Tag: subvention

  • À Monteux, la municipalité RN démonte les lettres des locaux de la MJC

    À Monteux, la municipalité RN démonte les lettres des locaux de la MJC

    Nouvel épisode dans les relations devenues complexes entre la nouvelle municipalité RN de Monteux et la Maison des jeunes et de la culture (MJC). Cet été, l’association fondée en 1964, avait vu sa subvention passer de 45 000 à 5 000 euros. Un premier coup dur mais qui ne remet pas en cause, pour l’heure, le fonctionnement de la MJC prête à reprendre toutes ses activités le 7 septembre.

    Mais, ce lundi, un acte plus symbolique a décontenancé la MJC. « Nous avons eu la surprise de voir des agents communaux démonter l’enseigne de la MJC, sans que quiconque nous ait contactés, relate Olivier Fraysse, administrateur de la MJC. Ce sont nos salariés qui ont découvert cette action, nous avons essayé de comprendre pourquoi en interrogeant les services communaux, sans réponse de leur part, alors que c’est la Ville qui avait mis ses lettres il y a quelques années. » Aucun contact n’a été depuis établi entre les deux parties. Un choix que le maire Patrice de Camaret motive par le fait que la MJC n’est pas la seule occupante de ce bâtiment communal, nommé l’Atelier. « Il y a plusieurs associations qui y vivent et il était important de dire, c’est un bâtiment municipal. Donc on enlève celle qui précisait que c’est son territoire. Or, ce n’est pas le sien », justifie l’édile sur Ici Vaucluse. La MJC préfère prendre la nouvelle avec ironie : « Nous aimons imaginer que les services communaux vont faire à notre enseigne un brin de toilette et une nouvelle peinture avant de la raccrocher pour le début de saison ! »

  • [Entretien] Alban Desoutter : « La liberté d’expression doit prévaloir pour tous »

    [Entretien] Alban Desoutter : « La liberté d’expression doit prévaloir pour tous »

    La Marseillaise : Pourquoi la sanction contre Julien Thery vous semble-t-elle injuste ?

    Alban Desoutter : Il a relayé un texte critique d’une tribune pro-Israël parue dans Le Figaro en appelant au boycott d’une liste de personnalités signataires. Chaque fois qu’on s’en prend à des relais de l’État d’Israël, il y a cette accusation bien rodée et assumée d’une assimilation à de l’antisémitisme. C’est l’argument numéro 1 utilisé contre des associations ou LFI.

    Tout de même prétendre que Yvan Attal, Michel Boujenah ou Arthur seraient des « génocidaires » parce qu’ils se font des relais de l’État d’Israël, semble disproportionné, non ?

    A.D. : On peut discuter sur le fait qu’il puisse y avoir des complicités et les relais chez les personnalités mais cela fait partie du débat même si les termes peuvent sembler polémiques. Les plus outranciers sont les partisans de l’État d’Israël. Enrico Macias a appelé à éliminer physiquement les militants de LFI [à la TV avant d’être repris et de se rétracter, Ndlr.]. À Lyon II, quelqu’un a eu des positions pour le nettoyage ethnique de la Palestine et a reçu le soutien de L. Wauquiez au nom de la liberté d’enseigner après que son cours a été perturbé par des étudiants. Il n’y a eu aucune sanction. Il y a deux poids deux mesures. L. Wauquiez a même utilisé sa position de président du Conseil régional pour faire un chantage à la subvention. Or, quand J. Thery utilise sa liberté d’expression dans le cadre d’un canal privé sur les réseaux sociaux, indépendamment de ses activités universitaires, là on le sanctionne.

    C’est pour cela que vous dénoncez une « ingérence politique » ?

    A.D. : On a un vrai problème. L’université n’est pas un forum citoyen. Les sections disciplinaires ne sont pas la démocratie participative où chacun – notamment les partisans du gouvernement israélien ou de Trump – va venir dicter à la présidence ce qu’elle doit faire. Celle-ci a cédé à la pression de L. Wauquiez avec son chantage à la subvention. La liberté d’expression doit prévaloir pour tous. Les sanctions ne peuvent intervenir que dans le cadre d’un cours où un enseignant utiliserait sa position pour tenir des thèses anti-républicaines, négationnistes ou racistes. Je ne défends pas la publication de Julien Thery. Je dénonce le fait que sa sanction est disproportionnée et sous pression extérieure. Il peut faire appel auprès du Cneser. Son cas n’est pas isolé. Il y a eu une vague de répression interne dans les universités qui ont toujours eu une tradition de liberté. J’ai moi-même en tant que chercheur subi une sanction déguisée sur mon avancement pour mes prises de position syndicales.

