Tag: tables rondes

  • Le droit international, boussole pour la paix

    Le droit international, boussole pour la paix

    Blocages politiques, impuissance face aux grands conflits mondiaux, réformes impossibles, difficultés financières… Créée en 1945 pour maintenir la paix et la sécurité internationales, l’Organisation des Nations unies (ONU) traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire. « En tant qu’institution, elle est en danger », constate avec inquiétude Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. Lors d’un forum qui s’est tenu vendredi, veille du congrès national de l’organisation ces 10 et 11 octobre, chercheurs, universitaires, diplomates et responsables d’ONG se sont réunis autour d’une question volontairement provocatrice : « Et si l’ONU n’existait pas ? » Objectif de la journée : disséquer les blocages du droit international, jeter les bases d’un nouveau multilatéralisme et inviter la société civile à se mobiliser.

    Raphaëlle Maison, professeure de droit international public à l’Université Paris-Saclay, dit avoir une « très grande difficulté à défendre l’ONU », devant un tableau qu’elle qualifie de « cauchemardesque ». Elle et son collègue, le professeur de sciences politiques à l’Université Bourgogne-Europe à Dijon et chercheur au Centre de recherche et d’étude en droit et science politique, Raphaël Porteilla, sont sans appel : « La politique a trahi les idéaux de la Charte des Nations unies. »

    Et d’illustrer. Dans la résolution 2 803 du 17 novembre 2025, le Conseil de sécurité reprend le premier point du plan Trump pour Gaza, qui vise, selon Raphaëlle Maison, à « effacer les traces du génocide, en tirer profit et rééduquer les survivants afin qu’ils oublient leur histoire ». Le 11 mars 2026, quelques jours après l’opération conjointe américano-israélienne en Iran, le même organe de l’ONU dénonce « les attaques inacceptables perpétrées par la République islamique (…) contre les territoires de l’Arabie saoudite, de Bahreïn, des Émirats arabes unis, du Koweït, d’Oman, du Qatar et de la Jordanie et considère que ces actes portent atteinte au droit international », omettant de mentionner les frappes aériennes des deux membres permanents du Conseil de sécurité. Raphaëlle Maison dénonce une « inversion du réel ».

    L’Assemblée générale des Nations unies n’est pas en reste. Le 24 septembre, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, suspecté de crimes de guerre, y prend la parole malgré le mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale en novembre 2024. « Quelques jours avant, le président états-unien faisait publiquement part de son choix possible d’annihiler l’Iran », poursuit-elle. « Le crime est désormais revendiqué à l’Assemblée générale des Nations unies, alors que le recours à la force et la menace de recours à la force sont interdits par la Charte. Les propos de Donald Trump sont une sorte de profanation. » Pour Raphaël Porteilla, « tout ça montre que le monde continue d’être structuré par des hiérarchies coloniales, raciales, et expose de manière assez crue un ordre juridique international impérialiste ». Il ajoute : « Il y a des règles, mais il y a la souveraineté des États, c’est-à-dire leurs intérêts individuels, et ces intérêts priment sur les règles internationales. Cinq peuvent décider du sort des résolutions. »

    Le patrimoine juridique

    de l’humanité

    Face aux « dérives politiques des institutions » de l’ONU et notamment du Conseil de sécurité, Raphaëlle Maison appelle à revenir au texte de la Charte, qui constitue « le patrimoine juridique de l’humanité », et à une évolution coutumière de ce texte pour renforcer le rôle de l’Assemblée générale.

    L’enseignante propose par ailleurs quelques pistes : abolir le Conseil de la paix pour Gaza ; promouvoir le recours à la Cour internationale de justice pour le règlement des différends ; ne pas céder à la propagande de guerre, « cette guerre contre le terrorisme qui justifie tout » ; réaffirmer l’égalité en droit des États, le principe de non-ingérence et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

    Peuples dont il est question en préambule de la Charte : « Nous, peuples des Nations unies (…) ». Raphaël Porteilla croit « que les citoyens ont quelque chose à dire et ce sont eux, que ce soit dans la rue ou à travers les urnes, qui vont pouvoir demander aux gouvernants de respecter ceux pour quoi ils ont été élus », bien que la paix soit la grande absente des programmes. Face à l’impérialisme, le politologue pousse à trois gestes individuels : conserver la faculté de s’indigner ; se former au droit international pour débloquer le verrouillage de l’information ; et enfin s’engager pour donner du sens à l’indignation.

