Tag: souvenirs

  • L’US Mourillon prévoit de nombreuses festivités pour célébrer son centenaire

    L’US Mourillon prévoit de nombreuses festivités pour célébrer son centenaire

    Fêter un centenaire, rare pour un être humain, pas si fréquent pour une structure associative. C’est le bel accomplissement que va célébrer, en 2027, l’Union sportive mourillonnaise, fondée en 1927 dans « un quartier populaire, profondément marqué par la mer, les marins, les ouvriers », retrace Michel Grillot. « Le rugby y trouve naturellement sa place. L’USM devient un club de quartier, de copains qui se retrouvent autour d’un ballon et de valeurs simples : l’amitié, le courage, la solidarité, le respect. » Mais cette histoire est troublée par la Seconde Guerre mondiale, d’abord, qui met le club en sommeil de 1939 à 1946. Puis, à partir des années 1960, par les difficultés à assurer la pérennité du club. Une nouvelle dynamique émerge en 1991, avec « une bande de copains avec l’envie de refaire vivre le club. Personne ne pensait que nous serions là 35 ans plus tard ».

    Des festivités « ouvertes sur la ville »

    Aujourd’hui, l’USM compte 332 licenciés, de l’école de rugby au sport adapté jusqu’à l’équipe séniors. Il a formé plusieurs joueurs professionnels passés ensuite dans les rangs du grand frère du RC Toulon. Mais au-delà de ces réussites sportives, « nous sommes fiers de tous ceux qui ne sont pas passés pros, et disent avec le sourire qu’ils ont porté ce maillot », tient à souligner Michel Grillo. Car avant tout, « les clubs amateurs sont des acteurs essentiels de la cohésion sociale et de la vie du territoire. Leur rôle dépasse largement les limites du terrain. Ils créent des liens, là où notre société a tendance à en perdre ». Cela, grâce à une équipe d’une cinquantaine de bénévoles, sans qui « le club ne tiendrait pas ». Pour les accompagner, l’embauche d’un salarié à temps plein est souhaitée, « car la pérennité d’une association ne peut reposer que sur la bonne volonté », clame le président de l’USM.

    Pour fêter ces 100 ans d’histoire, le club a prévu de nombreuses festivités pour 2027. Sur les terrains, forcément, avec un tournoi international jeunes en mars et un tournoi de rugby adapté en avril. Mais aussi avec des événements « ouverts sur la ville, pas uniquement célébrés entre ses joueurs », appuie Jean-Luc Barthélémy, responsable des projets du club. « Nous voulons que les enfants, les habitants du quartier et les partenaires puissent s’approprier cette année. » À ce titre, chacun est invité à se rapprocher du club pour partager ses souvenirs. Y figureront, d’ailleurs, en bonne place, ceux qui ont fait l’US Mourillon et qui nous ont quittés trop tôt, comme Raoul Celioli, président du club à sa refonte en 1991, Jean-Alex Fernandez, créateur de l’école de rugby, ou encore Ludovic Astier, jeune éducateur du club disparu en 1998.

  • Les souvenirs de Marcel Dib lors du duel historique de 1994

    Les souvenirs de Marcel Dib lors du duel historique de 1994

    Le 13 septembre 1994. Cinq mois avant cette date, l’Olympique de Marseille connaît la sanction la plus sévère de son histoire : la rétrogradation en Division 2 dès la saison suivante, suite au scandale de corruption du match Valenciennes-Marseille, souvent appelé « affaire VA-OM ».

    Cela ne l’empêche pas de terminer la saison de D1 à la deuxième place du championnat et d’obtenir sa qualification pour la Coupe de l’UEFA, compétition que les Olympiens ont pu disputer grâce à l’accord de l’instance européenne. Pour son entrée dans la compétition au stade des 32es de finale, l’OM hérite de l’Olympiakos. Un tirage « très compliqué », comme le souligne Marcel Dib, capitaine de la formation phocéenne lors de cette saison singulière. Prétendant au trophée européen, le club grec compte dans ses rangs le Yougoslave Ilija Ilic, triple champion de Grèce par la suite, et le Nigérian Rashidi Yekini, légende du football africain et serial-buteur au cours d’une carrière qui s’est étendue sur plus de deux décennies. « Je me rappellerai toute ma vie de ces deux matches, j’en garde un très bon souvenir », lance le milieu formé à l’US Michelis (11e) et à l’USL Premier Canton (4e).

