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  • La FSU dénonce un manque de moyens préjudiciable à la réussite des élèves

    La FSU dénonce un manque de moyens préjudiciable à la réussite des élèves

    Après avoir ironisé sur les neuf ministres de l’Éducation en dix ans de règne d’Emmanuel Macron, le secrétaire général dans le Var de la FSU, Alain Tournay, a constaté que depuis la nomination du dernier en octobre 2025, « il ne s’est pas passé grand-chose, à part la baisse conséquente du budget de l’Éducation nationale, puisqu’on est en économie de guerre ». Et de déplorer encore « un an de perdu pour l’institution, avec aucune remise en question des nombreuses réformes faites, puis abandonnées ».

    Le responsable syndical annonce donc une rentrée 2026 particulièrement tendue du fait, entre autres, du manque d’enseignants et de personnels spécialisés, avec des classes encore surchargées. Et des conditions de travail très dégradées.

    « La baisse démographique aurait dû permettre de réduire significativement les effectifs par classe, on a fait tout le contraire », dénonce-t-il.

    Dans le Var, la moyenne annoncée pour la rentrée 2026 est de 22,04 élèves par classe dans le 1er degré, contre 21 au niveau national et environ 19 selon les standards européens.

    Le Var très mauvais élève

    « Cette moyenne masque des situations beaucoup plus difficiles, avec certaines classes pouvant atteindre 27 à 30 élèves, y compris en maternelle », dénonce la FSU.

    « Est-ce que c’est comme ça qu’on peut envisager qu’une rentrée se fasse sereinement avec tous les profils différents d’élèves que nous avons dans les classes aujourd’hui ? », interroge Aurélie Sanchez (SNUipp). Et de poursuivre : « Est-ce qu’on peut sérieusement envisager qu’on va permettre à chaque élève de réussir, d’avoir un parcours scolaire émancipateur ? » La réponse est bien évidemment, non.

    Mais pour faire passer les effectifs sous le seuil de 25 élèves par classe, le syndicat estime 40 ouvertures de classes supplémentaires seraient nécessaires. Et il manque encore 250 enseignants pour sortir des dernières places du classement par rapport au taux d’encadrement par élève, et remplacer les professeurs absents. « On sait déjà que plus de la moitié des collèges du Var vont avoir au moins un niveau dans lequel il y aura 29 à 30 élèves par classe », précise Bruno Combette (Snes). Et pour les lycées au moins 1/3 des établissements auront un niveau à 35, 36 élèves. « On n’est pas dans une amélioration des conditions d’apprentissage des élèves », insiste-t-il lui aussi.

    Geneviève Clerc (Snes) a insisté pour sa part sur « l’indigence de la médecine scolaire et des services sociaux », qui ne permet pas de répondre aux problèmes. Christian Petit dénonce, lui, le mépris qui continue d’être affiché en direction des élèves et des professeurs des lycées professionnels. Les conditions sont en tout cas réunies pour une mobilisation d’ampleur le 29 septembre.

    Thierry Turpin

    PAROLES DE SYNDICALISTES DE LA RÉGION

    Gweltaz Broudic – Cosecrétaire de la FSU 04

    « Dans le second degré, on a des classes très chargées dans plusieurs collèges, d’autant plus qu’il y a eu quatre fermetures de classe pour la rentrée. Sur le premier degré, on a eu une carte scolaire a minima, ce qui a pour effet de ne pas rétablir d’équité entre un certain nombre d’écoles. On a des gros écarts de moyenne par classe. Et on a depuis des années des problèmes de remplacement dans le département. »

    L.D.

    Patrick Charlier – Coresponsable CGT Éduc’action 05

    « On redoute aussi l’annonce de la création d’une direction de la politique territoriale de l’école. Nous, dans le 05, nous faisons déjà partie des territoires ruraux qui font l’objet d’une expérimentation visant à calculer les moyens qui pourraient être «optimisés» pour l’école. C’est le terme expert pour désigner la fermeture de petits collèges pour rapatrier leurs effectifs vers des grandes cités scolaires… »

    A.F.

    Olivier Montel – Secrétaire Unsa Éducation Vaucluse

    « Il y a de gros problèmes d’affectation. Des profs des écoles ont eu leur poste le 24 juillet. Certains ont fait des recours et sont sans retour… On redoute aussi un problème sur les remplaçants qui ne sont pas assez nombreux. Pire, une réforme départementalise le remplaçant alors qu’il dépendait d’une petite circonscription. Il y a la peur de partir à l’autre bout de Vaucluse, certains ont arrêté. »

    F.C.

    Lola Gourieux – Coresponsable CGT éduc’action 13

    « On prépare une rentrée difficile dans le premier degré [maternelle et primaire] parce que l’on manque de moyen humain. Il y a la réforme des remplaçants, qui auront des zones beaucoup plus larges à couvrir. Les enfants seront donc accueillis dans les autres classes, avec en ressource des fiches pour les élèves. Cela existait déjà, mais c’était un accueil dégradé qui, avec cette réforme, va sûrement devenir la norme. »

    E.J.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, des créations de classes insuffisantes pour la FSU

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, des créations de classes insuffisantes pour la FSU

    Les syndicats Snes-FSU et Snep-FSU des Alpes-de-Haute-Provence étaient à la Direction de services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) de Digne-les-bains, ce mardi. En cause ? La suite du mouvement de contestation de la baisse des moyens dans les collèges et lycées. « Au mois de mars, nous avions fait une opération collèges morts, aujourd’hui, on avait une réunion pour savoir ce qu’il s’était passé depuis », relate Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU et enseignant à Forcalquier. Une réunion avec des annonces plus ou moins positives : « Ils ont annoncé la création de cinq classes dans les collèges, mais en ont supprimé une autre. »

    « Rentrée catastrophique »

    Dans le détail, selon le syndicaliste, les collèges de Sainte-Tulle, Château-Arnoux-Saint-Auban, Forcalquier auront une classe en plus, et deux pour celui de Gassendi à Digne. Tandis que la suppression de classe concerne le collège Le Mont d’Or. Mais pas de quoi sauter au plafond : « Ils en avaient tellement supprimé au départ que ça reste une rentrée catastrophique pour nous. » Snes-Fsu et Snep-FSU décomptent à la fin « trois en classe en moins » pour la prochaine rentrée. « Cela fait des années que notre ministère publie le fait que nous sommes les derniers en Europe pour les effectifs par classe. La moyenne européenne est de 21 élèves, dans notre département, il manque donc 40 classes pour qu’on soit dans cette moyenne », dénonce Lionel Lasfargues. Plus globalement, il pointe des calculs arrangeant pour l’administration : « Ils prévoient 35 élèves en moins pour la rentrée prochaine, mais ils suppriment trois classes ! »