le collectif Luynois en action réclame une réponse forte face aux bouchons

    Pour le collectif Luynois en action, quelques ateliers ne suffiront pas à résoudre une problématique qui perturbe le quotidien des habitants. « On parle de 2 000 véhicules par jour qui bouchent des rues inadaptées », rappelle Rémi Girardin, coprésident du collectif citoyen, alors que le quartier est, aux heures de pointe, saturé de véhicules allant et venant entre Aix, Les Milles, Gardanne et Marseille.

    à la suite d’une réunion publique, en mai dernier, la mairie d’Aix-en-Provence a pris la décision d’organiser des ateliers publics pour débattre la question. Le premier – Dessine moi Luynes – a eu lieu au mois de juillet. Le second – Raconte moi Luynes – se tiendra le samedi 4 octobre, entre 9h et 12h, en salle Ughetti. Les informations sont à retrouver sur le site du collectif Luynois en action, ainsi que sur des affiches, distribuées dans le quartier de Luynes.

    « On aimerait que ces ateliers tapent dans le dur. On attend des discussions concrètes, pas des sujets superficiels. Ce n’est pas le moment de parler de la couleur des géraniums sur le rond-point », martèle Rémi Girardin, qui regrette une communication trop tardive autour de ces ateliers. Dans un communiqué paru ce jeudi, le collectif estime que « les seules actions concrètes évoquées à ce jour (aménagements ponctuels de trottoirs ou mobilité douce) ne peuvent pas constituer l’aboutissement d’un processus de transformation urbaine ambitieux. »

    Après avoir demandé une réunion en mairie pour « un cadrage davantage méthodique sur le déroulé de ces réunions », le rendez-vous a été accordé au collectif, le 24 septembre.

  • Des transports publics gratuits pour les femmes victimes de violences conjugales

    Des transports publics gratuits pour les femmes victimes de violences conjugales

    En s’engageant pour la gratuité des transports en commun en cas de violences conjugales – hors situation d’urgence, où des dispositifs de prise en charge taxis existent localement -l’Hérault se veut précurseur. Le 26 août, la préfecture a en effet signé, avec Hérault Transports, un protocole permettant aux femmes n’ayant pas de moyen de locomotion ou ne pouvant les utiliser, de bénéficier d’un titre de 10 transports gratuits et, selon le besoin, d’une carte d’abonnement de six mois. Une disposition qui pourra faire l’objet d’un renouvellement.

    Dans la mesure où « seules 15% des femmes porteraient plainte, ce dispositif n’est pas contraint par une obligation de justificatif de la situation mais sur attestation dans le cadre d’un accompagnement auprès des associations spécialisées et travailleurs sociaux des collectivités », fait savoir la préfecture dans un communiqué.

    Une initiative destinée, en priorité, aux femmes vivant en milieu rural. « La prise en compte du territoire permet une approche spécifique, car les difficultés de mobilité comme l’accès à l’information et la nécessité d’anonymat complexifient la détection et le départ du domicile conjugal. Une part importante de ces violences reste donc invisible et échappe aux dispositifs mis en place pour les réduire et les traiter. Les conséquences sont lourdes : en 2023, la gendarmerie est intervenue 4017 fois pour des situations de violences intrafamiliales dans le département et, en France, 47% des féminicides sont commis en zone rurale alors que seules 32% des femmes y résident », illustre la préfecture de l’Hérault.

    L’État et le syndicat mixte Hérault Transport, dont le réseau maille le territoire de plus de 1 800 points d’arrêt, qui sont autant de points d’accès au système de transport public, ont donc décidé de collaborer. « Hérault Transport sollicitera ses prestataires, sociétés de transport en vue de leur demander d’intégrer au plan de formation de leurs conducteurs un module de sensibilisation aux situations d’accueil de femme en situation de fragilité, voire de danger », précise le communiqué.

  • Martine Vassal dénonce des accusations « téléguidées »

    Martine Vassal dénonce des accusations « téléguidées »

    Dans les hauteurs du Vaisseau bleu à Saint-Just (4e arr.), la présidente (DVD) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône avait donné rendez-vous à la presse, ce vendredi après-midi, pour parler des chantiers menés dans les collèges et pour les transports, après une rentrée bousculée par les orages. Après avoir engagé 35 millions d’euros de rénovation pour ses collèges cette année, elle regarde déjà après 2027, pour « enclencher un plan Charlemagne 2 » de travaux annonce-t-elle, tout en promettant de consulter les établissements pour expérimenter l’interdiction du téléphone portable. Pour les transports, depuis le 1er septembre, les lignes de bus B4 et B5 sont entrées en service tout comme le parking relais de Sainte-Marguerite, déjà 200 000 usagers ont bénéficié de la gratuité étendue à tous ceux de plus de 65 ans et aux moins de 11 ans. Et si le nouveau métro ne commencera à être mis en service qu’après le mois de mars 2026 au lieu de décembre 2025, elle promet d’ores et déjà de lancer les travaux d’un nouveau plan de déplacement après les municipales, pendant que deux nouvelles stations de métro, au sud, doivent être créées sur le prochain mandat métropolitain.

    « Je dois gêner »

    À chaque fois dans ces projets, elle enjambe le passage par les municipales. Et pourtant, elle le concède : « J’y réfléchis de plus en plus. » Et de glisser qu’elle prendra sa décision définitive « une fois qu’on sera tous rassemblés et tous d’accord ». Mais avant de se lancer, il faut encore balayer les accusations de son ancien chef des relations internationales qui empoisonnent sa rentrée depuis la publication d’un article du Nouvel Obs le 21 août dernier, un « lanceur de boules puantes », lâche-t-elle. « J’ai appelé le procureur de la République, il m’a dit : non, il n’y a pas d’enquête sur vous. Il y a une enquête ouverte sur votre plainte, et un article 40 qui y est joint », insiste la présidente du Département. Celle-ci accuse son ancien cadre, recommandé par la présidente de la Région Île-de-France Valérie Pécresse, de chantage après son non-renouvellement et d’incitation à la haine pour avoir désigné les dirigeants israéliens comme des animaux, tandis que le haut fonctionnaire ciblait des voyages dispendieux et sa relation avec son chef de cabinet. « Je me demande si c’est parce que je suis une femme politique qu’on essaie de m’atteindre de cette façon-là », s’indigne-t-elle, en assurant qu’elle n’est ni mariée, ni pacsée, ni en concubinage avec son directeur de cabinet. Quant aux voyages, « moi je les assume », balaie-t-elle. « Ça permet de rayonner à l’international, c’est ma vision du développement économique. » Et de rapporter les coûts aux retombées estimées, qu’elle énumère longuement, en promettant que « les prix des voyages, pour toutes les institutions, c’est la même chose ». Quant à son accusateur, « oui, il est téléguidé par l’extrême gauche », lâche la quasi-candidate. En assurant : « Je dois gêner. »