Tag: Soignants

  • Le réseau mutualiste Oxance est en sursis

    Le réseau mutualiste Oxance est en sursis

    Une annonce inquiétante pour les usagers des centres de soins Oxance – Mutuelles de France. Le groupement mutualiste et ses 1 400 salariés répartis sur 125 structures, dans le Sud et l’Est de la France, risquent bien de faire face à un placement en procédure de sauvegarde auprès d’un tribunal de commerce.

    C’est l’annonce qui a été faite lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire, ce mardi 6 janvier, selon la CGT. Celle-ci s’alarme, dans un communiqué de presse publié ce jeudi, des « conséquences sur l’emploi, l’organisation du travail et les conditions de travail des salariés ». Mais aussi « d’une menace grave pour l’accès aux soins » dans un « contexte de pénurie de soignants et d’aggravation des déserts médicaux ». « On ne sait pas si l’on se dirige vers une liquidation judiciaire, un redressement, un plan de sauvegarde de l’emploi ou des cessions de centres », s’inquiète Pauline Jean, déléguée syndicale CGT et élue CSE.

    La demande de placement en sauvegarde se ferait d’ici quelques jours, « soit en fin de semaine, soit début de semaine prochaine ». Contactée, la direction d’Oxance n’infirme pas les annonces de la CGT. « Je ne conteste pas et je ne nie pas les éléments de la CGT, mais nous communiquerons en temps voulu et nous ne commentons pas outre mesure », explique Jacques Seguin, président du groupe. Avant de bien confirmer qu’une « démarche judiciaire de sauvegarde est imminente », sans vouloir en dire davantage. Et de promettre plus d’explications à venir. Quoi qu’il en soit, l’annonce aurait été confirmée en conseil d’administration, ce jeudi. « À l’unanimité, on s’est abstenu de donner un avis en l’absence d’éléments concrets. Mais on a acté le recours à un cabinet d’expertise », commente Pauline Jean. Pour rappel, Oxance est issu de l’union de la Fédération des mutuelles de France et Mutuelles de France réseau santé (MFRS). Lequel avait notamment repris les structures du Grand conseil de la mutualité en 2018, à la suite d’une cessation de paiements. « Il y a 15 ans, on était la deuxième offre de soins dans le département des Bouches-du-Rhône », rappelle Pauline Jean.

    Aujourd’hui, entre les centres dentaires, de soins ou optiques, on compte plus d’une quarantaine de centres Oxance dans la région, dont une vingtaine dans les Bouches-du-Rhône. D’où les inquiétudes de la CGT quant à l’avenir des structures et des salariés : « Au Grand conseil, il y avait eu la vente de centres optiques, de cliniques pour renflouer la trésorerie. »

    D’autant que le centre de La Ciotat avait fermé ses portes peu ou prou dans la foulée de la reprise du Grand conseil de la mutualité. Plus récemment, les fermetures de ceux de Miramas et de Berre-l’Étang avaient fait grand bruit, avec des mairies qui avaient largement dénoncé ces décisions. Notamment via un courrier commun, également appuyé par Gaby Charroux, maire PCF de Martigues, demandant des comptes sur les « motivations principales de ces décisions ».

    « On savait qu’il y avait des difficultés financières, mais on n’en connaissait pas l’ampleur », commente Pauline Jean. Son organisation syndicale évoque des dettes de l’ordre de 30 millions d’euros. Un montant que la direction aurait communiqué lors d’instances représentatives du personnel.

    « On ne connaissait pas l’ampleur des difficultés financières »

  • Les policiers jouent les pères Noël à l’hôpital Saint-Joseph

    Les policiers jouent les pères Noël à l’hôpital Saint-Joseph

    « Merciiiiiiii père Noël ! » Dans les couloirs de l’hôpital Saint-Joseph en cette veille de week-end c’est un peu les festivités avant l’heure. Avec Minnie, Léo le lion policier et le bonhomme Noël, les membres de l’association Partenaires police 13 assurent la distribution de cadeaux aux enfants malades du service pédiatrie.