  • L’Ardear conteste la suppression d’une aide de 100 000 euros de la Région Sud

    L’Ardear conteste la suppression d’une aide de 100 000 euros de la Région Sud

    « On a trois salariés sur la sellette, dont deux sûrement mis au chômage en septembre. Des dossiers en cours ne pourront potentiellement pas aboutir. C’est compliqué », se désole Charles-Henri Tavernier, président de l’Ardear, un réseau associatif qui œuvre dans l’installation en agriculture paysanne et agroécologique depuis plus de vingt ans.

    En cause, la suppression d’une subvention de 100 000 euros versée à l’association par la Région Sud depuis 2008. « On n’a pas eu de discussion avec la Région. Béatrice Martin [vice-présidente en charge de l’agriculture, Ndlr] nous a simplement envoyé une lettre en disant qu’elle avait décidé de son propre chef de mettre l’installation et la transmission uniquement dans les mains des chambres d’agriculture. On est un peu surpris du manque de concertation », exprime ce vigneron des Hautes-Alpes. Dans cette lettre, adressée au président de l’Ardear, le 27 avril, l’élue explique les raisons de cette décision : « Cette politique volontariste s’inscrit dans un cadre budgétaire extrêmement contraint. »

    Depuis sa création, le réseau associatif indique avoir accompagné plus de 1 000 installations, soit un tiers des porteurs de projet de la région. « On nous parle toujours du renouvellement des générations d’agriculture, ils font le contraire de ce qu’il faudrait faire », estime Charles-Henri Tavernier. Dans un communiqué, daté du 24 juillet, l’Ardear demande à la Région Sud de « revenir sur cette décision et de maintenir son soutien financier ». La Région n’a pas encore répondu à nos sollicitations à ce sujet.

  • L’État tente de faire rentrer les assos récalcitrantes dans le rang

    L’État tente de faire rentrer les assos récalcitrantes dans le rang

    Après dix ans de bons et loyaux services, le rideau s’est baissé pour l’Association recherche éducation action (Area), le 1er janvier dernier. Cette association, qui venait en aide aux personnes vivant dans les bidonvilles de Montpellier, notamment via un accompagnement social et éducatif et employait dix salariés, avait été placée en liquidation judiciaire en novembre 2025. Son tort ? « Il nous est clairement reproché d’avoir une position trop critique, c’est pour ça que nous sommes sanctionnés. Ça nous a été dit par les services de l’État à plusieurs reprises et ça nous a aussi été écrit », racontait Catherine Vassaux, ancienne administratrice d’Area, en novembre dernier, dans les colonnes de La Marseillaise.

    En effet, dans un courrier de septembre 2025, le Directeur départemental de l’emploi, du travail et des solidarités de l’Hérault reprochait à Area de se positionner « dans une posture critique des institutions à des fins d’amélioration continue de l’accompagnement des personnes en difficulté sociale sur les bidonvilles. Cette posture a amené à plusieurs reprises mes équipes à s’opposer à vos positions, depuis plusieurs années, tout en acceptant de continuer à financer la mission d’accompagnement au vu de vos résultats ».

    Un cas loin d’être isolé

    La préfecture a donc décidé de ne pas renouveler la convention la liant à l’association et les subventions ont été coupées. Tout comme les financements complémentaires de l’Europe, la Drac, la CAF et la Ville de Montpellier, mettant au passage les dix salariés sur le carreau. Pire, Area accompagnait 400 personnes, qui se sont retrouvées de facto seules, le temps qu’un nouvel opérateur pose ses bagages. Un cas loin d’être isolé, à en croire l’ancienne direction. « De plus en plus d’associations sont sanctionnées suite à des prises de position critiques. L’Observatoire des libertés associatives a rendu en juin [2025] un rapport qui révèle que 30% du secteur associatif a été sanctionné pour des positions qui ne convenaient pas à l’administration », faisait valoir Catherine Vassaux. En somme, une injonction à une prétendue neutralité.

