Tag: territoire

  • Un mois pour mieux étudier le contournement routier

    Un mois pour mieux étudier le contournement routier

    Un mois d’enquête publique s’ouvre pour recueillir les avis, remarques et observations de toute personne concernée par le projet de contournement autoroutier de Martigues et Port-de-Bouc. Cet aménagement, attendu depuis cinquante ans sur le territoire, a vu son financement bouclé fin juin. La dernière étape avant le démarrage des travaux est celle de l’enquête publique. Elle a démarré, ce lundi, en ligne et en physique, avec une permanence du commissaire enquêteur désigné par les services de l’État pour mener cette enquête.

    Car les interrogations sont nombreuses, alors que l’on parle d’un tronçon d’autoroute neuf de près de 7 kilomètres, de l’entrée de Croix-Sainte à Martigues jusqu’aux Salins de Fos-sur-Mer, à la sortie de Port-de-Bouc, en passant le Vallon du pauvre homme et le futur échangeur du Réveilla. Certains cas particuliers sont à étudier dans le détail, comme par exemple chez Jean Garcia de la Rosa, venu à la rencontre du commissaire enquêteur lors de la permanence de ce lundi matin, à l’hôtel de Ville de Martigues.

    « J’habite à proximité de la future autoroute, au-dessus de Saint-Jean. Ma propriété est coupée en deux depuis 1987 pour les besoins du projet », explique le retraité. « J’ai vu la carte globale du projet et je voudrais donc connaître le tracé exact, pour savoir si ma parcelle est finalement impactée ou non par l’emprise de la route », se demande Jean Garcia de la Rosa.

    Mais, outre le cas individuel, l’impact général et particulièrement l’impact écologique, font partie des interrogations soulevées. « Je ne suis pas contre le projet et l’association dont je fais partie, l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF), non plus. Mais il faut savoir par où passera exactement la route et quel est son impact écologique. Combien de gens seront impactés ? De même pour la surface agricole », ajoute le retraité martégal devant la porte de la permanence.

    Des impacts multiples

    La biodiversité est également au cœur des questionnements de l’association France nature environnement (FNE). Suite au rapport de l’autorité environnementale d’avril 2025, l’association pointe « des impacts environnementaux, des destructions d’habitats, de l’artificialisation des sols majeurs et insuffisamment compensés ». L’association nuance en reconnaissant « de réels objectifs de réduction des nuisances urbaines et de soutien à la dynamique industrielle ».

    La suite de l’enquête publique permettra de mettre en lumière la façon de répondre à ces deux enjeux. Le prochain rendez-vous est donné à la permanence du commissaire enquêteur, mercredi 8 octobre de 9h à 12h, à la mairie de Port-de-Bouc.

    Le QR-code ci-contre permet d’accéder aux documents de l’enquête publique.

  • Le préfet fait un premier bilan, obnubilé par la « lutte contre l’immigration »

    Le préfet fait un premier bilan, obnubilé par la « lutte contre l’immigration »

    « On ne peut pas penser séparément la lutte contre l’immigration clandestine et celle contre la délinquance. » Les mots du nouveau préfet de Paca et des Bouches-du-Rhône, Georges-François Leclerc, lors du bilan de ces huit premiers mois marque bien sa nouvelle stratégie. Malgré des actes de délinquances en baisse, continuant la dynamique entamée en 2024, et des chiffres de la lutte contre le narcotrafic encourageants, le haut fonctionnaire a martelé l’importance de la lutte contre les personnes en situation irrégulière.

    L’occasion pour Georges- François Leclerc de faire le bilan sur la réforme administrative de mars 2025 qui « permet une unité de commandement ». Une transformation qui a permis « de concentrer davantage les moyens et les techniques sur la lutte contre l’immigration clandestine », selon le haut fonctionnaire.

    Cette stratégie répressive des personnes en situation irrégulière s’aligne avec celle du ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau incitant à plus de contrôles et plus de délivrance d’obligation à quitter le territoire (OQTF). Le préfet s’est donc félicité d’une hausse de 72% d’interpellations de personne en situation irrégulière entre janvier et août 2025, par rapport à la même période en 2024.

