Tag: surpopulation carcérale

  • Des parlementaires en prise avec la réalité carcérale

    Des parlementaires en prise avec la réalité carcérale

    Une visite inopinée. Comme leur fonction de sénateur les y autorise, Jérémy Bacchi (PCF) et Marie-Arlette Carlotti (PS) se sont rendus ce vendredi 3 octobre aux Baumettes à Marseille (9e). « Il y a une grogne sociale y compris des agents pénitentiaires, qui alerte sur la surpopulation carcérale, et les conditions d’accueil des détenus, d’hygiène, il me semblait important en tant que parlementaires de venir constater par nous-mêmes », explique Jérémy Bacchi. À ses côtés, Marie-Arlette Carlotti rappelle combien ses visites ont apporté dans le travail de la commission narcotrafic dont elle a fait partie.

    Avec une capacité de 710 places, Baumettes 2 accueille actuellement 1 185 personnes leur indique le directeur de l’établissement, Jean-Marie Landais, qui compte sur les 740 places supplémentaires que devrait débloquer la construction de Baumettes 3 prévue pour la fin de l’année. « Le taux d’occupation, à 166% en moyenne, est très haut partout, il atteint ici 195 à 200% », précise-t-il, 40 détenus hommes dormant sur un matelas.

    À 3 dans 10m2

    Devant un tableau fourmillant de fiches de couleurs, le capitaine pénitentiaire du « quartier hommes 2 » raconte le jonglage au quotidien pour répartir au mieux les occupants : 324 personnes pour 150 places. « Il faut trouver un équilibre, isoler ceux qui ont des troubles du comportement, les gens dangereux, séparer condamnés et prévenus », explique-t-il. Parce que « 9 mètres carrés, ce n’est pas fait pour trois personnes », estime-t-il, « on essaie de gérer la frustration, je reçois beaucoup de monde, on discute, on essaie de trouver des solutions ».

    Parmi eux, trois grands gaillards témoignent volontiers depuis leur cellule impeccablement rangée : « On s’entend bien heureusement » et « on est organisé, on tire le matelas le soir pour dormir. » L’un travaille à la cantine, distribuant les achats des détenus. « Cela m’a changé la peine » confie-t-il. Un autre, embauché à la lingerie, acquiesce. Il va « bientôt sortir ». À Jérémy Bacchi, qui leur demande comment ils vivent la promiscuité, ils répondent « faire avec », résignés.

    À l’étage, les sénateurs découvrent l’hôpital de jour ou le centre médico-psychologique, où consultent 40% des détenus dont « un bon gros tiers sont atteints de maladies psychotiques », confirme la responsable de service. Au sein de cette équipe soudée, de soignants expérimentés, on constate combien « les soins psychiatriques ont beaucoup augmenté ».

    De quoi conforter le sénateur communiste dans son analyse. « La réalité fait froid dans le dos », conclut-il, « l’ouverture des Baumettes 3 doit être entre guillemets, un signe d’espoir, espérant que cela dure ».

  • Visite surprise d’Hendrik Davi à la prison des Baumettes

    Visite surprise d’Hendrik Davi à la prison des Baumettes

    Journée chargée pour Hendrik Davi. Entre un passage par le Vieux-Port sur la manifestation intersyndicale dans la matinée, et une assemblée générale de circonscription Nouveau front populaire pour « discuter des perspectives du mouvement social et penser ensemble une gauche unitaire et radicale » en fin d’après-midi, le député (L’Après) a effectué jeudi une visite inopinée au centre pénitentiaire des Baumettes.

    208% d’occupation

    Ce déplacement s’inscrit dans l’exercice de son droit parlementaire. Il y a notamment visité le quartier des nouveaux arrivants et l’unité de soin. « Il y a eu un drame l’année dernière, avec un détenu qui s’est égorgé mais aussi une infirmière qui s’est fait violer. Et on a eu aussi ce rapport parlementaire qui nous expliquait qu’il y avait une situation complètement dégradée notamment sur la prise en charge des soins psychiatriques dans les lieux de privation de liberté », explique ce dernier peu rassuré par sa visite, sur fond de surpopulation carcérale. Aux Baumettes le taux d’occupation est de 208%.

    « On voit encore des lits par terre, parfois quatre personnes dans 9m2, 22 heures sur 24, pendant plus de deux mois », rapporte le député insistant sur les conséquences psychiques et psychiatriques, et ironisant : « Cerise sur le gâteau, les infirmières qui s’occupent d’eux se voient supprimer neuf jours de congés par l’AP-HM. »

    Hendrik Davi a déjà effectué plusieurs visites dans des établissements pénitentiaires marseillais. En juin 2024 aux Baumettes, déjà, il s’était intéressé aux conditions de détention et aux problèmes liés à la chaleur. En mars, il s‘est rendu au centre pour mineurs de La Valentine. Un établissement dont la contrôleure générale des lieux de privation de liberté a préconisé, il y a quelques semaines, « la fermeture au moins partielle » en raison de conditions de détention « indignes ».