    Ce risque de sanctions plonge les associations dans la crainte, pouvant mener à de l’autocensure. Or, selon une autre étude du même Observatoire, publiée cette fois-ci en février 2026, « cette autocensure produit une dépolitisation du monde associatif. Derrière ces injonctions à la neutralité, se joue en effet une bataille culturelle sur les frontières du politique. Faut-il concevoir les associations comme des auxiliaires du service public auxquelles il faudrait donc imposer le devoir de neutralité ou des actrices nécessaires et indépendantes du jeu démocratique ? La réponse à cette question à valeur de test pour la démocratie. » À l’aune de la présidentielle et d’un risque d’arrivée de l’extrême droite au pouvoir, ce débat est on ne peut plus primordial.

  • Martigues renouvelle son aide à l’entretien des quartiers

    Martigues renouvelle son aide à l’entretien des quartiers

    Le conseil municipal de jeudi soir a examiné une cinquantaine de propositions, dont celle d’une participation financière de la commune à l’entretien des espaces extérieurs des principaux quartiers de logements sociaux. Une initiative de la Ville depuis 1999 dans le cadre d’une convention avec quatre associations syndicales libres (ASL). Ces associations perçoivent respectivement 40 303 euros pour le quartier de Mas de Pouane, 81 762 euros pour Canto-Perdrix, 95 967 euros pour Paradis-Saint-Roch et 26 302 euros pour les 4 Vents, ainsi que d’une plus petite enveloppe de 2 000 euros pour le bailleur 13 Habitat et 1 500 euros pour Erilia.

    En tout, la participation annuelle de la commune pour l’entretien des espaces extérieurs est de 247 834 euros pour l’année 2026. Ce qui pose question pour la conseillère d’opposition Amandine Gide (RN), qui demande de justifier la raison pour laquelle « depuis 2025 vous avez baissé la dotation des ASL de 200 000 euros ». L’adjoint (PCF) Pierre Dharréville explique que « la baisse de subvention a été contrainte au regard des difficultés budgétaires que l’on connaît, en raison de choix répétés du gouvernement qui diminuent les ressources des communes ».

    « Mettre les bailleurs face à leurs responsabilités »

    Dans ce contexte, l’enjeu est également pour l’adjoint de « mettre les bailleurs en face de leurs responsabilités, qu’ils prennent mieux en charge ce qui relève de leurs prérogatives ». Jean-Luc di Maria (LR), approuvant cette aide, estime néanmoins qu’il y a « des aides pour certains quartiers et pas d’autres qu’il faut expliquer aux Martégaux, il y a un souci d’équité devant les dépenses alors que tout le monde l’est face à l’impôt ». Pierre Dharréville répond que « la baisse de cette subvention va dans le sens de l’équité dont vous parlez ». « Ce choix vise à s’occuper des espaces communs, traversés par d’autres que les habitants des quartiers. La Ville contribue à l’aménagement de ces espaces qui sinon se dégraderaient » conclut-il. Le maire (PCF) Gaby Charroux rappelle que « la rénovation matérielle incombe d’abord aux bailleurs ».

    Autre sujet d’actualité brûlante de ce conseil, la proposition d’une gratuité d’accès pour les habitants de Martigues à la piscine Avatica durant les périodes en vigilance canicule. « Une mesure de santé publique et de protection des habitants » pour Pierre Dharréville, également rapporteur. Une fois n’est pas coutume, l’extrême droite s’inquiète d’à qui profite cette proposition : « Comment est contrôlé le lieu de résidence ? L’accès est pour tous les bassins sur toute l’amplitude d’ouverture ? », questionne Didier Rattier (RN), bien qu’approuvant l’idée. « Le personnel municipal demandera aux habitants de justifier leur lieu de résidence et l’ensemble des bassins seront ouverts à la baignade » répond Pierre Dharréville.

  • Vague de solidarité pour le Planning familial de Carpentras

    Vague de solidarité pour le Planning familial de Carpentras

    « Au final, ça nous a aussi donné de la visibilité et l’opportunité de redire que ce que l’on fait est primordial », glissait ce lundi 8 juin Anne-Lise Nadaud, présidente du Planning familial de Vaucluse, après le retrait de la subvention de 3 000 euros de la part de la municipalité d’extrême droite de Carpentras ce vendredi 5 juin. Preuve en est : depuis cette décision, la structure a récolté pas moins de 4 000 euros de dons.

