Tag: SMIC

  • Les hospitaliers réclament une « prime canicule »

    Les hospitaliers réclament une « prime canicule »

    En France, près de 60% des bâtiments hospitaliers sont considérés comme vétustes. Le CHU de Montpellier ne fait pas exception, avec seulement 40% de ses services équipés en climatisation. Des températures exceptionnelles y ont été relevées depuis le début des canicules estivales, notamment en pédiatrie ou à la maternité, avec des pics jusqu’à 42 degrés dans la blanchisserie de l’hôpital. « Certains agents ont fait des heures supplémentaires et d’autres sont revenus sur leurs jours de repos pour travailler dans des conditions très difficiles, raconte Pierre Renard, infirmier et délégué syndical de la CGT au CHU de Montpellier. Nous demandons donc au gouvernement une prime exceptionnelle pour récompenser leurs efforts, un peu à la manière de celle qui avait été mise en place pendant la Covid. »

    Revaloriser les salaires

    « Il faut financer au plus vite l’adaptation de nos infrastructures au réchauffement climatique. Cela fait déjà plus de dix ans qu’on alerte sur ce sujet au CHU de Montpellier », continue Pierre Renard. Selon lui, au-delà du financement des rénovations, le nerf de la guerre pour un hôpital public de qualité reste la rémunération des hospitaliers. Cette prime ne saurait donc se suffire à elle-même si elle ne s’accompagne pas de la revalorisation des salaires de tous les agents du service public, à commencer par ceux de la catégorie C, comme certains ouvriers et membres de l’administration. « Ce sont des agents essentiels au fonctionnement de nos établissements et pourtant, certains sont rémunérés moins que le SMIC. Seulement, s’il n’y a pas d’agent pour désinfecter le bloc, il ne peut y avoir d’opération derrière. Et rien ne sert de recevoir des clims si on continue de mépriser les agents qui les installent. »

  • Chez Haribo, des négociations qui ne font pas dans la douceur

    Chez Haribo, des négociations qui ne font pas dans la douceur

    Sifflets, drapeaux… Depuis une bonne semaine, les salariés de l’usine marseillaise Haribo tiennent un piquet de grève et débrayent deux heures par jour. Sur le boulevard Capitaine-Gèze (14e), les klaxons de soutien se multiplient. En cause, des négociations annuelles obligatoires (NAO) qui ne donnent rien, estime Marc Mansano, délégué syndical CGT, syndicat majoritaire. « Depuis 2 ou 3 ans, nous avons des décisions unilatérales de la direction, dénonce-t-il. Ils nous donnent ce qu’ils veulent nous donner. »

    À ses côtés, Thierry Cambola, délégué syndical FO, ne dit pas autre chose : « On n’a que des miettes. » Alors que l’entreprise est florissante, rappelle Marc Mansano. Selon ses comptes 2024, Haribo affiche une croissance de 4,1% de son chiffre d’affaires établi à 388 millions d’euros, pour un résultat net de 32 millions.

    Alors que le Smic a été revalorisé, la CGT réclame une hausse des salaires de 100 euros bruts par mois, une hausse de la tranche d’ancienneté des 3 ans et une revalorisation de prime. Mais, pour l’instant, après une réunion mardi, « nous sommes au point mort », déplore Marc Mansano, qui espère que la baisse de production, estimée à 100 tonnes par jour en temps normal, va porter ses fruits. À Uzès (Gard), l’autre usine du fabricant de bonbons, les salariés sont aussi mobilisés, ajoute-t-il. Ce que craignent aussi les 160 employés marseillais, c’est de voir leur unité de production disparaître dans le cadre d’un projet d’extension du site gardois. « On va réduire le personnel ici, on a une grosse inquiétude », commente le responsable CGT.