    « On fait ça chaque année depuis 5 ans, on a fait appel à une collecte nationale avec une autre association parisienne qui s’appelle Fraternité police », explique Cyrille Faure, président fondateur de l’association. L’idée : « Apporter des cœurs dans les yeux des enfants », ajoute-t-il, mais aussi donner une autre image des gardiens de la paix, montrer que derrière l’uniforme, « il y a des papas Noël, des mamans Noël ». Un moment également « solennel, fraternel qui rapproche tout le monde ». Et d’en profiter pour rappeler que « les parents sont là pour éduquer les enfants, nous, on est là pour les protéger ».

    Coiffés d’un bonnet, on retrouve là des personnels du Raid, de la BRI (brigade de recherche et d’intervention), de la Sûreté urbaine ou de la Bac (brigade anti-criminalité) qui se relaient pour remettre les puzzles, jeux de société, poupées et autres petites voitures aux petits malades. Parmi eux, Alain, la cinquantaine, membre de la brigade motocycliste qui insiste sur le côté humain de son métier. Pour lui, « donner de la joie aux enfants cela n’a pas de prix ». Dans une des salles d’attente, Ranya, bout de chou de 3 ans, n’en croit pas ses yeux, ravie. « Franchement c’est très sympa, car ici ce n’est pas très gai », commente sa maman. Au fil des chambres, l’accueil est chaleureux.

    Bouffée d’air frais

    pour les parents aussi

    Depuis son lit à barreau, Soan, 2 ans et demi, qui bataille avec son asthme, n’est pas franchement rassuré mais un check avec Léo le lion le convainc, il finira par un petit sourire. Une bouffée d’air frais pour son papa, « les journées sont interminables, on espère en sortir très bientôt » nous confie-t-il. Plus loin cette petite-fille raconte : « Quand j’ai vu les policiers tous en rond par la fenêtre de la chambre de mon petit frère, j’ai cru qu’il y avait un problème. Il a l’appendicite mon petit frère ». Impressionnée, sa grand-mère envoie : « Eh bien c’est toute la brigade qui s’est déplacée, et pour une fois en douceur ». Alain encaisse la pique : « Vous savez pour nous c’est chaud quand c’est chaud en face ». Un petit tour en néonatologie et il est temps de prendre la pose avec les soignants, tout aussi emballés par la présence des policiers qui promettent évidemment de revenir l’année prochaine.

  • À Martigues, CGT et CFDT se mobilisent pour les acquis des soignants

    À Martigues, CGT et CFDT se mobilisent pour les acquis des soignants

    La réunion devait avoir lieu dans le bureau de Loïc Mondoloni. Le directeur du centre hospitalier de Martigues l’a finalement déplacée dans la salle de la Pinède, où se tient habituellement le conseil de surveillance. À raison : plus d’une centaine de personnes s’y sont rassemblées à 10h, ce mardi, parmi lesquelles les représentants syndicaux CGT et CFDT de l’établissement, les soignants, la CGT de l’hôpital d’Aubagne, l’Union locale CGT martégale et de celle des quartiers sud de Marseille, afin de connaître les intentions de la direction sur la révision d’accords locaux.