    Il assène : « Pour moi, le droit international reste la boussole sur laquelle on doit se fonder pour construire l’avenir des générations futures. Sans ce droit international, imparfait, incomplet, critiquable et réformable, sans cette base de valeurs qui sont les principes de la Charte, l’anarchie reviendra et elle guette avec une odeur guerrière et de suprémacisme nauséabond. Il nous faut nous lever ensemble. »

  • Deux jours de débats dédiés aux enjeux stratégiques de la Méditerranée à Toulon

    Deux jours de débats dédiés aux enjeux stratégiques de la Méditerranée à Toulon

    Depuis cinq ans, la Fondation pour la maîtrise des enjeux stratégiques (FMES), « think thank » créé à Toulon en 1990, organise les Rencontres stratégiques de la Méditerranée. Ce rendez-vous annuel s’adresse autant aux spécialistes qu’au grand public, pour débattre des enjeux de cet espace d’interconnexion partagé par 23 pays issus de trois continents.

    Il a été introduit par François de Canson, vice-président d’une Région Sud qui se trouve, de fait, au centre de la réflexion française en la matière. « Toulon est le premier port militaire d’Europe », a-t-il rappelé. à ce titre, « la Région, via son opération d’intérêt régionale (OIR) Défense et Sécurité [plan d’investissement de 500 millions d’euros lancé en décembre 2025 pour soutenir l’industrie de défense, Ndlr.] est là pour permettre aux entreprises de s’installer plus facilement dans notre territoire. »

    Dans cette optique, ces rencontres permettent « d’échanger entre acteurs pour avoir une vision commune qui permette de défendre le pays », appuie François de Canson.

    Jean-Marc Jancovici

    en « grand témoin »

    Et pas seulement sur le plan militaire, car ces rencontres, qui se déroulent autour de tables rondes, couvrent des thématiques diverses : « Le principe, c’est de mettre autour de la table des gens d’expériences et de cultures différentes, militaires, politiques, spécialistes des relations internationales, de la technologie, de l’économie, ou de l’environnement », explique Pascal Ausseur, directeur de la FMES.

    Ce dernier aspect revêt un intérêt particulier, puisque le « Grand témoin » choisi pour cette édition est Jean-Marc Jancovici, spécialiste des questions d’énergie et de climat, intervenu mercredi après-midi. « Tous les enjeux se tiennent, donc l’écologie n’est pas un problème à part et on n’en réglera aucun sans régler les autres », justifie Pascal Ausseur.

  • À Aramon, « Émergences » fait de l’eau une affaire commune

    À Aramon, « Émergences » fait de l’eau une affaire commune

    À Aramon, l’eau ne sera pas un décor. Du 11 au 13 septembre, Émergences revient pour une cinquième édition qui entend faire de cette ressource vitale un sujet de culture, de débat et d’action. Né en 2022 dans le sillage de la mémoire des inondations meurtrières de 2002, le festival revendique depuis sa devise : « Alerter et émerveiller ». Une manière de ne pas opposer la fête à l’urgence écologique.

    Au bord du Rhône, dans une commune de 4 500 habitants, Émergences assume ainsi le contre-pied des grands rassemblements. « Alors que certains événements se pressent dans la course au gigantisme, nous opposons une logique de sobriété, un festival à taille humaine », revendiquent les organisateurs : jauges modestes, lieux déjà existants, hébergement des artistes dans le village, circuits courts, tri des déchets, fontaines à eau et zéro bouteille plastique, limitation des impressions, covoiturage et mobilités douces. Le festival, labellisé « Événement détonnant » niveau 1, met aussi en avant une « green team » chargée de réduire son empreinte. Environ 3 000 visiteurs sont attendus sur trois jours.

