Tag: Strasbourg

  • À la rencontre des architectures du quotidien

    À la rencontre des architectures du quotidien

    La 10e édition des Journées nationales de l’architecture, organisées par le ministère de la Culture, ambitionne de mettre en lumière les « architectures du quotidien ». Plus de 100 événements sont déclinés en région, ce week-end, pour donner les clés de compréhension de ces bâtiments et équipements de tous les jours.

    Cette programmation éclectique reflète la richesse, la multiplicité des lieux de notre quotidien, que ce soit nos maisons, écoles, équipements sportifs, commerces, lieux de travail, infrastructures publiques, etc. mais aussi des tiers-lieux, des jardins partagés, des habitats participatifs. L’architecture est plurielle, elle croise les styles, les époques, elle façonne notre cadre de vie. Une édition qui fait résonance avec le choix du prix Pritzker, qui récompense cette année l’architecte chinois Liu Jiakun pour « une architecture affirmée qui célèbre la vie des citoyens ordinaires ».

    Ces journées appréciées du public sont l’occasion de balades urbaines, de visites inédites de chantiers, d’expositions, de projections, de débats, d’ateliers. Retenons, par exemple, que la ville de Martigues propose une lecture architecturale de l’école maternelle de Ferrières, ouverte en 1952. Cet équipement inscrit aux monuments historiques est le fruit de la collaboration des architectes Alphonse Arati, Marius Boyer, Charles Lestrade et des Ateliers Jean Prouvé qui l’ont construit.

    René Egger et Luminy

    à Marseille, les portes de l’Institut Méditerranéen de la Ville et des Territoires, place Jules-Guesde, s’ouvrent au public pour dévoiler, depuis son entrée jusqu’à son dernier étage, son forum, ses amphithéâtres, ses grands ateliers, mais aussi le point de vue qu’offre cet équipement public inauguré en 2023 sur le grand paysage de Marseille. Une table ronde y est organisée sur la sortie du livre d’Elise Guillerm, consacré à l’architecte marseillais René Egger (1915-2016) et à la construction des écoles supérieures d’art et d’architecture, à Luminy. Ces dernières sont ouvertes samedi à 15h pour deux visites : l’une sur leur histoire architecturale, la seconde sur les enjeux de leur reconnaissance patrimoniale, en 2024, au titre de monument historique.

    à Toulon, la direction régionale des Affaires culturelles, l’association Architectures en Ligne, Image de Ville et le conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement du Var organisent la projection du film documentaire Penser l’incertitude, au cinéma Le Royal. Dans ce film, le réalisateur, Christian Barani, part à la rencontre des 24 lauréats du concours 2023 des Albums des Jeunes architectes et paysagistes. Il en résulte le portrait d’une nouvelle génération qui dévoile ses valeurs et ses espoirs, fait preuve d’un engagement à prendre soin des territoires, de celles et ceux qui y vivent.

    À Arles, une visite commentée de la Tour LUMA, conçue par Frank Gehry, propose une immersion dans les coulisses de sa conception, de sa construction à son aménagement, en mettant en lumière les défis techniques qui ont façonné ce bâtiment phare, inauguré en 2021.

    À Aix, la Compagnie des rêves urbains propose un carnet spécial pour découvrir sur un itinéraire de ballade jusqu’à huit bâtiments d’architecture contemporaine : le Grand théâtre de Provence, le Pavillon Noir, le Conservatoire, le Palais Victor Hugo, la Cité du Livre, etc.

    À Avignon, SNCF Gares & Connexions organise quatre expositions photographiques sur des biens labellisés « Architecture contemporaine remarquable » dans les gares de Rennes, Avignon TGV, Lille Europe et Strasbourg. C’est aussi l’occasion de découvrir les architectes qui se cachent derrière ces réalisations et qui, par leurs expérimentations et leur audace, ont renouvelé les techniques constructives et architecturales.

    La friche Duclos

    À Septèmes les Vallons, il sera question, samedi à la médiathèque, du futur écoquartier sur la friche industrielle Duclos recyclée. à Mimet, pour comprendre comment se conçoit et se réalise l’architecture publique au plus près du terrain, les équipes de maîtrise d’œuvre proposent une visite exceptionnelle du chantier d’extension et de modernisation du centre de secours.

