Tag: Toussaint

  • Les cimetières de la ville se transforment

    Les cimetières de la ville se transforment

    À l’occasion de la fête de la Toussaint, où la fréquentation des cimetières augmente de manière significative, la Ville de Marseille a exposé, ce vendredi, ses initiatives pour améliorer leurs capacités d’accueil. L’objectif de ce processus de transformation, déjà en cours, est de repenser leur fonctionnement afin de « répondre aux besoins des Marseillais ».

    Perrine Prigent, adjointe au maire en charge des espaces verts, détaille la volonté de la Ville de densifier le patrimoine végétal des cimetières marseillais : « On aimerait qu’ils soient davantage intégrés dans la ville. Ils servent à commémorer les morts, mais ce sont aussi des espaces de respiration. On plante des arbres dans les cimetières pour remettre du vert dans la ville. »

    Afin de trouver des solutions face au manque d’emplacement pour les nouvelles sépultures, la mairie compte acquérir de nouveaux espaces, qui leur seront dédiés, et promet une meilleure gestion des parcelles déjà existantes. « On travaille sur des extensions dans plusieurs cimetières et sur une réduction du temps d’attente pour obtenir une concession. On veut être plus prompt sur les reprises administratives quand la tombe n’est plus entretenue, mais il faut que l’emplacement soit suffisamment dégradé pour la reprise légale d’une place occupée, dont la concession n’a pas été renouvelée par la famille », explique Julien Rossi, conseiller municipal en charge de la gestion des cimetières.

    Un accueil plus humain

    Les démarches de la Ville visent aussi à combattre plus efficacement les vols d’objets funéraires grâce à l’automatisation des portails et l’installation de caméras de surveillance.

    La mairie cherche à améliorer un service qu’elle souhaite plus humain. « Les cimetières sont des lieux de vie où on entretient des liens générationnels. On ressent donc ce besoin de mieux accueillir nos concitoyens quand ils viennent se recueillir », conclut Julien Rossi.

  • Les minots marseillais redécouvrent leur ville dans le petit train

    Les minots marseillais redécouvrent leur ville dans le petit train

    L’opération « Le Petit Marseillais », portée conjointement par la Ville de Marseille et l’office du tourisme, permet aux jeunes Marseillais « de découvrir ou redécouvrir le patrimoine de la ville et se le réapproprier ». Telle est l’ambition affichée par Arnaud Drouot, président de l’office de tourisme de Marseille et adjoint au maire. « Les vacances scolaires peuvent être, notamment pour les enfants qui ne partent pas, l’occasion de redécouvrir leur ville », poursuit-il. Ce programme, habituellement organisé pendant les vacances de Pâques, est proposé pour la première fois lors des vacances de la Toussaint, souligne l’élu. « On propose cette année à plus d’un millier de petits Marseillais et Marseillaises de partir en vacances, dans leur ville », explique Arnaud Drouot.

    « Depuis le début de l’opération, plus de 5 000 enfants ont participé, provenant de 31 centres sociaux marseillais différents. Que ce soit, comme aujourd’hui, avec le petit train, mais aussi parfois avec des tours en bateau ou dans les Colors bus », poursuit Hassan Guenfici, adjoint au maire de Marseille délégué aux centres sociaux et à l’éducation populaire.

    Public conquis

    Parmi les passagers, Tiphaine travaille au centre social Baussenque (2e). Elle accompagnait, jeudi, trois familles à bord du petit train. « C’est vraiment chouette comme activité, mais il faut être très réactif quand la mairie propose les places. S’il pouvait y en avoir encore plus, ce serait d’autant mieux », clame-t-elle, avant de grimper dans le petit train.

    Après avoir échangé avec les occupants du train, Arnaud Drouot estime l’opération réussie : « Parmi les personnes avec qui j’ai échangé, il n’y a qu’une maman qui a déjà fait le petit train, les autres ne l’ont jamais pris. »

  • Le Toulonnais Raimu repose chez lui au cimetière central

    Le Toulonnais Raimu repose chez lui au cimetière central

    Commune où il a vu le jour le 18 décembre 1883 et à laquelle il est toujours resté fidèle, jusqu’à sa mort en 1946. Le « Monstre sacré » du cinéma français des années 1930 et de la première moitié des années 1940, précisait à qui lui en faisait la remarque que son accent était toulonnais, et non pas marseillais. Nuance ! L’interprète fétiche de Pagnol repose à présent dans un silence de pierre, au début de la première allée qui porte son nom, juste à droite après la porte principale. Un sacré pétrin dans lequel on finira tous. À vous fendre le cœur.

  • Saint-Pierre, ce musée à ciel ouvert

    Saint-Pierre, ce musée à ciel ouvert

    « Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! Levons l’ancre ! Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons », écrit Charles Baudelaire, tel Charon qui passe sur l’autre rive. Plus de 600 000 de nos chers disparus ont accompli depuis 1854 le dernier voyage pour le cimetière Saint-Pierre. La « ville des morts » dessinée par l’architecte Sixte Rey sur d’anciens domaines bastidaires s’étend sur 63 hectares et veille au repos éternel de 600 000 défunts. Le premier à y être inhumé fut un soldat de la guerre de Crimée du nom de Marie-Joseph Maur.

