Tag: tourisme durable

  • Aix-en-Provence : concilier patrimoine et tourisme durable

    Aix-en-Provence : concilier patrimoine et tourisme durable

    Ils sont une dizaine de professionnels du patrimoine, de l’urbanisme, de la culture et du tourisme arrivés du monde entier à s’être retrouvés dans la capitale de Provence, le temps d’une semaine. Venus de Croatie, de Palestine, du Liban ou d’Amérique du Sud, ils ont entamé lundi une semaine de formation internationale, pilotée par l’association des Sites et Cités Remarquables de France.

    Fondée en 2001, elle compte désormais 320 villes et territoires français en son sein. Son activité consiste notamment à réfléchir à la protection et la valorisation du patrimoine. L’événement, privé, a lieu une fois par an dans une ville différente. Un thème sert de fil rouge aux débats et ateliers proposés qui rythment l’emploi du temps des participants : le « patrimoine et tourisme durable ».

    « Au cours de cette semaine de discussions et d’échanges, on va se rendre compte qu’au travers de cultures, de pays différents, nous avons en fait des projets communs, des visions qui peuvent être identiques comme différentes. Et l’on s’enrichit des différences des autres », contextualise Marie-Pierre Sicard-Desnuelles, vice-présidente de l’association et adjointe au patrimoine de la Ville. Pour intégrer la semaine de formation, les participants ont dû répondre à un appel à projet, lancé par Sites et Cités il y a quatre mois. Plusieurs visites des lieux culturels de la ville et de ses alentours sont au programme pour les participants sur place.

    « Aix est une ville

    assez exemplaire »

    Notamment le musée Granet, le grand site de la Sainte-Victoire, mais aussi le village de Puyloubier… Plusieurs conférences, échanges et débats sont également prévus. Parmi les intervenants attendus, Michel Fraisset, directeur de l’Office de Tourisme d’Aix, Edane Edane Dorgelet Adonis, directeur de l’Office de tourisme d’Ebolowa, au Cameroun, Anne Vourc’h, docteur en sociologie et conseillère du réseau Grands sites de France…

    « L’idée globale de cette rencontre est de voir comment une ville, grâce à son patrimoine, peut être attractive sans rester sous cloche. Soit trouver un équilibre entre un cadre de vie pour les habitants tout en étant touristique, précise Florence Sirot, directrice de Sites et Cités. Aix est une ville assez exemplaire sur cette caution d’attractivité touristique, de gestion du tourisme… Cela nous semblait naturel de le faire ici. Aussi, tout le département travaille sur (la question du tourisme durable), pour éviter, par exemple, que les mêmes sites soient visités. »

    Mais Florence Sirot de préciser : « Attention, nous ne sommes pas là pour dire quoi faire. On reste sur de l’échange et du partage d’idées. »

  • Dans le Var, une légère baisse de la fréquentation touristique sur les huit premiers mois de 2026

    Dans le Var, une légère baisse de la fréquentation touristique sur les huit premiers mois de 2026

    La saison estivale touchant à sa fin, l’heure est au bilan des huit premiers mois de l’année pour le secteur du tourisme dans le Var. Avec un premier constat général : une légère baisse du nombre de nuitées touristiques, de l’ordre de 3% par rapport à 2025 (60 millions contre 61,9). « Ce n’est qu’un écart marginal », tempère le président (LR) du conseil départemental Jean-Louis Masson. « Ce sont de bons résultats, qui sont le fruit de nos efforts pour compenser les freins. »

    Le premier est, évidemment, celui de la conjoncture économique nationale défavorable, qui a poussé les Français à modifier leurs choix initiaux. Si trois Français sur quatre sont partis en vacances cet été, seuls 43% d’entre eux ont réalisé le séjour envisagé au printemps, avec, pour nombre d’entre eux, des baisses de budget. 60% ne sont partis qu’une semaine ou moins, pour des destinations plus proches (16% sont restés dans leur région). 37% ont par ailleurs réservé plus tard que d’habitude par inquiétude financière et 36% ont revu leurs plans sur l’hébergement. « Mais ce que nous perdons, nous le gagnons sur le luxe, qui progresse de 6%, le Var restant une destination de prestige », souligne Guillaume Décard, Guillaume Décard, président de Var Tourisme.

