Tag: Tarascon

  • Une « semaine décisive » pour la survie de Fibre Excellence

    Une « semaine décisive » pour la survie de Fibre Excellence

    L’étau se resserre sur la filière papetière française et l’usine de pâte à papier de Fibre Excellence à Tarascon. Toujours en grande difficulté financière, l’entreprise reste menacée de mise en redressement judiciaire d’ici le 15 avril.

    Et ce malgré des discussions qui durent depuis des mois entre l’État et le groupe, dont une proposition du ministre de l’industrie d’aide de 150 millions d’euros sur des mesures au moyen-long terme (lire notre article du 28/02). « Le discours de la direction reste le même : il faut des engagements concrets et directs, des garanties écrites de court terme pour permettre au groupe de passer 2026 », explique Laurent Quinto, représentant de la Filpac-CGT sur le site tarasconnais. En bref, la main tendue du ministre ne répond pas totalement aux attentes du groupe, qui réclame notamment une revalorisation rapide de son prix de vente de l’électricité produite sur ses sites. Une revalorisation qui permettrait de passer ses comptes dans le vert, compensant la hausse du coût de sa matière première, le bois, et un prix de vente de la pâte à papier pas folichon. Mais cette question de l’électricité reste un point de blocage persistant avec l’État, pour lequel Fibre Excellence a lancé un recours administratif, à la fin mars.

    « Sans action directe, on est en redressement judiciaire le 15 avril. C’est une semaine décisive, l’attente est très angoissante pour les salariés », s’inquiète Laurent Quinto. L’intersyndicale des sites se rend, à nouveau, à Bercy pour une réunion avec le Ciri (Comité interministériel pour la restructuration industrielle), ce vendredi. La veille, c’est la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), qui a rendez-vous avec le Premier ministre sur le sujet. « Il serait incompréhensible que l’État reste inactif », dénonce-t-elle.

    Un coût « social

    et territorial »

    La chambre de commerce et d’industrie du Pays d’Arles a aussi lancé un « appel à une décision urgente de l’État », le 2 avril dernier, dans un courrier à l’adresse du Premier ministre. Elle alerte sur le coût « économique, social et territorial » qu’aurait une liquidation de l’entreprise. Un coût qui serait « bien supérieur à l’effort demandé aujourd’hui pour rétablir une situation viable et un impact immédiat et massif pour le territoire du Pays d’Arles ». Comme la CGT, la chambre consulaire met en exergue les conséquences potentielles locales : « La disparition du site de Tarascon entraînerait la perte de 20% de l’activité du port d’Arles et un manque à gagner direct estimé à 1 million d’euros par an pour les collectivités locales. »

  • Des seconds tours incertains dans le Nord du département

    Des seconds tours incertains dans le Nord du département

    Noves

    Le second tour se jouera sans changement d’affiche : les quatre listes se maintiennent dans un contexte similaire. Laurent Fabre (DVG) en tête avec 33,19% des voix fait figure de favori dans la continuité de la municipalité sortante menée pendant 34 ans par Georges Jullien (DVG). Il devance Christian Rey (SE) (28,14%), ancien adjoint, déjà proche de remporter la mairie en 2020 (48%). En troisième position, Audrey Chikhaoui (RN) atteint 24,58% et peut peser sur l’issue du scrutin dans une commune où le RN avait recueilli 67,58% des voix lors au second tour des législatives 2024. L’ancien membre de majorité élu en 2020, Yvan Ginoux (DVC), avec 14,09%, semble plus éloigné de la victoire. Cette quadrangulaire se jouera sur la capacité des candidats à élargir leur électorat, dans un scrutin incertain avec 32,55% d’abstention au premier tour.

    Tarascon

    À Tarascon, un duel serré s’annonce entre le candidat du RN Alexandre Ducouret (45,56%), arrivé premier avec seulement 45 voix d’avance sur Fabien Bouillard (DVD), qui a obtenu 44,66% des suffrages. Ce dernier a été désigné comme successeur par le maire sortant, Lucien Limousin (DVD), dont il était le premier adjoint. L’autre candidature d’extrême droite était portée par Valérie Laupies (9,78%). Elle ne s’est pas qualifiée pour le second tour et n’a donné aucune consigne de votes. Cette semaine, les deux candidats se sont concentrés sur l’enjeu majeur du scrutin : mobiliser les 40,51% d’abstentionnistes et séduire les électeurs de Valérie Laupies.