    Laure Privat, représentante CGT, explique : « Après la publication du rapport de la Chambre régionale des comptes, la réponse du directeur consiste à faire des économies sur les accords locaux signés en 1999. » Trois jours de repos médailles et cinq jours de repos retraite sont concernés. « Ça correspond à 0,87 emploi temps plein par an, donc c’est ridicule en termes d’économies », dénoncent Laurence Virazel et Nathalie Martin, de la CFDT. Loïc Mondoloni justifie : « Une injonction de rappel à la loi a été prononcée. Si ce n’est pas respecté, le directeur de l’établissement est responsable civilement et financièrement. »

    Une action lors du CSE

    Mais ce qui mobilise le plus reste la fin de la prise en compte du temps de pause méridienne dans le temps de travail. La CGT et la CFDT craignent un « plan social déguisé », puisque dans son rapport, la Chambre régionale des comptes indique : « Cette pratique conduit l’établissement à rémunérer indûment chaque année près de 73 800 heures, soit près de 46 équivalents temps plein. » Pour Damien Maurin, représentant CFDT, l’inquiétude porte surtout sur « certaines catégories administratives et techniques ».

    Le directeur de l’hôpital affirme : « L’examen des organisations et cycles de travail s’effectuera avec les partenaires sociaux. Ils seront consultés pour chacune d’entre elles au cours de l’année 2026. (…) Le retour à la légalité n’est pas un plan social. (…) L’hôpital connaîtra l’année prochaine de nombreux développements significatifs, avec de l’emploi à la clé. »

    Le rassemblement de ce mardi n’était qu’une première étape. L’organisation entend maintenir la pression avec un nouveau rassemblement lundi 15 décembre à 9h, lors du Comité social et économique (CSE).

  • La CGT hausse le ton pour le budget de la Sécurité sociale

    La CGT hausse le ton pour le budget de la Sécurité sociale

    « Il est hors de question de laisser ces débats lunaires se faire dans le silence ! ». À la Bourse du travail de Marseille, ce jeudi, Greg Fontaine, infirmier à l’hôpital de la Timone et co-secrétaire de la CGT AP-HM (Assistance publique-Hôpitaux de Marseille), tient à « sonner l’alerte » sur le projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) débattu au parlement.

    Le tout, à l’occasion d’une journée de communication nationale de la fédération CGT de la santé et de l’action sociale. Ce budget pour 2026 est jugé comme une « catastrophe » annoncée pour les établissements de santé et notamment les hôpitaux publics. « Ils sont déjà à l’os et une nouvelle réduction de moyens risque de provoquer leur effondrement », dénonce-t-il. La montée au créneau des organisations CGT ne vient pas de nulle part : « Le PLFSS 2026 prévoit une suppression de 7 milliards d’euros pour le budget de la santé, tandis que le budget de l’armée bénéficie d’une hausse sans contreparties », renchérit Ludovic Vergnaud-Rousseau, pour l’USD 13 (Union syndicale départementale de la santé) et aide médico-psychologique à l’association Unapei.

    Si les maux des hôpitaux sont connus, Greg Fontaine tient à les remettre en avant : « Les structures subissent une crise de l’emploi qui met en danger la santé des personnels et des patients. 92% des établissements déclarent des difficultés de recrutement. » L’analyse de la CGT s’appuie sur des données chiffrées : « Pour le seul secteur de la santé, il y a 180 000 postes qui sont à pourvoir selon une étude de la Dares au 1er trimestre 2025. »

    « Manque de matériel

    à tous les niveaux »

    Et l’organisation estime à 74 000 aides-soignants et 43 000 infirmiers et sages-femmes manquants en France. Même constat dans le privé et les structures associatives du reste du secteur : « Des maternités ferment, les Samu sont saturés, les personnes âgées souffrent dans les Ehpad », énumère Ludovic Vergnaud-Rousseau. La faute à « 30 ans de politique libérale et d’une gestion des établissements comme des usines à soins ». Et qui risque de se poursuivre avec ce PLFSS, la CGT ciblant plusieurs mesures qui ne passent pas : « Jour de carence pour les arrêts maladie, gel du point d’indice pour les fonctionnaires et doublement des franchises médicales. »