    Comme partout ailleurs, dans le Var, cela s’est surtout ressenti en août, après un mois de juillet positif (taux d’occupation en hausse pour le logement meublé, +7% pour l’hôtellerie, chiffres stables dans le plein air et les hébergements collectifs) et des mois de mai et juin quasiment au même niveau que l’année passée. On a été beaucoup plus sous pression en août, mais le retard a été un peu rattrapé grâce aux départs de dernière minute sur la deuxième quinzaine », détaille Guillaume Décard.

    Le tourisme 4 saisons face aux effets de la chaleur

    Autre constat relatif au pouvoir d’achat : une consommation en berne. « Il y a un réel souci qui se ressent dans la restauration, les activités… », observe Guillaume Décard. La hausse du prix du carburant a notamment eu une incidence importante. Pour contrer ces effets, plusieurs pistes sont creusées : le développement des modes de transports doux (pistes cyclables, transports en commun…), du ferroviaire (avec la ligne nouvelle)… et de l’avion, avec une ligne Paris – Hyères, bientôt opérée par une compagnie low coast (Transavia).

    Le tourisme étranger, en progression sur mai-juin (+8%), et stable en moyenne, est également un facteur de croissance car doté d’un pouvoir d’achat plus important. Les trois nationalités les plus représentées sont, dans l’ordre, les Allemands, les Italiens et les Belges. En ce sens, Var Tourisme veut poursuivre son ouverture aux pays européens, avec comme nouvelle cible la Scandinavie, ce qui pourrait, là aussi, être favorisé par l’ouverture d’une liaison aérienne avec Copenhague.

    Enfin, les effets de la chaleur se sont fait ressentir, poussant 57% des Français à modifier leurs habitudes sur place. Le Var des terres a ainsi été particulièrement touché, avec des activités annulées, notamment à cause des (risques) incendies. L’agritourisme, en plein développement, mais pour lequel « il n’y a pas encore de chiffres précis », précise Guillaume Décard, est une des solutions stratégique : « Nous menons un projet transfrontalier avec la Toscane à ce sujet. Il faut le lier aux activités de pleine nature. Ce tourisme durable doit se dessiner à l’année sur ces offres-là ».

    Un élément essentiel du « tourisme 4 saisons », objectif principal de la politique touristique. « Mais on est contre l’étalement », affirme toutefois le patron de Var Tourisme. « On gagne des parts de marché hors saison estivale, mais on doit limiter la baisse sur l’été. » Les quatre derniers mois de 2026 seront un indicateur des progrès en la matière, alors que 77% des responsables d’établissements varois se disent confiants à l’abord de cette période.

  • [Week-end] Au camping les Auches d’Ancelle, soixante ans de tourisme alpin

    [Week-end] Au camping les Auches d’Ancelle, soixante ans de tourisme alpin

    « On vient ici parce que c’est familial et puis, on est des fans de rando, on passe la journée à la montagne ! » Pour Mme Roche, qui vient avec ses enfants puis ses petits-enfants, depuis plusieurs décennies au camping les Auches à Ancelle, les vacances d’été, c’est à la montagne. « Et puis de toute façon, à Marseille, on crame », soupire un de ses petits-enfants. Avec les chaleurs toujours plus nombreuses et plus intenses chaque été, les Hautes-Alpes, où les canicules demeurent moins sévères que sur le littoral, deviennent un véritable refuge estival. Pour les campings locaux, cela renforce une demande grandissante du public pour la saison estivale, là où, longtemps, l’hiver et ses sports de neige étaient le cœur de leur activité.