    Châteaurenard

    Le second tour propose une triangulaire. Marcel Matel (DVC), maire sortant, bénéficie d’une avance très mince à l’issue de 1er tour : 30,14% contre 29,65% pour l’extrême droite représentée par Chantal Alex (RN). Vincent Lescot (DVD) reste en lice avec ses 16,15% et pourrait jouer un rôle déterminant selon les reports de voix qu’il captera, particulièrement celles de Jean-Marc Fontané (DVC), arrivé en 6e position avec 3,66% et qui lui a apporté son soutien. Christophe Dijon (DVD), en 4e position avec 16,5%, s’est retiré sans appel à voter et sans alliance. La liste divers gauche portée Christophe Thevenon (6,83%), éliminée, représente une réserve de voix à surveiller. Le scrutin sera donc marqué par une lutte serrée pour mobiliser ces électorats et les abstentionnistes.

  • Les salariés de Fibre Excellence Tarascon mobilisés à Toulouse

    Les salariés de Fibre Excellence Tarascon mobilisés à Toulouse

    Sous la menace d’un redressement judiciaire en raison d’une « situation financière intenable », l’intersyndicale (CGT, FO et CFDT) du groupe organisait cette manifestation « avec le soutien appuyé de Carole Delga, présidente de la Région Occitanie ». Notamment parce que « l’usine sœur » de celle de Tarascon se situe à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, et que le siège de l’entreprise est basé à Toulouse.

    « On n’était pas loin de 500 manifestants, dont plus de 120 salariés venus de Tarascon, avec deux bus remplis », relate Laurent Quinto pour la Filpac-CGT. Les représentants ont été reçus par le sous-préfet. « Il nous a confirmé que les négociations ont repris entre les juristes de Bercy et ceux du groupe. » Il y a urgence : l’usine tarasconaise est à l’arrêt par manque de bois depuis lundi. Une « lettre commune à l’attention de Monsieur Sébastien Martin [ministre délégué à l’Industrie, Ndlr.] » alertant sur la situation, a été signée par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, Frédéric Souillot, secrétaire général de FO, ainsi que Renaud Muselier, président (Ren) de la Région Sud, et Carole Delga (PS). Prochain rendez-vous le 11 mars : une réunion au ministère de l’Économie avec le Ciri (Comité interministériel de restructuration industrielle).

    Dans une question écrite, jeudi, le sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, a demandé au gouvernement « de s’engager rapidement pour préserver l’activité du site de Tarascon, en envisageant, si nécessaire, une nationalisation ».

  • Fibre Excellence : des discussions mais toujours pas d’avancées

    Fibre Excellence : des discussions mais toujours pas d’avancées

    Notre usine s’arrête ce lundi 2 mars jusqu’au 15, on n’a plus de bois ! On ferme car il faut refaire le stock. » Au lendemain d’une réunion à Bercy, Laurent Quinto, travailleur de l’usine de pâte à papier de Tarascon et représentant de la Filpac-CGT, tire à nouveau la sonnette d’alarme pour l’avenir de Fibre Excellence. Malgré une réunion à Bercy, au ministère de l’économie, sous la houlette du Ciri (comité interministériel de la restructuration industrielle), ce jeudi, la situation n’est toujours pas apaisée pour la filière papetière française. Et surtout, elle n’avance pas officiellement après la proposition d’une aide à hauteur de 150 millions d’euros par le ministre délégué à l’industrie, Sébastien Martin, qui date de la semaine dernière. « Les ministères sont désormais dans l’attente d’un retour de l’actionnaire afin de poursuivre le travail sur le dossier Fibre Excellence », relate l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT), dans un communiqué de presse. Rappelons que l’aide gouvernementale se ferait en deux parties, entre étalement de dettes, intégration aux quotas carbone et garanties de prêts… Mais sous condition que l’actionnaire principal de Fibre Excellence, Domtar (ex-Paper Excellence), mette la main à la pâte et apporte « des fonds ».

    Contactée ce vendredi, l’entreprise confirme l’arrêt temporaire du site tarasconnais pour réapprovisionnement en bois. Du reste, elle temporise et explique que des discussions sont toujours en cours suite à la proposition du ministre délégué à l’industrie. Pour rappel suite à l’annonce ministérielle, elle évoquait « un premier pas » mais rappelait surtout que le nœud du problème était celui « du tarif de rachat de l’électricité ».