    Greg Fontaine rappelle les conséquences concrètes de ces mauvais coups dans les services : « Les brancardiers de la Timone se sont mobilisés contre le sous-effectif, les agents de la sécurité incendie également. Et les soignants des Baumettes ont fait grève contre la suppression de jours de repos compensateur ! ». Séverine Jeanroy, aide-soignante à l’hôpital Nord à Marseille et élue CGT confirme que ces exemples ne sont pas des cas isolés : « La situation à [l’hôpital] Nord s’aggrave d’année en année. L’attente pour avoir des rendez-vous est rallongée, les patients sont hébergés dans des services dont ils ne dépendent pas. » Et rappelle « le manque de matériel à tous les niveaux comme les appareils à tension, les couvertures… »

    Alerte à la population

    D’où « l’alerte à la population » lancée par les organisations CGT qui demandent sa participation pour « interpeller les élus ». Notamment en vue d’obtenir un PLFSS en « hausse entre 7 et 10% ». Ou, à défaut, « que les parlementaires s’y opposent » et donc ne votent pas le texte. Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône rappelle que le refus de cette politique passe par la mobilisation le 2 décembre dans la rue avec un appel confédéral à la manifestation et à la grève : « On ne pouvait pas ne pas manifester contre ce budget qui est encore pire que les précédents. »

  • L’hôpital de Toulon – La Seyne ambassadeur du don d’organes

    L’hôpital de Toulon – La Seyne ambassadeur du don d’organes

    Avec près de 30 prélèvements par an, la Coordination hospitalière des dons d’organes et de tissus du Centre hospitalier intercommunal de Toulon -La Seyne-sur-Mer (Chits), aux côtés des équipes médicales, chirurgicales et soignantes, joue un rôle crucial dans l’organisation des activités de prélèvement d’organes et de tissus en vue de greffes. « La coordination du don d’organes du Chits a été créée en 2000 pour recenser tous les donneurs potentiels d’organes et de tissus, d’accueillir et accompagner les proches, d’organiser les prélèvements, de former les professionnels de santé, d’informer le grand public. Et également, d’être dans un réseau avec d’autres lieux de soins, l’hôpital d’Hyères, l’hôpital Sainte-Anne, l’hôpital de Brignoles et les cliniques », détaille Yann Le Bras, directeur du Chits.

    Une coordination qui a permis, en 2024, 102 prélèvements d’organes et 182 prélèvements de tissus au Chits, qui s’est récemment doté d’une nouvelle salle de prélèvements. « Derrière cela, il y a bien sûr des réalités humaines, mais ces chiffres montrent l’activité et un élément très fort d’engagement des équipes », salue Yann Le Bras. C’est pourquoi le Chits a formalisé son engagement, vendredi, en signant, aux côtés du « Collectif Greffes+ », une charte faisant de l’hôpital un ambassadeur du don d’organes, afin d’intensifier la sensibilisation de l’ensemble de son personnel, des patients et des visiteurs.

    « Devenir ambassadeur du don d’organes est pour nous un élément majeur. C’est participer à un mouvement solidaire national permettant de sauver des milliers de vies chaque année », se félicite Yann Le Bras. Un pas de plus pour un hôpital déjà engagé dans cette démarche depuis 25 ans : « Cela marque l’intensification de l’effort de notre établissement pour sensibiliser l’ensemble de la communauté hospitalière, ainsi que les patients et visiteurs. » « Quelle plus belle chose que de donner la vie, mais quelle plus belle chose aussi que de redonner la vie à des personnes qui sont en attente d’un organe et qui souvent décèdent avant », appuie Dominique Andreotti, pneumologue et adjointe à l’action sociale à la mairie de Toulon.

