La Marseillaise : Les arbitrages européens se discutent. De quoi parle-t-on ?
Sylvain André : Les négociations du prochain Cadre financier pluriannuel de l’Union européenne sont en cours. Sur 2 000 milliards d’euros, une enveloppe de 865 milliards sera consacrée aux plans de partenariats nationaux et régionaux (PPNR) dont 81 milliards pour la France. Ce qui m’intéresse, c’est la répartition de ces fonds pour la ruralité sur la période 2028-2034.
Quel est l’enjeu pour la ruralité gardoise ?
S.A. : Le programme européen Leader est géré localement par les Groupes d’action locale (GAL) où siègent des privés et des élus [et peuvent apporter jusqu’à 4 euros européens pour 1 euro national, Ndlr]. Cela permet le financement de projets ruraux vertueux d’intérêt économique, touristique, solidaire tels que : une épicerie de village, un point multiservices (restaurant, relais Poste…), un festival du vivant (Cévennes), de l’artisanat, des jardins partagés, une halte randonneurs, des études sur des cépages anciens, un atelier de transformation de jus de pomme… Ce sont des projets très concrets pour les habitants. Or, nous sommes inquiets pour le fléchage des crédits, ce n’est pas bien clair pour les fonds Leader qui font partie du Feader.
Dans le Feder, il y a aussi tout
ce qui est lié à la forêt…
S.A. : Tout à fait. Toute la filière forêt est déjà le parent pauvre et il pourrait y avoir des baisses de dotations. On parle du financement pour les pistes DFCI (voies de défense des forêts contre l’incendie), des dessertes, de la protection de la biodiversité (Natura 2000). La filière bois doit aussi être développée dans le Gard, notamment les Cévennes. Je ne veux pas que la ruralité soit la variable d’ajustement de leur politique ou pour financer les guerres.
Qu’est-ce qui vous fait penser
que les enveloppes pourraient baisser ?
S.A. : Avant nous avions 14 programmes européens, désormais tout est regroupé dans un seul PPRL. On sait qu’il sera de 81 milliards pour la France dont 50 d’aides directes (notamment la politique agricole commune) et 5,6 de fonds climat. Les 25 restants du Feder, on ne sait pas où ils iront. Ça nous inquiète pour le programme Leader. En additionnant tous les programmes, on a du mal à retrouver nos petits. Je gère un village de 1 600 habitants, je ne suis pas un expert de la finance européenne. Je dis, attention à ne pas abandonner des programmes pertinents, à ne pas sacrifier la ruralité. Un premier fléchage devrait être donné en juin. Je vais en discuter avec la députée européenne Chloé Ridel (PS). J’ai interpellé les sénateurs Denis Bouad (PS), Laurent Burgoa (LR) et le ministre de la ruralité, Michel Fournier. Un mail de l’AMR30 informera les maires le 24 avril.
![[Entretien] Sylvain André : « La ruralité n’est pas une variable d’ajustement »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/04/6b80e3e5dfc1840ac94961f8d033f5a0.jpg)




![[Entretien] « Agir en commun », la règle d’or de Sylvain André, maire de Cendras](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/01/6c38118e8ba377e75d463e5628666e2c.jpg)

![[Rétro 2025] Drapeau palestinien hissé : Revol et André menacés](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2025/12/7fae11182f455207a0421ede9883854d.jpg)