    Une évolution que Laure Pellissier, gérante du camping fondé par ses parents en 1968, a observée avec le temps. « Les quatre ou cinq premières années, le camping était seulement un caravaneige, ouvert uniquement l’hiver, puisque la station d’Ancelle était à son apogée. C’était une clientèle du littoral, de Marseille, qui venait installer la caravaneige à la Toussaint et montait tous les week-ends faire du ski jusqu’à Pâques », se remémore-t-elle. Au fil du temps, l’offre du camping s’est diversifiée, priorisant à partir de 2010 les « emplacements nus », pour les tentes, vans ou camping-car et les activités de nature. « Avant cela, il n’y avait pas la demande. Au début, les gens qui aimaient la montagne
    l’aimaient surtout solo. Aujourd’hui, ça se fait plus dans le partage et le panel d’activités possibles dans la vallée est énorme. En une semaine, on n’a pas le temps de tout faire
     », assure Laure. Une tendance que l’équipe du camping a bien identifiée, en partenariat avec les accompagnateurs du Champsaur, elle propose quatre randonnées par semaine incluses dans la réservation.

    L’appel de la nature et du portefeuille

    « Il y a un retour à la montagne depuis cinq, six ans c’est clair ! Et la canicule cette année nous a fortement aidés à avoir un taux de remplissage exceptionnel, affirme Laure Pélissier. J’ai envie de dire d’un côté merci à Instagram ! On a jamais vu autant de choses sur la montagne. Après, il y aura le revers de ça, forcément, on voit qu’il y a des gens qui viennent parce qu’ils ont vu des vidéos TikTok mais qui, clairement, ne sont pas prêts pour la montagne… »

    À cette tendance s’ajoute l’argument économique, la montagne en été est souvent moins onéreuse qu’en hiver. « Le modèle de la semaine au ski, du samedi au samedi, a pris un gros coup, maintenant c’est quatre-cinq jours, constate Laure. Cette tendance, honnêtement, c’est aussi une question de budget. On est en crise. » Là où une semaine en mobile home dans le Var oscille en général entre 700€ et 1 100€, la même durée coûte facilement 200 à 300€ de moins dans les Hautes-Alpes. Mais les deux destinations n’offrent pas les mêmes vacances. « En juillet, de 11h du matin à 16h l’après-midi, je suis seule dans le camping, les gens sont tous en activité en extérieur, rapporte Laure. Alors certes, il faut aimer la montagne et être un peu sportif. Chez nous, ce ne sont pas vraiment les vacances transat », prévient-elle.

  • Le tourisme comme moteur économique en plein essor

    Le tourisme comme moteur économique en plein essor

    À l’embouchure du Rhône, entre terre, mer et fleuve, Port-Saint-Louis-du-Rhône est l’une des portes d’entrée de la Camargue. Érigée en municipalité distincte des territoires d’Arles et de Fos-sur-Mer en 1904, cette commune du bout du monde s’est bâtie autour de son port de transbordement. Plus de 120 ans plus tard, elle se dessine un nouveau visage en se tournant vers le tourisme, sans oublier son héritage. « Nous assumons pleinement cette histoire industrielle et maritime en la transformant en atout touristique », souligne l’adjointe au maire déléguée à l’attractivité Marion Castellani.

    Observation des flamants roses, plages naturelles, salins, randonnée, vélo, navigation entre Rhône et Méditerranée, découverte des métiers de la pêche, visite des sites portuaires et industriels en activité… La programmation, qui met en valeur les traditions camarguaises et provençales, tout comme le patrimoine ouvrier, porte ses fruits. « Port-Saint-Louis-du-Rhône confirme sa montée en puissance comme destination de nature, de littoral et de tourisme itinérant », poursuit l’élue. L’Office de Tourisme accueille chaque année plus de 5 000 visiteurs dans ses locaux, « un chiffre qui ne cesse de progresser », précise la directrice Mandy Girard-Marin. L’aire de camping-car, inaugurée en 2022, permet à elle seule d’accueillir près de 10 000 visites.

    Un tourisme

    quatre saisons

    Si la clientèle est majoritairement française (principalement issue de la région Sud, de l’Île-de-France et d’Auvergne-Rhône-Alpes), la Via Rhôna offre une visibilité européenne à Port-Saint-Louis-du-Rhône, située au terme du parcours reliant le lac Léman à la Méditerranée, avec des touristes venant d’Allemagne, des Pays-Bas ou encore d’Italie.