    Du climat à la piste

    de danse

    Mais l’écologie ne se limite pas aux coulisses. Elle irrigue toute la programmation. Deux tables rondes doivent aborder la gestion de la ressource, le risque inondation et les solutions locales d’adaptation. Dans la zone humide des Paluns, balades botaniques, spectacle « L’arbre fleuve » et sorties à vélo invitent à regarder autrement des milieux fragiles. Expositions sur les glaciers et les deltas, marché de producteurs, ateliers de réparation, cuisine durable ou fresque de l’eau prolongent cette volonté : donner des clés concrètes plutôt que réduire le climat à une menace abstraite.

    La musique reste toutefois au cœur du rendez-vous. Vendredi 11 septembre, la pianiste Bridget Yee précédera Walid Ben Selim, voix profonde de la poésie soufie. Samedi 12, le Brésilien João Selva mêlera samba, soul et funk, avec un engagement assumé contre la déforestation. Dimanche 13, La Mal Coiffée refermera le week-end avec ses polyphonies occitanes et ses percussions. La plupart des rencontres, animations et balades sont gratuites, tandis que les concerts au château sont annoncés à 18 euros, 12 euros en tarif réduit. À Aramon, Émergences veut ainsi faire de l’eau un bien commun dont on parle ensemble, sans renoncer au plaisir de chanter, marcher ou danser.

  • Terres de Résistance, fer de lance de la reconquête politique

    Terres de Résistance, fer de lance de la reconquête politique

    « Nous pouvons encore, ensemble, mener la lutte pour la justice sociale, l’égalité et la dignité humaine » a exhorté Jeanine Incorvaïa, qui succède à Christian Scognamiglio à la présidence de Terres de Résistance. Après la perte de la circonscription les communistes sont prêts à relever le défi de la reconquête avec un festival « stratégique, outil de lutte, de solidarité », qui offre « un souffle contre l’individualisme, l’exploitation, les obscurantismes ».

    Terre de liens, Secours populaire français, Mouvement de la paix, Collectif solidarité Palestine, 1336, JOC, Association sénégalaise de Martigues, France-Chypre, France-Arménie, France-Cuba, Association des Comoriens, France-Vietnam, Les cocos de Lozère, les Amis de La Marseillaise… Autant de structures présentes qui tissent un partenariat fort et sans frontière. Elles ont animé, en plus des concerts et tables rondes, ce week-end de retrouvailles placé sous le signe d’une offensive politique à mener dans tous les rendez-vous de 2027.

    Secrétaire de la section PCF de Martigues, Laetitia Sabatier a rendu hommage aux camarades disparus : Didier Brissot, trésorier de la section ; Jean-Claude Cheinet, militant infatigable de l’écologie populaire ; et Hocine Aouar, figure emblématique du FC Martigues, saluant leur engagement combatif. Le maire (PCF) Gaby Charroux a estimé que « le plus bel hommage qu’on puisse leur faire est de continuer à résister en proposant ». Car la bataille s’annonce ardue. « La dernière campagne municipale a été difficile car en face, nous avions en plus de la droite et de l’extrême droite, une liste citoyenne qui a divisé », a rappelé Laetitia Sabatier.

    L’exigence de paix

    Mais « pour continuer à rénover nos écoles, se prémunir contre les incendies, préserver l’équilibre entre nature et industrie, sauver notre hôpital public », a listé la secrétaire de section, « nous avons la chance d’avoir notre municipalité ». Elle a aussi appelé à soutenir, lors des sénatoriales, « notre candidat d’union de la gauche, Jérémy Bacchi ». Pour la présidentielle, elle a plaidé « le vote pour une candidature communiste car nous sommes le parti le plus démocratique ». Et à propos des législatives : « C’est notre territoire, nous irons le reconquérir. »

    Gaby Charroux a clos le meeting en rappelant que le PCF restait fidèle à ses valeurs : « La Sécu, c’est nous qui l’avons créée, nous continuerons à la défendre de toutes nos forces. » Et persistant en citant le travail des parlementaires : « Commission d’enquête pour ArcelorMittal », « refus de la guerre », « défense des services publics, bouclier et facteur d’émancipation », « opposition aux délocalisations », « Décarbonation pour préserver emplois, nature et santé »… Au regard de l’histoire du Front populaire, « rien n’est impossible », a réaffirmé l’édile.

