Tag: temps de travail

  • À Martigues, la santé publique sous pression

    À Martigues, la santé publique sous pression

    Le lieu était symbolique. C’est devant l’entrée de l’hôtel de ville de Martigues que l’Union locale CGT a choisi d’organiser le rassemblement pour cette journée de grève au sein de la fonction publique, comme pour signifier que l’administration ne tournerait pas sans ses agents. Mais la manifestation aurait très bien pu se tenir devant le centre hospitalier des Rayettes.

    « Les services publics sont partout soumis aux mêmes logiques : réduire les dépenses, supprimer des moyens, rechercher des économies et faire payer les agents et les usagers », dénonce Laure Privat. Pour la représentante syndicale CGT de l’hôpital, la logique financière s’applique à la santé depuis la mise en place de la tarification à l’acte, en 2004. « On parle d’efficience, de mutualisation, d’externalisation, de restructuration… Mais derrière ces mots, ce sont des agents, des services et des patients qui sont concernés. »

    Cette recherche de rentabilité, les aides soignantes de l’Ehpad les Magnolias de Port-Saint-Louis-du-Rhône, un établissement rattaché à l’hôpital de Martigues, la ressentent au quotidien. Deux d’entre elles, qui souhaitent garder l’anonymat, témoignent : « Le matin, on est quatre pour faire la toilette de 46 résidents, qui sont soit grabataires, soit valides mais avec des troubles cognitifs. On essaye de faire de notre mieux, mais il faut aller vite, donc le travail est forcément bâclé. On nous demande aussi de les stimuler et de favoriser leur autonomie, mais pour ça, il faut des moyens humains et du temps. » Les deux collègues plaident pour un changement de prisme au sein de l’Agence régionale de santé, qu’elles pointent comme déconnectée des réalités de terrain. « Il faut qu’on parle d’humain, pas de chiffre. »

    À l’hôpital de Martigues, au-delà du sous-dimensionnement des infrastructures, ce sont les conquis sociaux des personnels qui sont menacés, en raison de mesures d’économie portées par la direction sur injonction de la Chambre régionale des comptes. « Aujourd’hui, il y a une crise des vocations parce qu’il n’y a plus de perspectives qui donnent envie de travailler dans le public, dénonce Nathan Cabiac, représentant CGT. Les salaires sont très bas, il n’y a plus de compensation humaine, on vient attaquer notre temps de travail, nos heures supplémentaires, nos RTT, notre pause méridienne… Dans quelque temps, si on va au bout de ce genre de chose, des agents vont fuir l’hôpital comme c’est déjà le cas pour les infirmiers, qui ont le libéral en face. »

    Le syndicat demande l’abrogation de toutes ces mesures. Au niveau national, « la priorité est l’augmentation des effectifs et la revalorisation du point d’indice, parce qu’on est pratiquement à 20% de perte de pouvoir d’achat depuis le début des années 2000 sur des salaires qui sont déjà très faibles, puisque la catégorie C représente la grande majorité des salariés ».

  • [Rue de la République] Jérémy Bacchi : « Avec l’austérité, quand on s’attaque aux communes, on s’attaque à la France »

    [Rue de la République] Jérémy Bacchi : « Avec l’austérité, quand on s’attaque aux communes, on s’attaque à la France »

    Sénatoriales

    Didier Gesualdi : La gauche n’est pas majoritaire au Sénat. Pourquoi est-ce que les grands électeurs devraient voter pour vous ?

    Pour plusieurs raisons. La première est le bilan des sénateurs de gauche sortants… Je rappelle que Marie-Arlette Carlotti, Guy Benarroche et moi-même avons été élus pour la première fois en 2020. Un bilan notamment sur la riposte que nous avons menée aux différents gouvernements sur les coûts budgétaires aux collectivités, mais aussi un bilan de proximité sur l’ensemble des communes et départements où nous avons travaillé, notamment pour la défense des services publics. Je pense aux bureaux de poste, contre les fermetures de classes, quelle que soit, d’ailleurs, l’étiquette politique des mairies en question, parce que quand on œuvre dans l’intérêt général, on le fait dans l’intérêt des populations, sans se soucier d’ailleurs de l’étiquette politique des maires.

    Dans la période qui s’ouvre, le Sénat risque de jouer un rôle majeur. En fonction de ce qui sortira des urnes, j’espère pas le pire, en 2027, le Sénat sera une chambre de contre-pouvoir et je crois que l’expression de la gauche républicaine, dans cet hémicycle, doit être encore plus forte que ce qu’elle a été ces six dernières années.

    Léo Purguette : Vous cherchez donc à mordre, y compris sur un électorat qui n’est pas vraiment acquis ?

