Tag: Stéphane Le Rudulier

  • [Sénatoriales] Stéphane Le Rudulier ira-t-il jusqu’au bout ?

    [Sénatoriales] Stéphane Le Rudulier ira-t-il jusqu’au bout ?

    Il est vrai que dans les Bouches-du-Rhône, la droite et le centre ne manquent pas de candidats. Il y a la liste soutenue par le président du Sénat Gérard Larcher conduite par le tandem Brigitte Devésa (UDI)-Renaud Muselier (Renaissance). Celle du maire LR de Gardanne, Hervé Granier et celle de la sortante LR Valérie Boyer.

    Officiellement toujours en lice, Stéphane Le Rudulier (ex-LR) s’était déclaré candidat début juillet. Mais alors que le scrutin prévu le 27 septembre approche, il semble avoir quitté les radars des grands électeurs. « On ne le voit pas sur le terrain, il n’a pas de noms pour sa liste, il n’ira pas au bout », glisse un membre d’une équipe de campagne concurrente pour qui « il a du mal à se dépêtrer de ses affaires ».

    Stéphane Le Rudulier est en effet visé, avec Sylvie Miceli-Houdais qui a pris sa relève à la mairie de Rognac, par une enquête préliminaire pour détournements de fonds publics par le parquet d’Aix ouverte en 2024. Il est aussi l’objet d’une plainte pour « violences volontaires » déposée par sa successeure. Depuis la mairie est tombée aux mains du RN.

    S’il ne poursuit pas seul, Stéphane Le Rudulier peut-il rallier une liste ? Celle de Brigitte Devésa et Renaud Muselier est déjà complète. Chez Valérie Boyer on ne l’imagine pas sur la liste mais on ne serait pas contre un appel à voter.

    Le sénateur sortant dont la campagne est très discrète n’a pas donné suite à nos sollicitations. Un indice ?

  • Jean Mangion se range derrière Valérie Boyer pour les sénatoriales

    Jean Mangion se range derrière Valérie Boyer pour les sénatoriales

    Comme Stéphane Le Rudulier, un autre sénateur LR, elle est partie en solitaire, en se désolidarisant de la liste de droite du président de la région Sud, Renaud Muselier (REN), menée par Brigitte Devésa (UDI) et soutenue par la majorité sénatoriale de Gérard Larcher. Mais Valérie Boyer (LR) la sénatrice de Marseille, rapidement rejointe par le maire de Trets, Pascal Chauvin (DVD), affiche depuis 48 heures ses soutiens. Ce week-end, David Lisnard, le maire de Cannes et son parti Nouvelle Énergie ont annoncé se ranger derrière elle. Lundi, une autre personnalité, plus locale mais pas moins influente, a été confirmée sur sa liste.

    Libre et enracinée

    Il s’agit de Jean Mangion, le maire (LR) de Saint-Étienne-du-Grès, petite commune de 2500 habitants, située entre Rhône et Alpilles. Une surprise quelque part, puisque fin mai ce dernier avait apporté son soutien à Renaud Muselier dans la perspective d’une « liste d’union des personnalités de droite ». La personnalité, désormais, c’est lui ?

    Âgé de 76 ans, ce docteur en droit a été durant sa carrière, administrateur de l’École d’art et d’architecture de Marseille et directeur de l’Office régional de la culture, directeur général des affaires culturelles de la Ville de Marseille et président de la Cité de la Musique. Proche de Jean-Claude Gaudin dont il a dirigé la campagne électorale de 2001, il était devenu un fervent soutien de Martine Vassal.

    Réélu maire depuis 2014, il a progressivement étendu son influence au-delà de Saint-Étienne-du-Grès. Il préside aujourd’hui le Parc naturel régional des Alpilles et le Pôle d’équilibre territorial et rural du Pays d’Arles, deux structures stratégiques dans l’aménagement, l’environnement et le développement du territoire local.

    « Je refuse que la droite des Bouches-du-Rhône soit réduite à une force d’appoint. Avec Pascal Chauvin, Jean Mangion et les élus qui nous rejoignent, nous voulons construire une liste libre, enracinée et entièrement tournée vers la défense de nos communes », insiste Valérie Boyer, espérant rassembler « tous les grands électeurs attachés à une droite fidèle à son identité, à la sécurité, à la maîtrise des finances publiques, à la défense des libertés locales et au respect des communes ».

    Reste qu’en l’état actuel, avec quatre listes sur la ligne de départ, puisque s’ajoute celle formée par le maire (LR) de Gardanne Hervé Granier qui promet lui aussi de représenter les maires du territoire, la droite pourrait surtout perdre gros lors du scrutin programmé le 27 septembre.