    Le soutien de la fédération CGT de l’agroalimentaire

    Fabien Trujillo, animateur régional pour la fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT, est venu en soutien. « Depuis le début, nous sommes avec eux dans leur lutte pour de meilleurs salaires, mais aussi pour l’avenir du site », explique-t-il. Il rappelle qu’il y a « une dizaine d’années, quand il y avait un projet de construction d’un gros conditionnement en Allemagne, on avait fait la démonstration, avec le syndicat, que la particularité du marché français du bonbon, c’est que c’est le plus gros d’Europe ». Or, aujourd’hui, assure-t-il, « avec le futur site d’Uzès à sa capacité maximum, plus le site de Marseille, on n’arrive pas à couvrir la totalité de ce marché ». Et de promettre, « avec les syndicats, de faire la démonstration que les deux sites sont nécessaires et qu’il faut maintenir les emplois et les savoir-faire sur une spécificité bien française et aussi pour garantir la qualité des produits ».

    Contacté par La Marseillaise, le directeur général de Haribo, Anthony Deleter, assure que « le bien-être et la fidélité des salariés d’Haribo sont une de nos principales valeurs ». Pour le prouver, il sort la calculette : « En moyenne, un ouvrier Haribo perçoit une rémunération annuelle supérieure de 24% à la moyenne nationale des ouvriers. D’autre part, notre politique salariale garantit à chaque ouvrier une augmentation automatique de +30% sur les 30 premières années de carrière, en plus des augmentations générales ou individuelles ».

    Pour ce qui est des NAO, « Haribo France s’est toujours aligné sur l’inflation voire au-delà » avec, sur les cinq dernières années, « des augmentations qui ont dépassé l’inflation cumulée de 1,3 point ». Et « cette année encore, notre proposition est en lien avec l’inflation de l’année précédente », assure le directeur, mais « les demandes des organisations syndicales étant éloignées de cette proposition, les parties n’ont pas pu aboutir à un accord ». Reste que les syndicats ne comptent pas lâcher…

  • À Toulon, les employés de Brico Dépôt suivent le mouvement de grève national

    À Toulon, les employés de Brico Dépôt suivent le mouvement de grève national

    Comme dans tout ou partie des 124 magasins de l’enseigne, les employés de Brico Dépôt Toulon ont fait part de leur colère vendredi. « Nous sommes tous en grève, le magasin tourne avec des intérimaires », indique Christophe Laurent, vendeur et secrétaire CSE. En cause, des salaires qui ne suivent pas l’inflation et l’augmentation du SMIC de 2,41 % réalisée en juin. « Le SMIC a rattrapé les salaires les plus bas. Il n’y a plus de différence entre un nouvel arrivant et certains qui ont cinq à dix ans d’expérience et qui sont encore sur de bas coefficients bas », dénonce-t-il.

    Négociations nationales en cours

    Les conditions de travail sont aussi pointées du doigt, avec de nouveaux plannings « très aléatoires, gérés par un logiciel, qui suivent la fréquentation. Avant, on avait des équipes du matin et de fermeture, là on peut faire un matin, une journée, une fermeture dans la même semaine. Même les congés sont gérés par un logiciel, ça nuit à la liaison vie privée-vie professionnelle », souligne Nicolas Thibault, responsable CGT Brico Dépôt.

    Mis en cause également le manque de personnel, les démissions se succédant, et la charge de travail augmentant inexorablement, faute de remplacement. « Ça commence à faire beaucoup dans la même année. C’est pour ça que ça mobilise quasiment tout le monde », appuie Nicolas Thibault.

    En conséquence, plusieurs demandes ont été faites au niveau national par les syndicats : une revalorisation de 5%, une prime d’intéressement annuelle de 1 000 euros, une prime carburant et des embauches immédiates. Si les négociations, qui doivent être finalisées d’ici la semaine prochaine, n’aboutissaient pas, le mouvement pourrait être reconduit.

  • Var : grève de salariés d’établissements de la Croix-Rouge

    Var : grève de salariés d’établissements de la Croix-Rouge

    « Depuis le 1er juin, le Smic horaire a augmenté de 2,41%, soit 44 euros bruts par mois. [Faute d’augmentation], des milliers de salariés sont passés sous le salaire minimum. Ce n’est pas normal ! », s’indigne la CGT, qui exige « une augmentation immédiate de la valeur du point pour toutes les grilles. Si le Smic augmente mais que nos grilles ne s’adaptent pas, c’est la reconnaissance de nos métiers qui baisse ».

