À un mois des élections (15 et 22 mars), la Ville de Marseille peaufine l’organisation du double scrutin mairie centrale / mairie de secteur, imposé par la réforme de la loi PLM afin d’élire directement le maire. Ce défi logistique et humain n’est pas une nouveauté puisqu’en 2021, régionales et départementales s’étaient tenues concomitamment. Cette première pour des municipales nécessite toutefois un effort pédagogique.
« Le but est d’avoir un flux régulé dans l’accès aux bureaux pour que les électeurs ne se sentent pas perdus et de garantir la sérénité du vote », explique Marylène Caire, directrice du pôle élections et état civil de la Ville. Elle présentait jeudi le dispositif dans un bureau de vote factice avec Sophie Roque (PS), adjointe chargée de l’état civil. Première nouveauté, un secrétaire adjoint, sorte d’agent d’accueil, sera présent autour de chaque bureau pour vérifier l’inscription, orienter les électeurs dans une file hors du bureau et rappeler les modalités de vote.
À l’intérieur, l’électeur suivra « deux parcours dissociés », organisés autour d’isoloirs en marguerite suivant la règle d’un pour 300 inscrits. Le premier sera dédié au vote pour la mairie centrale (111 conseillers municipaux). Il se fera dans une enveloppe couleur kraft de manière classique : prise de bulletin (deux minimums), passage par l’isoloir, vérification d’identité devant l’urne, vote, émargement et tampon sur la carte d’électeur qui « n’est pas obligatoire pour voter », rappelle Marylène Caire.
Dans la foulée et la même pièce, le second circuit conduira vers l’urne de la mairie de secteur (25 à 53 conseillers d’arrondissements), suivant la même procédure. Seule l’enveloppe (bleue) sera différente, « pour un maximum de clarté », insiste-t-elle évoquant de l’affichage et un balisage empêchant de prendre tous les bulletins en une fois. « Pour cela, il faudrait s’insérer dans un schéma de circulation qui ne sera pas naturel », reprend la directrice, soulignant le rôle du secrétaire adjoint à l’entrée.
« Ce choix des deux urnes dans une pièce, permet un vote fluide et évite les déperditions. L’électeur engagé dans le vote, le poursuit plus naturellement que s’il doit changer de salle. C’est du confort, on le met dans les meilleures conditions pour qu’il exerce son vote sans être contraint, sans se dire : je ne vais pas voter sur le deuxième scrutin parce que je dois refaire la queue », justifie Sophie Roques.
Pour y arriver, onze bureaux ont été délocalisés dans de nouvelles écoles, quatre l’ont été pour un accès PMR et quatre autres par manque de place. Un seul bureau aura deux pièces distinctes. Une communication est prévue à destination des 40 000 électeurs concernés. Pour assurer cette mécanique, la municipalité devra aussi mobiliser. 555 000 électeurs sont attendus dans ses 497 bureaux. À la tête de chacun, la Ville a choisi de ne placer qu’un président, en général un des 303 élus de la ville. S’y ajoutent pour chaque urne, deux secrétaires et deux assesseurs minimums, ces derniers étant désignés par les candidats. Charge à la municipalité de combler les manques. Pour cela, elle est prête à mobiliser 3 000 agents dont ces fameux secrétaires adjoints. Depuis décembre, des fonctionnaires de catégorie B et C se forment donc au code électoral et aux spécificités de ce scrutin. L’effort financier est aussi conséquent. Pour un agent, la rémunération est de 450 euros pour un président, 400 pour un secrétaire et 300 pour un secrétaire adjoint. La ville table sur une hausse de 25% du montant (1,8 million habituellement), dont 835 000 euros par tour en ressources humaines.