    2 à 3 décès chaque jour

    en France faute de dons

    Il faut tout de même rappeler que nous sommes tous, de fait, présumés donneurs d’organes par la loi, sauf opposition de notre vivant. Cependant, celle-ci prévoit aussi que les proches des défunts soient systématiquement consultés. Mais bien que plus de 80% des Français y soient favorables, moins d’une personne sur deux en a parlé, si bien que leur volonté ne peut être respectée. Dans un tiers des cas, les proches, dans le doute, s’y opposent, et le prélèvement ne peut avoir lieu. « Peu importe ce qu’on en pense, il faut que chacun interroge autour de soi et se pose la question, petit et grand, car il n’y a pas de minimum d’âge pour le prélèvement d’organes, et on peut prélever jusqu’à 90 ans. Il faut aussi se sentir concerné par la solidarité humaine, avoir envie de donner ce qui ne nous a servi et ne nous servira plus », martèle Odile Desrue médecin coordinateur du don d’organes et de tissus, qui rappelle qu’il y a « 20 000 demandeurs chaque année en France, et ce nombre tend à augmenter petit à petit, car on greffe moins de gens qu’il y en a sur liste d’attente. Chaque jour, deux à trois personnes meurent en attente d’organe. »

    Cependant, la situation s’est légèrement améliorée ces dernières années, même si le chemin reste encore long, passant par l’éducation, mais aussi, certainement, par des décisions législatives : « Le Covid a fait beaucoup de mal à la greffe et au don, mais on remonte petit à petit les chiffres, et on a passé la barre des 6 000 greffes en 2024. On espère continuer à progresser, mais ça ne va pas aussi vite que la demande. 80% des Français sont pour mais le taux de refus est de 36%. En Espagne, où le don a été inscrit dans la citoyenneté, il y a 20% de refus », souligne le docteur Desrue.

  • Grève aux Baumettes pour les congés

    Grève aux Baumettes pour les congés

    Les agents hospitaliers des Baumettes ne lâchent rien. En grève, ce jeudi 30 octobre, ces derniers se battent toujours pour le maintien de congés spécifiques, les fameux « C16 », que la direction de l’AP-HM entend supprimer, et à l’origine de plusieurs mouvements sociaux depuis cet été.

    « Ce sont des acquis qu’on a depuis 1994. Ce sont des jours essentiels par rapport aux conditions du milieu dans lequel on exerce. Ça nous permet de souffler, c’est une juste reconnaissance de ce que l’on fait », explique Marie*, soignante « récemment recrutée » sur l’établissement pénitentiaire. « On m’a proposé le poste en mettant en avant ces jours de congé. Et maintenant, on nous dit qu’on nous les enlève ? C’est incompréhensible », développe-t-elle.

    Son incompréhension est partagée par plus d’une vingtaine d’agents qui se sont réuni devant la porte Martini de la prison, en début de matinée, avant qu’ils ne reçoivent des assignations pour reprendre le service. Martin, un autre soignant, abonde : « Quand on travaille, c’est sans contact extérieur, on est enfermé en milieu carcéral, avec des contraintes logistiques. Nous ne sommes pas un service lambda, nous avons des formations spécifiques pour la gestion de la violence, sur le milieu carcéral. » Le raisonnement des grévistes est simple : à travail spécifique, congés spécifiques. « Ils matérialisent la reconnaissance de notre travail », martèlent les grévistes, soulignant la « dangerosité » de prodiguer des soins dans ce milieu.

    D’autant que ces jours de congés spécifiques datent du changement de tutelle des soignants en milieu carcéral, passant du ministère de la Justice à celui de la Santé et transférant la prise en charge sanitaire des détenus au service public hospitalier plutôt qu’à l’administration pénitentiaire, en 1994. Plus qu’un symbole : le détenu est depuis considéré et soigné comme un patient classique. Reste que l’AP-HM ne compte visiblement pas revenir sur leur suppression à venir. Elle explique qu’ils « constituent une exception marseillaise (…) et qu’ils sont dépourvus de toute base légale ». Et que les C16 « ne trouvent aucun équivalent dans les autres services sanitaires en milieu pénitentiaire gérées par l’AP-HM ».