    À Salin-de-Giraud, dimanche, des conteuses raconteront l’histoire de deux entreprises et de leurs cités ouvrières avec ses bains-douches, la place Carle-Naudot, autant de lieux qui gardent la mémoire des Salinières et des Saliniers, preuve que l’architecture est ancrée dans l’humain.

    Programme complet sur journeesarchitecture.culture.gouv.fr

    « L’architecture doit être un révélateur, c’est-à-dire être en mesure de capter puis exprimer l’essence d’un lieu et des personnes qui y habitent.  »

  • L’OM envoie un signal fort avant la réception de l’Ajax

    L’OM envoie un signal fort avant la réception de l’Ajax

    Real – PSG – Strasbourg. Ces trois matches étaient ceux de toutes les peurs pour l’OM.

    Une série qui aurait pu ancrer le doute dans les têtes, après un début de saison en deçà des attentes. Mais à l’issue de ces trois rendez-vous, c’est un véritable phénix qui s’est révélé. Car, même avec une défaite à Madrid (1 – 2) en Ligue des Champions, les Olympiens sont parvenus, sur trois matches, à remettre de l’ordre sur le terrain. Tandis que Roberto De Zerbi a trouvé semble-t-il les bons ingrédients.

    Néanmoins, l’entraîneur marseillais ne s’emballe pas. « Août n’est jamais loin, vous le savez mieux que moi », a-t-il évoqué en conférence de presse après la victoire à Strasbourg (2 – 1). « À Marseille, … on ne peut jamais relâcher notre attention. Il faut toujours être attentif, humble, les pieds sur terre ».

    S’il savourait la manière dont son équipe est allée chercher la victoire à la Meinau, il rappelle qu’il faut « toujours garder en tête les matches contre Rennes et Lyon, y compris celui contre le Paris FC, où nous avons eu du mal à nous exprimer malgré la victoire (5-2) ».

    En Alsace, comme face au PSG au Vélodrome, c’est le collectif qui permit à l’OM de renverser la table. Mais surtout, les joueurs appelés pour faire souffler Benjamin Pavard, Pierre-Emerick Aubameyang ou encore Mason Greenwood ont montré qu’ils avaient les capacités pour maintenir le niveau technique. Et préparé le terrain pour que les Phocéens terminent en boulets de canon. « Je pense que les entrées en jeu d’Aubameyang, Emerson, Greenwood, Vaz et Pavard ont changé le match », a-t-il commenté.

    Le banc relève le gant

    Roberto De Zerbi a souligné la nécessité pour lui de pouvoir compter sur un groupe élargi, alors que les rendez-vous s’enchaînent sur une cadence infernale. « Nous avons beaucoup joué cette semaine. Nous allons rejouer mardi. Strasbourg, c’était un match très important comme celui de mardi ».

    La Ligue des Champions revient au Vélodrome, avec la visite de l’Ajax qui se cherche encore dans cette épreuve, alors que dans son championnat, le club d’Amsterdam espère enfin bousculer le PSV et Feyenoord dans la course au titre.

    En s’imposant à Strasbourg en y mettant la forme, l’OM a pris ses premiers points et inscrit ses premiers buts en déplacement. « Cela commençait un peu à m’agacer. J’y pensais pendant le match, en tribune. Et j’admets qu’une nouvelle défaite m’aurait beaucoup énervé », a reconnu l’entraîneur olympien. Ce succès, en terrain difficile, est donc salutaire car, « je ne veux pas que nous soyons définis comme une équipe qui est performante seulement chez elle ».

    Cette performance au Vélodrome, l’OM va devoir l’alimenter face à l’Ajax pour le retour de la Ligue des Champions. Après les promesses de Madrid, le moment est venu de les tenir face à un adversaire qui est, sur le papier, plus à la portée des Olympiens.

  • La DZ Mafia blanchissait ses recettes en lingots d’or

    La DZ Mafia blanchissait ses recettes en lingots d’or

    On touche du doigt le caractère massif et les profits considérables du narcotrafic. Il n’y a qu’avec le démantèlement des réseaux de blanchiment que nous pourrons porter des coups durables et affaiblir les organisations criminelles », a déclaré samedi le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, tirant les leçons aux côtés du colonel Olivier Leblanc, commandant de la section de recherches Paca de la gendarmerie de l’opération de coopération franco-italienne, du démantèlement d’un vaste réseau international de conversion en lingots d’or des recettes du narcotrafic marseillais, ensuite exportés vers le Kosovo puis la Turquie.

