Tag: solutions

  • L’avenir du premier port de France se dessine en débats

    L’avenir du premier port de France se dessine en débats

    Deux thématiques pour une matinée de débats autour de l’avenir du Grand port maritime de Marseille. La première table ronde organisée au siège de La Marseillaise, ce jeudi, s’intitulait « Un port inclusif, au cœur de la ville : comment mieux intégrer le port dans la dynamique métropolitaine et régionale ? » Et la seconde : « Un port propre, moteur de la transition énergétique : comment accélérer la décarbonation des activités portuaires ? »

    L’occasion de réunir des représentants du Port, des collectivités et des acteurs économiques pour croiser leurs point de vue – et parfois – confronter leurs approches.

    Sur le rapport ville/port, Hervé Martel, président du directoire du GPMM, ne nie pas une histoire tourmentée, mais souligne les efforts accomplis pour que « l’activité portuaire génératrice d’emplois et de valeur reste dans la ville ». Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT GPMM, rappelle qu’ « on a un taux de chômage très important, aujourd’hui les choses ont changé, la Ville a compris qu’on ne peut pas continuer à s’opposer. Le port, c’est 17 500 emplois à Marseille. On porte l’idée d’une école des métiers de la mer pour former la jeunesse marseillaise ».

    Vers un contrat ville/port ?

    Christine Cabau-Woehrel, vice-présidente exécutive de CMA CGM et ancienne directrice du Port, insiste sur la vocation portuaire de Marseille et ses atouts géographiques et industriels, dont la forme 10 de la réparation navale que « bien des ports nous envient ». « Il faut capitaliser sur cette situation plutôt que de tenter de changer c’est la conviction de CMA CGM », qui est opérateur de terminal sur les bassins Est depuis 30 ans.

    Jean-Pierre Cochet (PS), adjoint au maire de Marseille, réaffirme « la centralité de la dimension industrielle du port de Marseille » et souhaite aller plus loin que la charte ville-port, signée en 2012, vers un « contrat avec les différents partenaires sur le modèle des contrats de plan État-Région pour des objectifs communs, notamment en matière de formation et d’infrastructure de transports ».

    Une idée plutôt bien accueillie par Didier réault (LR), vice-président de la Métropole, qui appelle à « faire de la couture ville/port » notamment en aidant à aménager le port de l’Estaque dans une ville « où l’accès à la mer est assez compliqué ». Christophe Madrolle (UDE), élu régional, voit le débat comme « le premier des municipales ». Reprochant au maire de Marseille de ne pas siéger suffisamment au conseil de surveillance du port, il déclenche des escarmouches dans le public avec des interventions de Romain Simmarano (Ren.), Sophie Camard (GRS) et Lydia Frentzel (EELV).

    Le sénateur Jérémy Bacchi (PCF), quant à lui, veut rompre avec une approche défensive du débat : « On parle d’acceptabilité, mais la ville s’est construite autour du port », martèle-t-il tout en dénonçant les appétits immobiliers cherchant à faire régresser les activités portuaires qui sont pour lui « un vrai horizon d’avenir pour les jeunes de Marseille ».

    Au cœur de la deuxième table qui réunissait Patrick Maddalone (GPMM), Olivier Cebé (CCI), Laurent Barlet (Suez), Julien Fieschi (La Méridionale) et Pierre-Antoine Villanova (Corsica Linea), les enjeux de décarbonation, de valorisation des déchets et de sobriété des activités portuaires ont été abordés en profondeur.

    Les actes de cette matinée d’échanges seront bientôt publiés pour mettre à disposition de ceux qui le souhaitent, un compte rendu exhaustif des différentes interventions.

  • COP30 : un sommet sous le signe de l’urgence

    COP30 : un sommet sous le signe de l’urgence

    Alors que deux semaines de négociations s’ouvrent ce lundi 10 novembre à l’occasion de la COP30, à Belém, au Brésil, le « sommet des leaders » organisé en amont, où ont défilé des dizaines de ministres et quelques chefs d’État et de gouvernement, laisse déjà entrevoir des points d’achoppement. Le tout sur fond de climatoscepticisme assumé par certaines puissances parmi les plus gros pollueurs, comme les États-Unis de Trump qui a ouvertement boycotté le rendez-vous. Mais les chiffres sont têtus…

    Les décideurs ont été forcés de réconcilier leurs discours avec le fait que les onze dernières années sont les onze plus chaudes jamais mesurées, selon un rapport de l’ONU publié le 29 octobre. Et pour l’année 2025, de janvier à août, la moyenne était déjà de 1,42 degré au-dessus de la température pré-industrielle, ce qui devrait en faire la 2e ou 3e année la plus chaude de notre histoire, derrière 2024. Une chaleur dont on meurt.

