Tag: transphobie

  • Au cœur de la Pride, entre fête et revendications

    Au cœur de la Pride, entre fête et revendications

    Drapeaux LGBT, pancartes, paillettes… Des milliers de personnes se retrouvent sur la place Castellane, dans le 6e arrondissement, samedi après-midi, pour la Pride marseillaise. Organisée par un comité de pilotage inter-associatif réunissant une quarantaine de structures, elle a rassemblé plus de 40 000 personnes, selon les organisateurs.

    Sur la place, Mila, 17 ans, attend une amie, pancarte à la main. C’est la première fois qu’elle participe à une Marche des Fiertés. « Je suis lesbienne, c’est important pour moi de montrer qui je suis et de défendre mes droits », exprime la lycéenne. Un peu plus loin, Tatiana, une Finlandaise de 26 ans, est attentive au départ du cortège. « La Pride compte beaucoup pour moi, j’ai été victime de transphobie et d’homophobie. C’est ma famille. Tout le monde peut te rejeter, ta famille peut te rejeter, mais dans la communauté LGBTQIA+, personne va te rejeter. On s’aime », témoigne l’esthéticienne.

    « Un courant réactionnaire revient »

    Derrière Tatiana, Nicolas et Daniel, tous deux quinquagénaires, observent la foule. « C’est un moment important, surtout en ce moment. Un courant réactionnaire revient, c’est important de s’affirmer et de défendre nos droits », soutient Nicolas, informaticien.

    Quelques minutes plus tard, un fumigène éclate et des cris de joie retentissent. C’est le grand départ. Sur son long char, le collectif Cagole Nomade enchaîne les performances de drag-queens devant une foule enthousiaste. Entourée de ballons blancs et roses, une DJ donne le rythme.

    De son côté, l’association marseillaise de soul brésilienne, Bloco Da Lili, fait danser les participants. Entre les tambours et les musiciens, le célèbre danseur et chorégraphe brésilien Gustavo Siqueira se déhanche dans la rue de Rome, sous des yeux ébahis et un soleil brûlant.

  • À Nîmes, le Refuge ouvre une porte aux jeunes LGBT+

    À Nîmes, le Refuge ouvre une porte aux jeunes LGBT+

    Il suffit parfois d’une phrase, d’une porte qui claque, pour qu’une vie bascule. Pour les jeunes LGBT+ rejetés par leur famille, parfois poussés vers la rue, la Fondation le Refuge veut désormais être une présence visible dans le Gard. Créée le 7 mai à Nîmes, sa délégation entend offrir écoute, accompagnement et protection à celles et ceux qui ne savent plus vers qui se tourner.

    Reconnue d’utilité publique, la Fondation le Refuge accompagne depuis plus de vingt ans des jeunes LGBT+ victimes de violences, de discriminations ou de rupture familiale. Après Montpellier, Avignon ou Toulouse, l’antenne gardoise vient combler un vide. « Il y avait un vrai besoin ici », souligne Nicolas Caseiro, responsable de la délégation. Dans un département où la ruralité pèse parfois sur les silences, le coming out peut devenir une épreuve redoublée. Le regard des autres y semble plus proche, plus dense, plus difficile à fuir.

    Écouter et protéger

    Pour l’heure, la délégation gardoise n’ouvrira pas de places d’hébergement propres. Les jeunes pourront toutefois être orientés vers les dispositifs existants dans la région. À Nîmes, l’urgence est d’abord de créer un point d’appui : « Recruter des bénévoles, trouver un local, tisser des liens avec les associations, les établissements scolaires, les services publics et les collectivités. »

    Car derrière les sigles et les débats publics, il y a des existences suspendues. Des jeunes qui n’osent pas parler. D’autres qui fuient. D’autres encore qui reconstruisent, pas à pas, un logement, un emploi, une confiance. À eux, le Refuge adresse un message simple, presque vital : « Vous n’êtes pas seuls. »

    Contact : Fondation le Refuge,
    09.39.03.63.03., 7
     jours sur 7,
    de 8h à minuit.

  • [Exposition] Genre, sexe et transgression chez Negpos

    [Exposition] Genre, sexe et transgression chez Negpos

    Patrice Loubon n’a pas oublié cette journée du 27 avril 2025 où il a découvert sa galerie vandalisée. Mais le président et fondateur de l’association NegPos, qui a toujours associé son travail culturel à la politique, loin d’être impressionné, a récidivé. D’abord en accueillant à nouveau l’exposition féministe de Kamille Lévêque, puis en proposant à partir du 8 mai, une exposition autour du genre, du sexe et de la transgression.

    « C’est une exposition que l’on a déjà montrée en Espagne mais je me suis dit qu’elle était une bonne réponse au saccage de l’année dernière. Ça permet d’en remettre une couche et de parler de questions qui nous préoccupent tous, à savoir le genre, la liberté sexuelle, la liberté d’expression et de création. Cette exposition concentre tout cela à travers une grande diversité d’expressions », précise Patrice Loubon.

    Six photographes

    La galerie a en effet rassemblé le travail de six photographes dont quatre internationaux. Parmi eux, le Cubain Yomer Montejo Harrys (Cuba), radiographe, propose une série de radios pour illustrer la violence sexuelle engendrée par le tourisme sur son île. « C’est un travail original qui évoque la soumission chimique, la prostitution et la prostitution des mineurs. C’est un travail très fin parce que la radiographie permet de mettre à distance ces questions. Avec la radiographie, on touche vraiment au corps parce qu’on est dans le squelette même », explique Patrice Loubon. Alejandro Perez Alvarez, également cubain, présente lui son reportage réalisé durant trois ans au sein d’un cabaret transformiste de La Havane.

    Carla Yovane propose de son côté un travail rare, réalisé avec les hommes prostitués de Santiago au Chili après qu’ils ont eu des relations sexuelles avec leurs clients dans des chambres d’hôtel. La sud-africaine Noncedo Gxekwa, elle, multiplie les clichés de femmes puissantes à la force physique déroutante, presque menaçante. Un travail qui évoque fortement l’exposition de Kamille Lévêque « Benzine cyprine ». Côté français, Pauline Sauveur suit une personne en transition de genre, entre traitements hormonaux et démarches administratives, alors que Fabien Dupoux propose un reportage en noir et blanc sur des hommes déguisés en femmes.