Tag: territoire rural

  • Vaucluse : un bus médical mobile pour dépister le cancer du sein

    Vaucluse : un bus médical mobile pour dépister le cancer du sein

    Jacqueline Bouyac, vice-présidente de la Région, le confesse. « Moi la première, on se dit toutes, oui je vais prendre rendez-vous et on laisse traîner alors qu’il ne faut pas négliger ce dépistage ». Ce mardi matin, devant la gare de Jonquières, l’élue traduit un chiffre : seules 57% des femmes en âge cible (50-74 ans) du dépistage du cancer du sein réalisent une mammographie au mieux tous les deux ans.

    Pour améliorer ce taux, qui est pénalisé aussi par les délais de rendez-vous de plusieurs mois, et en ciblant les communes rurales et populations plus vulnérables, un mammobile vient d’être lancé. Soutenu par la Région, l’Agence régionale de santé ou l’assurance maladie, ce bus itinérant permet de réaliser des radios et échographies du sein. Un projet porté par trois centres de cancérologie de la région (Sainte-Catherine à Avignon, IPC à Marseille et Lacassagne à Nice). Après des passages dans les Bouches-du-Rhône mais aussi dans le Mercantour, ce mammobile faisait étape pour la première fois en Vaucluse.

    Un examen pris en charge à 100%

    Sur rendez-vous, 17 femmes ont pu être dépistées. À l’instar d’Isabelle, 57 ans, dont le profil ressemble à celui décrit par Jacqueline Bouyac. « J’avais deux ans de retard pour une mammographie, on reporte en se disant qu’on a pas le temps, c’est ma fille qui travaille à l’IPC qui a pris rendez-vous pour moi », témoigne cette professeure vivant à Camaret. Bien lui en a pris car les résultats de la mammographie ont décelé un kyste, fort heureusement « sans gravité » après une échographie plus poussée. « Il y a un staff complet, c’est très rassurant », approuve Isabelle.

    Si le mammobile est mis en lumière en ce mois d’Octobre rose, le dispositif est voué à s’inscrire dans la durée. Ici, « cela évite de se rendre à Orange ou Carpentras et permet d’aller vers les personnes isolées, de manière intimiste et personnalisée », apprécie Maëva Renaudeau, adjointe au maire de Jonquières en charge de la santé. Mais « le chemin est encore long pour atteindre l’objectif de 80% de taux de dépistage », admet Nadia Bendraya, directrice adjointe de l’ARS Vaucluse. « Les difficultés financières ne doivent pas être un obstacle à la santé », assure Hugo Magnard, sous directeur de la caisse d’assurance maladie 84. Ce dépistage étant couvert à 100% par la CPAM, « sans avance de frais ».

    Octobre rose à l’hôpital d’Avignon

    Dans le cadre d’Octobre rose, l’hôpital d’Avignon organise, ce mercredi 14, une journée d’information, de prévention et d’accompagnement gratuite et ouverte à tous à partir de 10h. Le public et les professionnels pourront rencontrer les équipes de l’hôpital ainsi que des partenaires engagés dans l’accompagnement des personnes touchées par la maladie. Plusieurs stands seront proposés : stand d’autopalpation sur mannequin, conseils nutritionnels adaptés, ateliers autour des soins de support… Concert (10h-11h) et exposition photos sont aussi au programme.

  • La CGT dénonce l’abandon des territoires ruraux par La Poste

    La CGT dénonce l’abandon des territoires ruraux par La Poste

    « Un bureau de poste, c’est l’accès aux droits, le lien social, un appui pour les entreprises locales. Quand il disparaît, c’est un morceau de la vie du village qui s’éteint », rappelle les postiers CGT des Hautes-Alpes, dans un communiqué de presse pugnace diffusé ce 2 octobre.

    Une communication dans laquelle le syndicat des activités postales et des télécommunications tire la sonnette d’alarme à propos de la crainte de fermeture à venir pour deux bureaux de poste dans le département : « La Poste ferme deux bureaux dans les Hautes-Alpes, à Orcières et à Saint-Étienne-en-Dévoluy, dans le cadre d’une quarantaine de fermetures en région Paca. » Et dénonce logiquement un « abandon des territoires ruraux et de montagne » de la part de l’entreprise en charge du service public postal. « À Orcières comme à Saint-Étienne-en-Dévoluy, les habitants, les saisonniers, les artisans et les personnes âgées perdent un service de proximité qu’ils ne retrouveront pas à côté de chez eux. Dans nos vallées, la distance se compte en kilomètres de route de montagne, pas en minutes de trajet », développe le syndicat. Il note aussi que ces potentielles fermetures « s’inscrivent dans le plan “Réussir ensemble, Ambitions 2031″ de La Poste » (lire notre dossier du 26/09) et font partie d’une liste de 471 bureaux en France.