    Selon The Lancet Coutdown 2025, publié également le 29 octobre par la revue médicale britannique éponyme, depuis les années 1990, le nombre de décès liés à la température a grimpé de 63%, atteignant en moyenne 546 000 morts par an entre 2012 et 2021, cite le Réseau action climat France. Soit une hausse de 23% si l’on tient compte de la croissance démographique mondiale. Les événements météorologiques extrêmes, canicules, inondations, tempêtes, et surtout le manque d’adaptation à ces derniers, ont causé au moins 16 000 morts et déplacé plus de 800 000 personnes en 2024.

    L’année 2025 marque aussi les dix ans de l’Accord de Paris, signé par 195 pays, qui posait des objectifs clairs et visiblement partagés, comme le maintien du réchauffement sous la barre des 1,5 degré. Tout le monde s’étant engagé à mettre en œuvre des plans climat plus ambitieux, au plus tard cette année, pour y parvenir.

    Une France pas

    très exemplaire

    Si les dirigeants ont aujourd’hui admis que le monde n’y parviendrait pas, sans pour autant se résigner à 2 degrés, l’autre limite négociée alors, selon les scénarios les plus pessimistes, le réchauffement serait contenu entre 2,6 et 2,8 degrés, contre 4 annoncés avant l’adoption de l’Accord, note néanmoins le réseau action climat France. L’accord « ne suffit pas encore mais il fonctionne », estime l’association Oxfam qui liste également des avancées juridiques comme la reconnaissance du principe de justice climatique ou une certaine prise de conscience ou pour le moins une réorientation du monde de la finance. Avec « des marchés désormais contraints d’intégrer les risques climatiques », qui « réorientent progressivement les investissements vers les énergies renouvelables et les solutions bas carbone ».

    Mais pour le reste, rien n’a vraiment été respecté, relevant d’autant les enjeux de cette COP30. Notamment en termes de financement. Les pays du Nord avaient accepté de mettre au pot 1 300 milliards supplémentaires lors de la COP29 à Bakou, pour convaincre les pays du Sud de mettre aussi la main à la poche. De quoi dégager 300 milliards de dollars par an, en théorie. La France, dont le président Emmanuel Macron s’est plu à positionner en véritable leader climatique, appelant encore ce 6 novembre à « l’action face au fatalisme », a vu stagner ses émissions depuis 2024. « Ses budgets verts sont en baisse et son gouvernement a reculé sur 43 mesures climatiques », pointe Oxfam. Alors que l’examen parlementaire du projet de loi de finances (PLF) 2026 a démarré, le budget du ministère de l’Écologie, de 24 milliards d’euros, s’affiche comme un parent pauvre quand les magistrats de la Cour des comptes ont estimé dans un rapport rendu public en septembre qu’« atteindre la neutralité carbone en 2050 suppose de doubler les investissements actuels d’ici 2030 », soit 110 milliards d’euros supplémentaires.

    Bien qu’emmenée par un Lula volontariste, le président brésilien se pose comme un pont entre Nord et Sud, cette COP30 s’inscrit aussi dans un contexte de fortes tensions entre guerre en Ukraine, éradication du peuple palestinien ou conflits sur les tarifs douaniers. Une atmosphère de crise que les nations vont devoir dépasser…

    Les objectifs de la COP régionale

    Un an après son lancement, les principaux acteurs s’étaient donné rendez-vous à l’hôtel de Région, fin octobre, pour un premier point d’avancement afin de bâtir « un plan régional de transformation énergétique et écologique ambitieux » et « atteignable ». Outre le diagnostic, les protagonistes ont fixé plusieurs enjeux visant à s’adapter au changement climatique : la baisse de la consommation énergétique pour atteindre la neutralité carbone en 2050, une baisse de 10% de la consommation d’eau, le développement d’une économie circulaire ou encore la protection forte d’espaces naturels.

    REPÈRES

    540000

    morts par an entre 2012
    et 2021, victimes d’effets du réchauffement climatique ont été recensés par la revue médicale « The Lancet ».

    2,3%

    d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre… Le monde continue à brûler avec toujours plus de pétrole, de gaz et de charbon en 2024, selon l’ONU.