    Ça coince toujours

    sur le tarif de l’électricité

    Ce sujet du coût de l’électricité a également été abordé lors de la réunion avec le Ciri. « On a encore demandé une revalorisation du tarif de revente de l’électricité pour toute la filière. On ne lâchera pas cette piste », martèle Laurent Quinto. En effet, l’intersyndicale juge depuis le début du conflit qu’une hausse du prix de vente du mégawattheure (MWh) produit sur sites permettrait « la pérennité » de l’entreprise. Problème : « Au regard du rapport de la Cour des comptes sur les centrales à charbon [lire article ci-dessous, Ndlr.], le ministère ne veut pas prendre le risque de refaire pareil », relate Laurent Quinto. L’intersyndicale développe : « L’État a réaffirmé qu’il ne reviendrait pas sur le tarif du MWh. Il a indiqué qu’une éventuelle évolution devrait nécessairement passer par la voie législative. »

    Et qui dit voie législative dit potentiellement une attente jusqu’au prochain budget pour 2027… Un timing intenable au regard de la situation financière des sites selon les salariés, l’entreprise étant menacée de mise en redressement judiciaire à la mi-mars. Reste que « les représentants de l’État ont assuré que les négociations ne sont pas terminées et qu’il existe d’autres solutions que la seule revalorisation du MWh ». Rien de définitif donc mais rien de concret non plus. Preuve en est avec un autre sujet central pour l’avenir de la filière : « les discussions relatives à l’approvisionnement en bois n’avancent guère », selon l’intersyndicale. Laquelle est bien décidée à poursuivre la pression, puisqu’elle propose « l’organisation d’une réunion à Bercy rassemblant le ministère de l’industrie, Énergie, de l’Agriculture, EDF, organisations syndicales, Véolia ainsi que l’ONF… ». De quoi faire écho au travail du sénateur communiste Jérémy Bacchi en vue d’une table ronde en préfecture des Bouches-du-Rhône avec les acteurs concernés.

    En attendant, une mobilisation des salariés est « possible » à la date du 6 mars prochain à Toulouse « avec l’appui de la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga ».

  • Fibre Excellence toujours en sursis malgré les propositions du ministre

    Fibre Excellence toujours en sursis malgré les propositions du ministre

    L’étau se resserre sur les usines de pâte à papier Fibre Excellence. La menace d’une mise en redressement judiciaire, qui inquiète les salariés depuis des mois, semblait s’éloigner avec l’annonce du ministre délégué à l’industrie, Sébastien Martin, d’un potentiel soutien, et sous conditions, à hauteur de 150 millions d’euros, la semaine dernière. Mais rien n’est acté pour l’heure et l’urgence est toujours bien présente : « On n’a plus de bois, juste de quoi tourner jusqu’à lundi. À partir de là, on s’arrête », s’inquiète Laurent Quinto, pour la Filpac-CGT du site tarasconais. En bref, la promesse ministérielle n’a rien réglé : « La proposition du gouvernement, c’est de l’étalement de dettes, des garanties de prêts… Il n’y a pas de soutien direct ou structurel. » Une réunion se tient ce jeudi à Berçy avec le comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI) à laquelle participe l’intersyndicale. « Tout ce qu’on discutait au Ciri depuis des semaines tombe à l’eau, puisque les travaux sur la renégociation des tarifs de vente de l’électricité et le travail avec la filière bois passent au second plan et ne sont pas dans l’annonce du ministre », dénonce Laurent Quinto. Contactée, l’entreprise explique être toujours en train d’étudier la proposition du ministre délégué.

    Le sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, s’est emparé de la question et va prochainement « faire une question écrite au ministre Roland Lescure ». Il travaille également à une table ronde en préfecture.

  • L’État propose 150 millions pour sauver Fibre Excellence

    L’État propose 150 millions pour sauver Fibre Excellence

    Une nouvelle qui tombe à pic ? Alors que l’entreprise Fibre Excellence et ses deux usines, dont celle de Tarascon, était au bord d’un gouffre financier et menacée de fermeture, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, annonce la possible arrivée de 150 millions d’euros pour renflouer les caisses. Une annonce faite chez nos confrères de La Dépêche, qui se découperait en deux parties de 75 millions d’euros chacune. La première serait composée notamment d’un « abandon des dettes publiques et sociales » et d’intégration aux quotas carbone. La seconde porterait sur « une garantie de l’État sur la moitié des investissements du plan industriel ».