    « Il y a énormément de messages d’empathie et de bienveillance. On se sent soutenu. Cet engouement nous fait énormément de bien », confirme la dirigeante associative. La subvention était notamment fléchée sur des interventions auprès de jeunes publics ainsi que sur un groupe de parole autour de la parentalité. « On ne laissera pas tomber ce public », insistait Anne-Lise Nadaud.

    « Wokisme »

    L’édile Hervé de Lépinau (RN) a de son côté souhaité faire une « mise au point » sur ses réseaux sociaux. Après avoir répété les mêmes arguments que lors du conseil municipal, c’est-à-dire qu’une association devrait être apolitique pour pouvoir toucher une subvention et lui reprochait de « taper » sur son parti, il s’est permis d’écrire que la structure s’est « largement éloignée de son objectif premier, à savoir l’égalité des droits, pour devenir un organe politisé et partisan, mais aussi un avant-poste d’une idéologie controversée qu’est le wokisme ». Comme quoi œuvrer pour l’éducation sexuelle et l’accès à l’avortement, auquel le maire est notamment opposé, ne convient pas à tout le monde.

    Dons possibles sur helloasso.com/mouvement-français-pour-le-planning-familial

  • La moto américaine efface le 1er mai

    La moto américaine efface le 1er mai

    Comme toutes les mairies gérées par le Rassemblement national, la politique culturelle à Beaucaire s’inscrit dans la défense des traditions locales. Ici, c’est donc naturellement la culture taurine qui capte toutes les attentions. « Une école taurine est en cours de mise en place avec une association qui a eu une subvention exceptionnelle à la création, ce qui est assez rare. Il y a aussi une novillada qui va voir le jour. Pour eux, la culture c’est la culture taurine et provençale, point », explique Luc Perrin.

    L’élu d’opposition, également secrétaire de l’association Latinos Sin Fronteras, remarque qu’il est aussi très difficile pour certaines associations d’obtenir une salle  : « Il y a toujours de grandes difficultés pour avoir des réponses. Nous essayons d’organiser une fête avec l’association pour le 20 mai. On a demandé une salle il y a plus d’un mois et je n’ai aucune réponse. J’ai fait une relance, toujours sans réponse. Si ce qu’on demande ne leur plaît pas, ils préfèrent ne pas répondre plutôt que de dire non ».

    À Beaucaire, la culture chrétienne est également à l’honneur avec notamment la traditionnelle crèche installée chaque année dans la mairie malgré les multiples condamnations judiciaires. « Il y a aussi la Sainte-Madeleine, les vendanges de la Madeleine, la cuvée de la Madeleine où les maires sont toujours présents sans écharpe. Le maire assiste à des messes et on voit bien qu’il ne fait pas ça en toute discrétion, il s’affiche mais sans écharpe », détaille Luc Perrin.

    Les USA à l’honneur

    Comme depuis onze ans, les drapeaux américains ont envahi les rues de Beaucaire vendredi 1er mai. En effet, la fête des travailleurs a toujours été fustigée par l’extrême droite. Alors à Beaucaire, la municipalité RN a décidé de l’invisibiliser en organisant une grande fête de la moto américaine. Harley-Davidson, tatouages, musique country et jeeps sont au rendez-vous de cet événement qui a tout du rassemblement Maga (Make America Great Again, la devise de Donald Trump). Une procession de motards est même bénie par des prêtres. Pendant le temps d’une journée, la municipalité RN ne voit donc pas d’objection à célébrer une culture étrangère…

    « Ça fait toujours très bizarre de voir le curé bénir les motards sous une nuée de drapeaux américains. Mais cet événement a un succès énorme donc si on le critique, on passe pour un rabat-joie », explique Luc Perrin. « À Beaucaire, on met en place ces fêtes américaines pour effacer le 1er mai des calendriers », confirme Jean Vanhaute, président de l’institut d’histoire sociale de la CGT du Gard.

  • Le festival du film politique de Carcassonne refuse toute aide de la mairie RN

    Le festival du film politique de Carcassonne refuse toute aide de la mairie RN

    C’est un geste fort que celui du Festival du film politique de Carcassonne (FFPC). Un geste de résistance dans une ville tombée, en mars dernier, aux mains de l’extrême droite.

