Tag: Sylvie Josserand

  • À Nîmes, la gauche imprime ses premiers choix

    À Nîmes, la gauche imprime ses premiers choix

     Grands électeurs

    et nouvelle adjointe

    Premier temps fort, très procédural mais politiquement décisif : la désignation des délégués appelés à voter aux sénatoriales. À l’issue du scrutin, la majorité Nîmes en commun obtient 109 délégués supplémentaires, auxquels s’ajoutent les 42 élus municipaux. Le groupe RN-UDR décroche 28 délégués, tandis que les deux groupes de droite, partis cette fois sur une liste commune, en obtiennent 15.

    Dans la foulée, le conseil a élu Agnès Charaix-Py comme adjointe au maire, en remplacement de Sibylle Jannekeyn, contrainte par les statuts des Écologistes de choisir entre son poste municipal et sa vice-présidence à Nîmes Métropole. L’élue conserve l’Agglo, sa camarade hérite de la délégation à la végétalisation et à la renaturation. Un symbole dans une ville minérale, où l’adaptation au réchauffement climatique ne pourra plus rester un supplément d’âme.

     La tribune vide du RN

    Le débat s’est vite crispé autour du nouveau règlement intérieur. En cause : la répartition des tribunes politiques dans Vivre Nîmes, avec 400 signes garantis à chaque groupe, puis une part proportionnelle au nombre d’élus. En l’absence de Julien Sanchez, pourtant prompt à dénoncer la moindre « confiscation démocratique » depuis ses réseaux sociaux, c’est Sylvie Josserand qui est montée au créneau pour le groupe RN-UDR. Elle dénonce « l’indécence démocratique » ainsi qu’un cadeau à la droite minoritaire. Julien Plantier lui a répliqué que le RN n’avait même pas utilisé sa tribune dans le dernier numéro : « Utilisez votre espace avant de donner des leçons. » L’image clôt le débat.

     Les comptes de l’ère Fournier

    Le rapport de la Chambre régionale des comptes, portant sur la gestion 2019-2024 de la Ville et de Nîmes Métropole, n’a pas provoqué le grand déballage. Le maire a reconnu qu’il ne contenait pas de révélation « sensationnelle », tout en relevant les alertes sur le recours accru aux contractuels et vacataires. La majorité promet une démarche de « déprécarisation ». Sur les finances, Gilles Guillaud a pointé une épargne nette en recul, de 22 millions d’euros en 2024 à 16,8 millions en 2025, malgré un niveau d’investissement élevé. La droite, elle, revendique l’héritage Fournier : dette maîtrisée, équipements soutenus, finances solides. Le vrai test, lui, est déjà renvoyé au budget 2027.

     Laïcité, fiertés et lignes rouges

    La fin de séance a pris une couleur plus idéologique. Le RN s’est abstenu sur une subvention de 500 euros à l’association organisatrice de la Marche des fiertés, destinée à financer des ateliers de lecture théâtralisés pour le jeune public. Marianne Bernède, adjointe à la lutte contre les discriminations, a rappelé l’urgence d’éduquer contre les haines, après la mort récente d’un jeune homme de 19 ans à Metz à la suite d’une agression homophobe.

     L’apéritif de la discorde

    Le moment le plus chaud de la journée est venu en toute fin de séance. L’élu RN Titouan Thomas s’étonne de l’absence, cette année, de l’apéritif de convivialité offert depuis vingt-cinq ans par la ville à l’issue de la messe folklorique de Pentecôte pendant la feria : une tradition qui avait traversé toutes les alternances, y compris celle du communiste Alain Clary. Nicolas Cadène, élu de la majorité et ancien rapporteur de l’Observatoire national de la laïcité, est précis : une dépense publique directement attachée à une cérémonie religieuse contrevient à la loi de 1905. Même raisonnement pour la cérémonie de Jeanne d’Arc.

    Franck Proust a dénoncé une « laïcité négative qui divise ». Avant de conclure, Cadène glisse un rappel à l’attention du RN, qui partageait pour l’occasion les mêmes indignations que la droite : le groupe accumule les condamnations pour violation de cette même loi de 1905 qu’il prétend défendre. À Nîmes, la nouvelle majorité veut marquer sa différence : respecter les traditions, oui, mais sans confondre patrimoine, culte et argent public. Un équilibre délicat, qui dit déjà beaucoup du mandat qui s’ouvre.

  • Le RN parachute Julien Sanchez pour faire main basse sur Nîmes

    Le RN parachute Julien Sanchez pour faire main basse sur Nîmes

    « Le prochain maire de Nîmes sera communiste ou Rassemblement national ». C’est par cette prophétie destinée à siphonner une droite en fin de règne et divisée que Julien Sanchez (RN) a officialisé, samedi 17 janvier à l’hôtel Imperator, sa candidature à la mairie de Nîmes.