  • Toulon : une conférence sur le cadmium, métal toxique méconnu mais mortel

    Toulon : une conférence sur le cadmium, métal toxique méconnu mais mortel

    « Lorsqu’on installe un dos-d’âne pour faire ralentir les automobilistes, la voiture libère des microparticules en freinant et en réaccélérant, et donc plus de toxiques dans l’air. » Les mots du Docteur Pierre Souvet mettent le bon sens à l’épreuve. Ce cardiologue de 69 ans à la gouaille charmeuse a fondé l’Association Santé Environnement France (Asef) – dont il est le directeur – en 2008, afin d’alerter sur les dangers quotidiens auxquels nous expose notre environnement. Avec, parfois, comme pour le cas des dos-d’âne, des contradictions entre l’aspect vertueux d’un objet dans un champ (en l’occurrence la sécurité) et sa nocivité (sanitaire) dans un autre.

    Ces facteurs de risque se trouvent partout dans notre environnement (air, eau, sols, nourriture animale comme végétale…) et représentent, selon l’OMS, la principale cause de mortalité avec plus d’un décès sur quatre dans le monde devant le tabagisme. Il faut donc agir, et pas seulement dans les hôpitaux : « Les élus et les acteurs de santé ont un rôle majeur », explique le docteur Souvet.

    Les taux de cadmium doublent

    Cependant, certains partis politiques sont davantage guidés par les logiques industrielles, comme l’illustre la question des particules fines, responsable de 48 000 à 97 000 décès par an en France : « En France, on est à un taux de 25 microgrammes par mètre cube. L’OMS préconise 5 pour diminuer 80% des pathologies cardio-vasculaires et respiratoires liées aux particules. L’Europe a décidé de s’aligner à 10, et un parti français [le RN, Ndlr] a voté contre », déplore le docteur.

    Mais Pierre Souvet ne se dit « ni optimiste, ni pessimiste, mais déterminé ». En mai, il a transmis, avec des confrères, une lettre au Premier ministre pour l’alerter sur l’explosion des contaminations au cadmium, un métal toxique naturellement présent dans notre environnement, mais dont la concentration est favorisée par les activités industrielles, et surtout agricoles, via l’épandage d’engrains minéraux phosphatés. Entre 2006 et 2014, la contamination des Français à cette molécule hautement cancérigène a doublé, selon l’OMS, passant de 0.29 microgramme/g de créatinine à 0.57, prenant une part croissante dans l’incidence des 483 000 nouveaux cancers par an diagnostiqués dans le pays. La durée de sa demi-vie étant de 18 à 30 ans.

    Un sujet méconnu, que le cardiologue explicitera mercredi prochain, à 19h30, à l’Espace Neptune, lors d’une conférence coorganisée avec la Communauté professionnelle territoriale de santé Toulon Littoral intitulée « Comment protéger ma santé des pollutions du quotidien ? » qui s’inscrit dans un paradigme de justice sociale défendu par Pierre Souvet, car « ce sont toujours les plus favorisés qui peuvent prendre soin de leur santé, et cela, un médecin ne peut pas l’accepter », conclut-il.

    Conférence gratuite. Infos au 06.08.15.25.15

  • Les acteurs de la protection de l’enfance en souffrance

    Les acteurs de la protection de l’enfance en souffrance

    « On nous tient par l’humain… » Réunies au sein du collectif Alerte protection enfance 13 créé à la mi-septembre, une quinzaine d’associations de la protection de l’enfance, soit 70 à 80% des associations spécialisées du département, tirent la sonnette d’alarme dans un communiqué cinglant.

    Enfants sans solution, professionnels qui craquent, unités qui ferment… Ils alertent sur une situation catastrophique. « Nous avons dépassé le point de non-retour », nous confie un représentant de l’association Les Dames de la Providence. Une institution dont le siège est installé à Pont-de-Vivaux, à Marseille (10e) depuis 190 ans et qui suit quelque 300 enfants. Il raconte les prises de décisions unilatérales du Département. Où le sort d’un enfant, malgré une décision du juge de poursuivre son accompagnement, se règle en deux jours au motif qu’il n’y a plus de financement. Ou encore ces deux minots qui ont terrorisé toute une unité, entraînant une fugue générale, mais qu’on « ne savait pas où mettre ».