    Rappelons que la liste de la quarantaine de bureaux menacés dans la région avait été récemment dévoilée dans le cadre d’un comité social et économique (CSE). Suite à quoi La Poste avait répondu en affirmant que « les listes de bureaux de poste partagées aux CSE ne préjugent en rien de l’avenir de la présence de La Poste dans les territoires ». La direction expliquait qu’elle cherchait « à faire évoluer son modèle de présence territoriale ». Pas de quoi convaincre la CGT Fapt 05 qui revendique « le maintien des bureaux de plein exercice à Orcières et à Saint-Étienne-en-Dévoluy ».

  • L’essence met les travailleurs à sec

    L’essence met les travailleurs à sec

    Jusqu’où s’arrêtera la hausse des prix de l’essence ? Depuis le début du conflit en Iran, les tarifs à la pompe n’en finissent plus de monter, jusqu’à dépasser les 2,30 euros le litre, en moyenne nationale, pour le gazole. À tel point qu’Emmanuel Macron a demandé, ce mercredi, « à son gouvernement la totale mobilisation sur l’approvisionnement et sur la maîtrise des prix », sur fond de risques de pénurie. De son côté, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, demande au Premier ministre une table ronde sur le pouvoir d’achat. Il faut dire que la situation devient intenable pour les travailleurs…

     Gaëlle, infirmière libérale à Peypin

    Quotidiennement en déplacement du fait de sa profession, Gaëlle Cannat, infirmière libérale, roule en moyenne « 150 km par jour ». « C’est un enfer. Cela fait des mois que l’on stresse quand on va à la pompe », dénonce celle qui est également la présidente du collectif « Infirmiers libéraux en colère ». Avec une voiture essence de 40 litres, le plein qu’elle a fait ce mercredi matin « a dépassé les 80 euros ». « J’en suis au point de dire à ma fille que je ne viendrai pas la récupérer en voiture à la fin des cours », déplore-t-elle. Il faut dire que l’équation s’avère plus que complexe pour elle : « Je prends l’exemple d’une injection sur un patient : elle rapporte 7,25 euros, avec les charges, il me reste 3 euros dans la poche. Maintenant, il faut enlever le coût de l’essence… » À la fin, il ne reste plus grand-chose. « Plus l’essence augmente, moins nous gagnons », résume-t-elle. Elle pointe surtout la conséquence pour les patients : « De moins en moins d’infirmiers libéraux veulent aller dans les zones intermédiaires, rurales. Il y a des patients qui se retrouvent isolés car nous avons de plus en plus de mal pour certains déplacements ».

     Nathan, technicien dans la pétrochimie à Lavéra

    « On commence à en être au point où la voiture représente un trou dans le budget. À 620 euros par mois, le budget devient très conséquent », s’agace Nathan, technicien supérieur de maintenance dans une raffinerie de l’Étang de Berre. Habitant de Saint-Martin-de-Crau, il « n’a pas d’autre choix que de prendre la voiture » pour aller au travail en l’absence de « liaisons en bus ou en train aux horaires adaptés ». Résultat : il est à « facilement une centaine d’euros par semaine de carburant ». Sa situation résume le quotidien de beaucoup de travailleurs : « J’ai récemment changé de voiture pour baisser la consommation de carburant, c’était un critère. Mais elle est achetée à crédit, avec 220 euros que je rembourse tous les mois ».

     Jordan, agriculteur

    de Vaucluse

    « Nos trésoreries sont déjà assez basses à cause de la sécheresse et des rendements plus faibles. Donc, le coût du gasoil pèse encore plus », déplore Jordan Charransol, le président des Jeunes agriculteurs 84. Une profession qui accuse le coup face à la montée du fuel : « Par exemple, le plein d’une cuve de 1 000 litres coûte environ 800 euros de plus qu’il y a quelques années. Avec les moissons puis les vendanges, on passe une cuve en un mois. » Et de dénoncer l’inaction macroniste : « Le gouvernement a mis en place un abattement de 15 centimes par litre, mais le problème, c’est que cette aide n’est toujours pas arrivée depuis juin. Au lieu d’être exempté dès le départ, on doit faire plein de paperasse. On sort de l’argent pour essayer d’être remboursé. »