    « On voulait à tout prix les battre, parce qu’ils nous avaient très mal reçus au match aller. Ils nous ont promis l’enfer », précise-t-il. Mis sous pression, les Olympiens ont pu compter sur de vieux briscards, comme Bruno Germain ou Michel De Wolf, et le soutien de Bernard Tapie – toujours président malgré le retrait de sa licence – pour « ne pas se dégonfler » dans un stade Karaïskakis plein à craquer, au match aller. « C’était déjà un combat avant d’entrer sur le terrain, où ils nous bousculaient dans le couloir. Je me souviens d’être face au capitaine [Petros Marinakis, Ndlr.] et on se regardait droit dans les yeux. Il s’est avéré que c’est nous qui leur avons fait la misère », se réjouit Marcel Dib.

    Grâce aux buts signés Bernard Ferrer et Jean-Christophe Marquet (1-2), l’OM prend un léger avantage avant le match retour au Vélodrome, une semaine plus tard, où les Grecs allaient être aussi bien reçus que les Marseillais.

    « Quand ils sont entrés sur le terrain, qu’ils ont vu l’ambiance de fou et la pression de nos supporters, on savait que l’on avait déjà gagné avant de jouer », s’amuse Marcel Dib. Sa prédiction s’est transformée en une réalité cinglante avec un but de Jean-Marc Ferreri et un doublé inscrit par l’Irlandais Tony Cascarino (3-0). « C’est l’un des dix matches qui a le plus marqué l’histoire de l’OM », estime « El Diablo », encore émoustillé 32 ans après.

  • [Mémoire de déportation] Denise Toros-Marter : « J’avais 16 ans à Pitchipoï »

    [Mémoire de déportation] Denise Toros-Marter : « J’avais 16 ans à Pitchipoï »

    Georges, qui a fait une belle carrière de photographe et possède un merveilleux talent d’écriture, travaille actuellement à un livre de souvenirs sur le milieu artistique parisien. Mon père, Lucien, entre à l’école des arts et métiers d’Aix-en-Provence et se prépare à une carrière d’ingénieur.

    Survient la guerre de 1914. Mobilisé tout d’abord dans son école pour la fabrication de matériel de guerre, il est appelé sous les drapeaux en 1916 et part comme estafette sur le front de l’Yser, près de la frontière belge 1.

    Les familles Marter et Tubiana, liées par un cousinage, se fréquentent.

    Marcelle Tubiana, l’aînée, commence à être sollicitée par des prétendants et à être pressée de donner enfin son agrément à l’un d’eux. Lucien, secrètement amoureux, encourage ses parents à demander la main de celle qu’il aime. Marcelle, consultée par ses parents elle aussi, exprime sa préférence envers son cousin.

    Des fiançailles discrètes ont lieu : l’époque, marquée par le conflit franco-allemand de la Première Guerre mondiale, n’est pas à la fête. Je trouve encore des traces de leur tendre amour dans des cartes à dentelle, qu’ils s’envoyaient lorsque Lucien était au front.

    En 1918, mon père est démobilisé. Engagé vis-à-vis de sa fiancée et éprouvé par son séjour au front, il renonce à reprendre ses études. Il se marie donc en janvier 1920 et épouse Marcelle, qui vient de perdre son père, André Tubiana. De cette union naissent trois enfants : André (qui porte le nom de son grand-père défunt), René, et enfin Denise Rachel, qui a décidé d’écrire l’histoire de la famille Marter-Tubiana, tellement ébranlée par la Shoah, afin que ses descendants puissent la connaître et la pérenniser à travers les générations futures.

    La nouvelle alliance

    C’est celle conclue entre ma grand-mère maternelle, Clémentine, et mon grand-père paternel, Achille, devenus veufs, et qui décident, surtout sur les instances d’Achille, de se marier en seconde noce.

    Étant donné leur âge, leur union restera sans enfants. Heureusement, car la famille, en raison de nombreux cousinages, est assez complexe comme cela ! Mais ce mariage alimentera les conversations avec les neveux qui, poussés par la curiosité, s’amuseront beaucoup de nos explications, celles de tante Reine, puis de la Zia 2 Mimi, celles de Simone Turjman-Taillefer, ma cousine, et enfin celles de Janine et de Denise, qui ont conservé les photos de famille et l’arbre généalogique.

    à suivre la semaine prochaine…1. Célèbre bataille au cours de laquelle les armées belges et alliées parvinrent à arrêter les Allemands, en octobre et novembre 1914.