    À ses côtés, un représentant de l’association Serena embraye, témoignant de sa difficulté à opposer un refus à la direction du service de la protection de l’enfance, qui imposait de prendre un mineur soupçonné de viol sur une gamine justement hébergée dans les murs. « Auteurs ou victimes, ces enfants sont en danger, il faut nous faire confiance, entendre notre expérience pour trouver des solutions », analyse-t-il. Depuis 2023, date à laquelle a été rendu le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, qui pointait les lacunes du conseil départemental sur l’Aide sociale à l’enfance (ASE), « la situation s’est dégradée », considèrent les associatifs. « Au mépris du Code de l’action sociale et des familles, les décisions se prennent avant les commissions, nous sommes considérés comme des prestataires et non des partenaires », constate un représentant de l’association Serena, « on nous demande de gérer des flux, des places ».

    Un budget en hausse

    Conscients des contraintes budgétaires, les membres du collectif estiment que la protection de l’enfance résulte aussi d’un choix politique et réclament une ligne claire. « On est capable de s’adapter, nous sommes forces de proposition », assurent-ils. En attendant, la baisse du financement ajoute au manque d’attractivité du métier d’éducateur et les arrêts maladie vont croissant. « On a du mal à recruter pour répondre aux besoins et paradoxalement, faute de moyens, on peut être amené à licencier », résume un directeur. Pour briser ce « cercle vicieux », le collectif a interpellé par lettre la présidente du Département, Martine Vassal (DVD), le 21 octobre. Sans réponse à ce jour, assure-t-il.Contactée, la collectivité nous renvoie aux déclarations d’Agnès Amiel (LR), conseillère départementale, déléguée à la Protection maternelle et infantile, à la famille et à l’enfance, lors de la séance publique du 17 octobre.

    L’élue y précisait que le budget dévolu à la protection de l’enfance avait augmenté de 45% en dix ans, passant de 197,2 millions en 2016 à 285 en 2025, de quoi permettre l’accompagnement de plus de 11 000 enfants et leurs familles. Dans un communiqué, le Département assurait aussi de sa volonté d’appliquer une politique « fondée sur la juste équation entre les besoins réels des enfants et des jeunes accompagnés et les moyens alloués ».

  • Le vivant, réponse aux enjeux futurs

    Le vivant, réponse aux enjeux futurs

    « Les solutions sont indiquées par la nature, elle est notre porte de sortie. » Devant l’amphithéâtre presque plein du Pharo, Patricia Ricard, présidente de l’institut d’océanographie Paul Ricard, insiste sur la source d’inspiration que représente la biodiversité. La 9e édition de Biomim’expo en est bien la preuve. Ce mardi, ingénieurs, entreprises, inventeurs et badauds se sont retrouvés dans l’enceinte historique du Pharo, à Marseille, pour échanger sur les réponses que la nature peut apporter aux problématiques futures.

    Organisé depuis 2018 à Paris, c’est la première fois que l’évènement pose ses valises dans la cité phocéenne. Avec 160 exposants et environ 1 200 visiteurs, cette réunion de professionnels et de curieux permet de mettre à l’honneur le biomimétisme. « Cela veut dire que l’on s’inspire de structures ou de conceptions qui existent dans la nature pour nos innovations », explique Aurore Torrigiani, exposante. Et les applications sont multiples pour lutter contre le réchauffement climatique, réduire les besoins énergétiques ou limiter les déchets.

    Revitaliser les ports

    Pour remettre de la biodiversité dans les ports, rien de mieux que de s’en inspirer. C’est en tout cas la certitude d’Aurore Torrigiani et Olivier Meynard qui ont fondé, à Marseille, Sea Blocks. En s’inspirant de la forme naturelle des récifs, les deux marseillais ont imaginés des blocks de bétons, renforcés par de la fibre de moule et des coquilles saint-jacques pour installer des récifs artificiels dans les ports et y faire revenir faune et flore.

    « On a voulu se servir de la force de la nature, explique la co-fondatrice. Ces blocs, fabriqués lors d’ateliers RSE d’entreprises qui financent donc leur fabrication, devront être mis au sein de ports pour les revitaliser. On ne peut pas se passer ces ports, donc on veut les rendre de nouveau vivant. » Les deux co-fondateurs espèrent installer leurs premiers blocs début 2026 à l’Estaque.

