Ni indifférence, ni défiance. Le stade toulousain et Montpellier rugby ne vivent pas tout à fait sur la même planète même s’ils se sont croisés au sommet du rugby français le 27 juin lors d’une finale (28-20) moins inégale qu’imaginée. Et se retrouvent dimanche 27 septembre sur les bords de la Garonne.
Entre Toulouse et Montpellier, les deux pôles de l’Occitanie, les ponts ne sont pas coupés. L’un, centenaire aux 25 titres, et l’autre, qui fête son 40e anniversaire avec un seul Brennus sous le bras, ne vivent toutefois pas sur la même rive. Le Stade est une institution dans la ville de Nougaro, le MHR tente de construire son histoire dans une période fertile, avec le manager Joan Caudullo comme nouveau guide.
Dans un passé récent, Montpellier a cherché à s’inspirer du modèle toulousain, qui concilie style attractif et palmarès hors-norme, mais la greffe n’a jamais pris. Entre 2019 et janvier 2021, le manager Xavier Garbajosa, biberonné par l’ex-gourou Guy Novès, a vainement cherché à importer l’ADN toulousain au côté de Jean-Baptiste Elissalde.
Caudullo y puise certains principes, comme la confiance au long cours, mais ne veut en rien imiter le jeu de mains toulousain. « Depuis quarante ans, le jeu de Montpellier a toujours été comme ça. Avec des avants forts et costauds qui doivent dominer l’adversaire pour pouvoir gagner. Le MHR a un ADN, on veut y rester fidèle. Si on y reste fidèle, si on préserve le même état d’esprit, on réalisera une bonne saison » répète-t-il. Mantra du Languedoc.
Cela n’empêche pas Montpellier de recycler d’anciens toulousains en rupture de ban, de confiance ou de jeu. Au cours de l’été deux anciens joueurs du Stade toulousain ont rejoint l’Hérault. Le trois-quarts Dimitri Delibes, confronté à une concurrence féroce, et Sébastien Bézy, demi de mêlée qui a transité pendant plusieurs saisons à Clermont.
« Ce n’est jamais facile de faire sortir des joueurs de ce club-là » remarque Caudullo, qui a réussi à convaincre Delibes malgré les convoitises de Toulon et Bayonne.
Ces deux joueurs de la ligne arrière gonflent la diaspora toulousaine. Ils rejoignent quatre avants qui ont défriché la passerelle entre Ernest-Wallon et le complexe Du Manoir. L’ancien international Yacouba Camara (17 sélections), originaire de la banlieue parisienne, a été le premier à franchir le pas. Ensuite, Bastien Chalureau, en quête de rédemption après une affaire judiciaire, Florian Verhaeghe et Christopher Tolofua, passé par les Saracens et Toulon, possèdent en eux une graine toulousaine.
Verhaeghe (29 ans), rappelé en équipe de France au cours de l’été, incarne le savoir-faire des avants du champion de France. Le seconde ligne international (5 sélections) malaxe féroce goût du combat et habileté dans le jeu. Entre ombre et lumière qu’il fuit quelque peu.
Le discret grand échalas (2,04m), qui plane sur la touche, est aujourd’hui une valeur sûre du pack montpelliérain, mis en avant par son manager Joan Caudullo. « Florian est dans une continuité des performances qui l’ont amené à être en équipe de France cet été. Il a un objectif et on a un objectif pour lui : les tests de novembre. Il ne fait pas partie de cette fameuse liste de 33, mais en tout cas on va mettre en place les choses pour qu’il soit performant chez nous et en forme en novembre parce que je reste persuadé qu’il y sera s’il continue à être aussi performant qu’il l’est sur les deux premiers matchs », apprécie le manager.
Ces quatre joueurs se sont fondus dans le moule montpelliérain. Trois d’entre eux, avec le pilier Mohamed Haouas, le 3e ligne Alex Bécognée et le centre Arthur Vincent, tissent le fil conducteur d’un MHR, champion en 2022, finaliste en 2026.
Dimitri Delibes est un cas à part. Le solide trois-quarts (1,90m, 85 kg), promis à jouer à l’aile plus qu’au centre, est une pièce rapportée de la magie toulousaine. La première de l’histoire. Celle d’un jeu où l’on peut relancer du bout du terrain selon l’inspiration de Dupont, Ntamack, Ramos, Capuozzo, Gourgues ou Menoncello…
Delibes (27 ans) peut tout à la fois asseoir la légitimité de Montpellier et donner des ailes à un jeu circonscrit pour l’heure à la force première de ses avants. Son doublé devant Perpignan peut tout à la fois élargir le champ d’action de la bande à Caudullo et inciter d’autres joueurs de son profil à rebondir de Toulouse à Montpellier. Pour le moins, il lance sa saison à l’heure de retourner dimanche à Toulouse. Loin de toute indifférence.
![[Rugby] Montpellier et sa bande d’ex-Toulousains](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/09/f6e3baae5a515e7fba9aeeae78e285fa.jpg)








