Tag: subvention

  • Vague de solidarité pour le Planning familial de Carpentras

    Vague de solidarité pour le Planning familial de Carpentras

    « Au final, ça nous a aussi donné de la visibilité et l’opportunité de redire que ce que l’on fait est primordial », glissait ce lundi 8 juin Anne-Lise Nadaud, présidente du Planning familial de Vaucluse, après le retrait de la subvention de 3 000 euros de la part de la municipalité d’extrême droite de Carpentras ce vendredi 5 juin. Preuve en est : depuis cette décision, la structure a récolté pas moins de 4 000 euros de dons.

    « Il y a énormément de messages d’empathie et de bienveillance. On se sent soutenu. Cet engouement nous fait énormément de bien », confirme la dirigeante associative. La subvention était notamment fléchée sur des interventions auprès de jeunes publics ainsi que sur un groupe de parole autour de la parentalité. « On ne laissera pas tomber ce public », insistait Anne-Lise Nadaud.

    « Wokisme »

    L’édile Hervé de Lépinau (RN) a de son côté souhaité faire une « mise au point » sur ses réseaux sociaux. Après avoir répété les mêmes arguments que lors du conseil municipal, c’est-à-dire qu’une association devrait être apolitique pour pouvoir toucher une subvention et lui reprochait de « taper » sur son parti, il s’est permis d’écrire que la structure s’est « largement éloignée de son objectif premier, à savoir l’égalité des droits, pour devenir un organe politisé et partisan, mais aussi un avant-poste d’une idéologie controversée qu’est le wokisme ». Comme quoi œuvrer pour l’éducation sexuelle et l’accès à l’avortement, auquel le maire est notamment opposé, ne convient pas à tout le monde.

    Dons possibles sur helloasso.com/mouvement-français-pour-le-planning-familial

  • La moto américaine efface le 1er mai

    La moto américaine efface le 1er mai

    Comme toutes les mairies gérées par le Rassemblement national, la politique culturelle à Beaucaire s’inscrit dans la défense des traditions locales. Ici, c’est donc naturellement la culture taurine qui capte toutes les attentions. « Une école taurine est en cours de mise en place avec une association qui a eu une subvention exceptionnelle à la création, ce qui est assez rare. Il y a aussi une novillada qui va voir le jour. Pour eux, la culture c’est la culture taurine et provençale, point », explique Luc Perrin.

    L’élu d’opposition, également secrétaire de l’association Latinos Sin Fronteras, remarque qu’il est aussi très difficile pour certaines associations d’obtenir une salle  : « Il y a toujours de grandes difficultés pour avoir des réponses. Nous essayons d’organiser une fête avec l’association pour le 20 mai. On a demandé une salle il y a plus d’un mois et je n’ai aucune réponse. J’ai fait une relance, toujours sans réponse. Si ce qu’on demande ne leur plaît pas, ils préfèrent ne pas répondre plutôt que de dire non ».

    À Beaucaire, la culture chrétienne est également à l’honneur avec notamment la traditionnelle crèche installée chaque année dans la mairie malgré les multiples condamnations judiciaires. « Il y a aussi la Sainte-Madeleine, les vendanges de la Madeleine, la cuvée de la Madeleine où les maires sont toujours présents sans écharpe. Le maire assiste à des messes et on voit bien qu’il ne fait pas ça en toute discrétion, il s’affiche mais sans écharpe », détaille Luc Perrin.

