Tag: transhumance

  • À Figuerolles, la ferme mêle pédagogie et bonnes pratiques

    À Figuerolles, la ferme mêle pédagogie et bonnes pratiques

    Les groupes d’enfants se succèdent à la barrière de l’étable. Il faut dire que le spectacle est impressionnant, et peu commun pour des minots ayant grandi en milieu urbain. Un ouvrier agricole attrape une brebis et l’assoit. Puis, en la tenant fermement, il retire les kilos de laine qui lui tiennent chaud avec le retour des beaux jours. « Ça lui fait mal ? », demande un garçon, inquiet. Mélanie, une animatrice de
    la ferme pédagogique de Figuerolles, le rassure : « Non, c’est comme quand tu vas chez le coiffeur. »

    Rien ne se perd,

    tout se transforme

    Les 36 bêtes (des mérinos et des mourerous) passent à la tonte une fois par an, pendant le printemps. « Elles ne partent pas en transhumance, donc elles n’ont pas besoin de lainage pour résister au climat montagneux, développe l’agente. Elles ont le poil court pour l’été mais ça a le temps de repousser pour les protéger des premières pluies de septembre. »

    Et pas de gâchis avec la toison ! « La ferme ne produit rien, elle a une visée pédagogique », rappelle Laurence Brünner, responsable de la structure devenue municipale en 1993. Mais elle reste adepte « des bonnes pratiques ». « La laine est réutilisée dans notre potager, où elle va piéger l’eau tout en ne la laissant pas s’évaporer, explique Mélanie. Ça va aussi protéger nos fruits et nos légumes du gel l’hiver ! »

    La ferme organise de nombreuses animations gratuites pendant les vacances. Ce mardi, les familles pourront par exemple découvrir l’écopâturage. Tout le programme est à retrouver sur le site de la Ville.

  • Dans les Alpilles, les éleveurs s’organisent face à la menace du loup

    Dans les Alpilles, les éleveurs s’organisent face à la menace du loup

    Le ronronnement de la machine à café couvre un instant les bruits de mastication. Tandis que les agneaux, déjà bien dodus bien que nés cet automne, engloutissent du foin, Lionel Escoffier et l’un de ses deux bergers, Aurélien, démarrent la journée autour d’un gobelet d’où s’échappent des volutes de fumée. Chacun son petit-déjeuner.

    Au Mas de la Tapie, le travail est exigeant mais le cadre est paradisiaque : les 430 hectares de prairies sont plantés au pied du massif des Alpilles. Le maire d’Aureille et ses deux associés, ses cousins, ont repris l’exploitation de leur grand-père il y a une trentaine d’années. Ils y produisent du foin de Crau et élèvent 1 600 brebis et près de 1 300 agneaux chaque année, « sans compter les béliers », précise Lionel Escoffier. Une affaire qui roule.

    Mais depuis 2020, une nouvelle problématique vient perturber cette paisibilité : le loup. Longtemps cantonné aux Apennins, en Italie, il a fini par franchir la frontière au début des années 1990. En 1992, un premier couple est observé dans le Mercantour. Ce n’est que deux ans après qu’un troupeau de l’éleveur subit un premier assaut à Colmars-les-Alpes, dans le Haut Verdon, lors de la transhumance. Mais « en montagne, à part une grosse attaque survenue il y a une dizaine d’années qui nous a coûté une quarantaine de brebis à cause de mauvaises conditions météorologiques, on a toujours eu de la chance », assure l’éleveur.

    Une meute identifiée

    Depuis, le loup a avancé vers l’Ouest. « Une meute a été identifiée sur Roquemartine et Eyguières grâce à des pièges photo posés par le Parc naturel régional des Alpilles, mais il y a aussi des loups solitaires qui cherchent de nouveaux territoires », analyse-t-il. Finalement, c’est à Aureille que les dégâts sont les plus nombreux. Depuis le début de l’année 2025, le Mas de la Tapie a connu trois attaques. Une au printemps, qui a coûté la vie à 17 brebis, et « deux, deux jours de suite au mois de décembre ». À chaque fois, la procédure est la même : « On fait un signalement à l’Office français de la biodiversité, qui envoie un agent. Il vient sur place faire des prélèvements, des mesures des crocs, des photos, puis le dossier remonte à la Direction départementale des territoires et de la mer, qui confirme ou non si l’attaque est causée par un loup. »

    Si la prédation lui est imputée, les animaux tués et blessés sont indemnisés par l’État « en fonction de leur âge et de leur race ». Malgré ça, les attaques peuvent avoir des effets pervers, selon Lionel Escoffier : « Si ça devenait régulier, il y a quelques éleveurs qui pourraient arrêter, ce qui pourrait entraîner une déprise de terres agricoles ici quand on sait la pression foncière qu’il peut y avoir sur certains terrains. »

    Pour épauler les éleveurs qui font face à ce nouveau phénomène, le Parc naturel régional des Alpilles a relancé sa commission pastoralisme, jusque-là « en sommeil ». « Il y a eu une première réunion en décembre. » L’objectif : assurer une meilleure circulation de l’information concernant les attaques de loups.

    D’autres précautions sont utiles, affirme Laurent Escoffier : « Si vous avez un berger et des patous qui font leur boulot et un parc de nuit, vous arrivez à limiter les dégâts. » S’agissant du décret autorisant les tirs de défense, l’Aureillois assure : « Même s’il est publié, ça ne va pas être simple. Pour tuer du loup il faut être très bon. C’est surtout une manière de dire aux éleveurs : “On vous entend, on vous écoute”. C’est une mesure diplomatique. »