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  • Narcotrafic : l’État met en avant ses résultats

    Narcotrafic : l’État met en avant ses résultats

    Un bilan positif de par une action commune. C’est le message qu’ont voulu faire passer ce mardi 3 février les représentants des services de l’État engagés dans leur bilan de la lutte contre le narcotrafic. Le nombre de personnes interpellées à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône a augmenté par rapport à l’an dernier, respectivement de 14,2 % et 11 %, les points de deal ont diminué de moitié, passant de 181 en 2021 à 89 à Marseille, de 222 à 114 dans le département. Sur les narchomicides, leur nombre est aussi en baisse de 49 en 2023, à 24 en 2024 puis 20 tués en 2025.

    « Notre stratégie », pose le préfet de région Jacques Witkowski, « ne rien lâcher, agir et encore agir. » Et s’appuyer sur le collectif, avec « la totalité de la puissance étatique en marche, chacun avec ses compétences. » Ses leviers d’action : le quotidien avec « un engagement permanent de la police nationale et de la gendarmerie pour sécuriser les secteurs » et la « poursuite des enquêtes judiciaires », le pilonnage et les opérations de grande envergure, « l’aval » avec des investigations dans « tout un tas de domaines » comme le recel et l’amont avec « des résultats probants » sur le blanchiment et 32 millions d’euros d’avoirs criminels saisis contre 30 en 2024.

    Face à des trafiquants qui se réorganisent, misant notamment sur le « ubershit », le « ubercoke » pour éviter aux consommateurs de se déplacer, policiers et gendarmes ont adapté leurs méthodes. Avec plus de contrôles de « flux » quand au-delà des voitures, les livreurs utilisent parfois des trottinettes, raconte Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale. Pour contrer l’arrivée de produits venus de Marseille et d’Avignon, « dans les trains, sur les routes, nous avons investi les transports en commun avec des équipes cynophiles » ajoute le général Pierre Baillargeat à la tête du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône. Des « enquêtes sous pseudonyme » sont aussi menées détaille le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone.

    La loi narcotrafic du 13 juin 2025 offre aussi de nouveaux outils. Comme les interdictions administratives de paraître détaille la préfète de police déléguée, Corinne Simon. Quelque « 150 cette année, ce qui nous permet d’assécher les points de deal », estime-t-elle, rappelant que le contrevenant risque jusqu’à 3 mois d’emprisonnement s’il se fait reprendre. Côté contrôles d’établissements, salle de sport, vendeurs de CBD et autres, ils sont une vingtaine à avoir été fermés dans le cadre des opérations baptisées « Jumbo ». Pour compléter l’arsenal, les expulsions de logements sociaux, avec 36 procédures en cours dont « plusieurs sont passées au tribunal » précise Corinne Simon.

    Apporter une réponse pénale à la hauteur

    Les consommateurs sont aussi dans la ligne de mire. Lors d’un contrôle organisé sur trois jours la semaine dernière mobilisant 1 200 agents dans tout le département, « une personne sur 12 était détentrice de produits stupéfiants » rappelle le préfet, « ils participent au narcotrafic » martèle-t-il.

    Côté justice, le ministère public se fait fort de suivre. Les infractions à la législation des stupéfiants représentent cette année « 24 % de l’activité du Parquet » indique Nicolas Bessone, le double d’une juridiction équivalente, le triple de villes comme Périgueux ou Valence, contre 18 % en 2023, 22 % en 2024. Le nombre de garde à vue dans les affaires de trafic a augmenté, de 15 % passant de 2 406 en 2024 à 2 853 en 2025. « Notre réponse pénale, c’est le déferrement systématique » assume Nicolas Bessone, se félicitant au passage d’une bonne collaboration avec le tout nouveau Pnaco parquet national anticriminalité organisée, mis en place le 5 janvier avec « deux affaires qui ont fait l’objet de co-saisines. »

    Sur les consommateurs, une convention avec la Direction Générale des Finances Publiques (DGFI) a été signée pour assurer le paiement des 10 000 AFD (amende forfaitaire délictuelle) de l’année, 200 euros chacune, les personnes en obligation de soins en ayant été exclues. Des instructions de saisies de voitures ou smartphone commencent aussi à tomber. Un « début » avec 9 téléphones et 4 autos.

    Et le procureur de revenir également sur le travail entamé sur le « haut du spectre » avec de premières saisies d’appartements à Dubaï, des surveillances particulières sur les détenus dangereux qui continuent à gérer leurs affaires depuis la prison.

    Des points de deals qui se déplacent

    Autant de pressions qui ont permis d’avancer mais loin de tout régler. Au-delà des livraisons à domicile, les points de deal se sont déplacés des quartiers Nord vers le centre-ville. Celui du 3e arrondissement restant un point chaud dans le cadre d’un affrontement sans merci pour son contrôle.

    « C’est un travail de longue haleine qui commence à porter ses fruits » commente néanmoins Nicolas Bessone, qui dans le même temps, rappelle que « nous avons affaire à une contre-société » avec une DZ mafia qui fait des conférences de presse, des narcotrafiquants qui proposent du soutien scolaire, de s’acquitter de travaux de bricolage, ou s’organisent en cartel pour s’attaquer à des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire. « Nous sommes désormais un pack, habitués à jouer ensemble » estime le préfet filant la métaphore rugbystique. De quoi assurer un début de première mi-temps, quand pour le moment, les trafiquants ont toujours le ballon.

  • Hérault : bientôt une appli pour détecter le paludisme ?

    Hérault : bientôt une appli pour détecter le paludisme ?