    Deux ports de plaisance, le port central et un partenariat avec des compagnies de tourisme fluvial permettent également d’accueillir une clientèle plus internationale. « Les Américains, les Canadiens et les Australiens », amateurs de balades sur le Rhône, sont particulièrement représentés. La Ville travaille à la création de nouvelles escales dans le cadre de la démarche Provence fluviale. Le futur Pôle Nautisme Mer, avec la réhabilitation des 300 hectares de la Presqu’Île du Mazet, doit renforcer l’accueil des plaisanciers, avec la création de 4 500 places à sec et à flot, tout en promouvant les métiers maritimes. « Ce projet repose sur deux principes : développer des activités écoresponsables et réinvestir intelligemment les friches pour valoriser le foncier disponible sans artificialisation inutile », précise Marion Castellani. Avec un objectif : « Allonger les durées de séjour tout en développant une activité touristique plus étalée sur l’année ». Le chiffre d’affaires est évalué à 220 millions d’euros, avec 570 emplois attendus à la clef.

  • Troisième destination de la région, le Gard veut garder le cap

    Troisième destination de la région, le Gard veut garder le cap

    Dans le Gard, le tourisme tient bon. Il serpente entre les arches du Pont du Gard, descend vers les arènes de Nîmes, file jusqu’aux plages du Grau-du-Roi, remonte dans les Cévennes et s’attarde dans les villages de garrigue. En 2025, le département a enregistré 27,6 millions de nuitées, confirmant sa place de troisième destination touristique d’Occitanie, derrière l’Hérault et les Pyrénées-Orientales. Un chiffre qui pèse lourd : 2,1 milliards d’euros de retombées économiques estimées et 9 400 emplois directs. Dans un territoire souvent rappelé à ses fragilités sociales, le tourisme reste un moteur : « C’est le second secteur économique du département, derrière l’industrie et avant l’agriculture », rappelle Pascale Fortunat-Deschamps, présidente de Gard Tourisme.

    Mais le moteur tourne différemment. Gard Tourisme, qui dressait son bilan 2025 et présentait ses perspectives 2026, ne cache pas les mutations en cours. « Les Français ne renoncent pas aux vacances mais ils changent leur comportement », résume Pascale Fortunat-Deschamps. Séjours plus courts, réservations de dernière minute, budgets surveillés : le vacancier regarde désormais la facture avant le paysage. Une enquête menée auprès des professionnels d’Occitanie indique que 45% constatent une baisse du panier moyen.

    Voyager moins loin,

    mais partir encore

    Le Gard résiste pourtant. En 2025, 4,9 millions de visiteurs ont été comptabilisés, contre 4,7 millions l’année précédente. Les grands sites continuent de jouer les locomotives : 1,2 million de visiteurs au Pont du Gard, près de 420 000 au Seaquarium du Grau-du-Roi, 370 000 aux arènes de Nîmes, plus de 250 000 à la Bambouseraie en Cévennes. La clientèle française reste majoritaire, portée par la proximité : Gard, Hérault, Bouches-du-Rhône, Rhône ou région parisienne. Mais l’international conserve une place forte, avec 39% des nuitées réalisées par des visiteurs étrangers, surtout européens.

    Pour 2026, les signaux sont prudents mais encourageants. Après un mois d’avril en baisse de 5% sur les nuitées, les locations saisonnières affichent, à date, des perspectives en hausse de 13% en juillet et de 3% en août. Rien n’est acquis, tant les réservations se confirment tardivement. Le secteur avance donc à vue, entre espoir d’été et incertitude économique.

    Attirer sans subir

    Face à cette nouvelle donne, Gard Tourisme veut mieux connaître ceux qui viennent, et ceux qui vivent ici. Environ 4 200 enquêtes ont été recueillies dans le département, dans le cadre d’une étude régionale plus large. Les résultats, attendus à la rentrée, doivent permettre d’adapter l’offre, les tarifs et les stratégies d’accueil. La réponse esquissée tient en un mot : durable. Non pas comme un slogan plaqué sur une brochure, mais comme une nécessité. « Les Gardois ne doivent pas subir le tourisme de masse », insiste Pascale Fortunat-Deschamps. Mobilités douces, meilleure répartition des flux, valorisation de l’arrière-pays, nature et patrimoine : le Gard veut faire de ses fragilités une force. Le nouveau magazine Escampettes, la topocarte et l’application Latitude Gard, qui remplace Rando Gard, doivent accompagner cette itinérance plus douce.