    La priorité des priorités, c’est de sécuriser le socle de gauche, écologiste, citoyen. Je rappelle aussi que nous avons une liste qui ressemble à notre territoire, avec plusieurs maires, Éric Garcin maire de Jouques, Loïc Gachon maire de Vitrolles, Hélène Gaillard maire de Gréasque, Jean-Pierre Squillari maire d’Aubagne, que l’ensemble des territoires du département sont représentés. Alors oui, effectivement, nous avons la vocation de s’adresser à tout le monde. D’autant que, en 2026 peut-être encore plus que sur les élections précédentes, on peut avoir une municipalité où le maire est étiqueté divers droite, sans étiquette ou de droite, et dans le conseil municipal, il
    y a 6, 7, 8, 9 personnes qui sont plutôt de sensibilité de gauche. Parce que quand vous créez une liste dans une commune, dans un village, parfois, vous faites appel aux bonnes volontés.

    Division à gauche

    Didier Gesualdi : La gauche arrive quand même avec un front divisé, comme la majeure partie des représentations politiques. Comment allez-vous réussir à faire la synthèse de tout ça ?

    Mon objectif est clair : nous avions fait 987 voix lors de l’élection sénatoriale de 2020, il faut que nous progressions en nombre de voix aujourd’hui, parce que nous avons cette capacité-là. Ensuite, on verra, et je le souhaite bien évidemment, si cette progression en nombre de voix est suffisante à l’obtention d’un quatrième siège. Mais il dépend de tellement de facteurs et notamment du résultat des autres listes… En tout cas, c’est l’objectif que l’on peut s’assigner.

    Léo Purguette: Dans nos colonnes vendredi, Benoît Payan pointe les divisions à gauche et indique que ces listes pourraient faire élire un sénateur d’extrême droite supplémentaire. Qu’avez-vous à dire à ceux des grands électeurs qui hésitent ?

    Effectivement, le mode de scrutin a plutôt tendance à favoriser les listes qui font le plus grand nombre de voix, parce que le mode de calcul est à la plus forte moyenne. En portant les suffrages sur la liste que j’ai l’honneur de conduire, on prend à la fois moins de risques avec l’élection d’un ou d’une sénatrice supplémentaire, soit d’extrême droite, soit éventuellement de droite aussi, ce n’est pas à exclure, et donc on a plutôt intérêt à jouer serré aujourd’hui.

    Extrême droite

    Didier Gesualdi : Le Rassemblement national est entré en force dans les collectivités territoriales et va désormais peser beaucoup plus, probablement, au Sénat, comme sur les futures les échéances nationales.

    De quelle façon le combattez-vous ?

    D’abord, en dénonçant la supercherie du Rassemblement national, notamment sur les collectivités. Le Sénat, c’est la chambre des collectivités. On ne peut pas dire que le RN ait été l’ami des collectivités, et encore moins des communes, au cours des dernières années, notamment sur la casse du service public, notamment sur la baisse des dotations en collectivités.

    Je rappelle les votes, notamment de Franck Allisio à l’Assemblée nationale, sur l’austérité à l’égard des collectivités. En réalité, tous ces gens-là, une fois qu’ils sont à Paris, prônent l’austérité, la casse des services publics, etc. Et lorsqu’ils sont ici, sur le territoire, ils vont faire des photos avec les maires ou des conférences de presse pour dire à quel point ils aiment les maires et que les maires n’ont pas assez d’argent pour boucler le budget. C’est un scandale, une schizophrénie assez insupportable. Mais j’observe quand même que sur le terrain, les maires ne sont pas dupes.

    Austérité

    Léo Purguette : Vous refusez l’austérité, mais quelles sont vos propositions concrètes pour redonner de l’air aux communes, aux maires ?

    Tout d’abord, il faut permettre que les baisses de dotation cessent, qu’il y ait une politique de rattrapage, qu’il ne puisse plus y avoir de transfert de charges ou de compétences de l’État sans compensation à l’euro près pour les communes.

    On se rend bien compte, dans une période de crise – sociale, sanitaire, environnementale… – que les communes sont un amortisseur essentiel pour des millions de Françaises et de Français. Je dirais même plus, un acteur économique essentiel, parce que les trois quarts de la commande publique émanent des collectivités locales et pas nécessairement de l’État. Quand on s’attaque aux communes, on s’attaque à la France dans son ensemble. Donc, il faut redonner aux communes les moyens d’agir et les moyens financiers d’agir.

    Rentrée sociale

    Didier Gesualdi : 2027 s’annonce compliquée au niveau politique, la CGT appelle à une énorme manifestation le 29 septembre pour répondre au projet de rigueur du budget de Sébastien Lecornu, des Gilets jaunes redescendent dans la rue… Quelle est votre analyse ?