    Les USA à l’honneur

    Comme depuis onze ans, les drapeaux américains ont envahi les rues de Beaucaire vendredi 1er mai. En effet, la fête des travailleurs a toujours été fustigée par l’extrême droite. Alors à Beaucaire, la municipalité RN a décidé de l’invisibiliser en organisant une grande fête de la moto américaine. Harley-Davidson, tatouages, musique country et jeeps sont au rendez-vous de cet événement qui a tout du rassemblement Maga (Make America Great Again, la devise de Donald Trump). Une procession de motards est même bénie par des prêtres. Pendant le temps d’une journée, la municipalité RN ne voit donc pas d’objection à célébrer une culture étrangère…

    « Ça fait toujours très bizarre de voir le curé bénir les motards sous une nuée de drapeaux américains. Mais cet événement a un succès énorme donc si on le critique, on passe pour un rabat-joie », explique Luc Perrin. « À Beaucaire, on met en place ces fêtes américaines pour effacer le 1er mai des calendriers », confirme Jean Vanhaute, président de l’institut d’histoire sociale de la CGT du Gard.

  • Le festival du film politique de Carcassonne refuse toute aide de la mairie RN

    Le festival du film politique de Carcassonne refuse toute aide de la mairie RN

    C’est un geste fort que celui du Festival du film politique de Carcassonne (FFPC). Un geste de résistance dans une ville tombée, en mars dernier, aux mains de l’extrême droite.

    Le 15 avril, l’association CinéBastide, organisatrice de l’événement, a annoncé qu’elle renonçait à ses demandes habituelles de subventions à la mairie (10 000 euros par an, environ 5% du budget), jusqu’ici co-réalisatrice de la manifestation, ainsi qu’à la mise à disposition des salles municipales qui représentaient 80% de la capacité d’accueil.

    Lancé en 2018, le FFPC, dont la dernière édition a attiré plus de 22 000 participants, propose chaque année en janvier la projection d’une quarantaine de fictions ou de documentaires. « Nos choix de programmation ont toujours été de montrer des films qui aident à penser le monde, qui ouvrent des débats, bousculent parfois nos idées reçues. On a toujours mis l’accent sur la complexité, la nuance. À l’heure où les populismes s’emploient à tout simplifier à l’extrême, cela nous paraît plus que jamais nécessaire », insiste Francine Raymond, présidente de l’association CinéBastide. « Cette ligne éditoriale s’accompagne d’un engagement sur des valeurs de tolérance, d’inclusion, de lutte contre toutes les discriminations », poursuit-elle.

    « Nous considérons que les orientations du Front national sont incompatibles avec les valeurs qui fondent cet événement », déclare l’association CinéBastide dans un communiqué. « Co-réaliser le FIFP avec la nouvelle majorité municipale reviendrait à contribuer à la normalisation de l’extrême droite, à laquelle nous ne souhaitons pas participer. »

    Le choix de rester

    à Carcassonne

    La décision a donc été prise, à l’unanimité, de s’affranchir de tout lien avec la mairie. Reste désormais à relever le défi de l’avenir, qui continuera de s’écrire dans la cité médiévale. « On a fait un choix responsable, mais qui a évidemment un coût [la perte de 80% de la capacité d’accueil en salles constitue un défi logistique et financier majeur, Ndlr.]. Il faut donc qu’on réinvente la cartographie du festival, sa narration. Le choix a été fait de rester à Carcassonne et de s’élargir aux alentours. Pour relever ce défi, on a besoin de soutiens », insiste la présidente de CinéBastide. « On n’a pas fait le choix le plus facile », souligne-t-elle. « On aurait pu partir, on a des sollicitations dans d’autres villes où les choses auraient été plus simples. Mais le festival n’a pas été créé à Carcassonne par hasard. L’Aude est un département peu favorisé économiquement, où il n’y a pas de grand centre culturel évident. Le choix de ce territoire a un sens et nous ne souhaitons pas l’abandonner », explique Francine Raymond. « L’idée est donc de rester et de se développer, de donner un élan pour faire encore grandir le festival en l’élargissant à l’extérieur de Carcassonne. » Les trois dernières éditions, à guichets fermés, témoignent de la nécessité d’augmenter notamment la capacité d’accueil en salles. « Le FFPC continuera de faire rayonner positivement Carcassonne et son territoire à l’échelle nationale et européenne », promet l’association CinéBastide.