    « Le Gard a énormément d’atouts et nous ne le disions pas de façon claire », ajoute Claire Pradel, de Gard Tourisme. « Nous sommes le seul département à avoir trois réserves biosphères et de vraies typicités. Il nous faut le montrer, cela existe ! » Reste à tenir l’équilibre. Faire venir sans saturer. Faire découvrir sans abîmer. Faire vivre l’économie sans transformer les habitants en décor. Dans ce Gard aux trois réserves de biosphère, entre pierres romaines, bambous cévenols et horizons camarguais, l’enjeu n’est plus seulement d’attirer. Il est d’accueillir mieux, pour que le tourisme profite au territoire sans lui faire perdre son âme.

  • Le téléphérique de la Grave, un danger pour le Gypaète

    Le téléphérique de la Grave, un danger pour le Gypaète

    Le bras de fer dure entre les défenseurs du gypaète et la Société d’aménagement touristique de La Grave, la SATG, et cette fois, c’est cette dernière qui y laisse des plumes. Le tribunal administratif de Marseille a jugé ce mardi que son projet de créer un troisième tronçon de téléphérique traversant le glacier de la Girose, dans le massif de la Meije, menace une espèce protégée, le Gypaète barbu. À ce titre, le chantier doit donc faire l’objet d’une demande de dérogation auprès des autorités. Une victoire pour les associations de protection de l’environnement, mais qui n’est pas définitive et ne condamne pas le projet en lui-même. Depuis 2019, La Grave et la SATG projettent de créer un téléphérique entre le col des Ruillans à 3 211 mètres au Dôme de La Lauze à 3 559 mètres, traversant ainsi une zone où le Gypaète Barbu est régulièrement observé.

    En octobre 2023, le site du chantier avait été occupé par des militants des Soulèvements de la Terre. Le 11 février dernier, le tribunal administratif de Marseille avait rejeté le recours contre le permis de construire. Trois mois plus tard, il fait cette fois droit aux demandes des associations, reconnaissant l’insuffisance de garantie de sécurité présentée par les porteurs de projets envers les gypaètes. Les juges estiment que les dispositifs anti-collision prévus sur les câbles du futur téléphérique ne présentent pas des garanties suffisantes pour éviter des impacts avec des gypaètes et des jeunes gypaètons inexpérimentés. Le tribunal a donc enjoint le préfet des Hautes-Alpes à mettre en demeure la SATG de déposer une demande de dérogation espèces protégées, et ordonné la suspension des travaux en cours.

    Les associations

    se réjouissent

    « Cette décision rappelle que les projets d’aménagement en haute montagne doivent respecter le droit de l’environnement et la protection des espèces menacées, a réagi France nature environnement via sa juriste Judith Sébert. Alors que les Alpes se réchauffent deux fois plus vite que le reste de la planète, il est urgent de préserver ces milieux déjà extrêmement fragilisés plutôt que de poursuivre une fuite en avant dans l’artificialisation touristique. » Les juges n’ont cependant pas reconnu le même besoin de protection concernant l’androsace du Dauphiné, une fleur très rare, découverte sur le site. De leur côté, commune et porteur de projet affirment qu’il s’agit d’une construction nécessaire pour l’avenir économique de La Grave, alors que les installations actuelles sont menacées par la fonte du glacier. Les services de la préfecture ont dit prendre acte de la décision et « procèdent actuellement à une analyse approfondie de ses conclusions afin de déterminer les suites à lui réserver ».