    Je me réjouis que les travailleuses, les travailleurs, les jeunes, les retraités soient en capacité de s’organiser et de riposter face à l’ensemble de ces mauvais coups. En tant que communiste, on fera en sorte évidemment d’y participer, mais de réussir ces journées d’action. En parallèle, sur le travail budgétaire au Sénat et à l’Assemblée nationale, avec nos parlementaires, nous croiserons le fer pour donner à voir qu’il y a d’autres logiques que les logiques d’austérité voulues par Sébastien Lecornu.

    Didier Gesualdi : Vous ne croyez pas que cette situation compliquée ouvre une voie royale pour Marine Le Pen en 2027 ?

    Je ne sais pas si elle y arrivera ou elle n’y arrivera pas. Ce que je sais en revanche, c’est que nous avons, nous, la capacité d’enrayer un scénario prédit à l’avance par un certain nombre d’observateurs politiques. Nous y travaillons, bien évidemment. Et je crois que les mobilisations sociales des jours et semaines à venir sont une manière, aussi, de recentrer le débat sur les préoccupations premières des Françaises et des Français, le pouvoir d’achat, les salaires, le mieux vivre, le prix de l’énergie et des problématiques qui sont, pour le coup, portées par l’ensemble des forces de gauche et par le Parti communiste français, évidemment.

    Léo Purguette : Et pourtant, la gauche est encore très faible dans les intentions de vote.

    Vos arguments pour convaincre ces Français qui se sont détournés de la gauche et qui sont pourtant confrontés à l’urgence sociale ?

    Les guerres intestines de la gauche ont rabougri le rassemblement. Aujourd’hui, il faut que l’ensemble des composantes historiques de la gauche – la social-démocratie, on verra par qui elle est incarnée, une gauche réformiste radicale incarnée par Jean-Luc Mélenchon, on verra le score qu’il réalisera, une gauche révolutionnaire incarnée par le Parti communiste français et Fabien Roussel – fassent le plein des voix de leur périmètre. C’est ça qui redonnera demain à la gauche dans son ensemble la capacité à être majoritaire et à gouverner dans le pays.

    Fibre excellence

    Léo Purguette : Sur le dossier emblématique de Fibre Excellence, quelle alternative êtes-vous en mesure de porter ?

    Je suis intervenu au printemps dernier, notamment auprès du ministère, on avait des garanties de la part du ministre de rachat notamment du kilowattheure augmenté de 20% etc. Ils ont refusé l’offre de Matthieu Pigasse, je n’ai pas eu l’offre dans les détails, mais c’est quand même assez surprenant vu le contexte actuel industriel.

    Je crois, et Sophie Binet en parle très bien dans les colonnes de La Marseillaise, qu’il existe un nouveau projet. Il faut qu’on pousse là-dessus, les travailleuses et les travailleurs de l’usine connaissent mieux la situation que quiconque. Il faut que les pouvoirs publics, que l’État s’empare du dossier et accompagne, parce que nous avons besoin d’une filière de pâte à papier en France, c’est aussi une question de souveraineté nationale, et évidemment comme je le fais depuis plusieurs mois, je me tiendrai à leurs côtés.

    Métropole

    Didier Gesualdi : Sur la Métropole, comment sortir de l’impasse budgétaire ?

    Il y a deux sujets. Un sujet de gouvernance qui est à travailler sur le plus long terme et un sujet financier. Je prône l’augmentation du versement mobilité parce que c’est sur la partie transport que le bât blesse en matière budgétaire. Ce n’est pas mon premier choix, mais la piste d’un établissement public spécifiquement dédié aux transports ne me choque pas.

    Léo Purguette : En 2027, il semblerait que les difficultés de la Métropole vont s’accroître.

    Ne risque-t-elle pas l’explosion ?

    Soit on arrive à créer les conditions de sa réussite par un rapport de force. Soit il faudra réfléchir à une autre forme de métropole, à d’autres formes de coopération intercommunale.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Julie :

    Vous avez indiqué à la télé que vous avez contribué à l’écriture du programme de Fabien Roussel pour 2027. Quelles mesures aimeriez-vous personnellement voir figurer dans ce programme ? Votre expérience de sénateur vous aidera-t-elle ?

    Il faut être modeste. Je suis en charge de l’animation de la rédaction du programme de Fabien Roussel en 2027. Nous avons un certain nombre de commissions dans le parti, d’experts, qui vont nous accompagner à la rédaction.