  • À Vauvert,la culture sabrée par la mairie RN

    À Vauvert,la culture sabrée par la mairie RN

    L’offensive du Rassemblement national contre la culture est loin d’être terminée à Vauvert. En effet, l’un des premiers actes du nouveau maire Nicolas Meizonnet a été d’annuler l’exposition photos de Sylvain Brino (pourtant très consensuelle puisqu’elle mettait à l’honneur la Camargue) pour des prises de position contre l’extrême droite sur ses réseaux sociaux. Puis, ce fut au tour de Jazz à Vauvert d’être tout simplement annulé pour des « raisons économiques ». « Jazz à Vauvert fonctionnait très bien. Il y avait des Vauverdois mais aussi des gens de l’extérieur. Ils disent qu’il n’y avait pas de retombées économiques mais ce n’est pas vrai parce qu’il y a des gens qui venaient de loin et qui logeaient et mangeaient à Vauvert », explique l’élue d’opposition Magali Nissard, qui constate également que « la droite soutient Nicolas Meizonnet aussi car ils n’ont pas supporté que nous ayons modifié ce festival où nous avions ajouté un concert dans chaque école et des animations gratuites dans la ville ». Face à cette censure, le festival jazz à Vauvert sera accueilli par la commune de Vergèze les 26 et 27 juin.

    Les associations bientôt visées ?

    Nicolas Meizonnet tente en effet de justifier cette politique en s’appuyant sur les finances de la ville qui serait « quasiment ruinée ». Sauf que beaucoup y voient plutôt la volonté d’écarter tout ce qui ne convient pas au RN qui préfère axer sa politique culturelle sur la défense des traditions taurines et camarguaises.

    Après ces annulations, la municipalité cherche en effet à couper dans les subventions aux associations, notamment culturelles. Elle aurait trois associations dans le collimateur puisque le RN a toujours fustigé lorsqu’il était dans l’opposition Jazz à Junas (qui portait le festival Jazz à Vauvert), l’association Les avocats du Diable et Atout philo. Benjamin Rouvière, son fondateur, a été convoqué par le maire mais n’a pas souhaité se rendre au rendez-vous : « On m’impose l’heure et le jour et on ne me donne pas le motif donc je n’y suis pas allé. Mais j’ose imaginer ce qu’on allait me dire, c’est-à-dire ce qu’ils disaient lorsqu’ils étaient dans l’opposition, à savoir que notre subvention était trop élevée alors qu’on fait des petits concerts l’été et qu’on mobilise des auteurs, des philosophes, des sociologues, le reste de l’année. Cela fait six ans que nous existons et nous proposons en moyenne une manifestation par mois. » Atout philo touchait en moyenne 2 000 euros par an de la part de la mairie mais Benjamin Rouvière ne « serait pas surpris si elle était sucrée cette année ».

    Le dessinateur Eddie Pons, président de l’association littéraire Les avocats du Diable, a, de son côté, honoré sa convocation lundi 4 mai où le maire lui a annoncé que la subvention serait baissée de 30%, soit une coupe de 1 000 euros. « On n’a pas encore pris de décision mais on s’interroge sur notre engagement vis-à-vis de la ville de Vauvert », confirme-t-il.

    « Pour l’instant, le maire ne nous a pas donné le détail du budget 2026 mais il faut lire entre les lignes et on voit que pour les subventions aux associations, une baisse de 93 000 euros est prévue. Une association culturelle m’a contacté et ils lui ont annoncé une baisse de 30% de la subvention. Dans les 93 000 euros, il y a les 63 000 euros de Jazz à Junas mais il en manque donc d’autres associations vont être touchées », prévient Magali Nissard qui remarque qu’aucune baisse de budget ne concerne, par contre, les festivités.