    Le conditionnel reste de mise car le ministère demande à l’actionnaire de l’entreprise des contreparties et qu’il apporte « des fonds ». « Les propositions apportées par l’État sont un premier pas dans la bonne direction », réagit l’entreprise, par communiqué de presse ce vendredi. « Nous allons étudier, dans les jours à venir, avec le plus grand soin ces propositions, avec leurs effets immédiats et ceux à moyen-long terme », développe son PDG, Jean-François Guillot.

    Un sursis mais…

    En bref, rien d’acté pour l’heure. Dans cette lignée, la CGT du site tarasconnais accueille la nouvelle positivement mais l’analyse comme « un sursis ». « Ce qui est présenté est très bien. C’est un beau geste. On est satisfaits mais pas rassuré », explique Laurent Quinto, pour la Filpac-CGT. « Ce sont des soins palliatifs. Même avec cette injection, le problème structurel n’est pas réglé. D’autres mesures sont nécessaires pour qu’on soit dans le positif financièrement », développe-t-il. Il a dans le viseur le prix du bois, nécessaire au site pour sa production de pâte à papier et une « revalorisation du prix de revente de l’électricité ». Cette dernière revendication est jugée par l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT) comme essentielle à « la pérennité du site ». « Sans travail avec la filière du bois, sans renégociation du prix du Mégawattheure, la pérennité des sites n’est pas assuré », martèle Laurent Quinto. D’autant que ces points étaient l’objet de discussion au Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) depuis plusieurs mois. « Au Ciri, on nous a pas du tout discuté des mesures annoncées. À part cette annonce dans la presse, nous n’avons pas de détails », conclut la CGT. Suite au prochain épisode donc.

  • Fibre Excellence : les salariés passent à la vitesse supérieure

    Fibre Excellence : les salariés passent à la vitesse supérieure

    « On envoie le message qu’il faut être solidaire, qu’il faut se battre pour le maintien des emplois. On veut montrer qu’on est soutenus et que c’est une question de survie. » Laurent Quinto, représentant de la CGT de Fibre Excellence Tarascon, attend du soutien, ce mardi, pour la mobilisation, devant le site, lancée à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT).

    Pour rappel, l’usine de pâte à papier est en sursis suite à des alertes de sa direction et une situation financière intenable (lire notre article du 26/01), avec une menace de placement en redressement judiciaire d’ici la mi-mars. « La direction nous a rappelé qu’elle prendrait des décisions lapidaires s’il n’y avait pas de mesures de soutien prises entre le 15 février et fin mars », relate Laurent Quinto. D’où le timing de la mobilisation : à la veille d’une réunion à Paris avec le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), auprès duquel les réunions s’enchaînent depuis décembre. « On veut des réponses rapidement, on attend beaucoup de cette réunion à Bercy », résume le syndicaliste. Dans le viseur ? Obtenir une révision du prix de vente de l’électricité produite sur le site. « C’est la seule mesure qui pourrait sauver le site immédiatement », insiste la CGT.

    C’est dans cet objectif que l’intersyndicale rencontre des élus du territoire depuis des semaines. Juan Martinez (PS), maire de Bellegarde, Lucien Limousin (DVD), maire de Tarascon, ou encore Patrick de Carolis (Horizons), maire d’Arles, sont attendus par les salariés sur le site pour le rassemblement de mardi. Et la semaine dernière, l’intersyndicale a rencontré la présidente de Région d’Occitanie, Carole Delga (PS). Le site étant frontalier avec le département de Gard et son usine sœur se situant à Saint-Gaudens en Haute-Garonne (31). « Elle nous a confirmé que des négociations, entre les ministères, la direction et EDF sont en cours sur la revente d’électricité. Les portes sont ouvertes », développe Laurent Quinto. Avant de noter positivement : « Elle se mobilise pour que les choses avancent ! »

    « On est solidaire de la Centrale de Gardanne »

    Et si certains tentent d’opposer la Centrale de Gardanne et Fibre Excellence sur la question des tarifs de vente d’électricité, la première revendant à des prix bien plus élevés que la deuxième, la CGT du site tarasconnais est claire : « On est solidaire de la Centrale de Gardanne, on ne veut pas léser le site. Le problème ne vient pas de Gardanne, mais bien de l’État. C’est lui qui fixe les tarifs de vente d’électricité et c’est avec lui qu’on négocie. » Même discours au plus haut niveau de la CGT, puisque Sophie Binet a rédigé un courrier à l’adresse du ministre de l’Industrie, le 23 janvier, qui réclamait un « plan d’urgence » pour les usines de pâte à papier, et une « nationalisation si nécessaire ».