    La CGT demande des repos compensateurs

    D’où la volonté affichée de tendre vers « l’application du droit commun » et de « rétablir l’équité entre les professionnels » en vue de l’ouverture prochaine des Baumettes 3, nouveau bâtiment de la prison. Ouverture pour laquelle est prévue « le renforcement de l’offre de soins », ainsi que le recrutement d’une trentaine d’agents supplémentaires pour le site.

    Des arguments jugés irrecevables par les grévistes. « On est sur des décisions prises sans concertation, les nouvelles recrues n’ont déjà plus les C16 », dénonce Nour-Eddine Djazoul, secrétaire général de la CGT Hôpitaux Sud. Mais le syndicat a un autre angle d’attaque. « Nous avons eu une réunion avec la direction, jeudi dernier. On nous a expliqué que le temps de trajet de notre entrée dans l’établissement jusqu’aux unités sanitaires ne comptait pas comme du temps de travail », explique Nour-Eddine Djazoul, secrétaire général de la CGT Hôpitaux sud. Pour contrecarrer l’argument de l’illégalité des C16, la CGT « demande de récupérer ce temps non décompté via des repos compensateurs ».

    Ce temps de trajet est évalué à 35 minutes par jour, de quoi remplacer la perte des congés spécifiques, selon les calculs de l’organisation syndicale. « Comme les C16 sont jugés non règlementaire, on demande une compensation de ces temps de trajets non comptés via des RTT », développe Nour-Eddine Djazoul. Mais, pour l’heure, il évoque surtout une « absence de négociation » et prépare la suite du bras de fer. L’AP-HM informe de son côté que la suppression des C16 est « bien entérinée ».

    *Les prénoms ont été changés

  • Un nouveau service oncologie a ouvert ses portes à l’hôpital d’Hyères

    Un nouveau service oncologie a ouvert ses portes à l’hôpital d’Hyères

    Les patients en oncologie hyérois et des communes alentours n’auront plus besoin de faire la route jusqu’à Toulon. Face aux demandes malheureusement croissantes et une capacité de prise en charge qui s’essouffle, un nouveau service a ouvert ses portes au centre hospitalier (CH) de Hyères, en vertu d’un projet commun de coopération territoriale avec le centre hospitalier intercommunal Toulon – La Seyne-sur-Mer, à destination des patients de l’est de la métropole.

    Un lancement réalisé en deux temps puisque les premiers patients – en hospitalisation – ont pu bénéficier de ses services cet été, alors que l’accueil de jour a été mis en place début septembre, occasionnant l’ouverture officielle du service, marquant une étape importante dans l’élargissement de l’offre de soins sur le territoire.

    Doté d’une capacité de dix lits en hospitalisation et de dix lits en hôpital de jour (soit vingt patients quotidiens), il permet d’accueillir jusqu’à trente personnes à la journée. Il réunit trois médecins, ainsi qu’une équipe pluridisciplinaire (infirmiers, aide-soignants, assistante médico-administrative, pharmaciens, psychologue, assistante sociale et diététicienne) sous l’égide du Docteur Philippe Bernard, et est rattaché au pôle Médecine et spécialités Hépato-gastro piloté par le Docteur Amandine Chollet.

    Trois unités de soin

    Avec l’ouverture de ce nouveau service d’oncologie, conformément aux recommandations du Plan national cancer, le patient du CH d’Hyères bénéficie d’une prise en charge personnalisée et proche de son domicile. Le traitement administré est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Il est ensuite administré par du personnel formé aux soins oncologiques en unité spécifique et encadré par des soins de support (prise en charge de la douleur, nutritionnelle, psychologique, sociale).