  • À Fos, la CGT dénonce la venue de députés RN

    À Fos, la CGT dénonce la venue de députés RN

    Après le groupe municipal d’opposition « Notre Fos », la CGT dénonce à son tour la venue des députés d’extrême droite à Fos-sur-Mer. Car c’est au sein d’une salle municipale, la Maison de la mer et du sport, qu’Emmanuel Taché, Franck Allisio et Emmanuel Fouquart ont annoncé la tenue d’une réunion publique la semaine prochaine.

    L’Union locale prévient : « Le discours sera rodé : “On défend les travailleurs”, “on protège le pouvoir d’achat”, “on est le parti du peuple”. Les actes, eux, ne mentent pas. À l’Assemblée nationale, le RN vote contre l’augmentation du Smic à 1 500 euros net mensuel, contre l’indexation des salaires sur l’inflation, contre le gel des loyers, pour le durcissement des droits à l’assurance chômage, contre le rétablissement de l’ISF, contre la revalorisation des petites retraites ; et propose régulièrement de nouvelles exonérations de cotisations sociales au bénéfice du grand patronat, au détriment de la sécurité sociale. » Sur un sujet plus local, le secrétaire général Fabien Marzat rappelle qu’Emmanuel Fouquart, comme son groupe, s’est abstenu lors du vote concernant la nationalisation d’ArcelorMittal (lire page 18). « Derrière les discours de façade, les actes parlementaires du RN ne sont pas en faveur du monde du travail », affirme-t-il.

    Les Unions locales voisines soutiennent la position de la CGT Fos. Nicolas Stamatiou, secrétaire général du syndicat de Port-Saint-Louis-du-Rhône, appuie : « Ils ont raison de refuser ces accointances-là. On sait que Philippe Maurizot a été soutenu par le RN pendant la campagne [via le label « La Provence qu’on aime », Ndlr.]. Il devait soi-disant s’en détacher, mais chasse le naturel il revient au galop : il lui ouvre rapidement les portes d’une salle municipale. Le danger, c’est pas tant que ces gens-là se réunissent, ils l’ont toujours fait dans les lieux privés, mais c’est que des élus locaux valident l’extrême droite et ses idées dans l’arc républicain. Les digues tombent. »

  • Les salariés de Decathlon veulent leur juste part

    Les salariés de Decathlon veulent leur juste part

    Une entreprise « à fond la forme », mais on ne peut pas en dire autant du dialogue social… Comme un peu partout en France, à l’appel d’une intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-CFE-CGC-Unsa, les salariés des 14 magasins Decathlon des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse se sont mobilisés, ce samedi 6 juin, pour réclamer une hausse de salaire et ont convergé devant le magasin de Bouc-Bel-Air, le siège régional de l’entreprise.

    « Les bénéfices sont énormes. Encore cette année, le premier semestre est très positif. Les équipes sont super engagées et pourtant, on n’a plus de primes, plus de valorisation de salaire », dénonce Luca Antonellini, délégué syndical Unsa pour Decathlon Marseille-Vaucluse. De fait, l’entreprise affiche une santé de fer. En avril, Decathlon a annoncé avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 16% en 2025, à 910 millions d’euros, et réalisé un chiffre d’affaires de 16,8 milliards, en progression de 4%. Pas moins d’un milliard d’euros de dividendes ont été reversés, fin 2024, aux 1 000 membres de la famille Mulliez, propriétaire du groupe, et ce sera presque autant cette année, estiment les syndicats.

    Avec une grille des salaires très ramassée, du Smic à moins de 3 000 euros bruts pour les cadres, les rémunérations ne sont pas au niveau, jugent les syndicats. « Quelqu’un qui a dix ans d’expérience se retrouve payé presque comme un nouveau qui entre », résume Laurent Curti, délégué syndical CGT à l’entrepôt d’Ensuès-la-Redonne, qui alimente les magasins de la zone, mais aussi de Rhône-Alpes. « On tourne 7 jours sur 7, on nous en demande toujours plus avec des responsabilités supplémentaires, et en contrepartie, on a de moins en moins », déplore-t-il, du haut de ses plus de 30 ans de boîte.