    2. Zia signifie « tante » en italien.

    Témoignage livré en 2008.

    À mes parents, afin que ce livre devienne la sépulture qu’ils n’ont jamais pu recevoir.

  • Marseille se souvient de sa Libération, 82 ans après

    Marseille se souvient de sa Libération, 82 ans après

    Vives émotions et souvenirs poignants, ce dimanche matin au pied de l’emblématique char Jeanne d’Arc, sur la place du Colonel Edon à Marseille, pour la commémoration du 82e anniversaire de la Libération de la ville.

    Anciens combattants de l’armée française, jeunes porteurs de drapeaux, cadets des marins-pompiers, élus municipaux, sénateurs, députés ou encore représentants de l’État ont tous rendu hommage « aux courageux libérateurs de Marseille ». Le Chant des partisans comme la Marseillaise ont accompagné les dépôts de gerbes devant le véhicule blindé qui symbolise les sacrifices des différents régiments de tirailleurs algériens, des tabors marocains et des forces de la Résistance pour la Libération du joug nazi.

    Avant une lecture de l’historique des combats pour libérer la ville par Elyah Étienne, élève de l’école des porte-drapeaux de Marseille. Une manière de se replonger dans la journée du 28 août 1944. « C’est important d’être là pour rappeler ce qu’a coûté la Libération de la ville et du pays », insiste Anthony Gonçalves, adjoint communiste au maire de Marseille en charge de la santé.

    « Une résonance particulière »

    Il dénonce surtout la présence de plusieurs élus du Rassemblement national à la cérémonie : « On ne doit pas s’habituer à la présence d’élus d’un parti qui a été fondé par les héritiers de ceux qui ont été battus ce jour-là. Ils ne sont pas et ne seront jamais les bienvenus dans ces cérémonies. »

    Avant de conclure sur le caractère inhabituel de cette commémoration au regard de l’élection présidentielle à venir : « Plus que jamais, cette cérémonie a une résonance particulière. On ne peut pas s’empêcher de penser à la prochaine échéance électorale », avec une extrême droite en embuscade, et encore un combat de haute lutte à mener.

  • [C’est l’été] Des cabanons plein de souvenirs, au marché d’été

    [C’est l’été] Des cabanons plein de souvenirs, au marché d’été

    « On vend jusqu’à 200 bracelets sur mesure par jour. C’est toujours super agréable d’échanger avec les touristes, on leur donne les bons endroits où aller à Marseille. On ne sent pas le temps qui passe ! » , raconte Maria, qui travaille au marché d’été sur le Vieux-Port, pour aider Yohan, patron du cabanon. « On a beaucoup de touristes espagnols, italiens, allemands et des États-Unis », ajoute-t-elle. Le marché sur le Vieux-Port est un lieu où se croisent touristes français, visiteurs étrangers et Marseillais. Ils viennent pour acheter un souvenir ou faire passer le temps avant de prendre un bateau ou le bus.

    À la droite de l’ombrière, une trentaine de cabanons blancs se succèdent, composant une allée. « Notre stand est magnifique, je suis contente que les gens viennent goûter la vraie panisse du cabanon de l’Estaque. Les soirs de week-end, je fais aussi des chichis ! », explique Sandrine, qui remplace sa fille Elma qui d’habitude tient le stand. Elles proposent aussi des sandwichs « avec des produits locaux » et « l’aïoli de mémé Jolie », la mère de Sandrine.

    Des produits locaux

    José est venu de la capitale espagnole avec ses deux fils et sa femme pour visiter la ville. « Il fallait qu’on achète du savon de Marseille avant de partir, c’est important de soutenir les producteurs locaux et puis ça fait plaisir à ma femme, c’est tout ce qui compte ! », dit-il en rigolant. Il vient de quitter le cabanon de Stéphane et Sandrine qui vendent des savons de Marseille, « fabriqué par une petite entreprise familiale ». Ils sont présents sur le vieux port depuis 2009. « On a encore des clients étrangers, mais depuis que le lieu d’accostage des bateaux de croisière a changé, on en a perdu beaucoup », glisse Sandrine.

    « C’est mon troisième été ici, on se connaît pratiquement tous entre commerçants, il y a une bonne ambiance, c’est agréable », dit Vanya en souriant. Elle propose des bracelets, boucles d’oreilles et « je fais moi-même des vêtements colorés pour l’été ». Deux petites filles lui achètent des bracelets. L’une d’entre elles en choisit un avec un poisson qu’elle enfile directement au poignet et s’en va le sourire aux lèvres.