  • Au nom des maires, une 4e liste à droite pour les sénatoriales

    Au nom des maires, une 4e liste à droite pour les sénatoriales

    Le maire LR de Gardanne, Hervé Granier, va constituer une liste pour les sénatoriales. Présentée comme un « rassemblement des élus de terrain », cette candidature se veut une « liste de maires » indépendante. Elle compte la maire centriste du Paradou, Pascale Licari, en deuxième position, et le maire (DVD) de Ceyreste, Patrick Ghigonetto, en troisième. « Cette expérience de terrain est indispensable pour élaborer des lois utiles et applicables », défend l’élu.

    Cette entrée en campagne ajoute une quatrième liste à droite dans les Bouches-du-Rhône, après celle de Brigitte Devésa (UDI) et Renaud Muselier (Renaissance), investie par Les Républicains et la majorité du Sénat, et celles des sénateurs sortant Stéphane Le Rudulier (LR) et Valérie Boyer (LR). Un embouteillage qui promet une belle dispersion des voix des grands électeurs.

    Pour Hervé Granier, la démarche répond à une attente. « En toute humilité car je ne suis pas le représentant des maires du Département, je porte la voix de mes collègues qui veulent qu’un maire soit au Sénat. C’est important, dans le contexte actuel, de pouvoir faire remonter les problématiques qu’on partage dans nos 119 communes. »

    « Fâché avec personne »

    Une manière aussi de se distinguer de la liste Devésa-Muselier qui met aussi en avant les communes sans placer toutefois de maire aux deux premières places. « Notre liste porte des maires aux places éligibles : on vise deux ou trois sièges, sans prétention, et on a la certitude profonde d’y arriver. »

    Malgré la multiplication des candidatures à droite ? Le maire de Gardanne refuse de parler de division. « Ce n’est pas utopique de penser qu’on peut rentrer trois sièges. Il n’y a pas de question de division, juste une question de liste de droite et avec des maires susceptibles d’être élus. C’est la différence », explique-t-il. « Moi, je ne suis fâché avec personne et je souhaite une bonne campagne à mon amie Brigitte Devésa et à Valérie Boyer. Il n’y a pas de sujet, chacun mènera sa campagne comme il l’entend, avec ses arguments. »

    Pour convaincre les grands électeurs, Hervé Granier entend défendre « la proximité », arguant qu’un maire, « quand il se présente à ce type d’élection, sait de quoi il parle : signer un arrêté, répondre à un administré parce qu’il y a un problème à la crèche ou de service public… C’est le rôle d’un maire et c’est ce que je veux faire remonter au Sénat ».

    Même si, non-cumul des mandats oblige, l’édile perdra de facto son statut, comme ce fut le cas de Valérie Boyer ou Stéphane Le Rudulier. « Si j’arrive à avoir d’autres maires, il y en aura d’autres sur la liste, mais certainement qu’il y aura aussi des personnes qui comptent dans le paysage politique. On est déjà en contact avec certains. Après, il faut qu’ils aient la volonté de venir. Mais on la montera d’une manière ou d’une autre. »

    « Ambitions politiques personnelles »

    À Gardanne, le groupe d’opposition municipale « Ensemble, changeons de cap pour Gardanne-Biver » critique la candidature d’Hervé Granier (LR) aux sénatoriales, quatre mois seulement après son élection à la mairie. Les élus de gauche estiment que ses « ambitions politiques personnelles » prennent le pas sur son mandat et appellent celui qui est déjà conseiller départemental à se consacrer pleinement aux dossiers communaux en matière de logement, services publics, sécurité ou finances : « Ces sujets méritent un maire pleinement investi, pas un élu déjà en campagne pour le Palais du Luxembourg ».

  • Ciel chargé pour l’entrée en campagne de Renaud Muselier

    Ciel chargé pour l’entrée en campagne de Renaud Muselier

    On a connu lancement de campagne plus serein. Jeudi, Renaud Muselier, président (Ren) de la Région Sud, présentait les quatre premiers de sa liste baptisée « En Provence, l’expérience qui rassemble » pour les sénatoriales du 27 septembre. à ses côtés, la sénatrice (UDI) sortante, Brigitte Devesa, la maire (LR) d’Auriol, Véronique Miquelly, et le maire (LR) de Graveson, Michel Pécout.