    Intensification des contrôles

    Une augmentation liée à une intensification des contrôles. Le commandant de gendarmerie Pierre Baillargeat affirme d’ailleurs que sur les zones rurales : « Plus de 300 gares et trains sont quotidiennement contrôlés par les gendarmes pour assurer la tranquillité des voyageurs et pour nous inscrire dans cette dynamique voulue par monsieur le préfet de contrôle des individus et de lutte contre l’immigration irrégulière », explique-t-il.

    Une hausse des contrôles qui entraîne selon le commandant « des résultats significatifs, puisque trois fois plus de personnes en séjour irrégulier ont été contrôlées cette année ». Sur les 7 111 personnes sans papiers interpellés sur les Bouches-du-Rhône, aucune information n’indique s’ils ont été appréhendés lors d’un contrôle d’identité ou d’un autre délit.

    Le préfet met d’ailleurs en avant l’augmentation des émissions d’OQTF. « À chaque fois qu’un dossier est transmis à la préfecture des Bouches-du-Rhône, il y a l’émission d’une OQTF », affirme-t-il. Cette sanction administrative oblige la personne visée à quitter le territoire sous 30 jours. Elle peut être délivrée à toutes personnes n’étant plus en régularité sur le territoire ou ayant commis des troubles à l’ordre public.

    Lutte contre le narcotrafic

    La préfète de police, Corinne Simon, est ensuite revenue sur les réussites des forces de police dans la lutte contre le narcotrafic, avec notamment la présence constante de trois unités de CRS en résidence à Marseille. La création d’une brigade de CRS « nouvelle génération », déployable sur tout le territoire répond « à cette volonté d’être omniprésent sur toute la zone », affirme-t-elle. Le préfet se félicite également du déploiement de la stratégie utilisée dans les quartiers nord sur la zone entre Belsunce, Noailles, les Réformés et la Canebière. « Il n’y a pas un jour où il n’y a pas de patrouille », précise le fonctionnaire. Une stratégie qui permet notamment le contrôle des 9 points de deal du centre-ville identifiés. Le haut fonctionnaire a également insisté sur la baisse des chiffres des actes de délinquances sur le territoire (lire ci-contre). Pas un mot en revanche sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, pourtant « grande cause nationale » d’Emmanuel Macron.

    Malgré les bons chiffres, la lutte contre le narcotrafic et la délinquance semblent être détrônée dans l’ordre des priorités par « lutte contre l’immigration clandestine », l’alpha et l’oméga de la politique de Bruno Retailleau, de l’État, de ses représentants… Comme de l’extrême droite.

  • Une centième édition de la foire « made in Marseille »

    Une centième édition de la foire « made in Marseille »

    Du neuf, c’est sûr il y en aura, parce que d’abord, la Ville en est pour la première année propriétaire avec un nouveau prestataire organisateur, adieu la Safim pendant 40 ans aux manettes, et place à GL Events et la CCI Aix-Marseille-Provence. L’affiche résolument locale, expose un gabian qui tient dans son bec un message « Marseillais, le jour de foire est arrivé ! », sur fond de Bonne Mère. Ça sonne, c’est engageant. Cette année, le coup de projecteur est sur les talents marseillais d’hier et d’aujourd’hui. Sportifs, musiciens, acteurs, créateurs, artisans, entreprises, anonymes… Du label « Fabriqué à Marseille » à la rencontre des meilleures équipes sportives du territoire, les Marseillais sont le fil conducteur de cette année particulière.

    Les nouveautés

    Du 26 au 28 septembre, sur l’Esplanade du Palais des Congrès, un espace appelé Innova Marseille accueille une dizaine de start-up régionales pré-selectionnées qui présente leur produit ou service auprès des visiteurs, pour tenter de remporter un prix (prix de la presse ou du public). Les critères sont le savoir-faire, la créativité et le dynamisme des entreprises.

    Pour ce week-end toujours, le 1er étage du Palais des Congrès se transforme en Palais des Jeux, un espace immersif retraçant 100 ans d’histoire. Il accueille quatre grands espaces thématiques avec des jeux de plateaux, jeux de société, jeux de figurines, jeux de cartes, Jeu de cartes à jouer et à collectionner (TCG), retrogaming, jeux vidéo, e-sport, réalité virtuelle et jeux de rôle.