    Une pétition de soutien

    Les affaires marchent au point qu’un camion, voire deux, de 4 à 12 000 articles, déballe chaque jour sa cargaison au magasin de Bouc-Bel-Air, précise Juliette, vendeuse, également syndiquée CGT.

    Pourtant, les demandes de négociations sont restées pour le moment lettre morte, ajoute Matthieu Wolle, représentant CFDT : « Dans un courriel, la direction nous a opposé une fin de non-recevoir au nom de l’équilibre financier, technologique de l’entreprise et pour continuer à investir dans les magasins. » Et de déplorer un dialogue social « rude depuis 5 ou 6 ans ».

    Pourtant, « c’est bien sur nous, vendeurs, qu’ils capitalisent leur image aussi », rappelle l’un d’entre eux. Alors que l’enseigne va fêter ses 50 ans cette année, pour l’occasion, « on nous a promis une paire de baskets et un tee-shirt », ironise un autre. C’est aussi l’anniversaire du magasin de Bouc-Bel-Air, « happy birthday », se marre une troisième.

    Sur le parvis du magasin, les clients, peu nombreux, apportent quasiment tous leur soutien. « Franchement, c’est eux qui font le boulot, ils ne comptent pas leurs heures et l’entreprise va bien. Il faut partager les richesses », estiment Marlène et Muriel, chargées de sacs. En tenue de course, Lydie est aussi de « tout cœur avec eux ». Près de 1 400 personnes ont signé la pétition nationale lancée par les syndicats. À l’abri du cagnard, les grévistes réfléchissent déjà à l’après. Un « CE central doit se tenir, ce jeudi, on va voir un peu ce qu’on va faire », précise Luca Antonellini. Un rassemblement est déjà prévu dans les entrepôts, dont celui d’Ensuès, ce lundi 8 juin tôt le matin.

    Contactée, la direction a assuré que « le dialogue social chez Decathlon se déroule de manière continue », s’appuyant « sur des rendez-vous réguliers avec les partenaires sociaux pour mener l’ensemble des négociations de l’année ». Et précise que « depuis ce [samedi] matin, 99% de nos 324 magasins en France sont bien disponibles pour [les] clients ». Grâce aux cadres et CDD mobilisés pour l’occasion…

  • Des salariés en colère devant Decathlon à Bouc-Bel-Air

    Des salariés en colère devant Decathlon à Bouc-Bel-Air

    Ils veulent leur « part du gâteau ». Alors qu’en avril, Decathlon a annoncé avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 16% en 2025, à 910 millions d’euros, et réalisé un chiffre d’affaires de 16,8 milliards, en progression de 4%, les salariés des magasins des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse se sont réunis en intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-CFE-CGC-Unsa, ce samedi 6 juin, devant le village Decathlon de Bouc-Bel-Air, le siège régional, pour réclamer des hausses de salaires.

    « Si le Smic augmente, nos salaires ne progressent plus, les fins de mois sont de plus en plus difficiles et Decathlon ne suit plus, alors que les bénéfices sont énormes », explique Luca Antonellini, délégué syndical Unsa, tandis que ces collègues distribuent des tracts aux clients venus faire leurs emplettes.

    Avec une grille des salaires très ramassée, du Smic brut à moins de 3000 euros brut pour les cadres, les rémunérations ne sont pas au niveau, estiment les syndicats. « Quelqu’un qui a dix ans d’expérience se retrouve payé peu ou prou comme un nouveau qui entre », résume Laurent Curti, délégué syndical CGT à l’entrepôt d’Ensuès-la-Redonne, qui alimente les 14 magasins de la zone mais aussi de Rhône-Alpes. «On tourne 7 jours sur 7, on nous en demande toujours plus avec en contrepartie de moins en moins ».

    Les demandes de négociations sont restées pour le moment lettre morte, ajoute Matthieu Wolle, représentant CFDT : « Dans un courriel, la direction nous a opposé une fin de non recevoir au nom de l’équilibre financier, technologique de l’entreprise et pour continuer à investir dans les magasins. » Et de déplorer un dialogue social « difficile depuis 5 ou 6 ans. »

    Des débrayages ont également eu lieu partout en France, un entrepôt de logistique ayant même fermé ses portes, à Caen, ont affirmé les grévistes. Decathlon compte environ 750 salariés dans les deux départements, 230 000 dans le pays.