    Sur l’ensemble des mesures que j’aimerais voir personnellement dans le programme, on le voit bien aujourd’hui, il faut des mesures de rupture avec ce que nous vivons, notamment sur la question du pouvoir d’achat. Une autre mesure que j’aimerais voir portée et que nous allons porter, je ne m’avance pas trop en disant ça, c’est la réduction du temps de travail qui peut s’articuler sur deux aspects : soit une réduction hebdomadaire du temps de travail, soit sur la durée de cotisation. Nous sommes pour le retour de la retraite à 60 ans et à taux plein. Et ça, c’est une mesure qui figurera dans le programme de Fabien Roussel, à laquelle je tiens évidemment beaucoup, parce qu’on est dans une situation où on a besoin de mieux répartir le travail pour permettre à notre jeunesse, qui est très lourdement touchée par le chômage, de pouvoir rentrer sur le marché de l’emploi et de pouvoir aussi contribuer activement à la vie de notre société.

  • Les salariés d’Atalian en grève dénoncent la surcharge de travail

    Les salariés d’Atalian en grève dénoncent la surcharge de travail

    Ils ont décidé de dire « stop ». Enfin, surtout elles, car la majorité des salariés de l’entreprise de nettoyage Atalian, basée à la Seyne-sur-Mer, sont des femmes, et le « chantier » de Cuers ne fait pas exception. Mardi, six sur les huit qui travaillent au sein des bâtiments de la commune ont établi un piquet de grève devant la mairie pour faire savoir leur mécontentement. « La direction ne nous répondant pas, nous venons voir le client pour qu’il soit au fait de la situation, et demande des comptes à l’entreprise », déclare Sébastien Bois, secrétaire général CGT propreté et services associés du Var. Un moyen de pression qui a déjà fait ses preuves : « Au printemps 2025, deux salariées avaient fait grève devant le conseil départemental, ce qui avait coûté sa place au directeur d’Atalian », rappelle-t-il.

    Cette mobilisation fait suite à la dégradation des conditions de travail des employés. Khadija Sandour, déléguée syndicale et représentante du personnel de l’entreprise, dont elle est salariée depuis 14 ans, a pu s’en rendre compte à travers le temps. Principale cause : des appels d’offres sur lesquels « le client baisse au maximum les coûts, et les sociétés acceptent ça et économisent de l’argent sur le dos des salariés ». Cela se traduit par des contrats avec des volumes horaires réduits, pour des tâches qui restent pourtant similaires : « On donne 1h contre 3 auparavant, ce n’est pas possible. C’est inacceptable que les agents se mettent à quatre pattes. La surcharge de travail est inimaginable. Certaines salariées ont un quart d’heure pour faire un chantier, 1h30 pour faire un bâtiment de trois étages », peste-t-elle, appelant « les dirigeants à venir voir si ce qu’ils demandent est possible ».

    La directrice de cabinet du maire est venue échanger

    En conséquence, face à la pression exercée et l’insatisfaction exprimée par le client, les agents s’affairent à la tâche plus longtemps, et « les heures ne sont pas payées, les contrats pas à jour. On se bat depuis avril pour être payés », s’indigne la représentante du personnel. Les départs en congés, eux, ne sont pas compensés, et à leur retour, les employés, tous affectés à un site qui leur est propre, « doivent faire le double de travail ». Sans parler des périodes de vacances d’entreprise, durant lesquelles ces derniers ne sont pas payés, aucun chantier ne leur étant proposé. Il y a également des situations totalement incongrues, comme celle de Mohamed, pas prévenu de sa mutation d’un chantier à un autre car parti en vacances, et qui a, à cause de ce défaut de communication, « perdu 400 euros sur un salaire déjà très bas », déplore-t-il.

    Un contexte qui a déjà poussé certains « à démissionner et à partir en larmes », se désole Khadija Sandour. « Et malgré plusieurs courriers et des réunions CSE inutiles, la direction est sourde et aveugle. » Un nouveau mail a été envoyé à la direction – qui n’a pas répondu à nos sollicitations – ce mardi, avec plusieurs demandes : paiement des heures impayées et régularisation des situations ; augmentation du temps de travail et des salaires ; arrêt de la surcharge de travail et de l’ingérence des clients dans le travail des salariés ; respect des droits, des conditions de travail et de la dignité des salariés ; mise en place d’un 13e mois. « Dans le Var c’est une dégradation généralisée. Les clients veulent des prestations sans payer, et les entreprises de nettoyage le font payer aux salariés. À la CGT, on appelle ça de l’esclavage moderne », assène Sébastien Boi s.

    Parmi ces clients, la directrice de cabinet du maire de Cuers Bernard Mouttet (DVC), venue dialoguer avec les manifestants, a fait savoir qu’elle ferait remonter leurs doléances à l’édile. Un petit motif de satisfaction pour les salariés. « On est prêts à se mobiliser chaque jour tant qu’on n’obtiendra pas ce qu’on demande », prévient Khadija Sandour.