    Gabrielle Cartellier

  • [Entretien] Farida Benaouda : « Partir en vacances ne doit pas être un privilège »

    [Entretien] Farida Benaouda : « Partir en vacances ne doit pas être un privilège »

    La Marseillaise : Quel est le sens de cette visite ?

    Farida Benaouda : Je suis venue ici pour mettre des mots, mettre des visages, voir des sourires, voir le regard que ces petits marseillais ont pendant ces « Vacances pour tous ». C’était important de venir à la rencontre des animateurs, des organisateurs, ces grands frères et grandes sœurs, qui travaillent toute l’année sans relâche pour essayer de donner aux enfants une première baignade dans un lac, des premières veillées, une première fois à la montagne… Et leur dire que la Ville de Marseille a été là pour porter ce projet. Car le maire, Benoît Payan, a maintenu le cap, malgré un contexte de restrictions budgétaires. Quand on regarde sur ce volet : en 2021 on était sur une enveloppe de 150 000 euros pour ce dispositif. Aujourd’hui, en 2026, on est sur 750 000 euros. D’autant que cette année, ça a été très difficile, parce que l’État s’est totalement désengagé de plusieurs dispositifs. Mais nous avons fait le choix de maintenir le budget, car on maintient surtout le départ de plus de 1 600 gamins. Ce ne sont pas des chiffres : ce sont des enfants qui vont pouvoir partir en vacances grâce aux « Vacances pour tous », qui vont se créer des souvenirs.

    En quoi ce dispositif permet un coût minime pour les familles ?

    F.B. : Il y a une participation d’un euro à 10 euros par enfant et par jour, en fonction du quotient familial. On essaie toujours de tabler sur le minimum pour les familles. Et ce, pour essayer de faciliter les départs. Il faut se dire que partir en vacances, ce ne doit pas être un privilège. On ne veut pas que les petits marseillais découvrent des vacances à travers des livres, ou à la télé, ou derrière un smartphone, il faut vraiment qu’ils arrivent à vivre ces vacances-là, à vivre cette expérience. Quand on retrouve des enfants qui reviennent de ces colonies et qui savent faire leur lit, alors qu’avant, c’était la maman ou le papa, qui s’en occupait, on a gagné quelque chose. « Les Vacances pour tous », ce n’est vraiment pas un dispositif banal.

    90 ans après le Front Populaire et les premiers congés payés, il faut sanctuariser ce droit aux vacances pour les enfants ?

    F.B. : Évidemment. On se bat pour maintenir ce dispositif, pour le développer. On est d’ailleurs en pleine discussion avec la CAF pour un engagement plus important et ainsi faire partir encore plus d’enfants. Ils partent d’ailleurs de différents quartiers de Marseille, ils ont tous une histoire et viennent de paysages différents, il y a une mixité, à l’image de la ville… Ces enfants et ces jeunes vivent des choses qu’ils ne pourraient pas forcément vivre à Marseille. J’ai discuté avec une petite de 8 ans, c’était sa première randonnée, sa première baignade dans un lac, sa première découverte de la montagne. Elle a découvert une autre vie. Quelque part, ils écrivent un chapitre de leur vie. L’avenir est à travers eux, si on veut rééquilibrer la ville et décloisonner les frontières qui ont été érigées pendant trop longtemps, ça sera grâce à eux. L’équité dans la vie part aussi de là : des vacances. C’est pour cela qu’on aimerait développer encore plus ce dispositif et que l’on va tout faire pour. On souhaiterait ouvrir le catalogue de manière plus large, et peut-être doubler le nombre d’enfants qui partent…

    Quelle importance ont ces colonies dans la vie des enfants ?

    F.B. : Là on n’est plus sur des lignes budgétaires, on est sur la vie en immersion, de comment c’est vécu, et aussi comment ils vivent ça, qu’est-ce qu’ils en ont gardé, quel a été le souvenir le plus marquant, comment ils ont préparé ces vacances…. Parce qu’il y a l’avant, le pendant et le après, et quand on discute avec ces jeunes, ils n’ont pas envie de rentrer chez eux, ils ont envie de prolonger leurs vacances, et nous, on est aussi là pour essayer de récupérer une petite partie de leur histoire, de leurs vacances. Car ce sont ces vacances-là qui vont se retrouver marquées dans leur mémoire à tout jamais. Une colo ce n’est pas juste partir et avoir une semaine de vacances, une colonie c’est vivre en collectivité, c’est l’apprentissage, c’est justement les règles qu’on doit aussi respecter, et c’est grandir, c’est changer, c’est être autonome, c’est tout ça. Ils partent avec une valise qui est pleine de souvenirs, et aussi un petit déclic qui se fait pour chacun d’entre eux.