    Des textiles innovants

    La nature offre aussi des réponses aux nouveaux défis que connaît la mode, qui tente d’être plus éco responsable, en utilisant de nouvelles fibres ou de nouvelles structures. C’est ce qu’a voulu montrer Audrey Prat, présidente de Biom’inspi, dans un défilé de mode bio inspirée, présentée ce mardi lors de l’exposition. « Que la nature soit notre directrice artistique », s’enthousiasme-t-elle.

    Les spectateurs ont pu découvrir des vêtements réalisés avec des fils de papiers, des fibres d’algues ou un textile inspiré de la structure des poils de fourmis argentées du désert qui lui permet de résister aux grosses chaleurs. De nouveaux matériaux encore au stade de prototype. Ce défilé « permet de montrer que l’on peut dresser de nouvelles routes », félicite Alain Renaudin, fondateur de la Biomim’expo.

    Mieux naviguer

    grâce à l’os de seiche

    Les solutions que la nature offre peuvent également s’appliquer dans des domaines plus insoupçonnés, à l’image du sport nautique. Pour le Marseillais Marc Amerigo, co-fondateur de Zephir project, la nature peut offrir des moyens pour conjuguer décarbonation du matériel et performance. L’ambition est de rendre le monde de la voile le plus efficace possible, « en termes de décarbonation du matériel, mais aussi de vitesse », explique le co-fondateur.

    Pour cela, la nature semble regorger de solutions. « L’os de seiche, par exemple, a une architecture particulière qui permet une bonne flottaison. On va donc intégrer certains calculs de sa structure pour nos planches. Et puis on utilise aussi les innovations qui sont présentées ici. C’est pour cela que ces rencontres sont importantes », développe Marc Amerigo.

    Et les applications sont encore infinies. « Car la planète, c’est 3,5 milliards d’années de développement, donc on a de quoi s’inspirer », sourit Thibaut Fournel, exposant.

  • Un sésame indispensable pour les jeunes de La Martine

    Un sésame indispensable pour les jeunes de La Martine

    « C’est pas secondaire, nos parents épargnent sur un livret depuis qu’on est né pour le payer », raconte Nasser, 15 ans, en train justement de passer le code. « Comme ça, je pourrai être tranquille à 17 ans et passer directement la conduite », poursuit-il. Pour les jeunes du centre social de La Martine (15e), réunis ce lundi de vacances scolaires au centre social, le permis de conduire fait partie des indispensables. « Je le vois dans la vie de tous les jours », témoigne Chemsy, 16 ans. « Mon frère, il travaille, il va à l’école, il prend tous les jours le bus et après, mon père ou ma mère doivent l’emmener, c’est galère », déplore-t-elle. Pour la jeune fille, la conduite accompagnée serait « une des solutions » pour réussir l’examen sans avoir à prendre de leçons supplémentaires.

    Aussi un moyen de trouver

    un emploi

    Obligé de se lever à 5h du matin pour rallier son établissement à Marignane et d’emprunter un métro et deux lignes de bus, Jahny, 14 ans, rêve lui aussi du moment où il pourra être autonome et gagner du temps. « On pourra sortir », s’enthousiasme Samy et obtenir un travail, « quand des employeurs le réclament, pour faire livreur aussi, ça peut servir », enchaîne son voisin.

    À 1 000 euros en moyenne le tarif, tous pointent le coût exorbitant de cet examen. « C’est inaccessible et inadmissible », s’emballe le jeune Samy, tandis que Zayan insiste : « il faudrait des aides comme [le fait la Ville de Marseille] pour le BAFA. »

    Pour ces jeunes habitants des quartiers Nord, le manque de transports ajoute à la difficulté. « Il n’y a pas assez de bus et on doit faire avec les horaires en plus », déplorent-ils.

  • L’avenir du Centre Bourse s’invite dans la campagne

    L’avenir du Centre Bourse s’invite dans la campagne

    Il y a quelques semaines, on a commandé une étude avec la chambre de commerce. L’étude est limpide, elle dit que depuis ces 15 dernières années, les centres commerciaux ont assassiné le centre-ville. En attendant, il faut trouver une solution », lance Benoit Payan, maire de Marseille (DVG), interrogé sur le plateau de BFM Provence, ce jeudi, sur l’avenir des Galeries Lafayette, au Centre Bourse.