  • Ces chercheurs américains qui ont fui Trump pour l’Occitanie

    Ces chercheurs américains qui ont fui Trump pour l’Occitanie

    Elle se réjouit d’avoir atterri sous le soleil de la Méditerranée. Pleuni Pennings est une chercheuse américaine spécialisée en bio-informatique et en Intelligence artificielle appliquée à la santé. Ancienne professeure à l’Université d’État de San Francisco, elle s’est installée à Montpellier avec sa famille en octobre, contrainte par la politique répressive menée par la seconde administration Trump contre la recherche scientifique. Elle prend la forme de coupes budgétaires, de licenciements massifs et de la censure de certains sujets dans les travaux (réchauffement climatique, biodiversité, questions de genre, etc.).

    Deux millions d’euros mobilisés par la Région

    Pleuni Pennings n’est pas la seule à avoir fait ce choix. Quatorze autres chercheurs ont choisi l’Occitanie face à la politique du président américain. Ils devraient tous s’y installer d’ici fin 2026, principalement à Montpellier et Toulouse grâce à une opération de soutien menée par la Région Occitanie.

    L’institution a, en effet, mobilisé deux millions d’euros pour participer à la prise en charge des salaires et à l’acquisition du matériel nécessaire à ces chercheurs. Cet investissement est la suite logique du plan « Choose France for Science » lancé par l’État en mai 2025 par lequel le pays s’engageait pour l’accueil des chercheurs internationaux.

    Pour l’heure, Pleuni Pennings a signé un contrat de trois ans à l’Université de Montpellier et a entamé sa collaboration avec l’Isem, l’Institut des sciences de l’évolution. Sur son blog, elle se dit « profondément en colère et attristée de voir Trump détruire la science américaine ». « Obtenir des financements de recherche était déjà difficile avant Trump, mais cela semble désormais impossible. À Montpellier, je suis dans un environnement de recherche exceptionnel, avec des personnes qui partagent mes centres d’intérêt. »

  • A Marseille, Amine Kessaci ouvre le conseil municipal

    A Marseille, Amine Kessaci ouvre le conseil municipal

    Debout face à la barbarie. Toujours marqué, Amine Kessaci, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic, dont le petit frère Mehdi a été abattu par un commando le 13 novembre, suscitant une onde de choc dans la ville et tout le pays, se tient droit et digne sous les applaudissements, ce jeudi 18 décembre face à l’hémicycle, aux côtés du maire de Marseille.

    Le conseil municipal doit voter une subvention en faveur de l’association qu’il a fondée en 2020, « Conscience », pour venir en aide aux familles de victimes de narchomicides, après qu’il ait perdu son frère aîné, Brahim, retrouvé calciné dans une voiture (lire aussi ci-dessous). Les élus le feront à l’unanimité au terme de débats pas toujours reluisants.

    Si Mehdi Kessaci n’est « pas un chiffre mais un fils, un frère, un visage une voix », il se transforme volontiers en argument politique pour Martine Vassal (DVD). La présidente de la Métropole et du Département en profite pour défendre sa vision d’une République qui fasse avant tout « respecter l’ordre, la justice, la sécurité ». Sans vergogne, la candidate à la mairie remet sur la table sa proposition de brigade anticriminalité municipale.

    De quoi agacer la maire adjointe, Samia Ghali (DVG). « Il y a là une phrase que je considère comme un aveu prononcée par la présidente (…) : laisser faire c’est accepter » analyse-t-elle, avant de balancer : « En 2012, ceux qui ont laissé faire, c’est ceux qui ont accepté. » Elle s’indigne : « Arrêtez de jouer ! On laisse des enfants vivre avec la mort », quand elle compte « 350 victimes de narcotrafic en 10 ans à Marseille ».

    La palme de la victimisation en toutes circonstances revient sans conteste à Stéphane Ravier (ex-RN et ex-Reconquête). « J’ai 5 enfants, quoi qu’on en pense j’ai un cœur », ose-t-il. Selon lui, ce n’est pas le retrait des services publics des quartiers qui a laissé le champ libre au trafic de drogue mais l’inverse. « Je ne dis pas qu’à Frais Vallon c’est Saint-Tropez, mais il y a le métro, des commerces et pourtant… » lance-t-il.