    Jusqu’au samedi 27 septembre, un espace Plantes addicts, en Marseillais, un espace pour les passionnés de plantes. Une vente exclusive au cœur de la foire, avec plus d’une centaine de variétés différentes, à des prix raisonnables de 1 à 12 euros pour les petites et moyennes plantes et de 5 à 150 euros pour les grandes.

    Tous les jours, Provence Studios prend ses quartiers à la foire avec une exposition cinéma dans le Hall 3. Cet espace est une traversée du cinéma marseillais et provençal, entre tradition et modernité, patrimoine et innovation. Soyez curieux, venez découvrir l’envers du décor et l’étendue des métiers du cinéma.

    Sur l’esplanade 1, la Ville met à l’honneur celles et ceux qui façonnent l’identité du territoire soit les artisans, créateurs et entreprises labellisés « Fabriqué à Marseille ». Une exposition inédite de plus de 100 objets emblématiques « Fabriqué à Marseille », des ateliers participatifs, et une quinzaine de stands de producteurs et artisans prêts à échanger.

    Tous les jours encore, au Hall 8, l’espace Boho Market. Sur 200m2, avec une scénographie années 70, il reprend les codes de l’époque, imagerie pop, tissus en velours, sols en lino, matières et couleurs donnent le ton. Flower power pour tous ! Artisanat vintage, tapis tissés, macramés, fauteuils en rotin, fleurs séchées, mode de l’époque et dressing de seconde main.

  • Le tourisme des « 4 saisons » en plein essor dans le Var

    Le tourisme des « 4 saisons » en plein essor dans le Var

    « Nous tordons le cou à ceux qui disent que le Var est le deuxième département touristique derrière Paris. C’est faux, on est numéro 1 depuis trois ans ! » Le chauvinisme de Jean-Louis Masson, président (LR) du département, trouve ses raisons dans le bilan des huit premiers mois de l’année, exposé mardi à l’hôtel du département, même si celui-ci est en léger recul après une saison 2024 record, notamment en raison des Jeux olympiques de Paris et du 80e anniversaire du débarquement de Provence.

    Avec 61,9 millions de nuitées touristiques depuis début 2025 (-2% par rapport à 2024, +2% par rapport à 2023), le département reste dans une dynamique positive. Celle-ci peut s’expliquer par l’augmentation du nombre de touristes étrangers (+4% par rapport à 2023), dans la lignée des objectifs gouvernementaux, qui vise les 100 milliards d’euros de recettes touristiques internationales à l’horizon 2030. « Au niveau national, nous sommes à 290 millions de nuitées et 37 milliards d’euros de recettes internationales sur le premier semestre 2025 », détaille Guillaume Decard, vice-président du département et président de Var Tourisme.

    Des touristes représentant 32% de la clientèle totale, qui viennent en majorité d’Allemagne (19%), des Pays-Bas (10%) et du Royaume-Uni (9%), et qui incarnent un axe de progression important pour le secteur : « Nous voulons mettre en avant trois marchés : les États-Unis, avec qui nous allons mettre en place une opération avec Atout France en 2026, la Scandinavie, où on a été reçu cet été à Copenhague par la princesse du Danemark, auprès de qui on veut, par exemple, mettre en valeur la richesse de nos vins, et l’Italie, avec qui nous avons des projets transfrontaliers avec la région Toscane », explique Guillaume Decard.

    Cette clientèle dépense généralement davantage et vient compenser le tassement de la clientèle française (-2% par rapport à 2023), qui s’est recentrée sur l’essentiel (logement, nourriture). Et dont les deux principales régions de provenance (Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes) sont en recul, au détriment de la région Paca, marquant une limitation des déplacements au niveau national, induite par une baisse de pouvoir d’achat. « Nous devons travailler sur la clientèle à l’année et la clientèle de proximité pour avoir un taux d’ouverture encore plus important », insiste Guillaume Decard.