    Bien qu’il ne se soit pas encore officiellement déclaré candidat à sa propre succession, à 5 mois des municipales, l’élu évoque ses projets sur ce dossier : « J’ai travaillé avec le président de la République et avec l’état sur une solution d’envergure nationale. Probablement un grand équipement culturel. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant. » Selon l’édile, un financement important est attendu. Il poursuit : « Au 15 novembre, il doit y avoir la dernière proposition de rachat. On verra à quoi elle ressemble. Si elle ne me convient pas, je prends l’engagement de racheter les Galeries Lafayette pour en faire un lieu où on y remet de la vie, avec des gens, pour que le centre-ville ne périclite pas. Pas forcément un centre commercial. »

    Des projets encore flous pour le moment

    Le même jour, un peu plus tôt, Martine Vassal, présidente (DVD) du Département et de la Métropole, candidate à la mairie de Marseille, lançait sa campagne sous le slogan « Marseille, je t’aime avec Martine Vassal ». Elle invite les Marseillais à choisir entre « cinq propositions pour l’avenir du site des Galeries Lafayette », à savoir le Centre Bourse. Une consultation citoyenne avec un vote qui sera ouverte dès ce lundi 20 octobre.

    Les options proposées sont une école de cuisine baptisée « Jean-Baptiste Reboul » (chef né dans le Var en 1862), une maison marseillaise de l’enfant avec de vastes espaces de crèche municipale, un parc urbain nommé « Central Mars », un centre commercial renouvelé, ou enfin un centre commercial 100 % dédié au « Made in Marseille ». Des visuels accompagnent ces propositions, mais ils ne sont ni crédités à une agence d’architecture, ni chiffrés à ce jour. Selon La Provence, ils auraient été « élaborés en interne ».

    Quelques mois plus tôt, en mars, Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région, et Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce, envisageaient l’implantation de la cité judiciaire à la place du Centre Bourse, dans le but de redynamiser le centre-ville. Parlant de « véritable urgence », Renaud Muselier proposait alors « de se mettre vite autour de la table pour proposer des solutions sur la base des résultats de l’étude que je propose de cofinancer ».

  • Aux Flamants, le service public sous la pression du narcotrafic

    Aux Flamants, le service public sous la pression du narcotrafic

    Drones, chiens, menaces, check-points pour récupérer sa voiture dans le parking le soir… Excédés et inquiets de la présence d’un réseau de narcotrafic, les agents de la Maison départementale de la solidarité des Flamants (14e) se sont mis en grève à l’appel de la CGT, ce lundi 13 octobre. « Il y avait déjà eu des problèmes il y a trois ans avec une intrusion », rappelle une syndiquée.

    Cette fois, c’est une assistante du service social qui a été menacée de mort le 3 octobre, après avoir eu des mots avec un dealer. « Nous sommes le seul service public qu’il reste et nous ne pouvons plus l’assurer », déplore notre syndiquée. La CGT a bien « demandé des solutions alternatives », quitte à déménager. « on nous répond que les recherches sont en cours pour un lieu, mais que cela prendra quelques années… », indique-t-elle dans un communiqué. Le syndicat organise un rassemblement devant le Département, ce mardi 14 octobre entre midi et deux.

    Sur site, des « volantes » sont venues remplacer les grévistes pour « assurer les urgences ». Elles témoignent de la « très grande précarité » d’habitants sous la coupe du réseau, « ils supportent. ».

    Forte présence policière

    De fait, peu de monde accepte d’évoquer le sujet. « Ma mère habite là, oui, le réseau c’est un problème effectivement », nous confie du bout des lèvres un visiteur. La forte présence des cars de CRS et de la police nationale a visiblement découragé les dealers ce lundi. Même si, entre les immeubles réhabilités, les traces des feux allumés par les choufs pour se réchauffer ou encore un fauteuil sur le trottoir restent bien visibles.

    La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a donné des instructions. « La cité des Flamants fait l’objet d’une présence policière renforcée afin de lutter contre la délinquance, les trafics, ainsi que leurs conséquences pour ceux qui y vivent et y travaillent » indique-t-elle, avec « des effectifs locaux qui interviennent nuit et jour ». Et d’évoquer l’interpellation d’un trafiquant, il y a quelques semaines, avec la saisie de près d’1,5 kg de cannabis, 500 euros et deux armes et ce dimanche soir, après un refus d’obtempérer, l’interpellation de sept personnes. Et la préfète d’asséner : « là-bas, comme ailleurs, force restera à la loi. »

    Du côté du Département, on précise que « le directeur général des services délégué et le directeur de la sécurité sont immédiatement allés à la rencontre des agents » et « plusieurs actions correctives » ont été engagées. Comme le renforcement de la police donc et « un agent de sécurité mobile supplémentaire affecté sur les périodes d’affluence. » Il assure aussi « l’ensemble des personnels de [son] soutien. » « Tout doit être mis en œuvre pour les protéger », ces « piliers de la solidarité » et « leur offrir des conditions de travail dignes de leur engagement au quotidien », estime-t-on à la direction de la collectivité.