  • Les agents de l’hôpital de Martigues refusent les tours de vis

    Les agents de l’hôpital de Martigues refusent les tours de vis

    « On veut juste que tout soit normal, ne plus manquer de matériel, ne pas courir et garder au moins nos repos, car nos salaires sont gelés ». Cette infirmière au bloc opératoire donne le ton de la rentrée sociale lors de l’assemblée générale du personnel de l’hôpital de Martigues, jeudi après-midi. Depuis le début de l’été, un conflit a éclaté contre les mesures d’économie prises par la direction sur injonction de la Chambre régionale des comptes.

    Après plusieurs actions cet été, dont une grève reconductible du bloc opératoire depuis la mi-juillet, la direction s’était engagée à mettre en place un dialogue social avant toute mise en œuvre des mesures. « Un premier cycle de concertation a été proposé aux organisations syndicales, avec cinq rencontres entre le 8 septembre et le 23 octobre 2026. Ce premier cycle a vocation à être poursuivi entre la fin de l’année 2026 et le premier quadrimestre 2027 » précise-t-elle à La Marseillaise.

    Mais dans l’assemblée, certains dénoncent des « tentatives de division ». « Le directeur est venu au bloc nous dire que les mesures seraient repoussées en novembre », poursuit cette agente. « C’est un service stratégique pour l’hôpital, qui fait de l’argent », analyse Laure Privat, secrétaire du syndicat CGT de l’hôpital. La direction affirme de son côté que « certaines modalités nécessitaient un temps supplémentaire de dialogue avec les équipes [du bloc opératoire, ndlr] en raison des spécificités de leurs organisations. Ce délai ne remet pas en cause la trajectoire de mise en conformité, mais permet une concertation approfondie sur sa mise en œuvre ».

    Négociations en route

    « Les négociations commencent mardi pour le bloc, il ne faut pas les laisser seuls, car quand on s’attaquera aux autres, le bloc sera avec nous », assure Laure Privat. « Il faut combiner nos forces avec les brancardiers », propose une infirmière. « Comme les dockers et les routiers », appuie une autre. « Que chacun fasse des actions gênantes, mais ensemble », insiste cet autre syndicaliste.

    Le calendrier de mobilisation est chargé, avec la grève nationale du secteur de la santé le 15 septembre et celle de toute la fonction publique le 29, le climat social va encore chauffer d’ici les instances de concertation.

  • À Primark, les salariés à temps partiel veulent travailler davantage

    À Primark, les salariés à temps partiel veulent travailler davantage

    Face à une conjoncture économique difficile pour de nombreux foyers, en particulier ceux dotés de ressources limitées, il n’existe parfois qu’une seule solution : travailler davantage. Une conception très libérale du monde du travail, promue par Nicolas Sarkozy à travers son slogan de campagne pour la présidentielle 2007, qui ne traduit pas toujours une orientation politique, mais une nécessité dans la situation actuelle, avec des salaires qui ne suivent pas l’inflation.

    Les salariés de Primark, à La Valette-du-Var, sont concernés. Certains d’entre eux (86 sur les 123 vendeurs de l’enseigne), employés à temps partiel (25 heures hebdomadaires maximum), souhaitent travailler davantage, mais ne se voient pas proposer d’heures supplémentaires ou complémentaires par leur direction. « Pour beaucoup, le temps partiel n’est pas un choix, mais une contrainte. Les heures complémentaires représentent un ajout indispensable pour payer un loyer, financer des études, assurer les dépenses du quotidien ou constituer une épargne pour les mois où les revenus diminuent », dénonce la CGT Primark La Valette. Parmi eux, des contrats étudiants (8 à 16 heures), qui se retrouvent « particulièrement touchés. Pendant les vacances d’été, nombre d’entre eux ne perçoivent pas de bourse et comptent sur leur emploi pour préparer leur rentrée universitaire. Aujourd’hui, cette possibilité leur est refusée, les plaçant dans une situation financière difficile ».

    L’ombre de la grève

    Une situiation incompréhensible pour la CGT, eu égard aux récentes embauches, dont elle se félicite cependant, mais qui « ne doivent pas se faire au détriment des salariés déjà présents qui souhaitent augmenter leur temps de travail. Embaucher est une nécessité ; permettre à ces salariés de bénéficier d’heures complémentaires, lorsque l’activité le permet, l’est tout autant ».

    Alertée par les syndicats, la direction a indiqué « faire le maximum dans la mesure de [ses] possibilités économiques et organisationnelles, pour proposer des compléments d’heures lorsque les besoins de l’activité le permettent. Leur engagement (…) est reconnu, apprécié, et il constitue un élément important dans [ses] réflexions ». Des mots que la CGT considère comme « contradictoires » et « insuffisants » vis-à-vis de la situation, alors que les salariés s’étaient vus présenter la possibilité d’effectuer des heures supplémentaires lors de leur recrutement. Elle demande à la direction de « respecter les engagements affichés envers les salariés à temps partiel », sans quoi un mouvement de grève pourrait être enclenché.