    « Je trouvais l’application PlantNet [permettant l’identification de plantes à partir de photos, Ndlr.] géniale. Je me suis demandé si je pouvais appliquer ça à mon domaine de recherche où nous sommes amenés à faire des diagnostics d’infection au plasmodium, le parasite qui cause le paludisme », rembobine Grégoire Pasquier, praticien hospitalo-universitaire au laboratoire de parasitologie-mycologie au CHU de Montpellier. C’est ainsi que le chercheur planche, depuis 2021, sur Plasmo detect, une application pouvant identifier le type de parasite causant le paludisme en prenant une photo d’un frottis sanguin.

    « On a une base de données de 30 000 photos de frottis sanguins sur lesquels il y a différentes espèces de paludisme. Nous nous sommes focalisés sur l’identification de l’espèce de parasite, [une des étapes du diagnostic du paludisme, Nldr.]. Selon l’espèce de plasmodium – cinq peuvent infecter l’homme – ce n’est pas le même traitement. Nous avons annoté les images en fonction des globules rouges infectés. Nous avons ensuite entraîné un algorithme qui peut différencier les différents parasites », détaille Grégoire Pasquier. L’application peut détecter en temps réel l’infection et définit la bonne espèce dans 80% des cas. « L’objectif serait d’atteindre 90%, le niveau 1 des critères du manuel qualité de l’OMS », reprend le chercheur. Ce qui garantirait la qualité de la prestation réalisée en laboratoire. Une aubaine pour la médecine, d’autant que « certains espèces ont des formes parasitaires latentes au niveau du foie, sur lesquels les traitements habituels ne marchent pas et nécessitent un second traitement pour soigner le patient », note Grégoire Pasquier.

    Surtout, Plasmo detect permettrait de venir en aide aux centres en Afrique subsaharienne, qui concentre la majorité des cas de paludisme des 2,6 millions de personnes infectées chaque année dans le monde pour 600 000 décès. « Là bas, ils ne sont pas toujours formés à lire des frottis sanguins pour détecter le paludisme. » Cela permettrait une prise en charge plus rapide des patients.

  • Entre application et progression sur le papier, La Marseillaise en dynamique

    Entre application et progression sur le papier, La Marseillaise en dynamique

    « L’aboutissement d’un projet de cinq ans. » En conférence de presse dans des locaux flambant neufs, ce lundi, Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise a présenté les grandes lignes de la « dynamique » actuelle du journal, en présence de Rislène Achour, présidente du club de la presse Marseille-Provence.

    Et quelle dynamique ! Symbolisée par ces locaux de 1 000 m² carrés entièrement rénovés, le président a mis en avant le nouvel espace du journal « Aux Rotatives », qui sera « à disposition du public pour accueillir des débats, des projections, des expositions ». Un espace ô combien symbolique, puisqu’à l’endroit même où tournaient les rotatives du journal pendant plusieurs dizaines d’années.

    D’autant que La Marseillaise revient de loin. « En 2020, la précédente société éditrice de La Marseillaise était poussée dans le précipice par la crise Covid et le refus des banques d’accorder un prêt garanti par l’État », rappelle Léo Purguette. Des locaux rénovés qui ne viennent donc pas de nulle part : « Les salariés de La Marseillaise et leur syndicat CGT se sont mobilisés pour porter un projet de reprise qui permette de conserver notre titre. »

    Une mobilisation notamment face à une autre offre de reprise « prédatrice », portée par le milliardaire Xavier Niel et La Provence de Bernard Tapie, qui prévoyait la suppression de 80% des emplois et la fin de la parution en papier. « Nous avons eu gain de cause devant le tribunal de commerce et parmi les exigences que l’on portait, il y avait celle de demeurer dans ces lieux », insiste Léo Purguette.

    Un développement qui ne s’arrête pas

    80 ans après la fondation du journal la boucle est donc bouclée avec le retour de l’ensemble des travailleurs dans ces « lieux historiques, chargés d’histoire ». Aujourd’hui, avec cette « réhabilitation avec tout le confort moderne », ils passent dans l’ère du XXIe siècle. Un passage également symbolisé par le lancement d’une application mobile, disponible sur smartphone dès ce lundi soir.

    De quoi « accéder à tous nos contenus de manière numérique avec beaucoup plus de facilité que ce que l’on propose aujourd’hui avec notre site », précise Léo Purguette. Un autre « aboutissement » qui n’efface pas la parution en quotidien papier : « Nous croyons toujours au développement du papier, nous ne voulons pas substituer l’un à l’autre. »

    Et pour cause, La Marseillaise affiche des progrès dans ses ventes, abonnements numériques et participation aux événements organisés par le journal. De quoi illustrer le développement sur tous les plans et les efforts des salariés. « Nous avons inversé des courbes déclinantes depuis plusieurs décennies : celle de notre chiffre d’affaires et celle de notre lectorat », explique Léo Purguette. Avant de développer : « Nous avons maintenu notre zone de diffusion, et nous sommes allés au-delà avec notre retour en Vaucluse. Nous étions 49 salariés à la reprise, nous sommes plus de 60 aujourd’hui, 70 avec nos amis de Zébuline. » En bref, un développement qui n’est pas près de s’arrêter.

    CHIFFRES

    50 000

    Entre abonnés numériques, lecteurs du quotidien en format papier ou visiteurs du site web, La Marseillaise se targue d’avoir 50 000 lecteurs quotidiens en moyenne.

    10%

    En 2024, La Marseillaise a progressé de 10% en ventes en kiosques, c’est-à-dire la vente au numéro papier, tout en gagnant des abonnés sur le volet numérique.

    17 000

    Année record pour les événements de La Marseillaise, notamment pour Le Mondial à pétanque qui a compté 15 000 participants au concours général et frise les 17 000 avec les participants des concours annexes. « Un record absolu » dans l’histoire du plus grand tournoi de pétanque du monde.