     Hervé, pêcheur à Carro

    Ancien chalutier, aujourd’hui marin-pêcheur à Carro, quartier bien connu de Martigues, Hervé Gout-Vernier dresse un constat sans appel sur l’impact de la hausse des prix du gazole : « On est en danger de mort ! » Avant de développer : « Le plus compliqué, c’est pour les chalutiers. À 2 000 litres par jour pour 1,20 euro le litre de gasoil au Grau-du-Roi, il faut pêcher 2 400 euros de poisson par jour juste pour se rembourser ». Sans compter sur « les paiements des salaires et la comptabilité ». Même constat pour les plus petits pêcheurs qui ne sont pas à bord de chalutiers, comme lui : « C’est le même problème pour les fileyeurs. On consomme moins, mais il y a aussi le coût du matériel… »

     Marc, plombier

    à Saint-Zacharie

    À Saint-Zacharie, Marc, 54 ans, dirige une entreprise de plomberie avec un salarié. À eux deux, ils parcourent près de 40 000 km par an. Difficile, pourtant, pour cette société qui réalise des dépannages chez des particuliers, mais intervient surtout dans des cliniques, de se passer de la voiture. De Marseille à Toulon, en passant par Miramas et avec un gazole à plus de 2,30 euros le litre, la facture hebdomadaire de carburant approche les 700 euros par mois et par véhicule. « C’est plus simple peut-être pour ceux qui passent une journée sur chantier. Mais quoi qu’il en soit, on subit, on n’a pas le choix », note, fataliste, l’artisan. La hausse du prix des carburants pèse directement sur ses coûts de fonctionnement et dans un secteur où la concurrence est forte et où les clients surveillent leur budget, chaque centime compte. « Ça a des répercussions sur les tarifs que l’on pratique pour nos clients, mais on rogne surtout sur notre bénéfice », conclut-il.

    CHIFFRES

    11,2

    En milliards d’euros, les bénéfices engrangés par Total au premier semestre 2026, une augmentation de 72% sur fond d’explosion des prix.

    +43,6%

    L’évolution en un an du prix du gazole, qui atteint 2,35 euros par litre, à trois centimes du record du mois d’avril, quand l’essence (SP95-E10) atteint un niveau historique de 2,15 euros par litre.

    10,6%

    Des ménages propriétaires d’une voiture ont dépensé, en 2021, plus d’un mois de leurs revenus annuels en carburant, selon une étude de l’Insee publiée le 8 septembre. Ils sont 9,5% dans la Métropole Aix-Marseille, 11% dans le Grand Avignon et 13,8% pour Provence Alpes agglomération.

  • À Forcalquier, pour voir le film, il faut d’abord pédaler

    À Forcalquier, pour voir le film, il faut d’abord pédaler

    Sensibiliser à l’utilisation du vélo et donner accès à la culture en zone rurale : tels étaient les objectifs de la projection organisée mercredi soir en centre-ville de Forcalquier par les associations Cinécyclo et Mobiclou.

    Les spectateurs y sont invités à pédaler pour produire l’énergie nécessaire à la projection, ce qui permet d’ouvrir une réflexion sur la mobilité en zone rurale. L’idée est de promouvoir « le vélo comme moyen de locomotion au quotidien » malgré les difficultés intrinsèques au territoire et le manque d’aménagements sur les routes, explique Frédéric Hafner, bénévole chez Mobiclou. « Le vélo électrique a changé la donne » et a rendu la pratique du vélo plus accessible et réaliste dans les Alpes-de-Haute-Provence, où le terrain est souvent très pentu, explique le bénévole. « On peut par exemple faire la moitié du trajet pour aller au travail en voiture ou en train, et l’autre à vélo », avance Pierre Adnot, membre de la collégiale de Mobiclou.

    Le film projeté mercredi raconte « la transition de la voiture au vélo », explique Tom Morel, le responsable de l’antenne marseillaise de Cynécyclo. Il est en tournée et sera en projection ce soir à Revest-des-Brousses. Son association est la seule à organiser des projections à l’aide de l’énergie du pédalage, selon lui. Il espère organiser bientôt « une tournée sur la montagne de Lure ».

    L’association forcalquiérenne Mobiclou fournit également des vélos adaptés aux différents handicaps, et initie à l’auto-réparation. Elle s’adresse aussi aux personnes qui n’ont pas les moyens d’avoir une voiture.

