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  • À Marseille, le musée subaquatique, une concession sous les algues

    À Marseille, le musée subaquatique, une concession sous les algues

    Les statues ? C’est là-bas à 120 mètres au niveau de la bouée blanche dans l’axe de la jetée ronde » pointe un baigneur. « Avec des palmes, c’est tranquille pour y aller. C’est pas vilain mais bon elles sont recouvertes d’algues » décrit le quadragénaire.

    Créée en juin 2019 avec 11 statues disparates en ciment marin d’artistes de divers horizons immergées à 5 mètres de profondeur sur un espace de 400 m2, le musée subaquatique des Catalans (MSC) n’est l’objet d’aucune activité, aucune randonnée subaquatique comme prévu.

    Cette concession d’utilisation des dépendances du domaine public maritime a été accordée par l’État en novembre 2018 dans la polémique pour 15 ans aux Amis du musée subaquatique de Marseille, une asso dirigée par Anthony Lacanaud, un restaurateur de la rue Sainte qui a depuis quitté Marseille pour fumer des truites à Barcelonnette. Ni lui, ni le parrain du musée, Serge Dupire (un comédien de Plus Belle la Vie), n’ont répondu à nos sollicitations sur cette concession fantôme qui ne semble finalement n’être qu’un support de communications, de visuels.

    Cette vacance indispose les services de l’État, en premier lieu la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM). La Ville a caressé un temps l’idée de reprendre cette concession à la dérive. Elle a vite compris qu’elle n’a aucun avantage à hériter de statues méconnaissables sous les algues dont le mortier marin avec des fibres de polyuréthane pour certaines, va s’altérer et alors que le projet de reconfiguration de la plage est à l’arrêt, sans compter qu’à terme il faudra en plus financer leur enlèvement ?

    La Ville n’a jamais répondu à nos questions, alors qu’elle fait partie avec la DDTM et la DREAL Paca d’un « comité de concertation et de prises de décision » du MSC censé traiter des enjeux sécuritaires et environnementaux. La Préfecture, après relance, a fini par nous transmettre les statuts de la concession qui finit en 2033 et un rapport de suivi environnemental de 2024 qui confirme une colonisation des modules par les macroalgues. De nous annoncer qu’« une nouvelle campagne doit avoir lieu cette année et une restitution complète du suivi de la fréquentation, est attendue pour septembre 2027 », indique la Préfecture.

    C’est en réalité, tout le suivi administratif qui pose question. La présence exigée du concessionnaire sur le site « pour surveiller et sensibiliser les usagers » n’a jamais été remplie. La sécurité se réduit à une bouée de repos avec un arceau métallique. Le rapport d’enquête publique avait pourtant alerté en 2018 sur « l’absolue nécessité » d’un protocole de sécurité devant le « risque décuplé » de noyade de jeunes nageurs intrépides et non aguerris. Heureusement, aucun incident n’a été rapporté. Le site internet de la ville prend soin de préciser d‘ailleurs que « la visite du musée est libre et se fait sous la responsabilité de chacun ». Quant au « comité de suivi des usages » du MSC, son représentant sur le papier, Jean-Pierre Galeazzi, qui préside par ailleurs le CIQ Pharo-Catalans, se borne à observer que « ça fait bien longtemps [qu’il n’a] plus rien reçu ».

    Quid de l’assurance exigée par l’État ? « Il appartient effectivement au concessionnaire de contracter une assurance » note la Préfecture qui ne s’émeut pas davantage, sept ans après sa création, de l’absence de versement de la caution exigée dans les statues de 60 000 euros sur un compte bloqué pour couvrir l’enlèvement des statues en fin de concession. « Le concessionnaire doit nous produire une attestation d’assurance et nous sommes en attente de la transmission des éléments relatifs aux garanties financières par les responsables du musée » se borne à constater la Préfecture. Et pour parfaire ce naufrage administratif, la subvention de 100 000 euros versée en 2017 par la Ville à l’association et annulée en raison du retard à créer le MSC, elle n’a tout simplement jamais été remboursée.