  • Vaucluse : un forum pour guider les mairies dans leurs projet

    Vaucluse : un forum pour guider les mairies dans leurs projet

    « Quand on devient maire, il y a des paramètres que l’on ne prend pas en compte, avec pas mal de dossiers en cours et surtout les nombreux problèmes du quotidien », glisse ce mercredi Adrien Vogel, maire depuis deux mois de Villelaure – le plus jeune de Vaucluse à 28 ans – dans le hall d’entrée de la salle polyvalente de Montfavet. C’est justement pour accompagner au mieux les municipalités que la préfecture de Vaucluse organisait un « forum État-Territoires » pour permettre aux élus vauclusiens de découvrir leurs possibles interlocuteurs dans divers domaines.

    Ainsi, un peu plus de 120 représentants de mairies de tout le département étaient réunis toute la journée pour rencontrer les services de gendarmerie, la Banque de France, France Travail mais aussi l’Agence de l’eau ou les finances publiques. « Au cours du dernier mandat, beaucoup de maires nous remontaient qu’ils ne savaient pas vers qui se tourner pour réaliser des projets. On tente de répondre à ces enjeux de cohésion du territoire », précise ainsi Juliette Paradis, chargée de mission territoriale à l’Agence nationale de la cohésion des territoires PACA, qui participait à l’organisation de l’événement.

    « On ne peut pas se comparer à de plus grandes villes avec différents services. Nous, on est souvent seuls », témoigne Gérard Martin, maire (SE) de Saint-Romain-en-Viennois, petite commune de moins de 900 habitants. Avec seulement quatre adjoints, l’édile confie se sentir parfois « seul » face à ses administrés. Et, tout en estimant que ce genre de journée « nous aide en nous donnant des réponses et des contacts », il confie aussi être « assailli de communications » et ne sait parfois pas vers qui se tourner. « On apprend sur le tas et on s’améliore chaque semaine. L’association des maires nous accompagne aussi avec des formations », ajoute Adrien Vogel. Ce dernier pointe également la distance avec Avignon, à plus d’une heure en voiture, ce qui limite parfois les possibilités d’échanger ou de rencontrer les services.

    Tables rondes

    Pendant l’après-midi, plusieurs tables rondes ont été proposées sur divers thèmes tels que la sécurité, l’emploi, la santé ou la cohésion sociale. Devant une vingtaine d’élus en début d’après-midi, les responsables départementaux des forces de sécurité ont ainsi exposé les différentes thématiques sur lesquelles ils peuvent échanger. Comme Christophe Paichoux, directeur départemental des services d’incendie et de secours de Vaucluse, qui a rappelé que ces derniers doivent avoir des responsables incendie. Mais aussi que ce sont eux qui doivent superviser l’urbanisme. Ou encore le directeur de cabinet du préfet, Thibaut de Cacqueray, qui insiste pour « aller voir les bars dansants, parfois en sous-sol, pour voir ce qu’il s’y passe car il y a pas mal de lieux qui passent sous les radars », en résonance avec l’incendie du bar à Crans-Montana (Suisse), qui avait fait plus de 40 morts lors du dernier jour de l’an.

  • À Toulon, 48h pour cultiver une ville plus durable

    À Toulon, 48h pour cultiver une ville plus durable

    Rendre les villes plus vertes, un effort auquel chacun peut participer, des collectivités aux habitants en passant par les associations et les commerçants : c’est l’objectif des 48h de l’agriculture urbaine, qui font étape à Toulon et dans cinq communes du département (La Valette-du-Var, Six-Fours-les-Plages, La Farlède, Le Val, Le Castellet) de vendredi à dimanche.

    Festival organisé depuis 2016 par l’Association française d’agriculture urbaine professionnelle (AFAUP), il se veut « l’événement vitrine de l’agriculture urbaine en France et en Europe ». Il défend trois objectifs : promouvoir l’agriculture urbaine et sa diversité auprès du grand public, encourager la création d’espaces cultivés en milieu urbain, et créer du lien social et favoriser les rencontres pour faire émerger de nouvelles initiatives. L’an dernier, 35 villes françaises y ont participé, avec plus de 1 000 activités participatives gratuites (ateliers, visites, projections-débats, conférences et tables rondes, banquets populaires, concerts…) pour débutants et passionnés.