  • L’usine de pâte à papier de Tarascon risque de partir en fumée

    L’usine de pâte à papier de Tarascon risque de partir en fumée

    « Si on tombe, c’est toute la filière française de bois qui est en danger. » Ce vendredi, les représentants de l’intersyndicale (CGT, FO et CFDT) de l’usine de pâte à papier de Tarascon, Fibre Excellence, ont le ton grave.

    Et pour cause : leur site et ses plus de 250 salariés sont « menacés de redressement judiciaire puis de liquidation » d’ici la fin du mois de mars. « C’est ce qui a été annoncé par notre PDG lors d’un comité social et économique extraordinaire mercredi dernier, sans mesures concrètes à la mi-février, on serait en redressement à la fin mars », explique Laurent Quinto représentant de la Filpac-CGT sur le site. Le lendemain, les syndicalistes du site étaient à Bercy, où ils enchaînent des réunions depuis décembre avec le comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) entre quelques rencontres avec les maires environnants et en sous-préfecture. Leur objectif ? « Sauver le site et les 5 000 emplois induits ».

    Car l’usine qui produit de la pâte à papier, à partir de bois, laquelle sert ensuite de base à de multiples formes de papiers, cartons ou emballages, tourne à plein régime. En 2025, le site tarasconnais a « battu des records de production » avec quelque 230 000 tonnes de pâte produite. Mais elle fait face à une conjoncture plus que difficile. « En 3 ans, le prix du bois a pris plus de 50% », explique Laurent Quinto, évoquant un coût de plus d’une centaine d’euros la tonne. « On vend moins de 500 euros la tonne de pâte à papier », ajoute Edwige Le Gangneux, pour la CFDT. Et il faut environ 4 tonnes de bois pour faire une tonne de pâte à papier. À partir de là, le calcul est simple : « On est quasiment à perte. »

    Le site peut donc difficilement faire face à la concurrence américaine mais il est pourtant essentiel au tissu industriel local et même national. « On est l’un des derniers acteurs de la filière papetière française », insiste Laurent Quinto. Car l’usine se targue de se fournir en « bois essentiellement français » et de faire vivre une multitude de « forestiers locaux », une partie de sa matière première fournie par l’ONF. Avec une usine sœur à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne et la reprise de la symbolique Chapelle d’Arblay par le groupe, une liquidation de l’entreprise aurait en effet des conséquences désastreuses sur l’économie forestière. Et, in fine, l’entretien des forêts en Paca et Occitanie.

    Un appel à l’aide à l’État

    L’intersyndicale s’en remet donc à l’État et aux élus locaux pour tenter de sauver le site dans un territoire au taux de chômage élevé, à près de 9% selon l’Insee. Et visiblement, ils ne peuvent pas compter sur leur actionnaire principal, Domtar (ex-Paper Excellence), pas vraiment en difficulté financière, pour mettre la main à la pâte. Rappelons que ce dernier avait fait la bonne affaire de reprendre son propre site en 2021 après l’avoir lâché, via une cessation de paiement. « L’actionnaire a dit plusieurs fois qu’il n’aiderait plus le groupe. Il a déjà fermé deux usines en deux mois au Canada, et bien plus grosses que nous », commente avec inquiétude Laurent Quinto. Les représentants des salariés ne croient pas non plus à un plan de sauvegarde : « On ne peut pas faire tourner le site avec moins de salariés. Après le dernier plan on est déjà au minimum, il n’y en aura pas d’autre », abonde Florian Berthone, pour FO. Un levier que veulent actionner les syndicats serait une revalorisation du prix de revente à EDF, donc l’État, de l’électricité que produit le site via ses résidus de bois et une turbine. Ils prennent l’exemple de la Centrale de Gardanne qui revend aux environs des 250 euros le mégawattheure, contre une centaine environ pour le site tarasconnais. « Si l’on passe à 200 euros, on sort la tête de l’eau immédiatement », assure Laurent Quinto. Une prochaine réunion à Bercy est prévue le 11 février. D’ici là, les salariés espèrent recevoir le soutien des présidents de Région respectives, Renaud Muselier et Carole Delga.

  • [Entretien] Benjamin Jarjaval : « On veut un outil citoyen accessible à tous à Tarascon »

    [Entretien] Benjamin Jarjaval : « On veut un outil citoyen accessible à tous à Tarascon »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir lancé une plateforme citoyenne de participation à Tarascon ?