    L’enquête commune avec la Guardia di Finanza de Milan s’est appuyée sur les dispositifs européens d’entraide
    – l’agence Eurojust et le service Europol – mais aussi le soutien technique de la toute nouvelle Unité nationale de police judiciaire (UNPJ) de la Gendarmerie. Une centaine de gendarmes ont été mobilisés sous l’égide de la section de recherches de Marseille avec les SR de Paris, de Strasbourg, de Chambéry ainsi que du GIGN. Ce succès a été rendu possible par l’excellence des relations déjà anciennes nouées entre les autorités policières et judiciaires franco-italiennes, « leur grande réactivité et leur confiance totale » a salué le chef du parquet de Marseille.

    Le démantèlement s’est opéré en deux phases à partir d’un renseignement de la Guardia di Finanza, fin décembre 2024, sur une importante organisation criminelle basée à Milan où elle était dotée d’une fonderie, spécialisée dans le blanchiment de numéraire, et notamment les flux financiers très importants de la DZ Mafia. La récupération du numéraire en France et son transport vers l’Italie était assurée par des équipes de Syriens et de Maghrébins qui utilisent des voitures embarquant des « caches particulièrement sophistiquées ».

    « Ces collectes de fonds représentaient d’octobre 2024 à août 2025 plus de 30 millions d’euros et c’étaient des collectes hebdomadaires principalement à Marseille, ses environs mais aussi à Lyon, Paris et à l’Italie. Chez un des collecteurs, il a été retrouvé 2,4 millions d’euros. C’était le produit d’une semaine de collecte à Saint-Etienne et Clermont-Ferrand » a ainsi détaillé le procureur pour qui 70% de la collecte était fournie par des trafiquants marseillais liés à la DZ Mafia. « Marseille, malheureusement une fois de plus, se taille la part du lion », a-t-il relevé.

    Le 7 septembre 2025, un convoi détecté entre l’Italie et l’Espagne déclenchait les interpellations. 55 lingots d’or 24 carats de 1 kilo cachés dans des voitures et plus de 2,4 millions d’euros en espèce étaient trouvés, ce qui représente une saisie de 8 millions d’euros. Sept individus (3 hommes et 4 femmes) de cette équipe de transporteurs ont été mis en examen et écroués pour blanchiment aggravé de stupéfiants et association de malfaiteurs.

    La deuxième vague d’interpellations est survenue ce 23 septembre lancée à Vitrolles, Marignane, Martigues, Marseille et Berre-l’Étang ainsi qu’en Italie. Sept personnes ont été mises en examen dont 4 en détention provisoire. Ont été saisis 300 000 euros, 6 véhicules, de la maroquinerie et de la joaillerie de luxe. Les Italiens ont arrêté 4 personnes et mis la main sur 238 kilos d’or, 400 kilos d’argent, 7 kilos de palladium, 5 kilos de platinium, une somme globale d’1,3 million d’euros et 24 biens immobiliers.

    « Marseille,
    une fois de plus, se taille
    la part du lion »

  • Un collectif olympien boosté par ses finisseurs

    Un collectif olympien boosté par ses finisseurs

    Roberto De Zerbi a tenu ses promesses. Face aux Alsaciens, il a bien effectué des retouches dans son onze de départ.

    Avec des changements dans chaque ligne, tout en maintenant un fil conducteur. Avec son duo danois O’Riley – Höjbjerg pour l’équilibre. Et une charnière Aguerd – Balerdi qui avait montré de belles choses face au PSG. Timothy Weah était toujours là, dans un couloir gauche où il s’est montré entreprenant. À l’image d’un OM qui a débuté très haut, allant chercher les ballons dans la moitié de terrain strasbourgeoises.

    Côté alsacien, il y avait également l’idée de développer du jeu. Aspirer les Olympiens pour tenter de les prendre à revers. Emanuel Emegha a cru y arriver, mais il était signalé hors-jeu. Tandis que les offensives marseillaises faisaient frissonner la Meinau.