  • Quand les départements misent sur les cyclistes

    Quand les départements misent sur les cyclistes

    Depuis 2022, l’Hérault est labellisé « Terre d’excellence cycliste » par la Fédération française de cyclisme. Et pour cause, en comptant la trentaine de boucles cyclables, les voies vertes et les routes départementales à faible trafic, le département compte environ 4 000 kilomètres d’itinéraires cyclables. « La spécificité de l’Hérault est que le territoire offre à la fois des cols à plus de 1 000 mètres, la mer et le milieu lagunaire, explique Élodie Fonteneau, chargée des mobilités décarbonées et du vélotourisme au sein d’Hérault tourisme. Il y en a pour tous les goûts. Les boucles sont donc classées en termes de difficulté. » De son côté, Marie Doutremepuich, cheffe de service tourisme au Département, explique que de nombreux équipements sont mis en place sur le territoire pour favoriser ce mode de tourisme, tels que des stations de gonflage ou des kits de réparation. « Hérault tourisme travaille aussi au déploiement du label “accueil vélo”, ajoute-t-elle. Celui-ci garantit par exemple que des professionnels de l’hébergement ou des restaurateurs réservent un accueil de qualité aux cyclotouristes. Nous en avons déjà 339 sur le territoire. »

    « L’enjeu d’investir dans tous ces équipements est évidemment de décarboner les mobilités touristiques, continue Marie Doutremepuich. Mais il y a aussi un enjeu économique, puisqu’un touriste à vélo dépense davantage sur le territoire, c’est-à-dire environ 68 euros par jour et par personne, contre 55 euros pour un touriste lambda. »

    Le Gard investit lui aussi sur le développement du cyclotourisme : en février 2026, le Conseil départemental a inauguré un nouveau tronçon de la voie verte qui relie désormais le Pont d’Espeyran (commune de Saint-Gilles) au Port de Gallician (commune de Vauvert). Un équipement qui s’inscrit dans l’ambition européenne de la véloroute ViaRhôna, qui reliera, à terme, le lac Léman à la Méditerranée, en traversant le Gard.

  • Vincent Garel : « Le tourisme de proximité est devenu une vraie attente »

    Vincent Garel : « Le tourisme de proximité est devenu une vraie attente »

    La Marseillaise : Comment s’annonce la saison touristique 2026 en Occitanie ?

    Vincent Garel : On est clairement dans un contexte économique tendu, notamment avec le prix de l’essence qui pèse sur les arbitrages. Mais les premiers signaux ne sont pas mauvais : les ponts de mai sont très bien réservés, dans la continuité des bonnes saisons précédentes. En revanche, sur début juillet, on sent un peu d’attentisme, avec une stagnation, voire une légère baisse des réservations. Cela tient au contexte, bien sûr, mais aussi à une habitude qui s’installe : les réservations de dernière minute. Et parallèlement, on observe un report assez net vers septembre, qui progresse depuis plusieurs saisons.

    Le tourisme de proximité
    est-il devenu un vrai levier ?

    V.G. : Oui. Dès 2019, avant le Covid, nous avons travaillé ce tourisme de proximité. Aujourd’hui, il correspond à une vraie attente : 30% des Français cherchent à partir pas trop loin de chez eux. En Occitanie, les clientèles françaises représentent déjà près des trois quarts des nuitées. Et la région a un atout majeur : la diversité de ses territoires. On ne part plus forcément quinze jours au même endroit ; on rayonne davantage, on multiplie les courts séjours, les week-ends, les découvertes. L’offre culturelle, patrimoniale et paysagère de la région permet justement cette mobilité.

    Dans cette évolution, les transports collectifs semblent occuper une place centrale.

    V.G. : Oui, parce qu’ils répondent à la fois à la question du pouvoir d’achat et à celle de l’environnement. Quand le coût du transport individuel augmente, il faut offrir des alternatives accessibles. L’Occitanie Rail Tour, les lignes TER, les lignes d’autocar régulières et saisonnières permettent justement d’irriguer le territoire à bas coût. On a 19 lignes TER régulières et 270 lignes d’autocar régulières, auxquelles s’ajoutent des dessertes saisonnières… et on continue d’ouvrir des lignes ! C’est aussi une réponse écologique : la première externalité négative du tourisme, c’est le transport. On accompagne aussi des destinations avec le label Green Destination et on travaille sur la question du dernier kilomètre avec du vélo, des navettes ou du covoiturage.

    Le littoral reste-t-il la locomotive ?