    Marché des producteurs, atelier séchoir solaire…

    À Toulon, c’est au Collectif varois pour l’agriculture urbaine (CVAU) que l’on doit l’organisation de l’événement, avec un programme qui fait la part belle aux acteurs locaux du domaine. Les réjouissances débuteront vendredi, avec un premier atelier, place Vincent Raspail, qui consistera à fabriquer des jardinières à partir de palettes récupérées auprès des halles de Toulon. Celles-ci seront ensuite remplies à partir de compost, puis disposées sur les terrasses des halles. Une activité préliminaire à la soirée d’ouverture qui se tiendra dès 18h30 au Domaine d’Orves, à La Valette-du-Var, et sera le théâtre d’une conférence dédiée aux jardins nourriciers.

    Les animations se poursuivront samedi et dimanche. Des dizaines de producteurs locaux proposeront un marché de saison samedi, dès 8h, rue Paul Lendrin. Vous pourrez aussi découvrir l’agroécologie au jardin du Chemin ver.s.t, au Castellet, vous essayer à la fabrication d’un séchoir solaire au domaine de la Pierre Blanche, dans la même commune, ou pour les débutants, apprendre les bases du jardinage au jardin partagé de la Florane, à Toulon.

    Programme complet à retrouver sur les48h.com

  • Le tourisme varois veut s’étendre et diversifier sa clientèle

    Le tourisme varois veut s’étendre et diversifier sa clientèle

    C’était une première amenée à devenir un rendez-vous annuel. Les Assises du tourisme du Var se sont tenues jeudi à l’hôtel du Département, à l’initiative de l’agence Var Tourisme. Environ 230 acteurs locaux et nationaux, issus des collectivités et du domaine touristique, se sont donné rendez-vous pour une journée organisée autour de quatre tables rondes thématiques.

    Celles-ci ont permis de rappeler les priorités et d’ouvrir les perspectives à venir. Et une volonté revient souvent : « aller plus loin ». Notamment dans le développement d’une clientèle quatre saisons, pour laquelle Var Tourisme a mis en place « une stratégie depuis 2023, qui paye sur le printemps et l’automne », développe Guillaume Décard, son président, qui indique que ce résultat est lié « à la clientèle internationale, qui a plus de pouvoir d’achat que la clientèle française ».

    « Les Varois savent qu’en été, on prête le Var »

    Et Var Tourisme ne compte pas s’arrêter là : après être parvenu à consolider la clientèle européenne de proximité (Italie, Grande-Bretagne, Autriche et Pologne plus récemment), elle s’attaque désormais à la Scandinavie et aux États-Unis, dans un élan « d’augmentation considérable du tourisme américain dans le Var », ajoute Guillaume Décard.

    Et ce développement passe par la diversification de l’offre. Pour ce faire, l’accent doit être mis sur « le Var des terres », où « l’authenticité est beaucoup plus forte ». Dans cette optique, le tourisme mémoriel a notamment été usité dans le cadre des 80 ans du débarquement de Provence, et l’agritourisme apparaît désormais comme la perspective d’avenir. « En un an et demi, nous sommes devenus département pilote auprès d’Atout France [agence de développement touristique nationale, Ndlr] », souligne le président de Var Tourisme. Un domaine vecteur d’emplois et « intégré dans le dispositif Var insertion emploi », ajoute Jean-Louis Masson, qui certifie que « l’offre dépasse même la demande ». Et pour loger les saisonniers, question mise sur la table par plusieurs candidats aux élections municipales, le président du conseil départemental propose de généraliser la mise à disposition des résidences étudiantes durant l’été. Une solution qui paraît limitée, puisque seuls les bassins toulonnais et fréjusiens disposent de telles infrastructures.

    Et le tourisme engendre aussi une augmentation des prix, et parfois des situations difficiles à vivre pour les locaux. « Nous sommes la première destination de France à avoir mené une étude anthropologique pour abolir les croyances limitantes sur le tourisme », indique Martine Felio, directrice générale de Var Tourisme, qui affirme que « les entretiens montrent que les Varois savent qu’en été, on prête le Var ». Un panier de consommation témoin est par ailleurs utilisé pour surveiller l’augmentation des prix dans un contexte déjà inflationniste.