    Valérie Boyer « s’isole »

    Pas de Valérie Boyer sur la photo de famille, en revanche. Annoncé partante, la sénatrice LR sortante de Marseille a finalement annoncé, une heure plus tôt, qu’elle irait en solitaire. « Elle était quatre, elle est passée trois, elle voulait être en tête de liste (…). Elle s’isole, nous, on additionne », glisse Renaud Muselier, qui laisse la première place à Brigitte Devesa.

    « Moi, je recherche l’équilibre », insiste le macroniste qui se dépeint volontiers en rassembleur, relevant que sa liste a le soutien de Gérard Larcher, président (LR) du Sénat, et des majorités régionale, départementale et métropolitaine. « Nicolas Isnard (LR) et Martine Vassal (DVD) seront les deux coprésidents du comité de soutien », ajoute-t-il pour mieux convaincre.

    Mais la candidature de Valérie Boyer n’est pas le seul grain de sable dans la machine. La veille, le parquet de Marseille a confirmé l’ouverture d’une enquête pour prise illégale d’intérêt après un signalement affirmant qu’un des employés de maison du président de Région serait salarié par une société attributaire de marchés publics de sa collectivité. Dans la foulée, une enquête de Mediapart révèle qu’à l’initiative des JO d’hiver 2030 dans les Alpes, Renaud Muselier a investi dans une station de l’Utah où se tiendront les JO d’hiver en 2034, et décrit « les contours d’un conflit d’intérêts majeur » pour le membre du bureau exécutif du Cojop et coprésident de la Solideo.

    « Un fait de campagne »

    « Je m’en prends deux à un moment particulier, c’est un fait de campagne », a réagi Renaud Muselier, indiquant avoir, dès la publication de l’article, mandaté son avocat pour « préparer un dépôt de plainte avec constitution de partie civile pour dénonciation calomnieuse. Ces affirmations sont fausses et ces accusations sont mensongères dans le seul but de me nuire ».

    Mettant en avant un tout récent de rapport de l’Agence française anticorruption notant que tous les process de sa collectivité sont conformes, il assure, sur un « plan juridique pur », n’avoir « jamais siégé à la commission des marchés, ni signé un marché depuis dix ans. Les process sont clairs et je n’ai jamais eu de salarié payé directement ou indirectement par la Région ».

    Dans un communiqué, la Région défend pour sa part « un fonctionnement conforme à la réglementation, et rigoureux, des procédures de mise en concurrence », et indique se réserver le droit de déposer une plainte contre X auprès du procureur.

    Dans ce contexte, Renaud Muselier reste, lui, ambitieux. Chiffres à l’appui, il espère décrocher quatre places fin septembre. « On est capable d’en rentrer quatre, c’est un match collectif », martèle le président, sans doute quand même bien conscient que la candidature de Valérie Boyer et celle de Stéphane Le Rudulier (LR) pourraient lui coûter le grand chelem espéré.

  • Face aux trafics, Benoît Payan en tribun au tribunal

    Face aux trafics, Benoît Payan en tribun au tribunal

    Dans la salle d’audience du palais Monthyon, la publication du sénateur (LR) des Bouches-du-Rhône Stéphane Le Rudulier est lue, répétée de nombreuses fois. « Il y a un sentiment d’impunité à Marseille, son maire de gauche est du côté des trafiquants et refus de froisser son électorat communautaire. Il rend la ville otage du communautarisme, de la racaille du foot et des trafiquants », écrivait l’ex-maire de Rognac le 4 novembre 2023 sur le réseau social X pour relayer son entretien auprès du Figaro. Des propos qui avaient conduit le maire (DVG) de Marseille à déposer plainte contre lui, tandis que le parlementaire promettait par communiqué d’en faire autant. Sans aller jusqu’au bout.

    Deux ans et demi plus tard, le sénateur ne s’est pas rendu à l’audience. Mais Benoît Payan, lui, est bien là. « Dans les fonctions que j’exerce, il m’arrive chaque jour de lire des choses plus ou moins diffamantes, difficiles. J’ai reçu un certain nombre de menaces de mort. Mais c’est la première fois que je dépose plainte pour injure et diffamation », témoigne-t-il à la barre. Il rappelle le contexte de cette année 2023, marqué par un triste record de « narchomicides », plus de cinquante au total. « J’ai toujours eu une attitude féroce face à ces hommes qui tuent et assassinent », assure l’édile. Avant d’interpeller : « On peut faire de la politique, on peut ergoter, je peux répondre. Là, nous avons dépassé tout ça. Ce n’est pas de la politique, c’est de l’injure. Je n’ai pas le sang des Marseillais sur les mains ! Même au-delà de l’injure, c’est insupportable : vous imaginez ce que c’est, de devoir annoncer à une mère que son fils a été tué par un trafiquant, et deux jours après lire ça ? Cela, je l’ai vécu. J’ai des limites, elles ont été allègrement franchies. » En face, le conseil du sénateur LR avance un contre-feu, face à l’enquête ouverte par le parquet après un signalement de l’ancien préfet de région concernant la Société publique des écoles de Marseille. « Ils m’ont dit hier qu’ils venaient, ça n’a aucun rapport », interrompt la procureure.