  • L’État lance un appel pour reloger les occupants d’habitat insalubre

    L’État lance un appel pour reloger les occupants d’habitat insalubre

    La préfecture a lancé un appel à manifestation d’intérêt « pour la captation d’hébergements, de relogements, et d’accompagnement social pour des ménages dont le logement fait l’objet d’un arrêté d’insalubrité ».

    L’approche, qui se veut expérimentale, s’attelle enfin au laxisme qui a longtemps prévalu dans le suivi des arrêtés préfectoraux d’insalubrité, en particulier ceux qui prescrivent une interdiction temporaire ou parfois définitive du logement. Il ne suffit pas de relancer la chaîne de production des arrêtés, faut-il encore s’assurer de leur exécution.

    Par manque de logements et de volontarisme aussi, nombre d’arrêtés sont restés lettres mortes face à la carence du bailleur, même sous la pression croissante d’astreintes. Les autorités sont souvent dans l’incapacité de se substituer au propriétaire à ses frais avancés. De fait, de nombreux occupants finissent par se reloger d’eux-mêmes, mais certains n’ont d’autres choix que de se maintenir dans le local insalubre, comme le constate régulièrement La Marseillaise : des locaux insalubres interdits depuis des lustres restent occupés et parfois même reloués en douce.

    La Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) est en quête d’un opérateur inventif à qui confier cette mission pour une durée initiale d’un an, reconductible jusqu’à trois ans « sous réserve de disponibilité budgétaire ». « L’appel à projets vise à favoriser l’émergence de projets innovants et partenariaux… Toutes les propositions alternatives et les initiatives sont les bienvenues », énonce le cahier des charges qui promeut l’idée d’un « groupement d’opérateurs » qui « serait semble-t-il de nature à favoriser la capitalisation des compétences et des expériences dans des domaines variés et de mieux couvrir l’intégralité du département ».

    Marseille exclue de la mission expérimentale

    La DDETS rappelle combien la lutte contre l’habitat indigne est une priorité d’action de la puissance publique « à valeur constitutionnelle », dans un département qui détient « les taux les plus élevés de France » : 63 000 logements privés y sont potentiellement indignes, soit 9,6% des résidences principales. « Marseille concentre, à elle seule, 30% du parc potentiellement indigne de la région Paca. Ainsi, 40 000 logements privés sont potentiellement indignes à Marseille, dont 10 000 nécessiteraient un traitement prioritaire. »

    Pourtant, Marseille est exclue de l’expérimentation, alors que la cité phocéenne pèse pour la moitié (242) des 502 arrêtés préfectoraux engageant la procédure d’insalubrité dans le département ces dix dernières années. Depuis le début de l’année, 66 arrêtés préfectoraux (dont 9 avec interdiction définitive du local) ont ouvert une procédure de traitement de l’insalubrité, dont 39 à Marseille (60%). L’État justifie cette exclusion par « la convention de délégation de traitement des situations d’insalubrité », signée en janvier 2023 avec la Ville de Marseille. « La plupart des situations de la ville de Marseille sont donc gérées par le service communal d’hygiène et de santé (SCHS), hormis les situations de ménages non titrés et en surpeuplement. » Or, la ville est bien plus confrontée à ses difficultés que l’État.

  • Le sourire des salariés de la Centrale

    Le sourire des salariés de la Centrale

    «Le combat a démarré en 2018 », rappelle Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT Centrale de Gardanne. Ce vendredi, au pied de la centrale thermique de Gardanne, lieu devenu symbolique de la lutte pour l’emploi, les salariés du site célèbrent la victoire après un accord historique entre la Centrale, GazelEnergie, propriétaire du site, et l’état, arraché après de nombreuses années de mobilisation. Sur place, des représentants de l’UD CGT, du Parti communiste (PCF), élus d’oppositions du Collectif Citoyen Gardanne-Biver, les Unions locales du département, mais aussi la CGT des dockers, des portuaires, des cheminots, des territoriaux, corporations avec lesquelles les actions de la mobilisation ont plus d’une fois convergé.