    Sortir des « oppositions stériles »

    Une partie de la droite tient-elle, à parler avec ses tripes. Hayat Atia (DVD), émue, se pose en « sœur de combat, de douleur » d’Amine. Pour elle, « la sécurité, s’il en faut, ne réglera pas tout ». « Il faut leur proposer autre chose à ces jeunes » insiste-t-elle, pour qu’ils ne se fassent pas « happer » par le trafic au lieu de « pointer du doigt les parents », ce que « beaucoup font et ont trop fait au sein de cet hémicycle », s’indigne-t-elle. La lutte contre le narcotrafic doit être une « cause nationale » pour l’élue qui appelle à sortir des « oppositions stériles ».

    À l’occasion de son dernier conseil municipal avant de se retirer de la vie politique, Lionel Royer-Perreaut, ex-maire (Ren.) des 9-10, laisse son testament : « Nous avons collectivement le devoir de mener ce combat, je vous demande de la constance. » Trente ans après l’assassinat de la députée Yann Pyat tuée pour avoir défendu ses convictions estime celui qui fut son jeune attaché parlementaire, il fait la boucle avec celui de Mehdi, non sans amertume. « Tout ça pour ça », déplore-t-il, « j’ai vu tomber les quartiers les uns après les autres et en accompagnant la mère de Socayna, nous étions seuls alors ».

    En tribune, Amine Kessaci élève le niveau. Il évoque lui la dignité, la hauteur, seules « réponses politiques face à cette machine qui broie, qui tue » quand « des drames on en compte par centaines ». Le maire de Marseille revient sur le manque de services publics, de policiers, l’action vitale des associations de terrain. Benoît Payan (DVG) insiste sur la notion de République, fondée sur un « contrat social ». Vient une certitude : « La République ne peut pas accepter que ses enfants meurent sous les balles. C’est un combat pour la vie, et la vie n’est ni de droite ni de gauche. »

    « Marseille a été debout et doit continuer à l’être »
    C’est important de rendre la parole aujourd’hui, devant la représentation de la Ville de Marseille dont je suis si fier, parce qu’on s’est tenu debout, parce qu’on a dépassé les clivages politiques, parce que nous nous étions levés pour nous réunir là où mon frère Mehdi, 20 ans, est tombé parce qu’il n’était coupable que d’une seule chose : c’est d’être mon petit frère. Parce qu’il était coupable d’être le petit frère de quelqu’un qui a écrit une lettre à son frère aîné, Brahim, assassiné en décembre 2020, retrouvé calciné dans le coffre d’une voiture. Il était coupable d’avoir été le frère de quelqu’un qui a écrit une lettre d’amour à son frère aîné, pour expliquer que le narcotrafic tue, que la violence tue, que l’abandon des pouvoirs publics, le retrait des politiques sociales dans les quartiers, ont conduit à ces situations où le narcotrafic qui, fut un temps, était [constitué de] petits réseaux de quartier, est devenu [le fait de] cartels internationaux. On a beaucoup voulu comparer Marseille à Palerme, au Mexique ou je ne sais quoi, et à ça je dis stop. Stop parce que Marseille c’est Marseille, parce que la France c’est la France, parce que les situations que nous souhaitons décrire ailleurs sont présentes ici même sur le territoire national, ici même à Marseille et partout. Partout où on a attaqué la liberté d’expression. Car c’est de ça dont il s’agit. Depuis la parution de ce livre, Marseille essuie tes larmes, même si les menaces sont arrivées quelques semaines avant et que depuis je vis sous escorte policière. Aujourd’hui, le fait de vivre, de planifier, de porter quelque chose me fait d’autant plus culpabiliser. Mon petit frère Mehdi n’est plus. Je voulais juste faire passer un message, un seul : expliquer que partout il devra y avoir des liens entre l’action sécuritaire, le retour de la police de proximité, le retour de l’action concrète. Devant le Parlement européen il y a quelques jours, [j’ai expliqué] que la guerre que l’on veut mener contre la drogue est vaine parce qu’on se trompe d’ennemi. Lorsqu’on vient attaquer les jeunes au pied des immeubles, ce n’est pas ça qui va stopper ces trafics internationaux. C’est exiger des [actions] des pays comme l’Arabie saoudite, le Qatar, la Thaïlande où les têtes de réseaux vivent très bien de l’argent de la drogue et font couler le sang ici chez nous, des enfants se retrouvant assassinés chaque jour. Et puis sans l’action concrète, sans la rénovation des écoles, sans l’action des centres sociaux, le développement des transports en commun pour désenclaver les quartiers, de la formation pour apporter une alternative économique au réseau, on ne pourra jamais sortir ces enfants des quartiers. C’est pour ça que c’est important de mener toutes ces actions. Marseille a été debout, doit continuer à l’être face à la guerre de la drogue, à celles et ceux qui veulent faire régner la terreur dans nos rues. Nous sommes là, face à eux, pour dire que partout les Marseillaises et les Marseillais doivent avoir les mêmes chances et vivre en sécurité. »
    Amine Kessaci
  • La descente aux enfers des Sang et Or fait des remous au conseil municipal de Martigues

