Tag: Stéphane Paglia

  • À Saint-Martin-de-Crau, les entreprises comptent leurs pertes après les intempéries

    À Saint-Martin-de-Crau, les entreprises comptent leurs pertes après les intempéries

    Le trait brunâtre présent sur tous les murs de cette entreprise saint-martinoise ne laisse aucun doute sur le niveau que l’eau a atteint, la semaine dernière : presque un mètre. La moisissure s’est développée par endroits, malgré les déshumidificateurs industriels déployés dans les locaux. ça et là, de petites caisses de documents ou de câbles jonchent le sol. Un moindre mal comparé aux armoires d’automates industriels en fabrication qui ont été perdues dans l’entreprise Master Systèmes, visitée par le préfet, Jacques Witkowski, mardi.

    « Vous aviez de l’eau jusque-là », indique à hauteur de hanches Stéphane Paglia, cogérant de l’entreprise et président de la Chambre de commerce et d’industrie du pays d’Arles. Les dégâts sont encore en cours de chiffrage, contrairement à ceux de leurs voisins orthoprothésistes et de leurs 17 salariés. « Les archives et l’informatique ne sont pas touchés, mais la production est à l’arrêt avec 200 000 euros de machines à remplacer », explique Julien Renaudot, gérant de Podo orthèse de la Crau. Mais le pire est à venir, après le nettoyage. Outre les machines « introuvables », le gérant déplore « 75 000 euros de marchandise perdue » dont il attend de savoir si l’assurance rembourse au prix de vente ou de revient.

    La préfecture en médiateur des assurances

    « On s’attend à devoir bosser deux semaines gratuitement. On est en mode survie là, l’iceberg trésorerie fond et on veut juste reprendre le boulot », conclut Julien Renaudot. « Si vous avez besoin d’une médiation avec l’assurance, on est là pour ça », lui répond le préfet Jacques Witkowski. Le haut fonctionnaire explique, lors de la visite, que les services de l’État sont « votre point d’entrée pour l’étalement des dettes fiscales et sociales, de même que l’étalement bancaire en lien avec la Banque de France ». Le préfet complète en indiquant que l’arrêté de catastrophe naturelle doit être « pris dans les 24 heures ».

    Interrogé sur la fiabilité des assurances, Jacques Witkowski se veut rassurant : « La Caisse nationale de réassurance est un élément central dans la gestion de crise qui permet aux assurés de faciliter le paiement. » Bien qu’il s’agisse de contrats privés, «  il peut apparaître des litiges ou contestations sur lesquelles nous pouvons intervenir ».

    La CCI du pays d’Arles a ainsi programmé un rendez-vous dédié aux entreprises touchées. « Cela permettra d’expliquer tous les dispositifs qui existent », y compris « une aide psychologique », détaille Stéphane Paglia. Comme un « guichet unique pour que l’activité économique reprenne le dessus sur les événements », d’après la maire Séverine Dellanegra (SE), dans « l’idée de faire du sur-mesure et de réunir tous ceux qui peuvent apporter des réponses dans leur champ de compétence », selon le conseiller régional Cyril Juglaret (LR). Le rendez-vous est donné à la CCI du pays d’Arles jeudi à 18h.

  • Contournement d’Arles, le président de la CCI interpelle l’État

    Contournement d’Arles, le président de la CCI interpelle l’État

    Le contournement d’Arles revient sur le devant de la scène. Après 25 ans d’instruction par les services de l’État, le projet a été désavoué par la commission de l’enquête publique, le 28 février dernier. Dans son avis défavorable au classement de l’ouvrage en autoroute, celle-ci pointe les incertitudes budgétaires ainsi que le report du trafic sur les voies secondaires. Pour éviter tout enlisement, les acteurs économiques du territoire interpellent l’État dans un courrier que Stéphane Paglia a adressé au ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot.