    Benjamin Jarjaval : C’est un outil citoyen, c’est parti d’un constat. On est un petit collectif d’une quinzaine de personnes, et l’idée, c’était de voir ce qu’on pouvait faire. Il s’agit d’un outil d’ingénierie citoyenne, pour permettre aux gens de parler et de faire des constats sur des choses qui les touchent directement. C’est pour l’habitant qui va être expert de son trottoir, expert de son cadre de vie. Il n’y a pas que ceux qui votent : les jeunes, dès 17 ans, ont besoin d’apporter des précisions sur ce qui leur manque à Tarascon. On veut un outil accessible à tout le monde, de 17 à 97 ans, voire plus.

    Cette plateforme est-elle liée aux municipales ou à un projet politique ?

    B.J. : La plateforme est vraiment apolitique. Le fait qu’elle sorte pendant les municipales peut prêter à confusion, mais la vérité, c’est que le temps de la mettre en place a été long en n’étant pas spécialistes. On ne cherche pas de siège. On a envie que tout le monde participe à cette plateforme, quelle que soit son étiquette, quel que soit son vote. On invite d’ailleurs tous les candidats déclarés à venir participer à la plateforme.

    Quel regard portez-vous sur la situation politique et sociale à Tarascon aujourd’hui, après deux mandats de droite ?

    B.J. : Il y a eu des réussites au niveau des murs, avec la création de la maison multi-accueil qui s’est faite sur Tarascon, le CCAS, une crèche, la rénovation du théâtre… Par contre, la population augmente, et une partie des habitants reste touchée par la précarité : le taux de précarité est proche des 31 voire 33%. Il y a aussi plus de 12,5% de chômage à Tarascon et pas d’agence France Travail. Les habitants sont obligés de se déplacer jusqu’à Arles. Donc, il manque encore des infrastructures pour cette population grandissante. Il y a des actions sociales, mais il y a encore des choses à faire. Ensuite, pour ce qui est de l’offre politique, ma sensibilité est plutôt à gauche et je ne me retrouve pas dans l’offre actuelle à Tarascon. Il n’y a plus de candidat de gauche depuis 2014 : aujourd’hui, ce qui est proposé, c’est la droite ou l’extrême droite. Aux dernières municipales, il y a eu plus de 50% d’abstention , donc je ne crois pas que l’offre politique soit représentative de la population.

  • La CGT de Fibre Excellence a rendez-vous à Bercy

    La CGT de Fibre Excellence a rendez-vous à Bercy

    L’avenir de Fibre Excellence en danger ! », s’alarme le syndicat Filpac-CGT de l’usine de pâte à papier tarasconnaise, dans un communiqué de presse pour le moins inquiétant. Alors que le site est à l’arrêt jusqu’au 5 janvier (lire notre édition du 24/12), l’organisation syndicale monte au créneau car elle craint l’arrivée de nouvelles encore plus mauvaises. « Le prix du bois a augmenté de 50% depuis 2022, alors que le prix de la pâte à papier est au plus bas. On est dans une équation plus que difficile », expose Laurent Quinto, travailleur du site et responsable CGT. D’autant que « l’usine sœur » située à Saint-Gaudens en Haute-Garonne a subi une activité partielle pendant 5 semaines. « Notre site n’est pas à l’abri non plus d’un recours au chômage partiel dès le début du mois de janvier », développe la CGT, affirmant que la direction du site se serait déjà renseignée sur le sujet.

    « L’arrêt de production de Tarascon confirme la gravité de la situation pour l’ensemble du groupe. Sans mesures rapides et concrètes, c’est tout un pan de l’industrie papetière qui est en danger », ajoute le syndicat. Il a notamment dans le viseur la question du prix de revente d’électricité du site à l’état. Un prix au Kilowatt-heure qui serait plus bas que pour d’autres sites du territoire, comme la centrale de Gardanne par exemple, comme le soulignait le syndicat FO du même site.

    D’où un rendez-vous à Bercy, le 6 janvier prochain : « On va rediscuter du prix de vente du Kilowatt-heure, mais on ne veut pas les uns contre les autres. Il faut juste que l’État s’aligne, notre objectif est de protéger l’emploi », précise Laurent Quinto. Une délégation CGT des deux sites montera donc à Paris, en présence de leurs homologues de la CFDT et de FO.