    La descente aux enfers des Sang et Or fait des remous au conseil municipal de Martigues

    La dégringolade du Football club de Martigues (FCM) n’en finit pas de faire parler. Après la liquidation de la structure professionnelle, le club Sang et Or était reparti en Régional 1 en juillet dernier, les garanties financières promises par l’actionnaire n’étant pas arrivées à temps. En août, la chute des Martégaux s’était amplifiée avec une deuxième sanction, cette fois-ci de la part de la Ligue Méditerranée de Football, qui l’avait rétrogradé en Départemental 1. Au conseil municipal, jeudi dernier, l’avenir du club aux 450 licenciés a interrogé les élus.

    Le conseiller municipal d’opposition et candidat (DVD) aux municipales Jean-Luc Di Maria a décrit un FCM « aujourd’hui en 9e division et endetté jusqu’au cou », pointant la responsabilité de la majorité : « Avec 380 000 euros de subvention par an, je vous laisse comptable de cette situation. » Pourtant, la responsabilité de trouver les fonds nécessaires pour que le club s’engage en championnat national incombait à l’actionnaire américain du club.

    Éliane Isidore, conseillère municipale déléguée aux sports, a répondu : « Cette rétrogradation n’est pas due aux dettes du FCM, mais à des décisions d’instances fédérales. (…) La situation en 2025/2026 va être la même que cette année, pas moins de joueurs, pas plus de dette. Ce n’est pas à la Ville que vous devriez vous en prendre mais aux instances pour leurs décisions inconséquentes. Dans le monde du foot, on n’a jamais vu une rétrogradation de 7 divisions. »

    La Goutte d’or libérée

    Quant à la demande de Frédéric Grimaud (LFI) de mettre en place une commission d’enquête pour « comprendre la descente faramineuse » du club et s’assurer de « la bonne gestion des deniers publics », l’élue a rétorqué : « Créer une commission qui va aller éplucher les comptes, c’est du délit d’ingérence. La Ville n’a pas de pouvoir d’enquête sur les associations et c’est une bonne chose. Quand les associations sont subventionnées à cette hauteur-là, elles ont des commissaires aux comptes. Ce sont eux qui attestent de la sincérité des finances. » Un autre dossier a fait jaser : celui de la Goutte d’or. La Ville avait acheté ce bâtiment, situé au bout du cours de Jonquières, en 2019. Après six ans de contentieux pour « récupérer notre bien et pouvoir le valoriser », c’est désormais chose faite avec l’approbation d’un protocole d’accord transactionnel de 275 000 euros que la municipalité versera à la SARL la Renaissance au titre de l’indemnité d’éviction. La société demandait initialement 550 000 euros. La Ville récupérera les locaux le 15 janvier.