    Après le but alsacien, Roberto De Zerbi changeait sa ligne offensive, espérant redonner de la percussion. Choix payant, puisque l’OM revenait dans le match à l’entame du dernier quart d’heure. Pour renverser la table dans le temps additionnel grâce à Michaël Murillo.

  • L’OM prend le pouvoir

    L’OM prend le pouvoir

    Un an après y avoir vécu sa première grosse désillusion, Roberto De Zerbi revenait à la Meinau.

    Depuis les tribunes, car il purgeait son match de suspension suite au carton rouge reçu lundi face au PSG, l’entraîneur olympien a dû se dire, durant près de 75 minutes, que la plaine des Bouchers, où se trouve le stade de Strasbourg, est pour son équipe aussi maudite que celle de Warerloo pour Napoléon. Jusqu’au final époustouflant de ses hoplites.

    S’ils ont été surpris par la vivacité alsacienne, les Olympiens ont trouvé les ressources pour aller chercher leur revanche sur l’an dernier, alors que le sort semblait une fois encore leur jouer des tours.

    Alors que Amine Gouiri, Igor Paixão ou Timothy Weah ont eu des opportunités, c’est encore une fois Strasbourg qui a tiré le premier. L’an dernier, c’est en fin de première période que Diégo Moreira avait fait la différence. C’est dès le retour des vestiaires qu’Abdoul Ouattara a trouvé la faille dans une défense marseillaise mise en déroute par Emmanuel Emégha.

    Privé d’un but en première période par l’assistance vidéo, le capitaine bas-Rhinois devenait passeur décisif, réveillant au passage même les plus ardents supporters grévistes de la Meinau. Toutefois, l’OM version 2025/2026 a su se remettre de ce coup du sort. Porté par la vague du succès face au PSG, le collectif marseillais, revigoré par les entrées de Pierre-Emerick Aubameyang et Mason Greenwood, n’abdiquait pas.

    Leurs efforts seront récompensés. Avec le premier but inscrit hors du Vélodrome cette saison, signé de l’inévitable « PEA ». Si Strasbourg pensait terminer tranquillement, ce but olympien dans le dernier quart d’heure redistribuait les cartes.

    L’OM en avait encore sous les crampons, et le travail de saper devait être récompensé par un second but, synonyme de victoire et de première place, signé Michaël Murillo.

  • L’OM vise la tête à Strasbourg

    L’OM vise la tête à Strasbourg

    En battant le PSG lundi, ses hommes ont mis un terme à quatorze ans de disette au Vélodrome.

    « J’ai conscience maintenant que nous allons être encore plus attendus et que les attentes seront plus fortes, ce qui est normal après avoir battu Paris ». Roberto De Zerbi sait désormais que son équipe a les capacités de bousculer plus fort qu’elle. Cela s’était vu à Madrid, face au Real, malgré un résultat négatif. Les espoirs nés à Santiago Bernabéu ont été confirmés au Vélodrome.

    Il reste maintenant à digérer un résultat qui lance l’OM dans la course au podium. Et le déplacement à Strasbourg arrive à un moment clef, cinq jours avant la première sortie en Ligue des champions au Vélodrome avec la réception de l’Ajax. « Après notre prestation face au PSG, il n’y a pas d’angoisse particulière. Ce qui nous est arrivé, ce n’est que du positif », souligne l’entraîneur marseillais.

    Ses joueurs se sont focalisés sur le voyage en Alsace. « Depuis mardi soir, il n’y a plus que Strasbourg dans nos têtes » confirme Emerson. L’international Italien vient d’enchaîner deux titularisations et autant de prestations de très haut niveau et se dit apte à garder le rythme. « J’avais besoin d’être sur le terrain. Au Real, j’ai eu un petit coup de fatigue. Mais face au PSG, j’étais beaucoup mieux et j’ai pu tenir l’ensemble du match », a-t-il relevé.

    Malgré son arrivée tardive il a rapidement trouvé ses repères. Et son entente avec le trio Aguerd – Balerdi – Pavard a donné un sans-faute, lundi. « Si nous, défenseurs, avons pu faire du bon travail, nous le devons à l’ensemble de l’équipe qui a nous a facilité la tâche » a-t-il insisté.

    La page PSG est tourne, et l’OM s’est concentré sur un déplacement à Strasbourg où Roberto De Zerbi espère vivre une meilleure expérience que l’an dernier. « Nous étions un peu comme aujourd’hui, après une victoire à Lyon. La chute a été dure ! » se souvient-il.

