Au bout de l’impasse Isidore-Lazare à Robion, un attroupement se forme autour d’un chantier qui débute tout juste. En cause, un petit robot et son concentré de technologies qui va, d’ici quelques minutes, inspecter l’état du réseau d’eau potable de la commune qui commence à vieillir.
La scène est en effet intrigante lorsque deux employés de l’entreprise Acwa introduisent, deux mètres sous terre, un engin d’une quarantaine de centimètres et équipé de câbles multicolores dans un large tuyau. Le robot est alors déposé, à l’aide de gants désinfectés pour respecter les règles pour s’introduire dans un réseau d’eau potable, dans un sas « comme les sous-marins », glisse l’un des employés . Le tout est relié à une camionnette dans laquelle sont branchés des écrans qui retransmettent en temps réel ce qui fait face au robot.
Un concentré de technologie qui n’utilise pas que l’image pour faire son diagnostic. Toutes sortes de capteurs permettent de détecter les fuites ou autres dégâts et impuretés éventuelles à l’intérieur du réseau. Telle que l’utilisation d’ultrasons pour mesurer l’écho des différentes couches des conduits. Devant des élus locaux et des membres de plusieurs syndicats d’eau, un commercial montre des images tournées la veille sous le sol de Robion. « On voit que c’est en bon état », lance-t-il fièrement.
Avec quelques contraintes tout de même. Tenue par un fil, la machine se déplace grâce au courant. Mais elle ne peut pas dépasser un certain nombre de virages, car à partir d’une certaine addition d’angles, elle ne pourrait plus ressortir.
Ce genre de possibilité, le syndicat Durance Ventoux ne l’avait pas auparavant. Pour vérifier l’état des canalisations, il fallait tout déterrer. « On est tombés dessus à un salon et cela nous a tout de suite intéressés », confie sur place Luc Dubet, responsable de la maîtrise d’ouvrage de l’organisation. À ses côtés, Frédéric Maurel, directeur général des services du syndicat, explique le choix de ce service qui aura coûté au total 80 000 euros, dont 40 000 ont été financés par l’Agence de l’eau. « La plupart des syndicats de l’eau ont été lancés après-guerre, et avec eux les grands réseaux d’eau. On arrive aujourd’hui à un moment où les structures deviennent vieillissantes, dont celle-ci. Ce diagnostic permet de savoir assez rapidement s’il faut changer ou non cette portion du réseau plutôt importante. On parle tout de même de deux millions d’euros d’investissement si c’est le cas. Si cela peut être décalé, on n’est pas contre. » Et à Patrick Sintes, maire (DVD) de Robion, d’évoquer l’enjeu de la route au-dessus du réseau. « L’enjeu est de savoir s’ils refont toute la voirie. On ne sait pas si on peut tenir », glisse-t-il.




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