    Autre facteur de développement, justement : le tourisme
    « 4 saisons », à savoir une activité plus uniquement centrée sur juillet et août. Les chiffres en la matière sont éloquents : celle-ci est passée de 44% de touristes hors été en 2011 à 58% en 2024 (de 7 à 13% en hiver, de 22 à 26% au printemps, de 15 à 19% en automne). Un lissage sur l’année qui a pu être particulièrement observé au mois de juin : +8% par rapport à 2023, et +6% par rapport à 2024. Le phénomène est encore plus important en ce qui concerne les touristes étrangers : +14% de nuitées par rapport à 2023, +12% par rapport à 2024. Cela, grâce à la mise en valeur d’autres spécificités du territoire (massifs, histoire, gastronomie…) et des prix plus attractifs hors saison. Et les perspectives sont bonnes pour la fin d’année, avec 85% de professionnels optimistes quant au niveau de réservation de septembre, et 82 pour octobre, novembre et décembre.

    Pour aller plus loin, le département propose la mise en place d’assises du tourisme, réunissant les acteurs du secteur. « Sans la force privée, la force publique ne peut pas avancer, et vice versa. Sans synergies, on ne pourra pas développer un tourisme du mimosa, un tourisme d’hiver… », appuie le président de Var Tourisme.

  • S’engager à son niveau pour protéger la Méditerranée

    S’engager à son niveau pour protéger la Méditerranée

    Comment agir concrètement pour la protection de la Méditerranée ? C’est autour de cette question qu’un public marseillais est venu assister au débat. Les présentations faites, le documentaire d’Hugo Hebbe sur le rorqual commun est projeté. Cette espèce menacée est sous la protection de l’ONG WWF, qui tente de créer un sanctuaire marin. « Oh, la vache ! » Dans la salle, les réactions d’admiration fusent devant le mammifère. Au fil du film, les soupirs prennent le relais, face aux scènes de maltraitance et aux menaces pesant sur l’espèce.

    « 33 % de la pression exercée sur la Méditerranée est liée au tourisme, bien devant le trafic », est-il annoncé. « C’est vrai que l’on accueille, dans les Bouches-du-Rhône, 9 millions de touristes, chaque année, qui génèrent une économie », concède Isabelle Brémond, directrice générale de Provence Tourisme. Elle poursuit : « On peut tous agir à notre niveau. Il n’y a pas de petite action. C’est aussi un travail de sensibilisation auprès des professionnels. » Pour elle, pas de doute, « développer, c’est préserver. Le tourisme n’est pas un gros mot, c’est l’inverse, c’est du développement local au plus près du territoire, c’est la connaissance de l’autre. »

    La parole se libère avec le parc de Calanques, territoire qui couvre 1 500 hectares terrestres et 45 000 hectares marins. Une vaste zone à préserver. Le public déplore « la présence du plastique énorme par rapport à des pays comme la Finlande », ou encore « que les Marseillais sont trop souvent visés, il n’y a qu’à venir au vallon des Auffes pour voir le comportement des touristes ».

    Prochaine soirée : l’alimentation méditerranéenne et durable

  • Une rentrée placée sous le signe de l’innovation

    Une rentrée placée sous le signe de l’innovation

    « Avec l’IUT Rénov, nous offrons à 800 étudiants un campus moderne, durable et exemplaire », a déclaré le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, en précisant que la collectivité a investi 3,5 millions d’euros « pour donner à notre jeunesse les meilleures conditions d’études et à notre territoire les talents dont il a besoin pour relever les défis de demain ».

    Ce projet s’inscrit dans une démarche globale de rénovation du campus de La Garde, avec pour objectif la préservation des ressources. Il comprend notamment la création d’îlots de fraîcheur pour renforcer la biodiversité, des toitures végétalisées, des panneaux photovoltaïques, ainsi qu’un raccordement à une chaudière biomasse afin de réduire l’empreinte énergétique. Une gestion optimisée des eaux pluviales complète ce dispositif

    Dans le cadre de cette démarche d’éco-campus, l’Université de Toulon a d’ailleurs été lauréate du Prix d’excellence de la planification écologique 2024, qui récompense les initiatives financées par la Région en faveur de l’adaptation du territoire au changement climatique et écologique.