    Pour mémoire, le combat s’est construit autour de deux axes : permettre à 27 des salariés licenciés après la fermeture de la tranche charbon d’être réembaucher en conservant leur statut industrie électrique et gazière (IEG), et le projet de production de biométhane sur le site, travaillé et porté par les licenciés, justement. Une première grève de quatorze mois, un an après l’annonce de l’arrêt de la production d’électricité à base de charbon, a été le début d’une lutte syndicale parfois épuisante.

    Le combat « a été très long, a demandé des sacrifices pour tous les travailleurs », rappelle Jean-Michel Roccasalva. On a cravaché pour que ce projet corresponde à tous nos besoins et qu’il n’y ait pas de possibilité de le dédouaner. Avec le rapport de force, le projet industriel, la convergence entre les fédérations, on a pu signer, le 31 juillet, ce protocole d’accord. Quand on s’organise et qu’on est convaincu, il n’y a aucune raison de ne pas gagner un combat. Cette victoire est belle, mais ce n’est pas la dernière. On a encore du travail. On a des gouvernements qui se succèdent, qui font semblant et n’ont que l’envie de décider comme des monarques et dictateurs. On n’est pas à l’abri d’une remise en cause, mais pour autant, on va rester optimistes. » « La lutte paie, c’est un exemple, il y en a eu plein comme ça. La dernière ligne droite n’est pas toujours sans danger, mais nous n’avons aucun doute que vous saurez tenir le cap », soutient Claude Martin, secrétaire fédéral de la CGT FNME (Fédération nationale des mines et énergie).

    « Solutions alternatives »

    Parmi les salariés, la bonne humeur est de mise sur cette matinée de célébration, bien que tous restent vigilants pour la suite, contexte national oblige. « C’est un soulagement énorme, même s’il nous reste encore quelques étapes dans la construction du projet, témoigne Franck Traversari, l’un des 27 salariés. On a vécu pendant des années avec la peur du lendemain. Mener un conflit, c’est être pointé du doigt au quotidien. Mais aujourd’hui, on a des garanties pour que le projet se réalise. Les premières embauches se font en décembre, c’est un acte fort pour l’avenir. Aujourd’hui, on dit que oui, il y a des solutions alternatives, qu’il ne suffit plus de fermer des postes et licencier. »

    à ceux qui sont dans la rue depuis le 10 septembre, Franck Traversari appelle à tenir le bon bout, même si le choix d’être gréviste pèse sur le quotidien. « Il faut prendre en main son destin et cela passe par la convergence des revendications pour peser sur l’état et l’ensemble des entreprises », estime-t-il.

    Constat partagé par Guillaume, qui reconnaît, lui aussi, le poids de la lutte sur la vie de ceux qui la mènent. « Il y a une satisfaction à ne pas avoir lâché, à avoir cru en notre projet et la solidarité entre les uns et les autres. Ce n’est pas encore fini, on ne sait jamais, il faut encore que l’usine sorte de terre », rapporte ce salarié qui, lui aussi, sera réembauché prochainement. « à ceux qui luttent pour leurs droits, je leur dis d’être un acteur du syndicat, ne pas laisser la direction dicter une vision unique de l’entreprise », ajoute Guillaume, qui conseille aux salariés en lutte, sur le territoire national, de s’organiser. « Il y a eu des hauts, des bas, mais la fin paie. ça n’a pas été des moments faciles, on a eu de la chance que nos familles nous suivent : on ne pouvait pas se laisser faire sans réagir. Pour nous, la lutte ne se terminera jamais, rien n’est acquis, on ne peut compter que sur nous-même tant qu’on ne verra pas le début de la construction de la nouvelle unité de production, intervient de son côté Christophe, qui fera partie des deux salariés réembauchés, mais sur la tranche biomasse. Il n’y a que la lutte qui paie, mais surtout la lutte solidaire, ensemble. »

    La notion de solidarité, elle, a marqué les prises de paroles des différentes fédérations sur place, chacune ayant joué son rôle dans cette première victoire. Et doit se poursuivre. « Dans une période marquée par les conflits, par un génocide à Gaza, profitons de ce moment de fraternité qui, parfois, fait défaut au détriment d’un individualisme qui nous ronge, rappelle Serge Coutouris, secrétaire général adjoint de la Fédération nationale des ports et docks. N’oublions pas l’importance de ces moments, pour que, tous ensemble, nous continuions de croire que nous y arriverons. »

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