    Le service d’oncologie s’articule autour d’une offre de soins qui se décompose en trois parties. D’abord, les consultations externes réalisées par les deux médecins oncologues. Lors de la consultation initiale, le traitement est explicité au patient, complété par un temps infirmier. Le patient est régulièrement suivi tout au long de son parcours de soins et accompagné en fin de traitement. Ensuite, l’hôpital de jour, situé au rez-de-chaussée, qui s’inscrit dans le prolongement des consultations externes. Il est ouvert du lundi au vendredi de 8h à 18h. Il accueille les patients en ambulatoire pour leurs traitements (chimiothérapies, immunothérapies, thérapies ciblées…). Enfin, l’unité d’hospitalisation, installée depuis l’été au deuxième étage, dédiée à la prise en charge en hospitalisation complète des patients les plus fragiles, notamment en situation de soins palliatifs.

  • Des parlementaires en prise avec la réalité carcérale

    Des parlementaires en prise avec la réalité carcérale

    Une visite inopinée. Comme leur fonction de sénateur les y autorise, Jérémy Bacchi (PCF) et Marie-Arlette Carlotti (PS) se sont rendus ce vendredi 3 octobre aux Baumettes à Marseille (9e). « Il y a une grogne sociale y compris des agents pénitentiaires, qui alerte sur la surpopulation carcérale, et les conditions d’accueil des détenus, d’hygiène, il me semblait important en tant que parlementaires de venir constater par nous-mêmes », explique Jérémy Bacchi. À ses côtés, Marie-Arlette Carlotti rappelle combien ses visites ont apporté dans le travail de la commission narcotrafic dont elle a fait partie.

    Avec une capacité de 710 places, Baumettes 2 accueille actuellement 1 185 personnes leur indique le directeur de l’établissement, Jean-Marie Landais, qui compte sur les 740 places supplémentaires que devrait débloquer la construction de Baumettes 3 prévue pour la fin de l’année. « Le taux d’occupation, à 166% en moyenne, est très haut partout, il atteint ici 195 à 200% », précise-t-il, 40 détenus hommes dormant sur un matelas.

    À 3 dans 10m2

    Devant un tableau fourmillant de fiches de couleurs, le capitaine pénitentiaire du « quartier hommes 2 » raconte le jonglage au quotidien pour répartir au mieux les occupants : 324 personnes pour 150 places. « Il faut trouver un équilibre, isoler ceux qui ont des troubles du comportement, les gens dangereux, séparer condamnés et prévenus », explique-t-il. Parce que « 9 mètres carrés, ce n’est pas fait pour trois personnes », estime-t-il, « on essaie de gérer la frustration, je reçois beaucoup de monde, on discute, on essaie de trouver des solutions ».

    Parmi eux, trois grands gaillards témoignent volontiers depuis leur cellule impeccablement rangée : « On s’entend bien heureusement » et « on est organisé, on tire le matelas le soir pour dormir. » L’un travaille à la cantine, distribuant les achats des détenus. « Cela m’a changé la peine » confie-t-il. Un autre, embauché à la lingerie, acquiesce. Il va « bientôt sortir ». À Jérémy Bacchi, qui leur demande comment ils vivent la promiscuité, ils répondent « faire avec », résignés.

    À l’étage, les sénateurs découvrent l’hôpital de jour ou le centre médico-psychologique, où consultent 40% des détenus dont « un bon gros tiers sont atteints de maladies psychotiques », confirme la responsable de service. Au sein de cette équipe soudée, de soignants expérimentés, on constate combien « les soins psychiatriques ont beaucoup augmenté ».

    De quoi conforter le sénateur communiste dans son analyse. « La réalité fait froid dans le dos », conclut-il, « l’ouverture des Baumettes 3 doit être entre guillemets, un signe d’espoir, espérant que cela dure ».

  • Visite surprise d’Hendrik Davi à la prison des Baumettes

    Visite surprise d’Hendrik Davi à la prison des Baumettes

    Journée chargée pour Hendrik Davi. Entre un passage par le Vieux-Port sur la manifestation intersyndicale dans la matinée, et une assemblée générale de circonscription Nouveau front populaire pour « discuter des perspectives du mouvement social et penser ensemble une gauche unitaire et radicale » en fin d’après-midi, le député (L’Après) a effectué jeudi une visite inopinée au centre pénitentiaire des Baumettes.

