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  • Des travaux d’office sur le 98 rue Loubon insalubre

    Des travaux d’office sur le 98 rue Loubon insalubre

    Une étape nouvelle est franchie dans la lutte pour l’éradication de l’habitat indigne à Marseille. La mairie vient de publier un arrêté portant exécution de travaux d’office sur un immeuble frappé d’un arrêté préfectoral d’insalubrité.

    « Considérant qu’en raison de la gravité de la situation résultant de la persistance des désordres et de l’inaction du propriétaire, il convient d’effectuer [les travaux] d’office et aux frais avancés du propriétaire », énonce l’arrêté municipal du 23 octobre 2025.

    Le 98, rue Loubon (3e) à la Belle de Mai, est un bâtiment dégradé qui conjugue tous les fléaux du moment : l’insalubrité, le péril depuis novembre 2022, l’exploitation de la misère économique par un marchand de sommeil, Christophe Morelli, un maçon de 42 ans condamné en septembre 2023 à un an de prison ferme pour soumission de mères isolées à des conditions d’hébergement indigne (La Marseillaise, 29 août 2023). Le logement du rez-de-chaussée était frappé d’une interdiction d’habiter résultant d’un arrêté préfectoral d’insalubrité irrémédiable du 11 mars 2013 violé dans les grandes largeurs.

    Jusqu’alors les fonds dédiés aux travaux d’office étaient fléchés uniquement sur des immeubles en péril paralysés par l’inaction de leurs propriétaires. Sous Gaudin, le budget alloué s’était volatilisé dans des études et conseils. En 2024, 102 procédures de travaux d’office ont été lancées sur du bâti en péril et 40 chantiers achevés, qui ont mobilisé 3,9 millions d’euros que la municipalité récupérera, si besoin par la voie judiciaire, auprès des propriétaires défaillants.

    À l’occasion des Rendez-vous annuels du logement d’octobre dernier, la municipalité s’était félicitée de l’efficacité de ce levier : « Depuis début 2025, le volume de travaux d’office engagés a fortement diminué après un pic important constaté en 2023-2024, ce qui confirme que l’effet dissuasif a porté ses fruits et que les propriétaires et les copropriétés sont de plus en plus réactifs pour mettre en œuvre les mesures prescrites en cas de procédure. » Désormais donc, les travaux d’office s’étendent aux logements insalubres.

    Pourquoi ce tournant ? C’est en réalité l’application d’une convention déjà ancienne du 15 juin 2023 nouée entre l’État et la Ville de Marseille « pour la mise en œuvre de l’exécution complète des arrêtés de traitement de l’insalubrité » (sauf les cas de saturnisme et ceux pris en procédure d’urgence que l’État conserve) et pas seulement du relogement des occupants victimes par ailleurs dysfonctionnel faute de places. « C’est une des premières mesures en effet depuis que la Ville a repris l’intégralité de la compétence de l’État. Plusieurs chantiers sont en programmation pour ce second trimestre », confirme à La Marseillaise Florent Houdmon, le directeur du logement et de la lutte contre l’habitat indigne à la Ville. L’arrêté municipal du 23 octobre 2025 se substitue ainsi à l’incurie du propriétaire du 98 rue Loubon et la Ville va réaliser à frais avancés les travaux prescrits par l’arrêté préfectoral d’insalubrité pris sept mois auparavant sur le logement occupé par un couple au premier étage.

    Sur 242 arrêtés préfectoraux d’insalubrité pris à Marseille ces dix dernières années dont 155 sur la période 2020-2025, 182 sont toujours actifs dans l’attente de travaux et sur lesquels pèsent, en théorie souvent, une interdiction de perception de loyer et voire une interdiction d’occupation. Tous n’ont pas vocation à voir la Ville se substituer aux propriétaires indignes. L’objectif étant de persuader ces derniers à rénover, sauf à devoir payer lourdement l’ardoise.

  • La délinquance en baisse dans le centre de Marseille

    La délinquance en baisse dans le centre de Marseille

    Quand on met les moyens, ça marche… C’est en substance ce que laisse entendre la préfecture de police des Bouches-du-Rhône sur les réseaux sociaux. Dans un post en date du mercredi 22 octobre, elle revient sur les chiffres de la délinquance dans le centre-ville de Marseille : une diminution de 7% pour les coups et blessures volontaires en janvier 2025 par rapport à la même période en 2024, de 33,5% sur les vols à main armée, de 12,5% sur les vols par effraction. Quant aux vols à la tire, ils diminuent de 12%, les vols d’automobiles de 16,5%.