    Éco-campus exemplaire

    « Désormais, les étudiants en génie industriel et maintenance et génie électrique et informatique industrielle vont étudier dans des conditions idéales », s’est félicitée la vice-présidente de la Métropole, Josée Massi (SE). Elle a salué le regroupement de ces deux départements, qui témoigne, selon elle, de la volonté de l’Université de Toulon de « mutualiser les locaux » et de sa « capacité à créer une synergie qui sera bénéfique aux deux filières ».

    L’occasion de rappeler, également, que « ce bâtiment est la première étape d’une restructuration globale de l’IUT, autour de quatre ensembles immobiliers ». Une « politique volontariste », insiste-t-elle qui vise à donner « les moyens à notre territoire de devenir une référence en matière de vie étudiante ».

  • L’avenir de la centrale de Martigues aussi en question

    L’avenir de la centrale de Martigues aussi en question

    C’est un mouvement de grève reconductible national qui donne le coup d’envoi de la rentrée sociale. À la centrale de Martigues-Ponteau, comme dans les sites d’Enedis ou des entreprises gazières, la fédération CGT des mines et énergies (FNME) a appelé à cesser le travail ce mardi, et dès la veille au soir en ce qui concerne les équipes de trois-huit. Devant l’entrée de la Centrale combinée gaz (CCG) d’EDF, les syndicalistes CGT de la centrale se mobilisent pour deux raisons majeures.

    « On demande une revalorisation à hauteur de 9% de la grille salariale et des indemnités d’astreinte », revendique Sébastien Koch, secrétaire général du syndicat CGT de la centrale de Martigues. Et pour cause, « plus personne n’est embauché aux 3 premiers échelons de notre grille car ils se situent en dessous du Smic. Le but pour nous est de remonter l’ensemble de cette grille, et pas seulement les trois premiers échelons, ce qui n’a pas été fait depuis des décennies », argumente le syndicaliste.

    Plus encore, « on réclame les 13e et 14e échelons d’ancienneté. Car si on rallonge la durée de travail, l’ancienneté ne suit pas cette évolution », abonde Sébastien Koch, qui rappelle que « dans les industries énergétiques et gazières, on a normalement 33% d’augmentation de salaire entre l’entrée et la sortie de l’entreprise, pour les carrières complètes ». Ce qui n’est plus le cas, selon le représentant syndical.

    Outre le salaire, les énergéticiens de la CGT proposent également de baisser les factures des usagers, principalement du grand public, par le retour de la TVA de 20 à 5,5%. Une variable d’ajustement pour les deux enjeux, donc.

    Une fonction stratégique

    La double particularité de la Centrale combinée gaz (CCG) de Martigues est à la fois d’être la seule dans la région appartenant à EDF, sur les trois dont dispose le groupe en France, mais également d’être historiquement liée au territoire industriel qui l’entoure. Les deux turbines au gaz naturel alimentent des générateurs pour une puissance cumulée de 930 mégawatts (MW) par heure, raccordée au niveau national et équivalente à l’un des quatre réacteurs nucléaires du Tricastin. Ces deux unités mises en service en 2012 remplacent les anciennes chaudières au fioul arrêtées en 2008. Cette centrale remplit « une fonction stratégique » pour EDF, répondant « à des besoins spécifiques de la région Paca lors de contextes de forte consommation ». De plus, le combiné gaz « produit rapidement de l’électricité en complément de l’énergie renouvelable », intermittente.

    Mais à l’heure des projets industriels décarbonés de Fos-Berre, dont la consommation électrique est évaluée à 3410 MW en 2035 selon une analyse de l’État, le secrétaire du syndicat CGT de la centrale de Martigues s’interroge. « On n’a jamais parlé de nos centrales dans le projet Fos-Berre » affirme-t-il. « Il y a besoin de la ligne très haute tension à 400 000 Volts pour alimenter la zone, mais il ne faut pas oublier les modes de productions locaux », fait-il observer. À ce titre, EDF assure que « ce site conserve sa raison d’être », mais ne « s’inscrit pas forcément dans une stratégie bien définie » au-delà de 2035. D’où l’inquiétude de Sébastien Koch pour « l’après 2035, où nous n’avons pas de réponses ».

    Au local, la lutte porte bien au-delà des enjeux nationaux. Mardi soir, la CGT fait état de plus de 200 piquets de grève et de l’absence de réponse des entreprises au mouvement social.