    V.G. : Oui, le littoral reste clairement moteur sur la période estivale. Il a des attraits extraordinaires et une grande capacité d’accueil, avec les grands campings, l’hôtellerie et bien sûr l’attractivité de la Méditerranée. Mais ce qui est intéressant, c’est que les stations ne se font plus concurrence de la même manière : elles sont de plus en plus complémentaires, avec des offres différenciées. Et surtout, ce moteur littoral bénéficie aussi à l’intérieur des terres. Quelqu’un qui séjourne en station balnéaire peut aller découvrir l’arrière-pays, les villages, les sites patrimoniaux ou naturels. Les offices de tourisme proposent désormais de véritables parcours de découverte autour de leur destination.

    Quel cap faut-il donner au tourisme en Occitanie ?

    V.G. : Le tourisme est un secteur économique majeur, le deuxième pourvoyeur d’emplois en Occitanie après l’agriculture et l’agroalimentaire, avec une croissance moyenne de 4% par an depuis 25 ans. Mais il faut le développer autrement. La saison ne va plus seulement de juin à août : elle s’étend des ponts de mai jusqu’à fin septembre. Il faut mieux répartir les flux, développer les offres hors été et mieux prendre en compte les enjeux environnementaux. Et il faudra aussi, à un moment, ouvrir le débat sur les vacances scolaires, parce qu’on ne régulera pas vraiment les flux sans cela. On a des propositions, mais encore faut-il que l’État nous écoute.

  • L’été ne fait plus le printemps du tourisme en Occitanie

    L’été ne fait plus le printemps du tourisme en Occitanie

    « Réchauffement climatique, choix de consommation : les habitudes des vacanciers évoluent », constate l’Insee dans une étude menée en partenariat avec l’Agence d’attractivité et de développement de la Région Occitanie (AD’OCC) et Destination Occitanie qui charpente la stratégie touristique régionale.

    Cette étude, menée sur un temps relativement long d’un peu plus d’une décennie, de 2012 à 2024, révèle une tendance forte : « Depuis quelques années, la fréquentation touristique augmente tendanciellement moins fortement dans la région qu’au niveau national. Ainsi, entre 2012 et 2024, la fréquentation des hébergements collectifs touristiques d’Occitanie progresse de 4,5% contre +11% en France métropolitaine », a calculé l’Insee. En outre, ajoutent Sophie Andrieu et François Hills, auteurs de l’étude pour l’Institut national de la statistique, cette hausse de 4,5% « n’est portée que par l’hôtellerie de plein air dont les nuitées augmentent de 19,4% alors que les nuitées diminuent dans les hôtels (-4,7%) et les autres hébergements (-12,6%) ». L’Occitanie est la cinquième des régions de France métropolitaine les plus fréquentées par les touristes en 2024 avec 55 millions de nuitées mais « Depuis 2012, le tourisme se développe au printemps et s’atténue en été », résume l’Insee qui image ce constat en chiffres : « Entre 2012 et 2024, la fréquentation touristique au printemps a augmenté de 17,7 %. »

    Pourquoi ces évolutions ? « Des facteurs multiples peuvent influer sur l’évolution de la fréquentation touristique », prévient l’Insee qui identifie cinq facteurs principaux. Le premier est le réchauffement climatique. Il « entraîne une hausse de la fréquence des canicules en été et une baisse de l’enneigement en hiver. Il peut conduire les touristes à modifier leur choix de destination ou décaler la période habituelle de leurs séjours. » Deuxième facteur, « les évolutions dans les choix de consommation peuvent avoir le même type de conséquences ».

    886 000 lits sont proposés par les plateformes internet

    Troisième facteur, le vieillissement démographique entraîne le développement du tourisme des retraités « particulièrement hors des périodes scolaires et estivaux ». Quatrième facteur, « la crise Covid a eu un fort effet sur le tourisme en 2020 et 2021 et a également entraîné des changements durables de comportement ». Cinquième facteur et non des moindres, « l’offre de logements locatifs sur les plateformes numériques, en essor depuis la décennie 2010, concurrence les hébergements collectifs traditionnels ». Les logements en location saisonnière proposés par les plateformes internet comme Airbnb, Booking ou HomeAway atteignent en 2024 « des volumes offerts proches de ceux des hébergements collectifs » et représentent en Occitanie 178 000 logements représentant environ 886 000 lits. « Ainsi, la fréquentation du locatif en plateforme se développe très nettement entre 2019 et 2024, bien que moins vite que l’offre », analyse l’Insee. L’exemple d’Airbnb est parlant : entre 2019 et 2024, la fréquentation estimée des hébergements sur cette plateforme, mesurée en nuits réservées croît de 57%.