  • Les agents de l’hôpital de Martigues votent la grève contre l’austérité

    Les agents de l’hôpital de Martigues votent la grève contre l’austérité

    « Ce n’est pas une question de statut, de grade ou de métier, si on se mobilise pas tous ensemble jusqu’au bout, le bateau coule. » Ce brancardier de l’hôpital de Martigues a donné le ton de l’assemblée générale du personnel, bondée, organisée à l’initiative de la CGT et rejointe par la CFDT.

    Au cœur des préoccupations, les mesures sociales présentées par la direction aux syndicats le mois dernier et dont certaines doivent s’appliquer dès septembre. Le plus gros point d’achoppement est celui de la pause méridienne, dont le projet est de ne plus la décompter du temps de travail. « C’est impensable pour nous alors que ça fait partie de la prise en charge de prendre le repas avec les patients », s’insurge cette soignante en psychiatrie. Inquiétude aussi au bloc opératoire. « On mange sur site, si on devait sortir manger à tour de rôle, c’est juste pas possible », pour cette infirmière au bloc opératoire, notamment en raison des procédures très encadrées de préparation sanitaire.

    Autre mesure, la fin des gardes de 24h dans certains services. Cette infirmière anesthésiste au bloc opératoire indique que « ce roulement convient très bien à l’équipe depuis 20 ans ». « La direction veut couper le service en deux fois douze heures, ce qui voudrait dire travailler plus souvent et des roulements de nuit imposés. Le confort de vie personnel est menacé sans salaire ni repos en plus », poursuit-elle.

    Une autre infirmière du bloc complète : « On devra faire des astreintes de nuit mais au final on devra des heures à l’établissement car on n’aura pas assez travaillé. Avec parfois 47 passages au bloc, on travaille déjà jusqu’à des heures pas possibles. » « On a besoin de repos ! Au bloc on est habillé pendant 4-5h et on doit être concentré sur le robot chirurgical. Sinon, c’est un danger direct pour le patient », insiste-t-elle.

    Un laboratoire

    pour les autres hôpitaux ?

    La mobilisation a déjà commencé. « On a commencé une opération escargot au bloc, on a prévenu les chirurgiens qu’on ne ferait que 10 opérations, pas 47. Ils nous soutiennent, donc ils se plaindront à la direction », détaille cette autre infirmière de salle de réveil. « Notre espoir est de les emmener avec nous » reprend une autre infirmière du bloc, « Les opérations c’est ce qui ramène le plus d’argent à l’hôpital, c’est là qu’il faut taper. On met pas en danger les patients. » De la même manière, les agents du service facturation, sous « grosse pression de la direction pour faire rentrer l’argent » selon l’une d’entre elles, compte aussi se mettre en mode escargot et ne facturer que les consultations, non plus les hospitalisations. « C’est le seul moyen de pression qu’on a car on ne veut surtout pas toucher aux soins », justifie-t-elle.

    En filigrane de la mobilisation au CH de Martigues, les agents pensent aussi global. « À Arles et Aubagne, ils sont aussi en plein conflit social, face à des mesures faites à partir de Martigues », analyse à l’assemblée cette syndiquée CGT. La grève d’une heure jeudi 16 juillet prochain a été votée à l’unanimité par les participants. « Nous allons interpeller les élus du territoire et la population sur les marchés », précise Laure Privat, secrétaire du syndicat CGT de l’hôpital.

    Contactée, la direction du CH de Martigues n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Une assemblée générale à l’hôpital de Martigues à l’appel de la CGT

    Une assemblée générale à l’hôpital de Martigues à l’appel de la CGT

    « On nous a annoncé la fin de la pause méridienne comptée dans le temps de travail », dénonce Laure Privat, secrétaire générale du syndicat CGT de l’hôpital de Martigues. C’est notamment pour cette raison, que le syndicat appelle à une assemblée générale des agents jeudi contre « les mesures qui dégradent nos vies ».

    En l’occurrence, il s’agit de plusieurs décisions prises par la direction de l’hôpital de Martigues suite aux rapports de la Chambre régionale des comptes Paca fin octobre 2025, et plus récemment de l’Agence nationale de la performance sanitaire (Anap).

    Une pause travaillée

    Le retrait de la pause de mi-journée dans le temps de travail est l’une des décisions parmi les plus fortement contestées. « Comment ça va être organisé ? » se demande Laure Privat, expliquant qu’ « aujourd’hui, quand on est en pause, on pose la fourchette dès qu’il y a un besoin. On répond au téléphone, aux appels des patients… ». « C’est pour ça qu’elle est comptée dans le temps de travail, car c’est du réel, c’est du travail. On ne peut pas nous sortir 40 minutes du service, nous dire de quitter l’hôpital et faire notre vie » développe la responsable syndicale.