    « La visite du musée est libre et se fait sous la responsabilité de chacun »

  • Des fouilles archéologiques à la Base Navale de Toulon mettent au jour des vestiges antiques

    Des fouilles archéologiques à la Base Navale de Toulon mettent au jour des vestiges antiques

    À Toulon, l’histoire antique continue de s’écrire. En vue de la construction du France Libre, le porte-avions nouvelle génération qui stationnera à la base navale de Toulon dès 2035, et de ses infrastructures, l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) mène, depuis septembre 2025, des fouilles archéologiques sur une zone de 11 500 m² correspondant à l’emprise partielle de l’ancienne île de Milhaud.

    Y ont ainsi été découverts les vestiges d’un établissement antique dédié au commerce. Les objets et infrastructures retrouvés (vaisselle, fours, parures…) témoignent d’habitations, activités artisanales (production de farine et vin ou huile) et commerciales entre le IIe siècle avant J.-C. et le IIIe siècle.

    Une découverte unique sur le littoral provençal

    Rattachée au continent depuis 1935 dans le cadre de l’élargissement de la base navale, l’île fut autrefois un pôle commercial stratégique, dès le IIe siècle avant J.-C., avant et après la fondation de Telo Martius (cité antique romaine ancêtre de Toulon, fondée au Ier siècle avant J.-C.). Les grandes quantités de fragments d’objets retrouvés montrent que l’établissement mis au jour, dont la découverte est sans équivalent sur le littoral provençal, a occupé une place significative dans les échanges commerciaux maritimes. Leur qualité et leur origine témoignent de l’empreinte romaine, avant la naissance de Telo Martius, malgré l’emprise grecque en Méditerranée à l’époque. Ce n’est qu’à partir du XVIIe siècle que le site devient une emprise militaire, avec, notamment, l’édification d’une poudrière.

    D’autres fouilles devraient commencer dans la Rade, sur les fonds marins, qui devront être creusés pour permettre le passage du porte-avions.

  • Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    C’est une phase de chasse aux trésors du Rhône un peu particulière qui se termine, ce week-end. Les rives arlésiennes du fleuve sont passées au peigne fin des plongeurs de l’opération Fouilles du Rhône 2025, depuis le 25 août et jusqu’à ce 3 octobre. Cette mission archéologique est conduite par le Musée départemental Arles antique et un consortium scientifique comptant l’Université d’Aix-Marseille et le CNRS, avec une équipe d’une quinzaine de spécialistes en plongée, en céramique ou encore en topographie.

    La cible principale des chercheurs est l’épave « Arles Rhône 15 », une chaloupe du Ier siècle de 4,70 m de longueur, découverte en 2009. Lors d’un point presse, le 30 septembre, le responsable de l’archéologie subaquatique du musée, David Djaoui, détaille l’opération : « une prospection de 900 m2 autour de l’épave pour inventorier des trouvailles, parmi lesquelles des amphores datant de 100 après JC, à l’âge d’or d’Arles. » Et plus encore, avec la découverte d’un « madrier de 15 m », un morceau de bois qui « signe l’assemblage d’un bateau », selon l’archéologue.

    Des conditions difficiles

    La mission revêt quelques difficultés, particulièrement pour les plongeurs, comme l’explique Sabrina Marlier, du Musée Arles antique. « Les conditions de travail sont dures. Le courant est fort, la visibilité faible et on fait des otites à répétition », indique l’archéologue, pour qui « le dérèglement climatique ne facilite pas la prévision des sorties en raison du temps ». S’il pleut en amont du Rhône, les alluvions viennent logiquement troubler l’eau plus qu’elle ne l’est déjà.

    Les objets présents dans l’eau aussi posent question, relève Louise Contant, du Musée national de la marine. « Les strates historiques se mélangent et il est surprenant d’observer des objets historiques à côté de canettes de boisson », ironise la cheffe des collections, quand il n’y a pas de verre brisé pouvant blesser les plongeurs. Entre 7 et 14 m de fond au maximum, les poubelles côtoient les trésors, ironiquement.