    Quelle analyse de ce désengagement de l’État ?

    F.B. : C’est un signal très négatif. On s’y attendait un petit peu mais pas à ce point. Ce désengagement a mis un coup à beaucoup de structures. Il faut faire comprendre que les colonies, ce n’est pas juste des chiffres mais bien des moments de vie. Pour certaines familles, les enfants ne pourraient pas partir sans ces dispositifs.

  • Des colos dans les Alpes pour les minots marseillais

    Des colos dans les Alpes pour les minots marseillais

    Quand Farida Benaouda, conseillère municipale déléguée aux Vacances pour tous à la Ville de Marseille, passe la porte du chalet de l’association Contact Club, situé à Réallon au cœur des Hautes-Alpes, elle découvre une quinzaine de minots qui ont des étoiles plein les yeux et des sourires jusqu’aux oreilles. « Moi c’est la première fois que je fais une colo. Je n’étais jamais venu dans les montagnes ! On a fait une randonnée on est partis dans une rivière très froide… Ça a fait du bien », lance un minot de 12 ans.

    À peine les présentations faites, les questions fusent entre l’élue et la petite équipe : Évènement marquant de la semaine, activités incontournables, découverte de la montagne… Il faut dire que leurs journées ont été bien chargées au cœur du magnifique Parc national des Écrins : visite et jeu de piste au fort de Briançon, randonnées, jeux aquatiques au plan d’eau du coin, soirée feu d’artifice et visionnage de film le soir… C’est d’ailleurs le débrief du film Billy Elliot qui les occupe ce matin. L’occasion pour les animateurs, Lyes et Tom, d’aborder des sujets pas forcément simples à appréhender pour des jeunes de cet âge… Mais l’équipe du Contact Club sait manier le fond et la forme avec finesse. Et pour cause : 80% des animateurs sont passés par la structure.

    Une première pour les minots comme pour l’élue

    On comprend mieux pourquoi la colonie fait partie intégrante du village : les voisins saluent avec plaisir les minots, rendent service à la structure et inversement. Une fois la discussion à bâton rompu finie, place à la préparation du repas. Diakité, qui rentre au lycée en septembre et habitué des colos avec la structure, enfile sa charlotte avec plaisir et passe aux fourneaux pour préparer le plat du jour.

    Car l’organisation des tâches ménagères est aussi « une forme d’éducation populaire » avec des groupes qui tournent selon les jours : plonge, cuisine, rangement… Farida Benaouda tient à leur passer ce message : « Le Maire de Marseille, Benoît Payan, est fier d’appuyer le dispositif. Comptez sur nous pour faire mieux et plus pour aider la jeunesse marseillaise à se faire des souvenirs ! ». C’est une première qu’une élue de la Ville aille directement sur les lieux de vacances des minots marseillais qui partent dans le cadre des « Vacances pour tous ». Les jeunes la remercient chaudement et elle repart sous leurs coucous enthousiastes, en direction d’une autre colonie…

    À Pont-du-Fossé, elle rencontre cette fois l’équipe de l’Agamfa qui s’occupe d’une quinzaine de minots âgés de 7 à 11 ans, la plupart venant du centre aéré des Flamants mais aussi d’autres quartiers de Marseille comme La Busserine ou la copropriété du Mail. Hasard du calendrier, ou pas, ils profitent du festival L’écho des mots à Saint-Jean-Saint-Nicolas qui propose justement une myriade d’activités pour petits et grands. Là encore, la montagne et les produits locaux ont fait leurs effets sur les petiots. Quand l’élue demande s’ils sont satisfaits du séjour, les réponses sont unanimes : « Je ne veux pas rentrer demain ! », « On veut revenir l’année prochaine et avec les mêmes animateurs ! ». Najib, le directeur de la colo, court à droite et à gauche pour s’occuper des petits mais confirme : « Ils se régalent ! ». Farida Benaouda insiste : « Vous vous faites des souvenirs pour la vie ! ».