    En clair, entre 20 et 40 minutes de temps de travail compté en moins pour la même présence sur place, d’après le communiqué du syndicat, en fonction de l’organisation du temps de travail en sept ou douze heures. En conséquence, certains agents peuvent perdre jusqu’à 10 jours de RTT selon le poste.

    L’assemblée générale de jeudi à 14h au self, pendant l’heure d’information syndicale, servira donc à « construire le rapport de force pour obtenir le retrait de ces mesures » d’après le communiqué du syndicat.

  • Des remaniements dans la petite enfance qui interrogent à Monteux

    Des remaniements dans la petite enfance qui interrogent à Monteux

    Les drapeaux rouges de la CGT flottaient devant l’entrée de la mairie de Monteux, ce lundi 22 juin, à l’occasion d’un rassemblement à l’appel des territoriaux de la commune contre des « conditions de travail de plus en plus difficiles », notamment dans le secteur de la petite enfance, assure le syndicat.

    Une cinquantaine de personnes étaient ainsi réunies en matinée. Un préavis de grève avait aussi été déposé par le syndicat. « On nous demande de plus en plus de choses », souffle Stéphanie Audibert, agente territoriale spécialisée des écoles maternelles (Atsem) à l’école Marcel-Pagnol. Elle pointe une réorganisation de son temps de travail afin de la faire intervenir également, lors des vacances scolaires, dans les centres aérés. Une demi-heure de travail par jour hors vacances a ainsi été levée pour être fléchée vers les périodes de congés. « Normalement, on s’occupait, à ces moments-là, de faire le ménage dans les écoles. Ça nous permettait un peu de couper aussi. Là, ça devient compliqué et cela va se ressentir dans notre travail. J’aime mon travail, mais plus comment je le pratique. On a presque une impression d’abattage », regrette-t-elle. Le syndicat demande entre autres une révision des 1 607 heures et une reconnaissance de la pénibilité de la fonction.

    Même constat pour trois des quatre directeurs des centres de loisirs associés à l’école (Clae) de Monteux, qui se sont également mobilisés, estimant ne « pas avoir été concertés » et que les modifications évoquées sont encore « très floues ». « On va nous demander à nous aussi de refaire à nouveau des fonctions d’animation alors que ce n’est pas censé être notre métier. On est en lien direct avec les familles sur de nombreux sujets. Nous ne sommes pas d’accord pour que l’on nous rajoute encore du temps de présence avec les enfants », déclarent Antony Saguet, Anaïs Raphanel et Barbara Barbet. Au total, 17 employés de la mairie étaient en grève.

    Négociations

    Les grévistes soulignent un manque de concertation avec les équipes municipales avant la prise de ces décisions. Un rendez-vous s’est bien tenu entre le secrétaire général CGT des territoriaux de Monteux, Stéphane de Castro, et le premier édile montilien, Patrice de Camaret (RN). Mais « le maire n’a pas voulu négocier nos revendications », assure le responsable syndical.

    De son côté, la municipalité assure que ce sont des « évolutions nécessaires ». Le maire souhaite que les employés des Clae et les Atsem, « des spécialistes de la petite enfance », participent aussi en milieu scolaire « pour rassurer après les scandales en mairie de Paris ». Et de lâcher qu’il s’agit d’« une grève surprenante », que la CGT « cherche à politiser l’affaire », et que les agents seraient « instrumentalisés ». D’autres discussions sont prévues dans les prochains jours.

  • Un accord sur l’organisation du travail entre FO et la direction du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Un accord sur l’organisation du travail entre FO et la direction du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    « C’est comme ça qu’il faut faire ! Il faut parler à la direction quand on n’est pas d’accord ! » Jessica Michel, secrétaire générale FO CHITS, lève le poing, devant une foule d’environ 200 salariés massés devant l’hôpital Sainte-Musse, jeudi midi, après l’appel à la grève lancé par le syndicat. Raisons de la colère, « la démolition de l’hôpital public et le mépris des personnels », et « un dialogue social devenu une illusion », malgré des « lits fermés par manque d’effectifs, des services d’urgences saturés, le sous-effectif quotidien, l’épuisement généralisé des équipes et la perte de sens au travail ».