    Jean-Luc Di Maria a déploré le « manque de vision » de la municipalité, l’accusant d’avoir acheté sans « stratégie » ni « anticipation ». Le premier adjoint Henri Cambessedes (PCF) a affirmé : « Le service de l’urbanisme travaille masqué pour faire en sorte que, le plus vite possible, des commerçants, des notaires, des médecins puissent s’installer dans le cœur de Martigues et rehausser la qualité de notre centre-ville. »

  • La foire des santons de retour sur le Vieux-Port

    La foire des santons de retour sur le Vieux-Port

    Depuis 1803, la foire des santons provençaux investit le Vieux-Port. Samedi, la mythique foire aux santons ouvre ses portes pour l’édition 2025, avec 21 santonniers provençaux. « Les visiteurs peuvent avoir l’absolue certitude qu’ils sont fabriqués en Provence », assure Philippe Risch, secrétaire de l’association IGSP. Une association qui organise la création et la gestion pour une indication géographique de cet artisanat traditionnel. « Le but est de protéger les santons provençaux », explique Daniel Coulomb, président de l’association. Les deux hommes espèrent que l’indication géographique sera effective en décembre 2026.

    Un patrimoine culturel que la foire tient, cette année encore, à mettre en avant. Comme l’année passée, les enfants pourront découvrir ce savoir faire tous les mercredis, en faisant leur propre santon d’argile. Les week-end seront animés par des chants et danses provençales.

    Une année difficile tout de même pour la foire, qui a perdu la subvention de la Métropole. « La filière d’argile de la Métropole a été transférée à la ville d’Aubagne, explique Michel Bouvier, président de l’Union des fabricants de santons de Provence. Comme ils organisent une foire concurrente, on a perdu nos subventions », se désole-t-il. Un manque à gagner de 20 000 euros.

  • Les chats des rues stérilisés ont un nouveau refuge à Martigues

    Les chats des rues stérilisés ont un nouveau refuge à Martigues

    C’est un sacerdoce. Depuis près de trente ans, Josette Masson prend soin des chats errants de Martigues et tente d’endiguer le phénomène. « On va leur donner à manger tous les jours », raconte la présidente de l’association l’École du chat libre, créée officiellement en 2001. Chaque mois, les bénévoles qui se comptent sur les doigts de la main dépensent entre 400 et 1 000 euros de nourriture. Quelques dons et adhésions graissent les rouages de la structure, mais globalement « ce sont nos sous, notre essence, et notre temps », affirme la retraitée. Ce nourrissage permet aux bénévoles « d’apprivoiser les chats pour pouvoir les attraper plus facilement et les emmener chez le vétérinaire pour les stériliser », poursuit-elle.

    C’est bien là, le nerf de la guerre, puisqu’un couple de chats peut engendrer jusqu’à 20 000 descendants en seulement quatre ans. À Martigues, certains quartiers sont particulièrement touchés par cette prolifération, à l’instar de Notre-Dame-des-Marins ou Saint-Pierre. Josette Masson estime qu’environ 300 chats errants vivent actuellement sur le territoire.

    Chaque année, l’École du chat libre stérilise donc entre 180 et 190 animaux. Une subvention de 9 000 euros de la part de la Ville a permis de financer l’opération de 84 femelles cette année. Après la stérilisation, les chattes trouvent refuge chez une bénévole, qui accueille également les femelles en gestation, les chatons et les chats malades, faute de locaux propres à l’association. « Elle n’a plus de place », confie la présidente de l’École du chat libre.

    Un abri pour les chats

    en convalescence

    Depuis quelques années, l’association est accompagnée par la Ville de Martigues. « Nous avons réalisé mon souhait, nous avons construit un petit refuge que nous avons appelé le Chabanon », se réjouit Josette Masson. Les chats en convalescence y trouveront un peu de répit, ce qui allégera au passage la charge de travail des bénévoles. « Nous sommes aussi à la recherche d’un local pour que l’association puisse entreposer son matériel et avoir un bureau, pour à terme tenir une permanence », précise Charlette Benard, adjointe au maire déléguée aux seniors, qui s’est saisie de la problématique.