  • [EQDD La Montagne] Dans le Cantal, la Croix-Rouge roule contre les déserts de solidarité

    [EQDD La Montagne] Dans le Cantal, la Croix-Rouge roule contre les déserts de solidarité

    Une enquête de la Croix-Rouge a mis en lumière l’existence de « déserts de solidarité » : deux millions de personnes, dans 4 000 communes, vivent sans réseau associatif suffisant pour répondre à leurs besoins sociaux. Face à ce constat, l’organisation a lancé à l’automne 2024 un projet dans quatre départements afin de tester des solutions adaptées aux zones rurales isolées.

    Territoire pilote, le Cantal est en première ligne de « l’emmener-vers » : un dispositif de copilotage solidaire, ou transport d’utilité sociale. Au volant, Christian Vaurs, un bénévole de 65 ans, a quitté son domicile d’Arpajon-sur-Cère pour aller récupérer les clefs d’un véhicule de la Croix-Rouge, à Aurillac. Ce jeune retraité s’est ensuite rendu à Ytrac, à quelques kilomètres de là, pour rendre service à un octogénaire.

    « J’ai du temps libre et je veux en donner. Chauffeur, c’est dans mes cordes », indique ce bénévole ayant trouvé sa mission sur le site web jeveuxaider.gouv.fr. « J’aime bien m’investir. J’étais facteur, alors j’avais l’habitude de voir du monde… et j’aime parler », tchatche le Cantalien, déjà investi à la Banque alimentaire ainsi que dans diverses associations sportives, où il participe à l’organisation de plusieurs courses à pied (comme La Pastourelle, un trail de 31km au départ de Salers).

    Sa course à lui a consisté à conduire jusqu’au supermarché Leclerc puis à accompagner ce monsieur dans les rayons afin de faire les emplettes. Une tâche un peu plus longue que ce à quoi il s’attendait. « Sa liste était petite… mais longue ! » rit Christian Vaurs. « Il s’accrochait au caddie et avançait. Mais parfois, il s’embrouillait un peu… »

    « Chauffeur, c’est
    dans mes cordes »

    Avec ce nouveau dispositif intitulé Rouages (pour Rouler dans l’Ouest Agglo Ensemble et Solidaire), La Croix-Rouge soutient là une autre association locale : l’Afapca. Objectif : implanter une oasis dans un désert de solidarité. Les bénéficiaires n’ont que 3 euros à régler pour une course de 0 à 25 km, au départ de cinq communes (Ayrens, Lacapelle-Viescamp, Saint-Paul-des-Landes, Sansac-de-Marmiesse, Ytrac). Remplir son chariot, voir son médecin ou simplement rendre visite à ses amis constituent des motifs valables. Des allers-retours vers les deux grands pôles médicaux que sont Clermont-Ferrand ou Limoges, éloignés d’environ 180 km tous deux, sont également possibles, moyennant 45 euros. « Pour des gens qui, de toute façon, doivent y aller par leurs propres moyens et qui ne seront pas remboursés », précise Gérard Gayout, président de la direction territoriale de la Croix-Rouge dans le Cantal.

    « C’est un transport par les habitants pour les habitants. L’idée est de créer du lien social pour que les gens réapprennent à se connaître dans les communes rurales et puissent être capables de répondre aux besoins de leurs voisins », décrypte Hugo Pradel, animateur chez la Croix-Rouge chargé de la mobilité solidaire. Au total, environ 80 personnes bénéficient du dispositif Rouages.

    « Par les habitants
    pour les habitants »

    À terme, la Croix-Rouge du Cantal compte former tous ses pilotes bénévoles aux gestes qui sauvent ou aux premiers secours. Elle travaille aussi avec une ergothérapeute, qui leur montre et explique comment placer les personnes âgées à l’intérieur des véhicules.

    Associée à la Fondation Crédit mutuel, la Croix-Rouge a obtenu l’argent, en 2024, au Grand prix des Alliances durables décerné par la revue The Good. Ses projets liés à la mobilité ont été récompensés, aussi bien grâce à « l’emmener-vers » que « l’aller-vers », avec ses équipes mobiles. « Les structures telles que les épiceries ambulantes se perdent de plus en plus dans les campagnes », diagnostique Hugo Pradel. « Elles ont donc besoin d’être compensées… »

    La plupart de ces projets testés et éprouvés dans le Cantal sont développés en partenariat avec d’autres associations. La Croix-Rouge a par exemple embarqué dans l’aventure du Fraternibus du Secours catholique. Celui-ci sillonne le nord du département avec une boutique sur roues vendant des vêtements d’occasion donnés à Mauriac.

    Par Romain Blanc –La Montagne