    L’élue achève sa visite marathon avec le centre de vacances Les Jonquilles à Saint-Julien-en-Champsaur. Avec là encore des sourires par dizaines et des minots plus que ravis du cadre et des animations proposées par la structure Aroéven.

    Les petits sortent de la douche et se préparent avec impatience pour la boum de fin de séjour… De quoi revenir à Marseille avec des histoires à raconter et des souvenirs plein la tête.

  • Un projet de musée sur la Seconde Guerre dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Un projet de musée sur la Seconde Guerre dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Soutenir les militaires blessés, les familles des combattants tués, et cultiver le souvenir des résistants décédés : tels sont les objectifs de la maison du combattant, créée début juin dans les Alpes-de-Haute-Provence, et présidée par Patrick Agli, lui-même ancien militaire, notamment au Liban.

    Depuis sa création, l’association s’est rapprochée de la mairie de Peipin, qui l’avait contactée pour redorer la tombe abandonnée de Marius Méyère, un résistant né dans le village et mort pour la France, abattu par des Allemands en 1944. Le maire de Peipin a ensuite proposé à la maison du combattant de s’installer dans les locaux de l’ancienne mairie, mesure qui doit encore être votée en conseil municipal. Après avoir rénové et remis en état le bâtiment, les membres de l’association ont pour projet d’y installer le premier musée du département consacré à la Seconde Guerre mondiale. La maison du combattant devrait signer un bail de 10 ans.

    « L’objectif serait de pérenniser le devoir de mémoire en s’adressant aux jeunes. Il faut que l’on suscite la curiosité des enfants », explique Patrick Agli. Son association compte sur les subventions de l’État ou encore de financeurs privés pour ce projet. Le bâtiment de 200 mètres carrés pourra également servir à « héberger certaines associations partenaires », avance le président de la maison du combattant, qui n’a pour l’instant pas de locaux, mais est domiciliée à Sisteron.

    Un maillage

    sur tout le département

    L’association compte déjà une quarantaine d’adhérents, et trois vice-présidents. Elle espère en recruter deux nouveaux pour avoir « un maillage complet » sur le département. Parmi les trois existants, Hubert Tassel, ancien colonel chasseur alpin, historien et chercheur ubayen, a récemment été enrôlé.

    L’association souhaite également organiser des conférences avec divers intervenants, et répertorier les sites ayant facilité le débarquement de Provence. « Le département, communiste à l’époque, fourmillait de maquisards, c’était l’un des plus actifs », avance Patrick Agli. Les membres du bureau ont déjà rencontré les élus de plusieurs mairies, comme celles de Sisteron et de Mison.

  • Le club des 60 pour « Nénette » l’éternel

    Le club des 60 pour « Nénette » l’éternel

    Il suffit de quelques secondes pour retrouver l’une des coqueluches de cette 65e édition du Mondial La Marseillaise. Vêtu d’un T-Shirt bleu avec l’inscription « La 60e de Nénette », Yves Garcès, alias Nénette, a quitté son fauteuil pour l’occasion. « Je suis un peu estropié maintenant », raconte celui qui a disputé sa 60e édition du Mondial La Marseillaise. Il se souvient de sa première en 1966, à seulement 16 ans. « Je n’avais pas le permis, je jouais avec un monsieur qui est décédé depuis. Il m’amenait en voiture. » À 76 ans, Yves habite à Mèze, dans l’Hérault mais a loué « un petit appartement à quelques minutes du Parc Borély ».

    « Le plus beau concours

    du monde »

    Sous le regard souriant de sa femme qui l’observe, Yves déballe ses souvenirs avec beaucoup de nostalgie. Il se souvient d’une édition, son meilleur résultat : « Ce fameux mardi, je jouais avec un ami très cher qui est décédé. Il m’a fait croire toute la nuit qu’il serait possiblement absent le lendemain. Pour une fois que j’étais qualifié le mardi… Finalement, on a joué le matin, et on a perdu. » Nénette, qui doit son surnom à un diminutif choisi par son grand-père pendant la Première Guerre Mondiale, reconnaît volontiers que le Mondial a changé depuis sa première participation. Sans perdre sa saveur d’antan : « Tu te régales tous les ans avec les gens que tu rencontres. Même si on perd, on va boire un petit pastis à la guinguette. C’est un beau concours, le plus beau du monde, je pense ». Lui postule pour le titre du joueur le plus fidèle au Mondial.