    « Écriture vipérine »

    L’avocat du maire, Me Pezet, en profite pour dresser le portrait du sénateur, ciblé dans une enquête préliminaire du parquet d’Aix pour sa gestion à Rognac, dénonce son « écriture vipérine », réclamant 10 000 euros de réparations. Stéphane Le Rudulier voulait dénoncer des « salles de shoot » inexistantes ? « La halte soins addictions doit se faire, elle se fera, j’en suis sûr », rétorque le ténor du barreau, après que le maire a rappelé que « Marseille a besoin d’avoir des “salles de shoot” ». En face, le conseil du sénateur souligne que « quand un tweet renvoie à un article, il doit être lu à la lumière de l’article ». Lequel dénonçait une responsabilité indirecte et ciblait surtout le moratoire sur la vidéosurveillance et l’implantation de haltes soins addictions. Il plaide l’erreur de qualification et la polémique politique, et donc la relaxe. La procureure de son côté s’en rapporte « à la sagesse du tribunal ». Délibéré le 7 avril.

  • À Rognac, le RN s’est emparé d’une ville rongée par une gestion chaotique

    À Rognac, le RN s’est emparé d’une ville rongée par une gestion chaotique

    Sans faire de bruit, Rognac, 12 335 habitants, cité dortoir et ouvrière par excellence, est passée, il y a un an, aux mains du Rassemblement national. Trente ans après ses succès à Marignane et Vitrolles, à quelques kilomètres de là, l’extrême droite est revenue aux manettes.

    Les municipales anticipées tenues les 17 et 24 novembre 2024 après des démissions en cascades au conseil municipal, ont été un fiasco pour la liste de la maire (UDI) sortante, Sylvie Miceli-Houdais, qui avait pris la succession de Stéphane Le Rudulier (LR) devenu sénateur.

    Réunissant 13,84% des votants, elle était arrivée en troisième position, loin derrière Willy Nicollet (DVD), son adjoint à la sécurité (34,65%), et Christophe Gonzalez (RN) arrivé en tête (38,24%) à l’issue d’une quadrangulaire mortifère. Un novice, débarqué au RN un an plus tôt qui a bénéficié de l’étiquette et du soutien affiché des ténors nationaux du parti d’extrême droite.

    Mais ce désaveu des citoyens est surtout le fruit des scandales qui ont éclaboussé la gestion de Sylvie Miceli-Houdais et celle de son prédécesseur. Un rapport de la Chambre régionale des comptes rendus public cet été, a dépeint cette gestion municipale à la dérive, de 2019 à 2024.

    Les magistrats y pointaient un manque de pilotage, avec un poste de Direction générale des services vacants durant deux ans, un cabinet du maire pléthorique, des dépenses de marchés publics explosant les seuils légaux, ou bien encore des frais de mission comportant l’utilisation « dévoyée » d’une carte achat…

  • Inéligibilité et démission d’office pour l’ex-maire de Rognac

    Inéligibilité et démission d’office pour l’ex-maire de Rognac

    Saisi par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, après avoir constaté par décision du 23 juin 2025 le dépôt hors délai du compte de campagne de Sylvie Miceli-Houdais (UDI), le tribunal administratif de Marseille a condamné l’ex maire de Rognac au non-remboursement de ses dépenses électorales par l’État et déclaré « inéligible pour une durée de six mois » et « démissionnaire d’office ». Ses comptes ont été déposés le 7 mars 2025 plus de trois mois après le délai prescrit.

    Nouveau camouflet

    Si le président du tribunal a considéré que la candidate n’a pas justifié « avoir pris les dispositions pour déposer son compte de campagne en temps utiles, ni avoir été confrontée à des difficultés particulières pour ce faire », celui-ci a pris en compte le fait qu’il s’agissait de sa première campagne électorale en qualité de tête de liste et le montant limité des sommes en cause, et l’absence d’autres irrégularités relevées par la CNCCFP.