    Contactée, la direction a assuré que « le dialogue social chez Decathlon se déroule de manière continue », s’appuyant « sur des rendez-vous réguliers avec les partenaires sociaux pour mener l’ensemble des négociations de l’année.» Et précise que « depuis ce [samedi] matin, 99% de nos 324 magasins en France sont bien disponibles pour [les] clients. »

    À noter que des cadres et des CDD avaient été mobilisés pour assurer la vente…

  • 70% des salaires minimum de branche en dessous du Smic

    70% des salaires minimum de branche en dessous du Smic

    Sur les 179 branches professionnelles suivies par le ministère, 126 auront au 1er juin un minimum inférieur au Smic, contre 30 d’entre elles avant cette revalorisation, a indiqué le ministère dans un communiqué, à l’issue d’une réunion du comité de suivi de la négociation salariale avec organisations syndicales et patronales.

    Selon son propre décompte (incluant des branches supplémentaires notamment dans l’agriculture, le bâtiment et le secteur maritime), la CGT dénombre, elle, près de 80% de 230 branches professionnelles avec des minima sous le Smic à partir de lundi. « Une proportion scandaleuse », a dénoncé auprès de l’AFP Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT.

    Seul salaire indexé sur l’inflation, qui a dépassé les 2% en avril sous l’effet de la hausse des coûts de l’énergie, le Smic augmentera lundi de 2,41%, soit d’un peu moins de 35 euros net par mois.

    Il est interdit en France de payer un salarié en dessous du Smic, mais dans les branches dans lesquelles un ou plusieurs échelons de la grille salariale passent en dessous de son montant, les salariés peuvent voir leur rémunération stagner des années au salaire minimum, malgré leur avancée en ancienneté ou qualification.

    « Revalorisation automatique »

    Les branches concernées par des grilles salariales débutant sous le nouveau minimum légal sont censées lancer des négociations avec les partenaires sociaux dans les 45 jours pour se mettre en conformité. Dans les faits, si le ministère note « une nette amélioration ces derniers mois », dix branches étaient en non-conformité depuis plus d’un an avant même la revalorisation à venir lundi.

    Au Medef, on considère que ces renégociations ne sont pas un sujet de débat : « Les branches doivent le faire, puisque c’est la loi », indique-t-on dans la première organisation patronale.

    Selon le ministère du Travail, le gouvernement veut présenter « prochainement » un projet de décret pour mettre en application une mesure de la dernière loi de financement de la Sécurité sociale, selon laquelle les entreprises des branches en non-conformité pourraient être pénalisées dans le calcul des allègements de cotisations sur les bas salaires dont elles bénéficient.

    « On a l’impression que la situation s’aggrave d’année en année et qu’on a globalement une smicardisation accélérée », a estimé auprès de l’AFP le secrétaire national de la CFDT Luc Mathieu, présent à la réunion mercredi.

    La première centrale syndicale française, tout comme la CGT, demande que les branches concernées soient obligées de se mettre en conformité rapidement et que des négociations salariales par branche soient rouvertes.

    « Quand les prix augmentent, les salaires doivent augmenter aussi. C’est le cas du salaire minimum interprofessionnel. Ça doit être le cas de tous les salaires », a estimé Thomas Vacheron, demandant également une indexation sur l’inflation de tous les salaires. Dans le détail, la centrale syndicale milite pour « l’augmentation automatique de l’ensemble des salaires minima de branche, dès lors que le Smic est revalorisé » et « l’ouverture immédiate des négociations salariales dans l’ensemble des branches professionnelles pour éviter les situations de décalage de plusieurs mois et pour créer une dynamique salariale », indique-t-elle dans une note juridique. La CGT précise également que « sur les 10 conventions collectives, six présentent au moins un niveau de salaire minimum inférieur au Smic au 1er juin : remontées mécaniques, taxis, assainissement, transports aériens, désinfection (3D) et transports routiers (notamment les transports de fonds, sanitaire, déménagement…) ».