    208% d’occupation

    Ce déplacement s’inscrit dans l’exercice de son droit parlementaire. Il y a notamment visité le quartier des nouveaux arrivants et l’unité de soin. « Il y a eu un drame l’année dernière, avec un détenu qui s’est égorgé mais aussi une infirmière qui s’est fait violer. Et on a eu aussi ce rapport parlementaire qui nous expliquait qu’il y avait une situation complètement dégradée notamment sur la prise en charge des soins psychiatriques dans les lieux de privation de liberté », explique ce dernier peu rassuré par sa visite, sur fond de surpopulation carcérale. Aux Baumettes le taux d’occupation est de 208%.

    « On voit encore des lits par terre, parfois quatre personnes dans 9m2, 22 heures sur 24, pendant plus de deux mois », rapporte le député insistant sur les conséquences psychiques et psychiatriques, et ironisant : « Cerise sur le gâteau, les infirmières qui s’occupent d’eux se voient supprimer neuf jours de congés par l’AP-HM. »

    Hendrik Davi a déjà effectué plusieurs visites dans des établissements pénitentiaires marseillais. En juin 2024 aux Baumettes, déjà, il s’était intéressé aux conditions de détention et aux problèmes liés à la chaleur. En mars, il s‘est rendu au centre pour mineurs de La Valentine. Un établissement dont la contrôleure générale des lieux de privation de liberté a préconisé, il y a quelques semaines, « la fermeture au moins partielle » en raison de conditions de détention « indignes ».

  • Mobilisés pour les familles d’accueil en psychiatrie

    Mobilisés pour les familles d’accueil en psychiatrie

    Ils sont une cinquantaine à s’être rassemblés dans le hall de l’administration de l’hôpital Édouard-Toulouse, ce mardi midi, pour demander le maintien du service d’accueil familial thérapeutique (AFT). à l’appel de la CGT et FO, familles d’accueil, patients et personnels soignants ont fait irruption lors du comité social et économique (CSE) pour témoigner de l’utilité de ce service.

    Créé dans les années 90, ce dispositif permet à des patients atteints de troubles psychiatriques stables d’être hébergés en famille. L’un des membres doit être agréé par l’hôpital et devient donc salarié de la structure. Un service qui permet à quinze patients, accueillis dans huit familles, d’éviter l’hospitalisation.

    En juin dernier, lors d’un CSE, le directeur de l’hôpital, Thomas Acquier, avait annoncé vouloir utiliser les 750 000 euros de ce service pour financer l’unité de remédiation cognitive et évaluation. Une décision qui laisserait donc sur la touche les huit personnes en CDI, et les quinze patients accueillis. « La plupart des patients sont âgés et il n’y a pas de service géronto-psychiatrique. Beaucoup vont donc aller dans des Ehpad qui ne sont pas adaptés. Ils risquent de faire des décompensations psychotiques et donc revenir après à l’hôpital, alors qu’ils étaient stables », craint Pierre-Edouard Thiebaud, représentant CGT de l’hôpital.

    Quatre familles et deux patients ont témoigné ce mardi, devant le directeur, pour insister sur la nécessité d’un tel service, alors que sa fermeture était à l’ordre du jour. FO, qui a demandé que le sujet soit retiré de l’ordre du jour pour gagner du temps, a refusé de siéger au CSE. La CGT et SUD ont voté contre la fermeture du service, mais le directeur ne s’est pas démonté. « Il se cache derrière le choix des médecins, affirme Olivier Boyer, secrétaire général FO d’Edouard-Toulouse. Mais on sait qu’il n’y a pas eu de vote. Notre prochaine action sera d’interpeller les médecins », affirme-t-il.

    Une pétition pour le maintien des AFT a déjà rassemblé 250 signatures.