    Une mobilisation qui a porté ses fruits et provoqué un immense soulagement chez les soignants, dont les nombreuses embrassades à l’intention de leurs représentants syndicaux étaient à la hauteur de leur reconnaissance. « Je leur ai dit que c’était eux qu’il fallait remercier, car sans eux, la direction n’aurait pas répondu comme ça », salue Jessica Michel, qui loue aussi l’implication de Josée Massi, maire (SE) de Toulon et présidente du conseil de surveillance de l’hôpital : « Elle nous a entendus et écoutés. Elle connaissait le dossier, la vie des agents lui tient à cœur. »

    Un cycle de négociations va débuter

    Trois des revendications émises par les travailleurs ont été entendues. Tout d’abord, la prise en compte de la pause méridienne dans le temps de travail. Deuxièmement, le passage de 35 à 37h30 de travail hebdomadaires, alors que de nombreuses heures supplémentaires n’étaient ni récupérées, ni payées. « Le passage aux 35 heures au sein de l’hôpital en 2002 s’est fait sans moyen », évoque Gilles Manchon, secrétaire régional Paca-Corse FO Santé. « Les agents hospitaliers ont absorbé la surcharge de travail depuis maintenant 24 ans. Ils doivent avoir leur repos compensateur par rapport à la surcharge de travail qu’ils ont. »

    Un point sur lequel FO CHITS restera particulièrement vigilant, certains agents cumulant « plus de 300 heures non payées, ni récupérées », ajoute Gilles Manchon. Cela, grâce à la troisième avancée obtenue, à savoir l’implication des salariés dans la construction des cycles de travail (gestion des horaires, des temps de repos).

    Mais le secrétaire régional FO Santé tempère : « On a gagné un match contre la direction, mais le championnat est long et d’autres matches s’annoncent. » Car, désormais, place à un cycle de négociations entre les deux parties, qui concernera les cycles de travail, donc, et les moyens matériels et humains accordés aux services.

    Yann le Bras, directeur du CHITS, se place lui aussi dans une logique d’ouverture : « Il faut une méthode pour porter un dialogue social constructif, qui prenne en compte le vécu des agents, mais aussi les réalités de l’établissement. » Dans cette perspective, la question du temps de travail fera l’objet d’une attention particulière : « Il y a parfois des sujets à modifier, notamment quand le rapport à la loi est en jeu, et c’est un des sujets qui est sur la table », promet-il aux 4 000 agents hospitaliers de l’établissement.

  • Appel à la grève à l’hôpital de Toulon-La Seyne le 18 juin

    Appel à la grève à l’hôpital de Toulon-La Seyne le 18 juin

    L’hôpital public est en souffrance, et le centre hospitalier de Toulon-La Seyne (CHITS) ne déroge pas à ce triste constat. Alors que la mobilisation, menée depuis de longs mois, reste importante au sein du pôle psychiatrie face à la perspective imminente d’une perte de moyens (notamment celle de trois de ses quatre médecins), c’est cette fois l’ensemble de l’établissement qui est appelé à se mobiliser pour défendre son droit à exercer dans des conditions dignes.

    Soumis à une « activité qui ne cesse de croître » et « des conditions de travail qui s’effondrent », l’ensemble des personnels sont appelés à faire grève, le 18 juin. Un mouvement initié par Force ouvrière, syndicat majoritaire de l’établissement, pour qui « le point de non-retour a été atteint ». L’organisation dénonce ainsi « une réalité de terrain devenue insoutenable : difficultés d’accès aux remplacements et aux heures supplémentaires, manque criant de matériel, lits fermés par manque d’effectifs, services d’urgences saturés, sous-effectif, épuisement des équipes et perte de sens au travail ». En particulier dans certains services, marqués par la « fermeture d’unités cruciales faute de médecins : les soins palliatifs, l’hôpital de jour pour enfants en pédopsychiatrie et des services sous contrainte en psychiatrie adulte ».

    Le projet social « instrumentalisé »

    Malgré cette situation, « l’information aux agents est réduite au minimum et l’accompagnement fait cruellement défaut, plongeant les personnels dans une profonde insécurité professionnelle », appuie le syndicat, qui déplore le choix de la direction « de passer en force, multipliant les décisions unilatérales et ne prenant pas en compte systématiquement les revendications ». À cet égard, FO pointe notamment le nouveau « plan de formation et les nouvelles modalités d’accès au financement des études promotionnelles », « l’instauration de quotas arbitraires sur l’évaluation de la valeur professionnelle des agents », « un dispositif de mobilité des agents mis en place sans aucune évaluation » et, plus généralement, « un déni des instances démocratiques ».

    Autant de constats qui mettent en branle « le projet social de l’hôpital », établi à l’horizon 2027, censé « sécuriser les organisations pour améliorer l’équilibre vie privée-vie professionnelle avec la mise en place des cycles de travail ».

    Un « accord local garant de l’équilibre social de l’établissement, seul levier d’attractivité et de fidélisation pour des agents hospitaliers touchés de plein fouet par une smicardisation rampante », sans avantages sociaux. Mais que « la direction instrumentalise pour déconstruire le référentiel du temps de travail en place depuis 25 ans », estime le syndicat, qui appelle, en conséquence, à se réunir devant l’hôpital Sainte-Musse, le 18 juin, à 12h.