  • Marco Foyot : « J’ai tissé une véritable histoire d’amour avec La Marseillaise »

    Marco Foyot : « J’ai tissé une véritable histoire d’amour avec La Marseillaise »

    La Marseillaise : Avec six victoires, vous êtes toujours à une longueur d’Albert Pisapia. Croyez-vous toujours à une septième étoile ?

    Marco Foyot : J’ai déjà raté le coche en 2020, avec Rocher et Robineau, face à la belle équipe de Puccinelli, Renaud et Montoro. Sur celle-là, on avait vraiment une opportunité. C’était ma septième finale, et je ne vais pas me plaindre : j’en ai joué beaucoup. J’ai disputé 15 finales de championnat de France, pour 7 victoires et 8 défaites. J’ai aussi atteint plusieurs demi-finales et quarts de finale, ce qui montre une certaine régularité au plus haut niveau. Au total, je suis entré environ 17 fois dans le dernier carré. Il y avait sans doute de quoi aller chercher une étoile de plus. Cette saison, je repars avec Sissou Cantarell, que je considère comme un petit frère, et Jérémy Fernandez, un joueur que j’apprécie énormément. À moi de faire le travail. Physiquement, j’ai eu quelques soucis, notamment au dos et aux genoux, ce qui rend certaines positions plus compliquées, surtout pour se baisser. Mais la motivation est toujours là. Je continue à marcher, à m’entretenir, même si avec l’âge, tout devient un peu plus exigeant : les boules paraissent plus basses et plus lourdes aussi, forcément, avec le temps.

    Vous faites profiter votre grande expérience aux jeunes de la Boule Aixoise. Quel est le secret pour être un bon coach ?

    M.F. : Mon savoir, je le transmets surtout dans les moments difficiles. Quand ça se passe mal, j’essaie d’expliquer pourquoi, et d’apprendre à jouer aussi dans la perte. Quand tu gagnes 13-0 ou 13-2, c’est facile, il n’y a pas grand-chose à dire. Mais c’est dans les situations compliquées qu’il faut comprendre le « pourquoi du comment ». Cela me renvoie souvent à des flash-back avec mon père, dans les années 1966. J’avais 13 ou 14 ans, je jouais avec mes copains à Meaux, en Seine-et-Marne, au sein du club du Cochonnet Meldois, dont mon père était président, dans le quartier du Parc Frot. C’était un environnement très populaire, avec beaucoup de jeunes, notamment des enfants de familles pieds-noirs. Nous étions parfois 40 ou 50 gamins. C’est mon père qui m’a tout appris, avec exigence et rigueur. Il était dur, mais formateur. Et aujourd’hui, si je peux transmettre à mon tour, à tous les niveaux, c’est aussi pour ça que je fais des stages. J’aime enseigner la pétanque, prendre le temps d’expliquer. Lors de mon dernier stage, par exemple, il y avait 35 personnes dont 9 femmes, et j’accorde une attention particulière à chacun. On ne s’adresse pas à une femme comme à un homme, ni à un adulte comme à un enfant : il faut adapter sa pédagogie. C’est aussi ce qui me plaît. Avec le temps, le regard des autres a aussi évolué. On m’a longtemps mal perçu, peut-être 75% de personnes qui ne m’aimaient pas ou que je dérangeais. Puis c’est devenu plus équilibré, et aujourd’hui, je pense que 90% des gens sont en accord avec moi. Les 10% restants sont souvent des jalousies ou des critiques sans importance. De mon côté, je m’en détache. L’essentiel, c’est de transmettre, d’être en phase avec les personnes que j’apprécie et de continuer à enseigner la pétanque avec la même passion, mais avec davantage de recul et de sérénité.

    Après cinquante ans de carrière, parvenez-vous à continuer à avancer dans le présent et à ne pas rester prisonnier du passé ?