    Crise des carburants

    Ce débat en téléscope directement un autre, celui sur le pouvoir d’achat des salariés et professionnels et des difficultés rencontrées par les petites entreprises et artisans à l’heure de l’explosion des prix des carburants. Le gouvernement a fait ses dernières semaines une série d’annonces qui n’ont pas convaincu, concernant : une revalorisation des indemnités kilométriques pour certains secteurs professionnels, l’élargissement des aides aux « grands rouleurs » modestes, et des « aides sectorielles pour les agriculteurs, les transports, la pêche ou le BTP, qui vont être prolongées jusqu’à l’été ». Celui-ci a également « invité » les entreprises à verser une prime carburant, exonérée de cotisations sociales, augmentée à leurs salariés. Autant dire que le principe d’une revalorisation automatique n’a que plus de sens.

  • Les militants socialistes vont plancher sur leur projet

    Les militants socialistes vont plancher sur leur projet

    Le texte de 144 pages, rédigé sous l’égide de l’eurodéputée Chloé Ridel, proche du premier secrétaire Olivier Faure, a vocation « à nous identifier sur le long terme », au-delà de l’élection présidentielle de 2027, a précisé Chloé Ridel à la presse. Il part du principe que le modèle de la social-démocratie « a permis des progrès sociaux considérables » mais « n’a jamais pris en compte les limites planétaires, n’a pas effacé les inégalités entre femmes et hommes ni les discriminations racistes et s’est progressivement fissuré sous l’effet de la mondialisation libérale ». Il doit désormais « être dépassé ». Le texte doit être enrichi par les militants, qui ont six semaines pour l’amender, pour un vote avant l’été.

    Tous les courants du PS ont été associés à la rédaction mais, lors d’un bureau national mardi soir, les opposants à Olivier Faure se sont désolidarisés, déplorant que ce projet soit présenté à la presse avant la consultation des militants. Cette présentation est une réponse de la direction du parti, souvent accusée par ses détracteurs de ne pas avoir « travaillé » sur le fond. « On nous a reproché de ne rien produire, là on a 144 pages qu’on peut amender », défend un proche d’Olivier Faure. Le Premier secrétaire du PS est notamment contesté sur sa volonté de faire participer le PS à une primaire de la gauche et des écologistes, qu’il souhaite soumettre au vote des militants. Ses opposants réclament eux un vote pour désigner rapidement le candidat des socialistes pour 2027. Le projet fait la part belle à la notion de liberté, que le PS veut « reprendre à la droite et l’extrême droite ». Pour la droite et l’extrême droite, la liberté, « c’est l’absence de règles communes, c’est la fin de l’État et des services publics, c’est le règne du tout marché », a détaillé Chloé Ridel. Pour les socialistes, « pour que la liberté soit réelle pour tous, il faut des règles communes, des sociétés solidaires, une puissance publique forte ».

    Le projet entend aussi répondre à Jean-Luc Mélenchon, et à sa notion de « nouvelle France » qu’il semble opposer à « une ancienne France », selon Chloé Ridel. Le PS veut plutôt « réconcilier les Français » par « des politiques de justice radicales en matière de fiscalité, de réforme démocratique, de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie, pour les services publics, pour les transports ».

    Smic à 1 690 euros net

    Parmi les mesures, le PS veut rehausser le Smic à 1 690 euros net, instaurer la taxe Zucman de 2% sur le patrimoine des fortunes de plus de 100 millions d’euros et créer un « impôt sur les grandes successions ». Il prévoit aussi d’abroger la réforme Borne sur les retraites et de conserver un régime par « répartition », avec une durée de cotisation de 43 annuités « réductible en fonction de la pénibilité » et des carrières hachées, et « un âge légal de départ ramené à 62 ans » mais qui ne constituera « pas le critère central du système ».

    Concernant l’immigration, autre thème monopolisé par la droite et l’extrême droite, le PS propose une régularisation par le travail, avec un titre de séjour pour toute personne étrangère ayant un contrat de travail depuis au moins 6 mois. En matière de bifurcation écologique, le PS, veut « sortir l’électricité de la logique de marché » et planifier la sortie des énergies fossiles et la transition vers « un mix énergétique 100% décarboné en 2050 ». Le parti à la rose développe aussi de nombreuses mesures pour le logement, les transports, le grand âge (création d’un service public de l’autonomie), l’enfance et l’école (avec un objectif de 19 élèves par classe en 10 ans par exemple). Le projet fait aussi de la réindustrialisation une priorité, et propose « un plan de prises de participation minoritaires ou de nationalisations en dernier recours » sur des filières stratégiques comme « la sidérurgie, l’énergie et la chimie ».