    Le service Environnement de la Ville et les jeunes des centres sociaux ont également bâti quelques petites cabanes disposées dans les quatre coins de la commune pour que les chats puissent y trouver refuge.

  • Bientôt un téléphérique pour prendre l’avion

    Bientôt un téléphérique pour prendre l’avion

    Recherche maîtrise d’ouvrage pour la réalisation d’un téléphérique entre la gare de Vitrolles et l’aéroport à Marignane… La métropole Aix-Marseille Provence a lancé, ce 1er octobre, un marché pour trouver un prestataire capable de réaliser des études, les travaux, mais aussi la mise en service de ce moyen de transport aérien prévue pour 2030.

    Une ligne d’un petit kilomètre pour trois stations, une positionnée à la gare ferroviaire, une deuxième à proximité d’Airbus Helicopters, au Nord, et une dernière à proximité du terminal 1 de l’aéroport qui « survole la voie express D20, des installations industrielles, la future ZAC de l’aéroport et les parkings », indique le cahier des charges. Car si la gare accueille 73 trains par jour pour 44 destinations en direction de Marseille, Salon, Avignon, Arles ou Montpellier, « elle reste néanmoins trop confidentielle », estime la Métropole. Un problème quand 700 000 voyageurs y transitent, au cœur d’un bassin estimé à 34 000 emplois.

    Une étude de faisabilité réalisée par DCSA Ingénieur Conseil en 2018, également jointe au dossier et que le prestataire devra actualiser, indique par ailleurs que les « transports collectifs connaissent un déficit d’utilisation et d’image », à l’exception de la ligne de bus qui relie Marseille à l’aéroport. Il s’agit donc de connecter le futur téléphérique au réseau de TER, mais aussi au futur Pôle d’échanges multimodal Cap Horizon. Une gare routière de neuf quais de bus avec une ligne à haut niveau de service (Zenibus) prochainement étendue jusqu’à Plan de Campagne et dont les essais ont déjà démarré.

    Parmi les contraintes dont le prestataire devra tenir compte, on trouve aussi la météo avec une forte exposition du site au vent pouvant dépasser les 110 km/h plusieurs fois par an, l’implantation des pylônes, mais aussi leur hauteur pour survoler la voirie.

    Un trajet estimé

    de six minutes

    L’interaction avec les nombreux projets de la zone est également pointée comme un enjeu majeur. Le téléphérique va devoir composer avec un forage pour le réseau de géothermie profonde Marseille-Berre, la valorisation du parking P7 de l’aéroport, la liaison par ascenseur incliné entre la gare et Cap Horizons ou encore l’extension prévue sur le site d’Airbus. Dans son étude, DCSA avait opté pour un système dit « de monocâble en va-et-vient », où les deux véhicules se déplacent à la même vitesse, mais en sens contraire pour atteindre les deux terminus en même temps, à l’image du téléphérique urbain brestois, pour assurer ce trajet de 6 minutes, d’une capacité estimée à quelque 1 000 personnes par heure et par sens, pour un coût d’exploitation de 1,1 million d’euros par an, hors taxe.

    Le coût total du projet est estimé à 43 millions d’euros hors taxe par la Métropole. Cette dernière finançant à hauteur de 22 millions d’euros, la Région Sud, 4 millions, Airbus Helicopters et l’aéroport Marseille Provence, 3 millions chacun. L’État, lui, assure 10,7 millions d’euros. Lors de son deuxième déplacement à Marseille en juillet, le ministre des transports de l’époque, François Rebsamen, avait signé un avenant à la convention cadre du volet mobilité du plan « Marseille en Grand », intégrant cette desserte par câble et doublé la subvention, portant le financement à 500 millions d’euros.

    Le marché s’étend sur 78 mois, les candidats ayant jusqu’au 12 novembre pour se faire connaître.