    La nécropole marseillaise qui succède au cimetière abandonné de Saint-Charles, offre une traversée sociale, historique, politique de la ville. Sa statuaire souvent sacré qui connaît son âge d’or entre 1880 et 1930, suit l’esthétique des grands cimetières italiens sans toutefois atteindre la magnificence du cimetière de Gênes, considère l’historien Michel Vovelle (1933-2018) pour qui le cimetière de « Marseille, par ses dimensions comme par sa nature même, s’inscrit comme un site exceptionnel dans la Provence occidentale ».

    Anciens maires, négociants, académiciens, peintres, militaires, comédiens, sportifs, célébrités du milieu s’y côtoient dans une géométrie des classes sociales avec son carré d’or où le deuil bourgeois s’exprime dans un vocabulaire funéraire fait de pleureuses, d’angelots sculptés, d’emblèmes et de médailles, de couronnes, de plaques, de palmes, etc. L’opulence des chapelles, le luxe ostentatoire des mausolées racontent en miroir la puissance des familles dans la « ville des vivants ».

    L’élite bourgeoise domine au carré 6 sous la pinède. Ce « zonage social » qui épouse le régime des concessions, était recherché par l’architecte Rey « qui a réservé les parties les plus visibles, bordures d’allées et de carrés, aux concessions perpétuelles sur lesquelles s’élèveraient peu à peu les monuments funéraires des notables de la ville », écrit Marie-Odile Giraud de la commission régionale des monuments historiques. Certaines sépultures exceptionnelles méritent une protection patrimoniale et pour certaines des travaux urgents de consolidation. Seule le mausolée du négociant Camille Olive mort en 1876 et dessiné par l’architecte de renom Pascal-Xavier Coste, bénéficie depuis 2014 d’une inscription au titre des monuments historiques.

    Déambulant en ce 2 novembre qui est en réalité le jour des morts qui suit la Toussaint, vous croiserez dans ce panthéon marseillais l’académicien Edmond Rostand, le poète Antonin Artaud, l’actrice Gaby Deslys, l’athlète Jean Bouin et son magnifique bronze ou encore Ray Grassi grandeur nature mort sur le ring. Vous se serez saisi d’émotion devant « le dernier baiser » des époux sur la tombe de la famille Lains dessinée par les sculpteurs Italo Buselli et Henri Raybaud et la statue poignante de la petite fille qui écrit à sa grand-mère.

    Les victimes des Nouvelles Galeries

    Le carré 38 à l’est de la Pinède accueille les dépouilles de 48 des 73 « victimes du devoir et du travail » lors de l’incendie des Nouvelles Galeries sur la Canebière survenu le 28 octobre 1938. Ce sont essentiellement des employés du magasin qui ont été inhumés collectivement le 14 novembre lors d’obsèques solennelles. Une foule immense a suivi le long convoi des 48 cercueils parti du palais Carli, transformé en chapelle ardente, puis a remonté le cours Lieutaud, le boulevard Baille jusqu’au cimetière, encadré par plusieurs régiments d’artillerie. Contre le mur de droite, on trouve les 6 victimes de l’incendie du pétrolier anglais Maryad en décembre 1938 et les 11 morts de l’explosion en février 1942 de l’usine à gaz des Crottes.

  • Des rites et du patrimoine

    Des rites et du patrimoine

    Depuis le paléolithique, l’Homme procède à des rites funéraires. En ce début novembre où les cimetières se remplissent de vivants venant visiter leurs chers défunts, la période permet aussi de découvrir un patrimoine singulier où la grande histoire côtoie l’intime.

    Plus le cimetière est ancien, plus l’intérêt du public s’aiguise, en témoignent les visites commentées dans ces lieux de repos éternel. Car en arpentant les allées des cimetières, c’est paradoxalement des histoires bien vivantes qui émergent. C’est le cas du cimetière Saint-Pierre à Marseille, une ville dans la ville. Bien que la cité phocéenne compte 21 cimetières sur une surface totale de 125 hectares, Saint-Pierre est le plus emblématique et le plus riche en histoires.

    La crémation, une tendance de fond en France

    Cet attrait pour le patrimoine de nos cimetières n’empêche pas une tendance de fond en France en faveur de la crémation. Selon un étude d’opinion d’Ifop datant de novembre 2023, 50% des Français opteraient pour la crémation. Ils étaient seulement 20% en 1979. Seuls 29% souhaiteraient être enterrés. Le changement est radical et tient à des raisons multiples. Le prix des concessions en fait partie. Il n’empêche que les cimetières doivent continuer à s’agrandir.
    À Marseille par exemple, où le manque de places est criant, la Ville veut créer plus de 5 400 emplacements supplémentaires. Mais au-delà de cette question matérielle, demeure la prégnance des rites de chacun vis-à-vis de nos disparus. Que l’historien romain Tacite a superbement résumé : « Le vrai tombeau des morts, c’est le cœur du vivant. »