    Le 15 avril, l’association CinéBastide, organisatrice de l’événement, a annoncé qu’elle renonçait à ses demandes habituelles de subventions à la mairie (10 000 euros par an, environ 5% du budget), jusqu’ici co-réalisatrice de la manifestation, ainsi qu’à la mise à disposition des salles municipales qui représentaient 80% de la capacité d’accueil.

    Lancé en 2018, le FFPC, dont la dernière édition a attiré plus de 22 000 participants, propose chaque année en janvier la projection d’une quarantaine de fictions ou de documentaires. « Nos choix de programmation ont toujours été de montrer des films qui aident à penser le monde, qui ouvrent des débats, bousculent parfois nos idées reçues. On a toujours mis l’accent sur la complexité, la nuance. À l’heure où les populismes s’emploient à tout simplifier à l’extrême, cela nous paraît plus que jamais nécessaire », insiste Francine Raymond, présidente de l’association CinéBastide. « Cette ligne éditoriale s’accompagne d’un engagement sur des valeurs de tolérance, d’inclusion, de lutte contre toutes les discriminations », poursuit-elle.

    « Nous considérons que les orientations du Front national sont incompatibles avec les valeurs qui fondent cet événement », déclare l’association CinéBastide dans un communiqué. « Co-réaliser le FIFP avec la nouvelle majorité municipale reviendrait à contribuer à la normalisation de l’extrême droite, à laquelle nous ne souhaitons pas participer. »

    Le choix de rester

    à Carcassonne

    La décision a donc été prise, à l’unanimité, de s’affranchir de tout lien avec la mairie. Reste désormais à relever le défi de l’avenir, qui continuera de s’écrire dans la cité médiévale. « On a fait un choix responsable, mais qui a évidemment un coût [la perte de 80% de la capacité d’accueil en salles constitue un défi logistique et financier majeur, Ndlr.]. Il faut donc qu’on réinvente la cartographie du festival, sa narration. Le choix a été fait de rester à Carcassonne et de s’élargir aux alentours. Pour relever ce défi, on a besoin de soutiens », insiste la présidente de CinéBastide. « On n’a pas fait le choix le plus facile », souligne-t-elle. « On aurait pu partir, on a des sollicitations dans d’autres villes où les choses auraient été plus simples. Mais le festival n’a pas été créé à Carcassonne par hasard. L’Aude est un département peu favorisé économiquement, où il n’y a pas de grand centre culturel évident. Le choix de ce territoire a un sens et nous ne souhaitons pas l’abandonner », explique Francine Raymond. « L’idée est donc de rester et de se développer, de donner un élan pour faire encore grandir le festival en l’élargissant à l’extérieur de Carcassonne. » Les trois dernières éditions, à guichets fermés, témoignent de la nécessité d’augmenter notamment la capacité d’accueil en salles. « Le FFPC continuera de faire rayonner positivement Carcassonne et son territoire à l’échelle nationale et européenne », promet l’association CinéBastide.

  • À Vauvert,la culture sabrée par la mairie RN

    À Vauvert,la culture sabrée par la mairie RN

    L’offensive du Rassemblement national contre la culture est loin d’être terminée à Vauvert. En effet, l’un des premiers actes du nouveau maire Nicolas Meizonnet a été d’annuler l’exposition photos de Sylvain Brino (pourtant très consensuelle puisqu’elle mettait à l’honneur la Camargue) pour des prises de position contre l’extrême droite sur ses réseaux sociaux. Puis, ce fut au tour de Jazz à Vauvert d’être tout simplement annulé pour des « raisons économiques ». « Jazz à Vauvert fonctionnait très bien. Il y avait des Vauverdois mais aussi des gens de l’extérieur. Ils disent qu’il n’y avait pas de retombées économiques mais ce n’est pas vrai parce qu’il y a des gens qui venaient de loin et qui logeaient et mangeaient à Vauvert », explique l’élue d’opposition Magali Nissard, qui constate également que « la droite soutient Nicolas Meizonnet aussi car ils n’ont pas supporté que nous ayons modifié ce festival où nous avions ajouté un concert dans chaque école et des animations gratuites dans la ville ». Face à cette censure, le festival jazz à Vauvert sera accueilli par la commune de Vergèze les 26 et 27 juin.

    Les associations bientôt visées ?