    Le président de la CCI du Pays d’Arles appelle « à la saisine du Conseil d’État afin d’obtenir la déclaration d’utilité publique dans les délais légaux », pour ce projet qu’il estime être « d’intérêt national et européen », puisqu’il « contribuera au développement économique d’un territoire stratégique, à la croisée de l’axe rhodanien et de la zone industrialo-portuaire de Fos-Marseille », en assurant une « continuité autoroutière entre l’Italie et l’Espagne ».

    Concernant le dispositif de péage, envisagé en 2024 puis remis en cause car il pourrait engendrer un report de près de 10 000 véhicules par jour, dont 3 000 poids lourds, sur le réseau secondaire gratuit, il assure que « ces paramètres peuvent encore évoluer ».

    Pour Stéphane Paglia, « le renouvellement, dans les prochaines années, de plusieurs concessions autoroutières [telle qu’Escota, filiale de Vinci Autoroute, Ndlr] constitue pour l’État une véritable fenêtre d’opportunité : intégrer la réalisation du contournement autoroutier d’Arles dans un ensemble remis en concurrence, plutôt que d’en porter une concession autonome et isolée ». Une option qui permettrait, selon lui, de sécuriser « un montage financier robuste », d’inscrire l’infrastructure de 26 km dans une « logique de réseau » et de répartir « l’effort économique dans le temps, sans faire peser une charge excessive sur les usagers locaux ».

  • Le port prend le virage du rail et devient quadrimodal

    Le port prend le virage du rail et devient quadrimodal

    La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Pays d’Arles n’a pas traîné. Après avoir été reconduite à la tête de l’exploitation du port pour 25 ans, en décembre 2024, elle s’est immédiatement consacrée à la modernisation des infrastructures et à l’acquisition de nouveaux équipements, avec un investissement de 10 millions d’euros. Son ambition : renforcer le report modal vers le fleuve et le rail en atteignant 450 000 tonnes de marchandises transportées par voie fluviale par an d’ici 2028, soit une hausse de 25%, et 20 000 tonnes de marchandises transportées par voie ferroviaire d’ici 2032.

    « On est bien partis », affirme Stéphane Paglia, président de la CCI du Pays d’Arles. Laurence Borie-Bancel, présidente du directoire de la Compagnie nationale du Rhône (CNR), salue : « En un peu moins d’un an, quelle dynamique ! 30% de hausse des trafics sur les neuf premiers mois de l’année 2025. » Selon Stéphane Puglia, cette progression s’explique par une « prise de conscience générale sur la nécessité de décarboner et massifier le transport » et la mise en place de nouveaux outils.

    Une navette entre Fos

    et Arles

    À commencer par le terminal multimodal Mistral, porté par le groupe Combronde et la CCI. Lauréat de l’appel à projets logistiques de la CNR, cet outil de report rail-combiné a été inauguré ce mardi 21 octobre, après le passage du premier train début septembre. À terme, l’objectif est d’atteindre sept allers-retours hebdomadaires d’ici à la fin 2025.

    « Les premiers échanges sur ce projet ont eu lieu en juillet 2024, et ce mois-ci, on compte déjà deux liaisons ferroviaires vers Lille et vers Bordeaux, souligne Laurence Borie-Bancel. C’est un projet qui a été mené en un temps record, avec, à la clé, une alternative concrète permettant d’éviter chaque année 32 000 camions sur les routes. »

    La présidente du directoire de la CNR souhaiterait aller plus loin pour « être le catalyseur de la dynamique de l’axe Méditerranée-Rhône-Saône en partenariat avec le Grand port maritime de Marseille-Fos (GPMM) et les accords de territoires sous l’égide de l’État ». « Le projet de navette fluviale entre Fos et Arles permettrait de connecter directement le GPMM à Bordeaux, Lille et au nord de l’Europe », glisse-t-elle. Réponse du concerné, Hervé Martel : « Évidemment, on est très motivés avec les acteurs économiques pour que ça puisse fonctionner. » À suivre !