    « L’évolution de la saisonnalité du tourisme en Occitanie est essentiellement portée par les campings », renseigne l’Insee. En Occitanie « ils représentent la moitié des nuitées annuelle, hors hébergements locatifs en plateforme et hors hébergements non marchands ». La hausse de 19% de leur fréquentation entre 2012 et 2024 « est portée par le littoral qui concentre les deux tiers de la fréquentation régionale en camping ». Elle est « particulièrement forte en début de saison estivale, entre avril et juin. Dans la région, ces trois mois concentrent 25% de la fréquentation en 2024 contre 18% en 2012 ». Les nuitées en camping augmentent aussi sensiblement en septembre, note aussi l’étude. « Ainsi, la période dite des “ailes de saison”, qui couvre les mois d’avril à juin et de septembre, pèse autant dans la fréquentation de 2024 que chacun des deux mois du cœur de l’été. » Une tendance de fond.

  • Marseille veut étendre son attractivité toute l’année

    Marseille veut étendre son attractivité toute l’année

    Si Marseille signe encore une saison touristique exceptionnelle en termes de fréquentation, le contexte économique demeure contraint. Le pouvoir d’achat se contracte avec un panier moyen qui diminue, et Marseille tire son épingle du jeu avec une clientèle principalement française, expose Jean-Pierre Cochet, président de l’Office de Tourisme, des Loisirs et des Congrès de Marseille. au regard de la concurrence des pays comme l’Italie et l’Espagne, les hôteliers n’ont pas hésité à réaligner leurs tarifs, cet été, pour être un peu plus attractifs. Avec succès. »

    Même constat du côté des locations de type Airbnb, où une hausse de 43% des tarifs a été observée entre les étés 2023 et 2025. Non sans humour, Jean-Pierre Cochet suggère « d’atterrir en tenant compte de la réalité du pouvoir d’achat ».

    L’Office mise sur une stratégie plus offensive pour renforcer l’attractivité de la ville. Attirer une clientèle étrangère, notamment coréenne ou chinoise, en dehors de la haute saison, pourrait compenser la baisse de consommation des touristes français.

    « L’attrait du tourisme pour les produits Fabriqué à Marseille est très important. En choisissant de mettre à l’honneur ses talents locaux, la foire a été témoin de ce succès. ça nous conforte pour l’attractivité de la ville, mais c’est aussi générateur d’emplois locaux », détaille Maxime Tissot, directeur général de l’Office de Tourisme et des Congrès de Marseille.

    La filière représente 25 000 emplois sur la ville. Allonger la saison ne pourrait qu’amplifier cet impact. « Le tourisme d’affaires va également s’affirmer au Pharo mais aussi au parc Chanot, avec l’arrivée de GL Events », abonde Marc Thépot, président délégué de l’Office. « Ce parc doit devenir un produit de son temps avec la foire, le tourisme d’affaires et les événements ludiques. Cet été, huit concerts ont eu lieu au Vélodrome, attirant 530 000 spectateurs », note Jean-Pierre Cochet.

    Conscients de l’impact des réseaux sociaux, les professionnels misent sur l’image photogénique de Marseille. Mais la vigilance reste de mise face au surtourisme. Le mirage « des croisiéristes qui consomment 100 euros par débarquement », n’a pas fait ses preuves, tandis que la pollution des navires non raccordés à quai et les embouteillages dans les ruelles du Panier suscitent des inquiétudes. Marc Thépot est formel : « Marseille ne doit pas devenir une ville chère, mais une ville durable où on échange, on partage le savoir-vivre Marseillais. »

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