  • Cap sur la 23e édition du salon Les Nauticales !

    Cap sur la 23e édition du salon Les Nauticales !

    C’est un rendez-vous qui a « le goût du large et la mémoire des horizons », pour le maire (DVD) de La Ciotat Alexandre Doriol. Pendant une semaine, sa ville va vivre au rythme du nautisme et de la grande bleue avec le retour des Nauticales, du 14 au 19 avril, au port des Capucins.

    Organisé par la Métropole avec la participation de La Provence, le plus grand salon nautique à flot du Sud de la France accueillera près de 20 000 visiteurs et présentera près de 100 exposants, 79 marques et quelque 200 bateaux, entre voiliers, vedettes familiales, catamarans, semi-rigides ou encore bateaux électriques, offrant un panorama des tendances actuelles sur un espace d’exposition de 25 000m2.

    Trois tables rondes

    La navigatrice Isabelle Autissier, première femme à avoir accompli un tour du monde en solitaire lors d’une compétition en 1991 et militante écologiste, est la marraine de cette 23e édition placée sous le signe de la responsabilité. « Elle incarne cette alliance rare entre l’appel à l’évasion et le devoir de protection », affirme Alexandre Doriol.

    Au-delà des expériences immersives, des démonstrations, des initiations et des rencontres avec les professionnels et les pratiquants de sport de glisse notamment (avec un village dédié à ces sports de 1 000m2), cette édition offre un espace d’expression, de réflexion et de transmission des récits et des expériences de celles et ceux qui vivent la mer avec « Parlons Mer » s’intègre naturellement au programme du salon. Trois rendez-vous rythmeront la semaine : mardi, Isabelle Autissier, Nicolas Rouger et Christopher Pratt évoqueront la mer comme espace d’aventure, d’accomplissement, d’audace et de transmission. Mercredi, une conférence abordera les grandes questions du nautisme méditerranéen : transition, innovation, motorisations propres, emplois maritimes, structuration des filières. Samedi, les associations locales seront mises à l’honneur et dessineront les enjeux de préservation du littoral, d’éducation et de citoyenneté.

  • Les accents disséqués pour le grand public

    Les accents disséqués pour le grand public

    Les accents marseillais à l’écran, accents de banlieue et accents bourgeois, le parler gaga… Ce jeudi soir à la bibliothèque Alcazar, les sujets ne manquent pas pour cette soirée de lancement du festival des accents. Après une première édition à Saint-Etienne, c’est entre Marseille et Aix-en-Provence que l’événement gratuit de médiation scientifique et culturelle s’installe jusqu’à samedi.

    L’initiative, portée par sept scientifiques de toute la France et deux artistes, a pour but de faire découvrir au grand public les recherches qui existent autour de ces questions. « On veut montrer ce que l’on fait de manière scientifique sur les accents, explique le linguiste à Aix Marseille Université et responsable local de l’organisation Médéric Gasquet-Cyrus. Comment on décrit la prononciation des gens, ce que cela veut dire du point de vue social, pourquoi des gens cachent leur accent, comment ça se manifeste, pourquoi est-ce qu’on peut enseigner avec un accent, etc. »

    Vulgarisation scientifique

    Un exercice pointu pour les scientifiques, qui doivent simplifier leurs recherches pour les rendre accessibles au grand public, car définir l’accent n’est pas chose aisée. « On essaie de le faire grâce à des jeux, de petites conférences avec des exemples, à travers aussi des artistes, puisqu’on a de la chanson, de l’humour, du théâtre, pour justement que ce soit agréable », explique le linguiste.

    Après les conférences de ce jeudi soir, ayant presque rempli l’amphi théâtre de l’Alcazar, c’est dans le laboratoire de linguistique du CNRS d’Aix-en-Provence que le festival se poursuit ce vendredi de 9h30 à 17h. « En plus des conférences et des jeux, on leur présentera les machines, on va leur expliquer comment on analyse ces signaux de parole », développe l’organisateur. C’est au théâtre de la Criée, à Marseille, qu’aura lieu la dernière journée de l’événement de 9h30 à 17h30, avec tables rondes, expositions, ateliers ou encore diffusion de documentaires.