  • À Decathlon, une grève à fond pour les salaires

    À Decathlon, une grève à fond pour les salaires

    Ce mercredi dès cinq heures, à l’entrée du parc des Aiguilles, les syndicalistes de l’entrepôt logistique Decathlon ont déployé leur barnum et leurs pancartes. « Ma pancarte est pourrie, mon salaire aussi », « 1% = non », peut-on lire sur l’une d’entre elles. À l’approche des négociations annuelles obligatoires (NAO), le ton monte logiquement entre la direction du groupe et l’intersyndicale CGT, CFDT, Unsa et CFTC, rejointe par FO à l’entrepôt local des Aiguilles.

    Le conflit de classe est bien présent à l’arrière-plan. « Ils veulent augmenter nos salaires de 1% jusqu’à 2 500 euros brut, rien au-dessus, et donner un jour de congé pour 40 et 45 ans d’ancienneté alors que ça concerne personne », indique Laurent Curti, délégué syndical et élu au CSE de la CGT, alors qu’en même temps « les actionnaires viennent de se frapper 600 millions d’euros de dividendes ». Pour rappel, « l’année dernière il s’étaient versé 800 millions en plus d’un milliard d’euros pour la famille Mulliez, débloqué sur les réserves ».

    « La boîte se porte très bien », renchérit Abdallah Draoui, de la CFDT. Au contraire des salariés. « Il y a un mal être, avec deux départs récents dont un pour inaptitude car il ne supportait plus le travail », précise le syndicaliste. Mais la maladie ne permet pas l’absence. « Les gens ne sont pas bien mais financièrement, ils ne peuvent pas se permettre de se mettre en arrêt. Et quand ça arrive les indemnités viennent avec 3 à 4 mois de retard et ils galèrent, peuchère », déplore Abdallah Draoui.

    Le problème de fond soulevé par les syndicaliste est celui du salaire et de la reconnaissance du travail accompli.

    Pas de salaires,

    pas de salariés

    « Le Smic va finir par me rattraper » ironise Valérie Furchmuller, « 27 ans de boîte et 14,70 euros de l’heure » contre 12,02 euros le smic horaire au 1er janvier 2026. « J’aurais aimé une prime d’ancienneté, genre 40 euros par mois », propose-t-elle. « Beaucoup qui sont là depuis 10 ans sont à 50 euros du Smic », signale Laurent Curti, pour qui « faire des heures, 21h sur 24, des nuits 9 mois sur 12, des week-ends et des jours fériés ne paye que 25% de plus », déplore-t-il, après 35 ans de présence dans l’entreprise.

    Les plus jeunes ne sont pas épargnés par cette morosité ambiante. « Ça fait 7 ans que je suis là et je ne sais pas si je serais resté si j’étais arrivé aujourd’hui », reconnaît Jordan Melo, 32 ans, qui travaille au rayon des produits volumineux, comme les tapis de courses.
    « Que les actionnaires récupèrent des sous sur leurs investissements est normal, mais quand ça marche bien il faut partager » poursuit-il, se demandant « qu’est ce qui va donner envie de remplacer les anciens, alors que si t’es pas content, on te dit de dégager ? »

    Son collègue de 23 ans Florent Sauteret, du même secteur, est catégorique : « Je ne pense pas finir l’année. » « Les carrières longues c’est fini, il n’y a plus d’intérêt. Beaucoup partent, avec leurs compétences, et ne sont pas remplacés. Si ce n’est par des intérimaires et des CDD qui ne peuvent pas faire grève avec leurs contrats précaires. »

    Près d’un tiers des CDI étaient en grève à Ensuès selon les syndicats. Decathlon n’a pas répondu à nos sollicitations dans nos délais.

    « La boîte va très bien, mais les salariés galèrent »