    M.F. : J’ai eu la chance, au fil de ma carrière, de jouer dans quasiment tous les carrés d’honneur des grands rendez-vous. Je n’ai pas connu les toutes premières éditions au stade Vélodrome – à l’époque j’étais encore trop jeune – mais j’ai participé à de nombreuses finales marquantes. J’ai notamment joué à l’Huveaune, au Mucem, sur la barge face à l’hôtel de ville, ou encore au stade du parc Borély. Avant cela, en 1974, ma première grande victoire se fait au Skating, dans une ambiance très particulière, avec les carrés d’honneur installés au Blockhaus. J’ai aussi connu le Prado et d’autres grands lieux emblématiques. J’ai également joué avec Passo et Jojo (Farré), avec une demi-finale à la clé. Toutes ces expériences m’ont permis de traverser différentes époques de la pétanque et de ses grands événements. Aujourd’hui encore, je mesure le chemin parcouru, notamment avec ce qui a été mis en place ces dernières années, grâce à des personnes comme Pierre Guille, et surtout Michel Montana, qui a compté énormément pour moi. C’est quelqu’un qui fait partie de mon histoire. À chaque fois que j’entends son nom, il y a de l’émotion. J’ai tissé une véritable histoire d’amour avec La Marseillaise.

    Le sport a tant changé pour vous ?

    M.F. : La pétanque de haut niveau a beaucoup évolué. Par exemple, en tant que consultant pour TV Monaco sur les Masters, j’ai pu voir de très belles parties, notamment Quintais, Lacroix, Suchaud contre Rocher, Rizzi et Puccinelli. Le niveau reste très élevé. Mais ce qui me manque aujourd’hui, c’est l’ambiance d’autrefois : les grands carrés d’honneur, la Marseillaise, les spectateurs installés avec leurs fauteuils, à écouter les joueurs. Pour moi, la pétanque, c’était presque du théâtre : une triplette, des spectateurs autour, une véritable pièce vivante. Aujourd’hui, cette dimension est beaucoup plus encadrée, voire supprimée. Avec Fazzino, on plaisante souvent en disant qu’on est devenus les « rock’n’roll men » en écopant de cartons de toutes les couleurs… jaunes, bleus, rouges, on ne peut presque plus jouer. Même le temps de jeu a changé : une minute par coup, parfois vingt secondes seulement. Quand je dis aux arbitres que, pour les anciens, il faudrait un peu plus de temps, ils en rient… mais pas toujours. Moi, j’ai de l’humour, j’aime bien mettre un peu les arbitres en scène, mais ce n’est plus vraiment possible aujourd’hui. L’arbitre te dit « 20 secondes », et tu pars avec ça même en rentrant chez toi. J’ai connu une époque où les arbitres avaient un mètre, aujourd’hui, ils ont des chronomètres. C’est un autre monde.

    La pétanque est devenue un sport plus strict, au niveau de son règlement notamment…

    M.F. : Pour moi, on n’est pas sur la bonne voie. Les meilleurs arbitres que j’ai connus, comme Jean-Luc Fuentes ou Roland Armand, avaient une vraie intelligence du jeu. Ils te prévenaient, ils expliquaient les choses. Un bon arbitre doit être transparent dans une partie. S’il voit que tu traînes, que tu n’es pas dans le rond ou que tu fais une erreur, il intervient au début, il pose le cadre, il explique : « voilà la situation, voilà les règles, attention à ça ». Ça, ce sont de bons arbitres. À l’inverse, l’arbitre qui reste les bras croisés derrière toi, à surveiller le moindre geste, les millimètres de pied ou le moindre détail, ça ne correspond pas à l’esprit de la pétanque. À mon sens, la pétanque doit rester entre les mains des joueurs. La fédération a évidemment son rôle, puisqu’elle représente tous les licenciés. Mais on constate une baisse des licences. La pétanque loisir reste très vivante le week-end, les gens continuent à s’amuser, mais ils sont de moins en moins nombreux à prendre une licence.

    Comment faire, selon vous, pour inciter les jeunes à se mettre à la pétanque ?

    M.F. : Avec mes idées, qui viennent aussi de ce que m’a transmis mon père, je reste convaincu d’une chose : il faut aller chercher les jeunes là où ils sont. À une époque, il y a cinquante ou soixante ans, on allait naturellement vers eux, dans les quartiers, dans la vie de tous les jours. Aujourd’hui, la société est plus compliquée, il y a des tensions, des dérives et il faut proposer autre chose. La pétanque peut jouer ce rôle : offrir une alternative, un cadre, une activité simple avec trois boules, mais qui peut apporter du plaisir, de la fierté et parfois même un petit revenu honnête. L’idée, c’est d’ouvrir la pétanque aux jeunes, de leur donner une activité, une passion, plutôt que de les laisser basculer dans d’autres logiques. Aller vers eux, leur expliquer, les impliquer. C’est, pour moi, un vrai rôle social que notre discipline peut encore jouer.