    Programme complet sur le site : festivaldesaccents.org

  • À Aubagne, après la fusion, la gauche et le centre espèrent la victoire

    À Aubagne, après la fusion, la gauche et le centre espèrent la victoire

    Faire rempart contre l’extrême droite. C’est le but premier de la fusion annoncée ce lundi par le candidat de gauche, Jean-Pierre Squillari avec la liste de Giovanni Schipani (DVC). Une décision qui pourrait bien faire basculer le destin de la ville dimanche soir… Alors que Joëlle Melin (RN) est arrivée en tête du premier tour avec 24,94% des voix, talonnée par le maire LR sortant Gérard Gazay qui a rassemblé 24,83% des suffrages, il s’agit pour la tête de liste de l’union de gauche de « chasser Gérard Gazay de la maison et d’empêcher que Joëlle Melin y rentre », expliquait-il dans nos colonnes. Huit colistiers de la ligne « Aubagne mérite mieux » l’ont donc rejoint. « Un rassemblement naturel puisque nous avons le même langage », insistait Jean-Pierre Squillari.

    À ceux qui déplorent une « alliance contre nature », Giovanni Schipani estime dans un communiqué que « cette formule est commode, mais elle ne résiste pas aux faits ». « J’ai échangé et rencontré l’ensemble des équipes politiques locales depuis plus de trois ans. J’ai construit des relations de travail et de respect », estime-t-il, mettant l’accent sur « des proximités programmatiques » avec la liste de gauche, sur « des engagements prioritaires pour Aubagne ».

    Un programme partagé

    Reconnaissant avoir reçu des sollicitations de colistiers de Joëlle Melin, il a fait le choix d’ouvrir des discussions avec les équipes de Jean-Pierre Squillari et de Mohammed Salem (DVC), martèle-t-il et avoir travaillé au-delà d’une simple « fusion technique ». De son côté, Mohammed Salem qui a totalisé 6,6% des voix au premier tour a apporté son soutien au maire sortant. Mais certains de ses colistiers sont tout de même allés au soutien de la nouvelle liste fusionnée comme Yohann Otokpa présent au meeting de ce jeudi à la salle du Bras d’Or.

    Arrêt du bétonnage à tout crin, renouveau du centre-ville avec la construction d’une halle ou le soutien local au pouvoir d’achat font partie de propositions sur lesquelles se sont rassemblés les deux candidats de la gauche et du centre. Tous les deux sont également favorables à la tenue de tables rondes avec les commerçants pour contrer la fermeture des magasins et attirer de nouvelles enseignes à Aubagne. À noter que Jean-Pierre Squillari défend également la réhabilitation totale de la piscine du Bras d’Or pour en faire un vrai pôle aquatique couplé avec l’aménagement d’un parc urbain.

    Une campagne
    tout azimut

    Au cours d’une dernière journée de campagne, les militants des deux équipes ont mis le paquet, et se sont retrouvés ce vendredi matin devant les commerces de Valriant et de Camp major, pour poursuivre devant plusieurs boulangeries du centre-ville, puis devant les écoles de la Pérussonne, Marie Mauron, Antide Boyer et Nelson Mandela avant de terminer avec un porte-à-porte géant dans le centre-ville.

    Dans le cadre de cette triangulaire, il s’agissait ces derniers jours d’aller également à la pêche aux abstentionnistes quand un Aubagnais sur quatre ne s’est finalement pas rendu aux urnes au premier tour.

    « Battre à la fois le RN et raccompagner Gérard Gazay à son domicile est à portée de vote » estimait vendredi Jean-Pierre Squillari, assurant que « celles et ceux qui nous rejoignent sont de plus en plus nombreux chaque jour ». Giovanni Schipani martèle : « Notre union n’est en aucun cas une adhésion mais le choix de la raison. » Puis prudent, le candidat divers centre appelle à la mobilisation. « Chaque voix comptera pour transformer l’essai car rien n’est gagné », considère-t-il.