    L’Italien ne veut pas que l’histoire se répète (défaite 1 – 0) face à un adversaire dont le groupe a été remanié, « mais qui conserve une bonne organisation et de bonnes individualités. Je m’attends à un match difficile » admet-il.

    Pour préparer ce match, Roberto De Zerbi avait envisagé un stage à Rome. Annulé du fait du décalage de la réception du PSG. Ses troupes se sont entraînées à La Commanderie cette semaine. Quant à son onze de départ, « il y aura quelques retouches, mais pas pour de simples rotations » confesse-t-il.

    Il tient à ce que son OM confirme à la Meinau les bonnes intentions des deux dernières sorties. Avec une idée en tête. « Si nous gagnons, nous serons leaders. Même pour une soirée, c’est important ! » conclut-il.

    « Depuis mardi soir, il n’y a plus que Strasbourg dans nos têtes »

  • Strasbourg dans la tempête avant d’accueillir l’OM

    Strasbourg dans la tempête avant d’accueillir l’OM

    Que se passe-t-il à Strasbourg ? Adversaire de l’OM, ce vendredi (20h45), le Racing joue bien au football depuis le début de la saison, mais fait parler de lui en dehors des terrains. Le 4e de Ligue 1, ex æquo avec le leader monégasque, se retrouve embourbé dans des problèmes internes, entre les ultras, la présidence et le propriétaire.

    En cause, l’omniprésence de BlueCo, également actionnaire principal de Chelsea, qui a tout chamboulé en Alsace ces 24 derniers mois. Arrivé d’un nouveau coach à l’été 2024, 15 recrues lors du mercato estival 2025 et une unité qui s’effiloche petit à petit. Une situation qui crispe les ultras. Les tensions sont montées d’un cran lorsque le capitaine, Emmanuel Emegha, a posé avec le maillot de Chelsea, club qu’il rejoindra la saison prochaine. Le joueur et Marc Keller, président historique du RCSA, ont été ciblés par des banderoles, lors du dernier match à domicile.

    L’initiative des Ultras est mal passée au sommet de la direction, au point de voir apparaître des mesures pouvant être interprétées comme liberticides : accès restreint aux locaux du club, tifos contrôlés en amont, retour des billets nominatifs… Les Ultras Boys 90, principal groupe de supporters, ont réagi dans un communiqué. Ils proposent une réunion privée pour s’expliquer : « Nous restons ouverts au dialogue, mais nous ne pouvons accepter que 14 années d’engagement soient balayées sans explication ni concertation. Nous remercions toutes celles et ceux qui ont défendu notre droit à la libre expression. »

    La fin de l’union sacrée

    Nicolas Kssis-Martov est journaliste pour So Foot et se trouve être un enfant du quartier de la Meinau. Là où il allait à l’école avant de rejoindre la région parisienne. Observateur du Racing, il éclaire sur cette osmose qui est en train de disparaître. « Il y avait une unité autour du club. Plus qu’une identité, l’union sacrée était importante dans la ville et elle est en train de voler en éclats. On dit parfois qu’à Strasbourg, il y a la cathédrale et la Meinau comme monuments. »

    La fracture se fait également au sein même des supporters. Ultras et fans hors virage s’écharpent sur les réseaux sociaux ou bien directement dans le stade. « Les ultras ont la vision d’un club qui a failli disparaître et qui veut conserver des valeurs. D’autres supporters, arrivés plus récemment, rêvent d’Europe, voient l’équipe bien jouer et sont satisfaits de ça. Ils pensent que les ultras trahissent le club et ils les sifflent même lors des matches », rapporte Nicolas Kssis-Martov, sans vouloir taper sur une partie ou l’autre.

    L’auteur du livre Qatar, le Mondial de la honte, établit également un lien entre l’OM et le club strasbourgeois : « Je trouve que ces deux clubs occupent une place singulière dans leur ville et ce qu’ils dégagent pour leurs fans. » Après leurs interventions en tribunes contre Le Havre, les ultras alsaciens pourraient récidiver contre Marseille, dans un match avec une portée plus grande. Pour continuer de montrer leur combat et alerter sur les méfaits de la multipropriété dans le football.