    Nicolas Meizonnet tente en effet de justifier cette politique en s’appuyant sur les finances de la ville qui serait « quasiment ruinée ». Sauf que beaucoup y voient plutôt la volonté d’écarter tout ce qui ne convient pas au RN qui préfère axer sa politique culturelle sur la défense des traditions taurines et camarguaises.

    Après ces annulations, la municipalité cherche en effet à couper dans les subventions aux associations, notamment culturelles. Elle aurait trois associations dans le collimateur puisque le RN a toujours fustigé lorsqu’il était dans l’opposition Jazz à Junas (qui portait le festival Jazz à Vauvert), l’association Les avocats du Diable et Atout philo. Benjamin Rouvière, son fondateur, a été convoqué par le maire mais n’a pas souhaité se rendre au rendez-vous : « On m’impose l’heure et le jour et on ne me donne pas le motif donc je n’y suis pas allé. Mais j’ose imaginer ce qu’on allait me dire, c’est-à-dire ce qu’ils disaient lorsqu’ils étaient dans l’opposition, à savoir que notre subvention était trop élevée alors qu’on fait des petits concerts l’été et qu’on mobilise des auteurs, des philosophes, des sociologues, le reste de l’année. Cela fait six ans que nous existons et nous proposons en moyenne une manifestation par mois. » Atout philo touchait en moyenne 2 000 euros par an de la part de la mairie mais Benjamin Rouvière ne « serait pas surpris si elle était sucrée cette année ».

    Le dessinateur Eddie Pons, président de l’association littéraire Les avocats du Diable, a, de son côté, honoré sa convocation lundi 4 mai où le maire lui a annoncé que la subvention serait baissée de 30%, soit une coupe de 1 000 euros. « On n’a pas encore pris de décision mais on s’interroge sur notre engagement vis-à-vis de la ville de Vauvert », confirme-t-il.

    « Pour l’instant, le maire ne nous a pas donné le détail du budget 2026 mais il faut lire entre les lignes et on voit que pour les subventions aux associations, une baisse de 93 000 euros est prévue. Une association culturelle m’a contacté et ils lui ont annoncé une baisse de 30% de la subvention. Dans les 93 000 euros, il y a les 63 000 euros de Jazz à Junas mais il en manque donc d’autres associations vont être touchées », prévient Magali Nissard qui remarque qu’aucune baisse de budget ne concerne, par contre, les festivités.

  • Ces chercheurs américains qui ont fui Trump pour l’Occitanie

    Ces chercheurs américains qui ont fui Trump pour l’Occitanie

    Elle se réjouit d’avoir atterri sous le soleil de la Méditerranée. Pleuni Pennings est une chercheuse américaine spécialisée en bio-informatique et en Intelligence artificielle appliquée à la santé. Ancienne professeure à l’Université d’État de San Francisco, elle s’est installée à Montpellier avec sa famille en octobre, contrainte par la politique répressive menée par la seconde administration Trump contre la recherche scientifique. Elle prend la forme de coupes budgétaires, de licenciements massifs et de la censure de certains sujets dans les travaux (réchauffement climatique, biodiversité, questions de genre, etc.).

    Deux millions d’euros mobilisés par la Région

    Pleuni Pennings n’est pas la seule à avoir fait ce choix. Quatorze autres chercheurs ont choisi l’Occitanie face à la politique du président américain. Ils devraient tous s’y installer d’ici fin 2026, principalement à Montpellier et Toulouse grâce à une opération de soutien menée par la Région Occitanie.

    L’institution a, en effet, mobilisé deux millions d’euros pour participer à la prise en charge des salaires et à l’acquisition du matériel nécessaire à ces chercheurs. Cet investissement est la suite logique du plan « Choose France for Science » lancé par l’État en mai 2025 par lequel le pays s’engageait pour l’accueil des chercheurs internationaux.

    Pour l’heure, Pleuni Pennings a signé un contrat de trois ans à l’Université de Montpellier et a entamé sa collaboration avec l’Isem, l’Institut des sciences de l’évolution. Sur son blog, elle se dit « profondément en colère et attristée de voir Trump détruire la science américaine ». « Obtenir des financements de recherche était déjà difficile avant Trump, mais cela semble désormais impossible. À Montpellier, je suis dans un environnement de recherche exceptionnel, avec des personnes qui partagent mes centres d’intérêt. »