    Lors des municipales anticipées tenues les 17 et 24 novembre 2024 après des démissions en cascades au conseil municipal, la liste de la maire sortante, qui avait pris la succession de Stéphane Le Rudulier (LR) devenu sénateur, n’avait convaincu que 13,84% des votants, arrivant en troisième position, loin derrière celles de Willy Nicollet (DVD), son ancien adjoint à la sécurité (34,65%), et du candidat d’extrême droite, Christophe Gonzalez (RN) arrivé en tête avec 38,24% des suffrages.

    Ce désaveu des citoyens était le fruit des scandales qui ont éclaboussé la gestion de Sylvie Miceli-Houdais et celle de son prédécesseur. Un rapport de la Chambre régionale des comptes rendu public cet été, a dépeint cette gestion municipale à la dérive, de 2019 à 2024. Les magistrats y pointaient un manque de pilotage, avec un poste de Direction générale des services vacant durant de deux ans, un cabinet du maire pléthorique, des dépenses de marchés publics explosant les seuils légaux, ou bien encore des frais de mission comportant l’utilisation « dévoyée » d’une carte achat…

    Cette décision du tribunal administratif de Marseille est un camouflet de plus à porter au crédit de la représentante de la droite locale même si ces deux chefs de file, Martine Vassal (DVD) et Renaud Muselier (Ren) ont soutenu la candidature de Willy Nicollet (DVD), au second tour. Dans un jugement rendu le même jour, le tribunal administratif a d’ailleurs été plus clément avec ce dernier qui avait lui aussi déposé son compte de campagne hors délais. Il n’a été condamné qu’au nom remboursement de ses frais par l’État.

  • Rapport accablant de la Chambre des comptes sur la gestion des anciens maires de Rognac

    Rapport accablant de la Chambre des comptes sur la gestion des anciens maires de Rognac

    La rentrée politique est explosive et prématurée à Rognac. Ce lundi 25 août, le conseil municipal s’est réuni pour la première fois, après les deux mois d’été, à la faveur du rapport d’observations définitives établi par la Chambre régionale des comptes sur la gestion communale de Stéphane Le Rudulier (LR) et de Sylvie Miceli-Houdais (UDI), de 2019 à 2024. Et les conclusions de la soixantaine de pages sont édifiantes.

    Les magistrats pointent un manque de pilotage, avec un poste de Direction générale des services resté vacant pendant près de deux ans malgré quatre titulaires qui s’y sont succédé, et un cabinet du maire pléthorique comptant jusqu’à dix personnes alors que la loi en impose une pour les communes de moins de 20 000 habitants. Des dépenses de marchés publics explosant les seuils légaux apparaissent également, avec, par exemple, un total des contrats relatifs à l’animation du marché de Noël 2024 de 140 362 euros, bien au-delà des 40 000 euros prévus.

    Treize pages sont dédiées aux frais de mission, avec l’utilisation « dévoyée » d’une carte achat : « Entre avril et octobre 2023, le montant total s’est élevé à plus de 11 000 euros par mois de frais de déplacements, de restauration et de représentation », note la Chambre.

    En campagne

    Sylvie Miceli-Houdais (UDI) dit faire « amende honorable » des douze recommandations formulées par les magistrats, « dont dix sont sur les ressources humaines », mais juge le rapport « sévère envers la gouvernance et notre technostructure ». L’ancienne maire entre 2020 et 2024, battue en novembre dernier par Christophe Gonzalez (RN) lors d’élections anticipées déclenchées par des démissions en pagaille au sein de sa majorité, annonce qu’elle usera de son droit de réponse par écrit, dans les semaines à venir.

    Quoi qu’il en soit, ce rapport ressemble du pain béni pour le nouvel édile d’extrême droite, qui endosse avec plaisir le rôle du bon élève, héraut de la transparence. À chaque recommandation, l’élu oppose une mesure prise par sa nouvelle majorité et ne manque pas d’attaquer les anciens adjoints, au premier rang desquels Willy Nicollet (DVD), son adversaire lors des élections. « Dommage qu’il ne soit pas là aujourd’hui pour nous éclairer sur cette période », lâche-t-il à propos des frais de mission de la Ville ayant « plus que doublé » en 2021.

    Agacés, les conseillers municipaux d’opposition ayant quitté la majorité sous l’ancienne mandature Fabien Nicoletti, Élizabeth Mazet, Frédéric Schacre sont partis de la séance, ce dernier expliquant : « Ça s’appelle de la diffamation. Dans le rapport, on ne nomme pas le conseil municipal, mais seulement deux personnes, les anciens maires. Monsieur Nicollet fait peur, Christophe Gonzalez rentre en campagne. »