    Après avoir (en vain) tendu la main à Franck Proust (LR-UDI-Horizons) pour constituer une liste d’union des droites, Julien Sanchez, le vice-président du RN qui est aussi le directeur de la campagne pour le parti d’extrême droite, s’est auto-adoubé candidat RN en se parachutant à Nîmes avec le soutien de l’Union des droites pour la République (UDR), du Rassemblement pour la République (RPR) et de l’Avenir français. Si l’actuel président de l’Agglo Franck Proust (soutenu par le maire sortant Jean-Paul Fournier) et l’ex-premier adjoint Julien Plantier s’étaient entendus, « je n’y serais pas allé », prétend Julien Sanchez, opportuniste. « Avec deux listes, c’est fini pour eux, ils ont perdu », estime celui qui espère faire main basse sur la capitale gardoise.

    Sans rien dévoiler de son programme, Julien Sanchez a indiqué que deux députés seraient sur sa liste : Yoann Gillet et Sylvie Josserand. Actuel député européen, le vice-président du RN serait lui-même touché par le cumul des mandats si il venait à s’emparer de Nîmes. Un appétit qui confirme qu’il n’avait que faire des Beaucairois qu’il avait délaissés en 2024 pour aller se faire élire au Parlement européen.

    Dans un département qui est tombé dans le piège de l’extrême droite aux législatives 2024 (6 circonscription raflées sur 6), Julien Sanchez sera une menace majeure pour le camp des progressistes incarné par la liste « Nîmes en commun » de Vincent Bouget. Réalisé en novembre par l’institut Quorum pour Le Réveil du Midi, un premier sondage (à la méthodologie critiquée par la commission des sondages) donnait Vincent Bouget (en tête au premier tour dans 2 configurations sur 3), au coude-à-coude avec le RN et la droite en fonction du nombre de listes en lice.

    Depuis, l’offre politique s’est éclaircie et la campagne s’apprête à entrer dans le sprint final. Outre Vincent Bouget (Nîmes en commun), Franck Proust (LR-UDI-Horizons), le dissident Julien Plantier associé à la macroniste Valérie Rouverand (Renaissance) et donc l’extrême droite avec Julien Sanchez, la France Insoumise mènera une liste portée par Pascal Dupretz. L’ancien gilet jaune Jean-Marc Philibert entend lui aussi présenter une liste citoyenne « Vivons Nîmes ».

  • L’extrême droite opposée aux droits des femmes au Parlement

    L’extrême droite opposée aux droits des femmes au Parlement

    Si la présence de Marine Le Pen à la tête du groupe RN à l’Assemblée nationale et les vidéos de Jordan Bardella rassurent ces derniers mois un électorat féminin qui a longtemps été réfractaire à voter à l’extrême droite (30% des femmes ont voté pour Bardella aux dernières élections européennes pour 32 % des hommes), les votes de l’extrême droite au Parlement ne vont pourtant pas dans le sens de la défense des femmes et devraient alerter cet électorat.

    Le dernier exemple en date sur l’inscription de la notion de non-consentement dans la définition pénale du viol fin octobre est particulièrement frappant. Si l’écrasante majorité des groupes a voté unanimement pour ce changement d’approche sur la définition du viol, seuls les groupes du RN et de l’UDR (Ciottiste) ont voté contre. C’est le cas de cinq députés gardois : Yoan Gillet, Pascale Bordes, Pierre Meurin, Sylvie Josserand et Alexandre Allegret-Pilot (UDR). Nicolas Meizonnet et les cinq députés d’extrême droite de l’Hérault ne se sont pas donnés la peine de suivre les débats dans l’Hémicycle.

    « L’actualité locale a pourtant récemment mis en avant l’impérieuse nécessité de déployer de nouveaux moyens pour lutter contre le viol et les agressions sexuelles. Les deux procès de l’affaire Pélicot qui se sont déroulés à Avignon et à Nîmes à quelques mois d’intervalle, ont permis de constater l’ampleur du phénomène et le déni qui y est encore attaché », ont réagi à ces votes des députés d’extrême droite, les Unitaires du Gard, composés de L’Après, Debout! et Génération.s.

    « Fémonationalisme »

    Ce dernier vote n’est que l’ultime acte d’une stratégie d’un RN opposé à légiférer pour réduire les violences sexistes et sexuelles (VSS). En 2018, les députés RN se sont abstenus lors du vote de la loi « renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ». En 2022, ils votent contre la proposition « sur l’outrage sexiste » visant à durcir l’amende pour le harcèlement de rue. L’année suivante, le RN vote contre la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre les VSS. En réalité, pour le Rassemblement National, la lutte contre les VSS ne s’appuie que sur le « femonationalisme », c’est-à-dire l’instrumentalisation du féminisme pour stigmatiser certaines populations, porté notamment par le Collectif Némésis. Jordan Bardella expliquait ainsi en 2024 que l’insécurité « fait régresser la liberté de chaque femme de France de se déplacer dans la rue et dans l’espace public ». Le président du RN oublie ainsi un peu vite que neuf victimes sur dix de viol ou de tentative de viol connaissaient leur agresseur.