    Des effectifs déployés

    Ce résultat est à rapprocher de l’action engagée cet été rappelle l’institution. La division centre a bénéficié de 25 policiers cette année et une compagnie de CRS est en poste quotidiennement dans le secteur, histoire de « saturer la voie publique » à des fins dissuasives. Le but : « assécher le trafic, siphonner l’argent des réseaux et interpeller leur main-d’œuvre », précise-t-elle. Un dispositif établi grâce au travail des collectifs d’habitants, les associations, en lien avec les élus, se félicite la préfecture de police.

    En septembre, le rouage judiciaire a aussi été lancé. Le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, annonçant officiellement, suite à une attaque au couteau à Belsunce, qu’un groupe local de traitement de la délinquance serait créé pour le quartier.

    Le maire de Marseille n’a pas manqué de réagir affirmant qu’« apaiser le quotidien des habitants et des commerçants en centre-ville » était une « priorité partagée. » Et d’en profiter pour mettre en avant l’action de sa police municipale qui « mène depuis des mois des actions spécifiques dans le centre-ville ».

  • L’État lance un appel pour reloger les occupants d’habitat insalubre

    L’État lance un appel pour reloger les occupants d’habitat insalubre

    La préfecture a lancé un appel à manifestation d’intérêt « pour la captation d’hébergements, de relogements, et d’accompagnement social pour des ménages dont le logement fait l’objet d’un arrêté d’insalubrité ».

    L’approche, qui se veut expérimentale, s’attelle enfin au laxisme qui a longtemps prévalu dans le suivi des arrêtés préfectoraux d’insalubrité, en particulier ceux qui prescrivent une interdiction temporaire ou parfois définitive du logement. Il ne suffit pas de relancer la chaîne de production des arrêtés, faut-il encore s’assurer de leur exécution.

    Par manque de logements et de volontarisme aussi, nombre d’arrêtés sont restés lettres mortes face à la carence du bailleur, même sous la pression croissante d’astreintes. Les autorités sont souvent dans l’incapacité de se substituer au propriétaire à ses frais avancés. De fait, de nombreux occupants finissent par se reloger d’eux-mêmes, mais certains n’ont d’autres choix que de se maintenir dans le local insalubre, comme le constate régulièrement La Marseillaise : des locaux insalubres interdits depuis des lustres restent occupés et parfois même reloués en douce.

    La Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) est en quête d’un opérateur inventif à qui confier cette mission pour une durée initiale d’un an, reconductible jusqu’à trois ans « sous réserve de disponibilité budgétaire ». « L’appel à projets vise à favoriser l’émergence de projets innovants et partenariaux… Toutes les propositions alternatives et les initiatives sont les bienvenues », énonce le cahier des charges qui promeut l’idée d’un « groupement d’opérateurs » qui « serait semble-t-il de nature à favoriser la capitalisation des compétences et des expériences dans des domaines variés et de mieux couvrir l’intégralité du département ».

    Marseille exclue de la mission expérimentale

    La DDETS rappelle combien la lutte contre l’habitat indigne est une priorité d’action de la puissance publique « à valeur constitutionnelle », dans un département qui détient « les taux les plus élevés de France » : 63 000 logements privés y sont potentiellement indignes, soit 9,6% des résidences principales. « Marseille concentre, à elle seule, 30% du parc potentiellement indigne de la région Paca. Ainsi, 40 000 logements privés sont potentiellement indignes à Marseille, dont 10 000 nécessiteraient un traitement prioritaire. »

    Pourtant, Marseille est exclue de l’expérimentation, alors que la cité phocéenne pèse pour la moitié (242) des 502 arrêtés préfectoraux engageant la procédure d’insalubrité dans le département ces dix dernières années. Depuis le début de l’année, 66 arrêtés préfectoraux (dont 9 avec interdiction définitive du local) ont ouvert une procédure de traitement de l’insalubrité, dont 39 à Marseille (60%). L’État justifie cette exclusion par « la convention de délégation de traitement des situations d’insalubrité », signée en janvier 2023 avec la Ville de Marseille. « La plupart des situations de la ville de Marseille sont donc gérées par le service communal d’hygiène et de santé (SCHS), hormis les situations de ménages non titrés et en surpeuplement. » Or, la ville est bien plus confrontée à ses difficultés que l’État.